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Leonardo Padura

Leonardo Padura
Né à La Havane en 1955, Leonardo Padura est romancier, scénariste et journaliste. Ses romans L'Automne à Cuba, Électre à La Havane, Adios Hemingway, Passé parfait et Vents de Carême sont disponibles en Points.

Avis sur cet auteur (40)

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    Couverture du livre « Retour à Ithaque » de Leonardo Padura et Laurent Cantet aux éditions Metailie

    Ghislaine DEGACHE sur Retour à Ithaque de Leonardo Padura - Laurent Cantet

    J’avais beaucoup apprécié Leonardo Padura dans L’homme qui aimait les chiens, un récit-roman de la vie de Ramon Mercader, l'assassin de Léon Trotski, et La transparence du temps, un des romans de la série policière ayant pour héros le lieutenant-enquêteur Mario Condé, le roman noir permettant...
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    J’avais beaucoup apprécié Leonardo Padura dans L’homme qui aimait les chiens, un récit-roman de la vie de Ramon Mercader, l'assassin de Léon Trotski, et La transparence du temps, un des romans de la série policière ayant pour héros le lieutenant-enquêteur Mario Condé, le roman noir permettant à l’auteur, un des meilleurs témoins des réalités cubaines, de distiller une vraie réflexion sur ce pays.
    Ayant eu la chance de pouvoir me rendre sur cette magnifique île des Caraïbes, séjour malheureusement interrompu par l’arrivée du virus, lorsque j’ai vu à ma médiathèque, ce livre co-écrit avec Laurent Cantet Palme d’or du festival de Cannes en 2008 avec le film Entre les murs, je n’ai pas hésité !
    Retour à Ithaque composé de cinq séquences nous propose le scenario du film, sorti en France en 2014, mais également la genèse de celui-ci. Leonardo Padura explique pourquoi, bien que n’aimant pas écrire pour le cinéma, a d’abord accepté un projet de film 7 jours à la Havane, composé de brèves histoires de la ville « où je suis né, où je vis et où j’écris ». Celui-ci l’a finalement mené à Ithaque. Dans la liste des réalisateurs ayant rejoint ce projet de film choral sur la Havane, se trouvait Laurent Cantet, dont le désir était de tourner à Cuba et qui avait été emballé par la traduction française parue en 2009 du roman Le Palmier et l’Étoile de Leonardo Padura (un extrait nous en est d’ailleurs donné).
    Un groupe de vieux amis, Cubains, la cinquantaine, sont réunis sur la terrasse d’un immeuble dominant la ville, à La Havane. Il y a Tania, la médecin ophtalmo payée en poulets et fruits par des patients fauchés, Aldo, l'ingénieur mécanicien qui n'a pas de boulot et qui pour gagner sa vie fabrique des batteries de voiture, clandestinement, Eduardo (Eddy) le fonctionnaire qui peut voyager à l'extérieur et parfois faire du trafic, n’ayant jamais pu exercer son métier de journaliste, et Rafael (Rafa), le peintre en manque d'inspiration, heureux de se retrouver avec Amadeo, écrivain, vivant depuis seize ans en Espagne où il était resté à l’occasion d’une tournée de la compagnie de théâtre dont il était le dramaturge et aujourd’hui de retour sur l’île.
    Ils se souviennent de leur jeunesse, des interdictions entre autres, d’écouter de la musique américaine mais aussi les Beatles, de porter les cheveux longs et des pantalons serrés, « déviationnisme idéologique » et « signe d’immaturité politique », mais aussi des obligations pour les étudiants d’aller travailler deux mois aux champs. Ils se rappellent ce vieux slogan « l’Homme Nouveau puisait sa force dans l’Éducation … le Travail et le Fusil ! »
    Beaucoup de tristesse et d’amertume dans leurs propos sur ces brimades acceptées alors, avec l’espoir d’un monde meilleur avec aujourd’hui, beaucoup de désillusion.
    Et lorsque Amadeo annonce à ses amis son souhait de ne pas repartir et de rester sur l’île, c’est la surprise et l’incompréhension ! La conversation va s’emballer et plusieurs non-dits vont enfin avoir une explication et les amener à se poser des questions essentielles. Après ces désillusions, faut-il quitter Cuba ou y rester et en ce cas à quoi continuer à croire ? Questions particulièrement sensibles pour ces Cubains, mais questions universelles en même temps, car ne sont-elles pas ce que chacun d’entre nous se sont posées ou se poseront, une fois arrivé à la cinquantaine ?
    Ce bouquin nous dépeint comment Laurent Cantet, ce cinéaste, maître dans l’art de montrer la psychologie humaine, en étroite collaboration avec l’écrivain Leonardo Padura et l’implication totale des acteurs a pu réaliser un film où les sentiments les plus intimes sont exposés au grand jour sans filtre, un film « cubain » en quelque sorte comme il aime à le rappeler et qui a pu finalement être montré à un public cubain dans le cadre de la Semaine du cinéma français de La Havane, le 2 mai 2015.
    Avec Retour à Ithaque, j’ai découvert un beau livre sur Cuba, sur l'exil, sur l’utopie qui fut au cœur de la jeunesse et les désillusions qui ont suivi, mais aussi sur la force et la fragilité de l'amitié. Me reste à voir ce film que je suis impatiente de découvrir !

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    Couverture du livre « Hérétiques » de Leonardo Padura aux éditions Points

    Ringard sur Hérétiques de Leonardo Padura

    Un grand roman, très original par son écriture et sa construction. Les époques et les histoires se tissent et s'imbriquent avec un grand sens du destin. On est aussi dans l'Histoire, tout en suivant des personnages attachants

    Un grand roman, très original par son écriture et sa construction. Les époques et les histoires se tissent et s'imbriquent avec un grand sens du destin. On est aussi dans l'Histoire, tout en suivant des personnages attachants

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    Couverture du livre « Retour à Ithaque » de Leonardo Padura et Laurent Cantet aux éditions Metailie

    Yv Pol sur Retour à Ithaque de Leonardo Padura - Laurent Cantet

    Ce livre est le scénario écrit par Leonardo Padura, du film du même titre réalisé par Laurent Cantet en 2014. J'avais un peu peur de l'ennui néanmoins rassuré par Leonardo Padura. Et c'est lui qui l'a -et m'a-emporté. Scénario excellent qui m'a tenu sans aucun souci et m'a donné envie de voir le...
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    Ce livre est le scénario écrit par Leonardo Padura, du film du même titre réalisé par Laurent Cantet en 2014. J'avais un peu peur de l'ennui néanmoins rassuré par Leonardo Padura. Et c'est lui qui l'a -et m'a-emporté. Scénario excellent qui m'a tenu sans aucun souci et m'a donné envie de voir le film, l'incarnation des personnages tous attachants ou agaçants à certains moments. Dès le début, on sent que Tania en veut à la terre entière et en particulier à Amadeo d'avoir quitté Cuba et ses amis. Puis c'est au tour d'Eddy de passer sur le grill des sarcasmes et critiques, parfois virulentes. On sent que cette agressivité est liée à une peur, à l'abandon de son ami. C'est extrêmement bien fait, les rapports entre les cinq évoluent doucement au cours de la soirée, passant comme on le dit couramment du rire aux larmes. Tout y passe, l'amitié, la trahison, la mort, la vie difficile à Cuba en général et pour les artistes et intellectuels qui ne peuvent s'exprimer librement, la désillusion puisque ce qu'a promis le régime n'est jamais advenu. Chacun y va de son avis, blézimarde, reprend le fil de sa pensée, accuse, se défend et prend la défense. Mais toujours l'amitié est là qui protège ces cinq-là, même lorsqu'ils se disent des vérités difficiles à entendre.

    C'est très dialogué, normal pour un scénario, mais La Havane est très présente, et Cuba et ses espoirs et déceptions.

    Ce scénario est complété de chapitres qui racontent la genèse du film, son tournage et l'après.

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    Couverture du livre « Passé parfait » de Leonardo Padura aux éditions Points

    Isa Pouteau sur Passé parfait de Leonardo Padura

    La Havane c’est comme un village, avec sa bande de copains inséparables depuis l’enfance, son lycée où les amitiés se consolident et les amours se nouent, ses bars où l’on parle des matches de baseball en buvant du rhum.
    Le lieutenant Mario Condé nous invite sur son île, avec une enquête sur un...
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    La Havane c’est comme un village, avec sa bande de copains inséparables depuis l’enfance, son lycée où les amitiés se consolident et les amours se nouent, ses bars où l’on parle des matches de baseball en buvant du rhum.
    Le lieutenant Mario Condé nous invite sur son île, avec une enquête sur un ancien camarade de classe disparu et l’on s’imprègne tellement de l’ambiance qu’on a la sensation d’être installé depuis longtemps à Cuba, d’avoir toujours connu ce groupe d’amis et de partager avec eux la douceur de l’hiver cubain et la saveur des plats locaux.
    L’enquête n’est pas en soi passionnante et traîne un peu en longueur, mais elle est un prétexte à raconter ce pays, où les habitants vivent de petites combines, avec un sens de l’amitié et du dévouement que l’on ne retrouve qu’au sein d’une même famille.
    Dans un style drôle et sensuel, Leonardo Padura nous dévoile des personnages désabusés du régime communisme et fatalistes quant à leur avenir, qui ont malgré tout conservé une profonde joie de vivre.
    Plus besoin de partir en vacances à La Havane, on vient d’y passer un roman, et c’était bien agréable.