Lionel Salaun

Lionel Salaun
Lionel Salaün est né en 1959 à Chambéry, où il réside. Il est l'auteur de deux romans très remar- qués, Le Retour de Jim Lamar (2010), couronné par douze prix littéraires, et Bel-Air (2013).

Avis (6)

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    Couverture du livre « Whitesand » de Lionel Salaun aux éditions Actes Sud

    Mimosa sur Whitesand de Lionel Salaun

    le prologue ouvre sur le lynchage d'Horace Benton à Huntville ,petite ville rurale du Missisipi .Ville où la vieille Mustang de Ray Harper le lâche,le voilà condamné à travailler pour se racheter une voiture et quitter la ville au milieu de l'hostilité de tous,c'est un étranger!Seule Norma...
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    le prologue ouvre sur le lynchage d'Horace Benton à Huntville ,petite ville rurale du Missisipi .Ville où la vieille Mustang de Ray Harper le lâche,le voilà condamné à travailler pour se racheter une voiture et quitter la ville au milieu de l'hostilité de tous,c'est un étranger!Seule Norma ,serveuse au bar,l'accueille avec sympathie. Floyd Webster ,nommé shériff après la mort de Louise,une native ,lui aussi étranger, fait..."la découverte de cette contrée hantée par toute une cohorte d'esprits envasés dans l'humus d'une terre où le passé suintait par tous ses pores lui était une source d'inépuisable étonnement."Ray ,trouve chambre et travail y compris chez les frères Ackerman ,propriétaires du domaine de Whitesand,régi par leur mère.Ray ,en pseudo hippie ,détonne et s'acclimate dans cette région où"il ne faisait pas bon vivre ...si l'on n'avait pas la bonne couleur de peau."
    La narration se densifie ,et,l'on découvre que le hasard n'a rien à faire dans l'arrivée de Ray à Huntville. Floyd enquête ,découvre le passé raciste de ces concitoyens où la peur de l'autre différent domine.
    Plus que l'histoire enchevêtrée de ses personnages ,c'est l'écriture très travaillée de Lionel Salaün qui m'a enthousiasmée:des descriptions précises,le mot toujours juste,l'image évocatrice voire poétique traduisent la moiteur et la beauté de cette région où serpente,comme ses phrases,la rivière Chickasawhay. Le réchauffement climatique avec ses tempêtes,la disparition des espèces animales comme la panthère noire, y prennent leur part.
    De fort belles pages qui rythment la tension dramatique ,soulignent le fanatisme de personnages frustres dont l'unique motivation est de "communier au grand bal de la haine et de la mort."Il est bon de préciser que l'auteur ne s'est jamais rendu Outre-Atlantique ,ce qui rend d'autant plus fort le pouvoir de SES mots.

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    Couverture du livre « Bel-Air » de Lionel Salaun aux éditions Liana Levi

    Mireille B sur Bel-Air de Lionel Salaun

    Une bande d’adolescents dans la France des années 50, pas trop inspirés pour les études, sans grandes convictions sur leur devenir. Enfin, des ados dans un quartier populaire, imprégnés des discours de leurs aînés au lendemain de Dien Bien Phu et à l’aube du « conflit » algérien …

    Parmi eux,...
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    Une bande d’adolescents dans la France des années 50, pas trop inspirés pour les études, sans grandes convictions sur leur devenir. Enfin, des ados dans un quartier populaire, imprégnés des discours de leurs aînés au lendemain de Dien Bien Phu et à l’aube du « conflit » algérien …

    Parmi eux, Franck qui vit seul avec sa mère, personnage principal du roman, et Gérard, le fils du patron du Bel-Air, ce bistrot au sein duquel se déroulent les parties de baby-foot au son des succès du moment choisis sur le juke-box, et lieu où se construit et vit l’amitié qui, ici, n’est pas un vain mot.

    Pourtant, dans ce contexte social fragile, les orientations de chacun seront à l’origine d’une histoire où se confrontent la fougue des jeunes, leur amertume et leur révolte inspirées du passé récent de leurs parents, le désir d’engagement dans le conflit encore larvé. Et l’amour ? quel sens prendraient les projets d’un ado sans l’amour ?

    D’une histoire presque ordinaire, Lionel Salaün a écrit un formidable roman. Son écriture et son style reflètent parfaitement l’atmosphère de la cité, de son bistrot, des personnages qui y gravitent, et évoquent avec justesse les sentiments.
    De la lectrice ayant ses racines dans les trente glorieuses à l’ado des années 2000, l’une activera ses souvenirs…tellement proches, le second pourra se rendre compte de l’évolution de la société… chacun pourra apprécier le talent de l’auteur.

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    Couverture du livre « La terre des Wilson » de Lionel Salaun aux éditions Liana Levi

    Chantal Lafon sur La terre des Wilson de Lionel Salaun

    D'emblée l'incipit donne la saveur et la senteur de cette histoire âpre comme peut l'être la vie et les hommes...Votre gorge se dessèche, vos yeux piquent et la sueur poisse.

    L'Oklahoma fait parti de ces états du Nord-Ouest américain touché par le "Dust Bowl", bassin de poussière, où la...
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    D'emblée l'incipit donne la saveur et la senteur de cette histoire âpre comme peut l'être la vie et les hommes...Votre gorge se dessèche, vos yeux piquent et la sueur poisse.

    L'Oklahoma fait parti de ces états du Nord-Ouest américain touché par le "Dust Bowl", bassin de poussière, où la sécheresse et l'érosion des sols règnent en maître et impactent la vie et les caractères.

    1935 Dick revient dans sa maison natale, au volant d'une belle voiture, costumé et chapeauté comme la réussite qui est la sienne le lui permet.
    Que vient-il faire dans ce coin paumé?
    Sa voiture stoppe dans un énorme nuage de poussière et il découvre devant la maison de son père, l'amour de sa vie : Annie Mae. Maison qu'il a fui après s'être interposé entre son père, brute épaisse, et la mule Jessie dans un sursaut de courage alors qu'il n'avait que douze ans. Car le père il cogne, cogne,cogne il ne connait que ce langage.
    Annie Mae est devenue la femme de ce père haï et ils ont eu une petite fille Maggie. Le pourquoi est surprenant...
    Samuel (le père) est un taiseux, qu'a-t-il dans sa tête de pioche? L'abjection est-elle dans ses gènes, dans le sol qu'il se détruit à essayer de rentabiliser? Les autres fermiers ont fui pas lui...

    Les nuits de Dick sont hantés et ses journées très chargées.
    Avec son retour sur la terre natale, le lecteur découvre ce qu'a été l'Amérique des années 20 aux années 35. La prospérité est pour les citadins, l'agriculture est en chute libre.
    A la lisière de la prospérité des uns, toute une faune ravagée par la misère, la famine et la maladie est là prête à tout pour une journée de travail. Parmi eux Jasper, jeune géomètre qui va être engagé par Dick.
    La grande dépression et la prohibition sont pour les mâlins le moyen de s'enrichir et Dick n'est plus un enfant encore moins un enfant de chœur c'est un "bootlegger".
    Il revient pour racheter toutes les terres qui entourent celle de son père.
    Sa vengeance ressemble à du fil de fer barbelé et sera déchirante comme les épissures de celui-ci.
    Le lecteur ne peut deviner le final de cette histoire sauvage, des personnages indomptés et indomptables, aussi dangereux pour les autres que pour eux-mêmes, qui emportent tout sur leur passage comme le "Dust Bowl" lors du "Black Sunday".

    Un coup de maître pour un auteur Français pas seulement passionné par les Etats-Unis mais habité, totalement, par ce pays.

    "La terre n'appartient pas à l'homme. C'est l'homme qui appartient à la terre. Tout ce qui arrivera à la terre arrivera aux fils de la terre." Propos attribués à Sitting Bull.

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    Couverture du livre « La terre des Wilson » de Lionel Salaun aux éditions Liana Levi

    Alex Mot-à-Mots sur La terre des Wilson de Lionel Salaun

    Le style m’a dérouté dès les premières pages : beaucoup de virgules, des phrases hachées. J’ai bien cru que ce procédé allait être rédhibitoire. Mais finalement, cela créer un rythme et une atmosphère plutôt envoûtante.

    L’histoire est intéressante, qui raconte la revanche d’un fils sur son...
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    Le style m’a dérouté dès les premières pages : beaucoup de virgules, des phrases hachées. J’ai bien cru que ce procédé allait être rédhibitoire. Mais finalement, cela créer un rythme et une atmosphère plutôt envoûtante.

    L’histoire est intéressante, qui raconte la revanche d’un fils sur son père. Père qui m’a fait pitié : il s’acharne à cultiver une terre qui ne donne plus rien depuis le début de la Grande Sécheresse. Un homme qui refuse de partir vers des terres plus vertes et qui s’accroche à son bout de désert. Il défoule sa rage sur la pauvre mule ; on prend les palliatifs que l’on peut.

    Je ne connaissais pas les « dust bowl », ces tornades de poussières qui ravagèrent des états entiers aux Etats-Unis pendant la crise de 29 et après. L’auteur a très bien mis en scène cette catastrophe créée par l’homme.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la poupée qu’offre Dick à la fille d’Annie Mae, si délicate, si blanche dans cet univers de poussière.

    http://alexmotamots.fr/?p=1882

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