Leonora Miano

Leonora Miano

Léonora Miano est née en 1973 à Douala. Installée en France depuis 1991, elle est l'auteure d'une oeuvre remarquable. Léonora Miano a reçu le Grand Prix Littéraire de l'Afrique Noire pour l'ensemble de son oeuvre, en 2012. Lui a été décerné le Prix Femina pour son roman La saison de l'ombre (Gras...

Voir plus

Léonora Miano est née en 1973 à Douala. Installée en France depuis 1991, elle est l'auteure d'une oeuvre remarquable. Léonora Miano a reçu le Grand Prix Littéraire de l'Afrique Noire pour l'ensemble de son oeuvre, en 2012. Lui a été décerné le Prix Femina pour son roman La saison de l'ombre (Grasset, 2013).

Articles (6)

Avis (27)

  • add_box
    Couverture du livre « Contours du jour qui vient » de Leonora Miano aux éditions Pocket

    Denis Arnoud sur Contours du jour qui vient de Leonora Miano

    Dans un Mboasu (état imaginaire) ravagé par la guerre qui vient de s'achever, nous suivons le parcours de Musango, petite fille de neuf ans alors que son père vient de mourir. Musango, est rendu responsable par sa mère de tous les maux endurés par la famille et notamment de la mort de son père....
    Voir plus

    Dans un Mboasu (état imaginaire) ravagé par la guerre qui vient de s'achever, nous suivons le parcours de Musango, petite fille de neuf ans alors que son père vient de mourir. Musango, est rendu responsable par sa mère de tous les maux endurés par la famille et notamment de la mort de son père. La petite fille est victime d'une anomalie sanguine qui, pour sa mère, est le signe qu'elle est possédée par le mal. Dans un première temps sa mère la torture pour tenter d'extirper le démon de son corps, puis, sur les conseils de Sésé, la voyante locale, elle va la bannir, la jeter à la rue.


    Musango qui vivait dans une famille aisée, va se retrouver du jour au lendemain à la rue et va découvrir un pays qu'elle ne connaît pas vraiment protégée qu'elle était par ce cocon familial privilégié. A travers le parcours de Musango, c'est l'Afrique que nous découvrons. Elle est d'abord recueilli dans un centre pour enfants nécessiteux puis enlevée et séquestrée dans une maison à la campagne où elle sert de domestique. Elle est en charge de nourrir des femmes qui partent "tenter leur chance" en Europe "faire l'Europe", souvent contraintes et forcées. Ce véritable réseau de prostitution est l'une des sources de revenu de La Porte Ouverte du Paradis l'une des sectes qui pullulent dans le pays, abusant de la crédulité des gens.


    C'est une Afrique exsangue que nous découvrons, une Afrique qui telle la mère de Musango chasse ou laisse partir ses enfants, ses forces vives. Les jeunes des familles aisées partent faire les études en Europe et ne reviennent pas où s'ils reviennent ce n'est pas pour aider leur pays à s'en sortir. "La Guyane est à ma connaissance leur unique désir. Ils se fichent bien d'étudier pour devenir des roi borgnes au pays des aveugles, comme tous ces gens bardés de diplômes qui ne nous servent à rien, qui ne reviennent au pays que pour écraser les ignorants d'une médiocrité portant le label de l'Occident."

    Nous découvrons un continent marqué par l'inaction et la résignation, un continent qui a été ravagé par la colonisation : D'autres sont venus, disais-je. S'ils ont jadis creusé des routes, c'était pour accéder à chaque millimètre de terrain dont il y avait quelque chose à tirer. S'ils ont soigné nos maux, c'était parce que nous devions être forts pour travailler. S'ils ont bâti des écoles c'était pour nous apprendre à ne plus nous aimer, et à oublier le nom de nos ancêtres. Ils ne voulaient pas seulement notre terre et notre sueur. Il leur fallait notre âme." Mais la colonisation si elle est largement coupable de cet état de fait n'est pas la seule coupable. Les dirigeants ne semblent pas avoir de vision d'avenir et de gérer les problèmes au jour le jour et l'élite découragée préfère quitter le continent pour une Europe plus prometteuse.


    A travers les yeux de Musango, jeune fille très lucide, c'est une image sans concession de l'Afrique que nous voyons, une Afrique qui vit dans le passé : "L'inventaire finira bien par s'imposer d'un moment à l'autre, et nous admettrons que la patine du temps ne peut suffire à conférer de la valeur à tous nos usages." Une Afrique qui a perdu son identité et qui sans cette identité ne peut se construire d'avenir : "Ce que vous devez faire pour épouser les contours du jour qui vient, c'est vous souvenir de ce que vous êtes, le célébrer et l'inscrire dans la durée. Ce que vous êtes n'est pas seulement ce qui est passé mais ce que vous ferez. Si la paix, qui est aussi l'amour s'allie à la vérité, qui est une autre figure de la justice, ce que vous accomplirez sera grand."

    Un très beau roman sans concession, écrit dans un style plein de souffle et de poésie.

  • add_box
    Couverture du livre « La saison de l'ombre » de Leonora Miano aux éditions Pocket

    Elizabeth Neef-Pianon sur La saison de l'ombre de Leonora Miano

    Dans une tribu africaine, un incendie se déclare et de jeunes hommes disparaissent.
    Leurs mères, « Celles dont les fils n’ont pas été retrouvés », sont isolées dans une case.
    Le chef du clan part dans la tribu voisine chercher des explications. Trois femmes veulent comprendre, malgré leur...
    Voir plus

    Dans une tribu africaine, un incendie se déclare et de jeunes hommes disparaissent.
    Leurs mères, « Celles dont les fils n’ont pas été retrouvés », sont isolées dans une case.
    Le chef du clan part dans la tribu voisine chercher des explications. Trois femmes veulent comprendre, malgré leur isolement imposé.
    Avec une écriture parfaitement maîtrisée, comme une lente mélopée, l’auteur nous fait revivre le début de la traite des noirs.
    Elle traduit à la perfection le mysticisme, les croyances et les ignorances de cette tribu.
    Mais…., mais …….. je me suis un peu perdue dans les noms aux consonances si proches.
    Dans le clan « muongo », les hommes s’appellent « Mukano, Mutango, Mukimbo…. »
    et les femmes « Eyabe, Ebeise, Ekesi…… »
    Cela rend un peu difficile la lecture de ce roman déjà complexe et m’a empêchée de le savourer sereinement.

  • add_box
    Couverture du livre « Contours du jour qui vient » de Leonora Miano aux éditions Pocket

    katie boulle sur Contours du jour qui vient de Leonora Miano

    Le roman de Léonora Miano se présente sous la forme d’un monologue intérieu, celui de Musango, une fillette africaine chassée par sa mère, et qui erre dans son pays en ruines.
    Avec une lucidité effrayante, la petite observe une société qui se délite, des hommes et des femmes sans plus de...
    Voir plus

    Le roman de Léonora Miano se présente sous la forme d’un monologue intérieu, celui de Musango, une fillette africaine chassée par sa mère, et qui erre dans son pays en ruines.
    Avec une lucidité effrayante, la petite observe une société qui se délite, des hommes et des femmes sans plus de repères ni de conscience morale. Musango découvre la méchanceté, la faiblesse de ces adultes, les crimes, les pots de vin, l’exploitation sexuelle...Ces hommes déboussolés se tournent vers des sectes, dirigées par des profiteurs cyniques.
    Dans ce chaos, la jeune fille trouve la voie de la sagesse et de l’honnêteté, guidée par l’enseignement des vieilles africaines qui ont gardé la mémoire des traditions.
    Le récit de Léonora Miano est puissant et émouvant ; il décrit avec justesse une société au bord de l’implosion, en déséquilibre instable entre les traditions africaines et la fascination obsédante du monde occidental.

  • add_box
    Couverture du livre « La saison de l'ombre » de Leonora Miano aux éditions Pocket

    STEPHANE BRET sur La saison de l'ombre de Leonora Miano

    Ce roman est audacieux à plus d'un titre : il est écrit par une Camerounaise, Léonora Miano, et décrit l’irruption de l’esclavage dans l’Afrique subsaharienne, vu de l’intérieur de la société africaine de l’époque. Le roman se déroule quelque part à l’intérieur des terres, dans le clan...
    Voir plus

    Ce roman est audacieux à plus d'un titre : il est écrit par une Camerounaise, Léonora Miano, et décrit l’irruption de l’esclavage dans l’Afrique subsaharienne, vu de l’intérieur de la société africaine de l’époque. Le roman se déroule quelque part à l’intérieur des terres, dans le clan Mulongo.
    Des fils aînés de ce clan ont disparu tandis que leurs mères sont mises à l’écart et regroupées .Elles seront nommées, tout au long du récit, celles « dont les fils n’ont pas été retrouvées »
    Les membres de ce clan Mulongo s’interrogent pour conjurer tout danger futur ; ainsi Eyabe, l’une des membres de ce clan propose-t-elle : « Nous allons fermer les yeux, nous serrer les uns contre les autres, marcher à petits pas pour passer la porte .Une fois que nous serons toutes sorties, je donnerai le signal .Nous rouvrirons les yeux ensemble. »
    Très vite, les membres du clan vont comprendre que leurs voisins, les Bwele, ont capturé leurs fils et les ont vendus aux étrangers, ces hommes venus du Nord par les eaux.

    Au bout de cette découverte, c’est l’esclavage qui est décrit et se dévoile aux yeux du lecteur, du point de vue de l’autochtone : « Les jours passants, je m’affaiblissais. La colonne ralentissait par ma faute, sans s’arrêter toutefois. La mort m’opposait un refus catégorique. Elle m’a laissé arriver avec mes frères, au terme de cette longue route. (…)Enfin, on nous a ramenés dans la bâtisse blanche. L’océan rugissait en se jetant sur le sable (…) Jamais nous n’avions imaginé une telle étendue d’eau. Depuis notre geôle, nous en observions la reptation, les cabrements, à travers une crevasse. »
    On le voit, c’est le départ vers les navires négriers qui est décrit, ce « monde d’en bas »vers lequel les « étrangers au pied de poule » font basculer les captifs.

    L’originalité et la force de ce roman résident dans le point de vue choisi pour la description de l’instauration de l’esclavage : celui des Africains, le fonctionnement de leur société, la place des ancêtres admirablement évoquée à la fin du roman ; et dans le mode de narration : un discours allusif, au départ puis de plus en plus éloquent et précis, préparant le lecteur à se confronter à la saison de l’ombre, cette mise en captivité multiséculaire d’un continent

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !