Leonora Miano

Leonora Miano

Léonora Miano est née en 1973 à Douala. Installée en France depuis 1991, elle est l'auteure d'une oeuvre remarquable. Léonora Miano a reçu le Grand Prix Littéraire de l'Afrique Noire pour l'ensemble de son oeuvre, en 2012. Lui a été décerné le Prix Femina pour son roman La saison de l'ombre (Gras...

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Léonora Miano est née en 1973 à Douala. Installée en France depuis 1991, elle est l'auteure d'une oeuvre remarquable. Léonora Miano a reçu le Grand Prix Littéraire de l'Afrique Noire pour l'ensemble de son oeuvre, en 2012. Lui a été décerné le Prix Femina pour son roman La saison de l'ombre (Grasset, 2013).

Articles (6)

Avis (27)

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    Couverture du livre « Crépuscule du tourment T.1 » de Leonora Miano aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Djelae sur Crépuscule du tourment T.1 de Leonora Miano

    Très beau roman écrit sous le prisme de la quatre femmes gravitant autour du personnage de Dio, l'homme qui n'arrive pas à vivre avec son passé; sa mère, la femme qu'il a aimée, la femme avec qui il est en couple et sa sœur. J'ai eu du mal à progresser dans l'histoire mais la plume de l'auteur...
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    Très beau roman écrit sous le prisme de la quatre femmes gravitant autour du personnage de Dio, l'homme qui n'arrive pas à vivre avec son passé; sa mère, la femme qu'il a aimée, la femme avec qui il est en couple et sa sœur. J'ai eu du mal à progresser dans l'histoire mais la plume de l'auteur est tellement dense et magnifique que je me suis laissée emporter par le récit. C'est un roman très charnel qui laisse la part belle aux tourments des femmes, leur intimité et leur courage.

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    Couverture du livre « Crépuscule du tourment T.1 » de Leonora Miano aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Christel Gibilaro sur Crépuscule du tourment T.1 de Leonora Miano

    Ce livre est un véritable paradoxe pour moi.
    Je ne peux que vous avouer que j'ai eu du mal à progresser dans ma lecture.
    Pour moi un bon roman est une histoire qui se dévore.
    L'auteur vous prend par la main et ne vous lâche plus.
    Sauf que la main de Léonora Miano est brûlante.
    De vérités,...
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    Ce livre est un véritable paradoxe pour moi.
    Je ne peux que vous avouer que j'ai eu du mal à progresser dans ma lecture.
    Pour moi un bon roman est une histoire qui se dévore.
    L'auteur vous prend par la main et ne vous lâche plus.
    Sauf que la main de Léonora Miano est brûlante.
    De vérités, de pur talent, de réflexions profondes..
    Impossible de ne pas rester sidérée par un écrit aussi dense.

    Je n'aime pas lire les 4ième de couverture...je préfère découvrir tout du texte.
    Pour cette lecture j'ai eu tord.
    J'aurais pu entrevoir un récit à quatre temps.

    Je vous recommande donc cette lecture, en prenant le temps.
    Elle ne sera pas faite pour vous si vous attendez de la légèreté.
    Vous serez comblé(e) si vous aimez les plumes riches et la réflexion sur la condition de la femme non stéréotypée.

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    Couverture du livre « Crépuscule du tourment T.1 » de Leonora Miano aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Colette LORBAT sur Crépuscule du tourment T.1 de Leonora Miano

    Après Catherine de Médicis, je retrouve, avec crépuscule du tourment, une mère incapable de démonstration d’amour maternel, celle que tout le monde appelle Madame.
    Léonora Miano met en scène quatre femmes, quatre voix africaines. Ces mélopées sont adressées à un homme absent, fils, ex ou...
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    Après Catherine de Médicis, je retrouve, avec crépuscule du tourment, une mère incapable de démonstration d’amour maternel, celle que tout le monde appelle Madame.
    Léonora Miano met en scène quatre femmes, quatre voix africaines. Ces mélopées sont adressées à un homme absent, fils, ex ou fiancé, frère des quatre femmes.
    Madame. Oui, c’est ainsi que l’appelle son entourage, enfants inclus, débute le bal.
    Il y a en elle une immense blessure héritée de ses ascendants, qui se dévoile petit à petit. « Je sais nommer l’épine qui, logée en moi depuis le plus jeune âge, est ma torture et ma boussole. Ma véritable identité. » Elle a épousé Amos, un noble désargenté mais à la lignée prestigieuse. Elle ne quittera jamais malgré les coups assenés même devant ses enfants, Pour elle, on doit avoir une généalogie et c’est au fil de ma lecture que je découvre ce que ce terme de sans-généalogie signifie pour elle. Je comprends pourquoi elle n’a accepté aucune des deux femmes que Dio a connues dans le Nord (la France) et ramené à la maison. Elles sont descendantes d’esclaves, donc sans généalogie, leur grande tare.
    Madame est une femme à qui on obéit mais que l’on n’écoute pas, une femme seule qui s’est caparaçonnée pour survivre aux coups de son mari, à ce qui la ronge, pour assurer l’avenir de ses deux enfants Dio et Tiki. « Je ne serai pas accusée de m’être dérobée ».
    Amandla, Dio l’a aimée et, pourtant, il l’a quittée. Ce n’est pas le grade de sans-généalogie donné par Madame, non, il y a autre chose qui vient du père. Leur relation amoureuse est toujours restée chaste, Il en est de même avec Ixora qu’il veut épouser parce qu’il ne l’aime pas.
    Tiki, la sœur, ferme le bal. Elle a vécu le drame de sa mère de l’intérieur. Elle s’est construite sur ces ruines, toute seule et, comme son frère, a une vie et une sexualité compliquée.

    « Ici, comme ailleurs, nous avons des codes. Une vision du monde. Une manière d’être. Et, pour nous, l’ascendance servile est une des pires choses qui soient. Lorsque par-dessus le marché, elle s’expose à travers gestes et attitudes… Cette femme ne sera pas tolérée, tu ne l’épouseras pas, nous ne célébrerons pas vos fiançailles. ». Elles vont se réinventer, se recréer sur le territoire africain. Amandla renoue avec les racines africaines d’avant la colonisation. Ixora rencontre l’amour en la personne d’une belle africaine.

    Quatre monologues distincts qui se répondent, s’imbriquent, se complètent. Les femmes déroulent leurs peines, leurs douleurs, leurs vies. La féminité bâillonnée par la religion des coloniaux et la place de servante qu’elle lui a donnée, l’amour saphique, complètement tabou avec, pour emblème, le quartier « Vieux pays ». Le retour à un besoin de racines africaines et chamaniques, Les hommes faibles, versatiles, fainéants et, surtout, l’importance de la lignée. Ce que j’aime chez elles, c’est leur énergie qui leur permet de rebondir, de rester droites.
    Entre sorcellerie, chamanisme, modernité, sensualité, Léonora Miano parle de ces femmes qui portent une blessure, un secret refoulé, de la colonisation et ses effets sur la population camerounaise, des hommes velléitaires, qui sèment à tout vent
    Une lecture forte et émouvante

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    Couverture du livre « Crépuscule du tourment T.1 » de Leonora Miano aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Dominique Sudre sur Crépuscule du tourment T.1 de Leonora Miano

    En Afrique subsaharienne, région chère au cœur de Léonora Miano qui y situe une grande partie de son œuvre. Quatre femmes s’adressent à un même homme, chacune à son tour, il est absent et elles ne sont ni avec lui ni ensemble. A partir d’un même événement, chacune va remonter le fil de son...
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    En Afrique subsaharienne, région chère au cœur de Léonora Miano qui y situe une grande partie de son œuvre. Quatre femmes s’adressent à un même homme, chacune à son tour, il est absent et elles ne sont ni avec lui ni ensemble. A partir d’un même événement, chacune va remonter le fil de son existence aux côtés de cet homme. Sa mère tout d’abord, puis la femme qu’il a quitté parce qu’il en était amoureux mais ne savait pas l’assumer, ensuite la femme avec qui il voulait se marier sans pour autant en être amoureux, et enfin sa sœur. Ces différents monologues seront pour l’auteur prétexte à expliquer sa vision de la famille, de la société, de l’histoire.
    Chacune à son tour, ces quatre femmes expriment leur éveil ou leur exigence du respect des traditions, de ces coutumes qui construisent un peuple, qui forcent le respect, qui en imposent. Chacune de ces femmes se doit d’être « une tacticienne, un monument de ruse, une femme comme les aime la société ». Il ne fait pas bon être « des femmes sans généalogie, descendantes d’esclave ! » car on ne peut alors pas être acceptée dans les familles.
    Dans le vocabulaire utilisé par ces femmes tout au long du roman, on retrouve la passion et les convictions de l’auteur. Quand elle parle du Nord, et donc de l’Europe, l’une d’entre-elles parle de ces pays habités par les populations « leucodermes » en regard de celles issues des Kémites, refusant l’appellation de « noirs », qui pour elle ne veut rien dire en regard des multiples différences de teintes qu’il peut y avoir dans les diverses populations africaines. Les références à Aset nous ramènent à Isis, aux pharaons noirs qui peuplaient la côte est de l’Afrique et aux sources des croyances égyptiennes.
    Léonora Miano décrypte les travers et les poncifs des différentes religions qui imposent leurs dictats, ordonnés par les hommes et imposés en particulier aux femmes pour les asservir. Son écriture est révélatrice d’un combat pour faire retrouver ses racines à un peuple qui s’est laissé déposséder de ses propres traditions. Elles y ont une importance immense. Le père, la famille, les règles qui régissent les différentes strates de la société et leurs usages, domestique et maitre, femme et homme, mère et fils, filles et fils, sacré et croyances, médecine et sorcellerie, ancêtres et descendants, ont toutes une raison d’être et ne peuvent être comprises que de ceux qui sont prêts à les entendre.
    Le conflit qui est en chaque individu est fort et important, prégnant durant toute son existence, celui d’écouter au fond de soi et de laisser émerger ses racines véritables, celles qui étaient là avant l’arrivée du colonisateur, avant la traite subsaharienne à laquelle ont participé les tribus de l’Ouest de l’Afrique, avant les migrations vers les pays du Nord. L’auteur le déplore, « Les natifs du pays premier sont des captifs non déportés » ils subissent un asservissement volontaire et une acceptation de coutumes qui viennent d’ailleurs au détriment des traditions de leur propre pays.
    On retrouve tout au long de ces lignes la force et la passion de Léonora Miano. C’est tout un combat porté par une superbe écriture, absolument passionnant.

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