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Laurent Galandon

Laurent Galandon
Il ne serait pas indu de dire de Laurent Galandon qu'il est le scénariste des opprimés. En seulement cinq ans, cet auteur a signé nombre d'albums dont le trait commun semble être une certaine volonté d'ouvrir les yeux du public sur le sort réservé à certains populations ou individus. Des enfant... Voir plus
Il ne serait pas indu de dire de Laurent Galandon qu'il est le scénariste des opprimés. En seulement cinq ans, cet auteur a signé nombre d'albums dont le trait commun semble être une certaine volonté d'ouvrir les yeux du public sur le sort réservé à certains populations ou individus. Des enfants déportés de « L'envolée sauvage », aux gitans de « Quand souffle le vent », en passant par les Algériens de « Tahya El-Djazaïr », Galandon aime dépeindre le sort des damnés de la terre. Exercice périlleux auquel il se livre toujours avec une grande sensibilité, multipliant les collaborations – autour de one-shots ou diptyques, la plupart du temps. Ses dialogues minimalistes et la grande part laissée aux silences et aux émotions ont vite conquis le coeur du public, faisant de Laurent Galandon une étoile montante du scénario. Nullement rassasié, il fait une nouvelle fois montre de son éclectisme, en signant conjointement un projet sur les femmes islamistes kamikazes et en ressuscitant le temps des apaches à travers l'histoire de Casque d'Or.

Avis sur cet auteur (13)

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    Couverture du livre « Retour de flammes T.1 ; premier rendez-vous » de Laurent Galandon et Alicia Grande aux éditions Glenat

    Bulle noire sur Retour de flammes T.1 ; premier rendez-vous de Laurent Galandon - Alicia Grande

    Dans la série « le deuxième te fait de l’œil mais tu ferais bien de lire le premier d’abord » voici Retour de flammes. Mais que cache cette couv très cinématographique prometteuse ?

    Elle cache un polar intéressant. Paris 1941, une enquête complexe mené par un commissaire français sous la...
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    Dans la série « le deuxième te fait de l’œil mais tu ferais bien de lire le premier d’abord » voici Retour de flammes. Mais que cache cette couv très cinématographique prometteuse ?

    Elle cache un polar intéressant. Paris 1941, une enquête complexe mené par un commissaire français sous la pression de l’occupant allemand.

    Une enquête qui va mener notre flic dans le monde du 7ème art : des pellicules de films allemands sont brûlés… La Gestapo ne voit pas ça d’un très bon œil… L’enquête est passionnante et l’intérêt du lecteur sera alpagué par les faces cachées des 2 héros : le commissaire Lange et l’inspecteur Goujon …sans oublier la nouvelle voisine de Lange et la mystérieuse petite fille qui l’accompagne…. je n’en dis pas plus mais le scénario de Laurent Galandon (A fake story notamment) nous mène avec envie vers un tome 2 qui répondra à nos questions…. Il faut signaler le travail graphique réaliste et expressif d’Alicia Grande dont ce sont les débuts dans le monde de la BD.
    Le tout nous donne un polar historique efficace et riche d’intrigues à dénouer… Encore une deuxième tome à aller chercher !

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    Couverture du livre « Retour de flammes T.2 ; dernière séance » de Laurent Galandon et Alicia Grande aux éditions Glenat

    Bd.otaku sur Retour de flammes T.2 ; dernière séance de Laurent Galandon - Alicia Grande

    On ne compte plus les albums consacrés à la Seconde Guerre Mondiale, à la Résistance et même à l’Occupation. On pensera, par exemple, pour cette dernière période au premier album d’Emmanuel Guibert « Brune », au diptyque de Jean-Pierre Gibrat « le Vol du Corbeau », au « Il était une fois en...
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    On ne compte plus les albums consacrés à la Seconde Guerre Mondiale, à la Résistance et même à l’Occupation. On pensera, par exemple, pour cette dernière période au premier album d’Emmanuel Guibert « Brune », au diptyque de Jean-Pierre Gibrat « le Vol du Corbeau », au « Il était une fois en France » du tandem Nury et Vallée sur le collaborateur Joseph Joanovici, au premier tome d’« Opération, vent printanier » de Wachs et Richelle ou de « Secrets, L’Echarde » du duo Giroud-Duvivier évoquant tous deux la rafle du Vel d’Hiv…
    Maints albums nous content donc le quotidien à cette époque et les persécutions dont furent victimes les Juifs mais peu s’intéressent au contexte culturel de l’époque. A l’exception peut-être du « Dolor » de Catel et Bocquet qui évoque le triste devenir de l’actrice Mireille Balin et du tout récent « un amour de guerre » de Keraval et Leyho qui rapporte l’anecdote incroyable (mais authentique) du faux film allemand d’actualité sur le front russe tourné en …Ile et Vilaine, aucun d’eux ne s’était intéressé à cette période à travers le prisme du 7eme art. Laurent Galandon, ancien exploitant de salle de cinéma et cinéphile invétéré, répare cet oubli dans son diptyque « Retour de flammes » paru aux éditions Glénat dont voici le deuxième volet.
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    Dans le tome introductif, « Premier rendez-vous », il plantait le décor et nous dépeignait de façon extrêmement pertinente le monde du cinéma français des années 1940 en s’appuyant notamment sur l’ouvrage « Le cinéma français sous l'occupation » de JP Bertin-Maghit. Mais il ne se contentait pas d’une bande dessinée documentaire car il bâtissait un véritable thriller prenant place dans cet univers. Une grande partie de l’intrigue tourne en effet autour de la société de production allemande Continental dirigée par le mystérieux Alfred Greven qui employa la fine fleur des comédiens français de l’époque. Des cinémas où étaient projetés les films qu’elle produisait se trouvaient mystérieusement incendiés et la police française, pressée par la Gestapo persuadée qu’il s’agissait d’actes terroristes, enquêtait. Cette sombre histoire se doublait du meurtre d’une jeune starlette, Victoire, maitresse d’un officier du Referat film (service cinéma du ministère allemand de la propagande), que le commissaire Lange, flanqué de son fidèle inspecteur Goujon, devait élucider. A cette occasion, le lecteur assistait sur plusieurs planches au tournage de « L’assassin habite au 21 » de Clouzot dans lequel aurait dû jouer Victoire. Le commissaire Lange y était même repéré par Greven qui voulait l’engager comme premier rôle pour son prochain film en costumes ! On voyait également au cours de l’investigation certains acteurs très populaires, tels Fernandel ou Tino Rossi, se compromettre largement avec l’occupant.
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    Si l’on voit de nouveau ces interactions au deuxième tome, avec notamment cette fois le personnage d’Edwige Feuillère qui permet d’évoquer les différentes attitudes des artistes à l’époque (collaboration active ou pragmatisme) ou si le méconnu autodafé du patrimoine du cinéma français par les Allemands y est abordé, ce volume s’intéresse un peu moins au contexte culturel et élargit son analyse de l’époque en évoquant cette fois le recensement obligatoires Juifs, les rafles qui commençaient, ainsi que la persécution des homosexuels et des communistes. Il s’attache principalement au développement des personnages. L’enfance d’Engelbert Lange est révélée et l’on comprend mieux ses relations avec l’inspecteur Goujon et surtout avec ce mystérieux fantôme, Madeleine, dessiné en noir et blanc, coiffé à la Louise Brooks et semblant sortir d’un film muet. Là encore, le cinéma est la clé ! Cet approfondissement des caractères s’effectue au fur et à mesure de l’avancement de l’enquête qui révèle les coupables et met également à jour les secrets des uns et des autres. Certains personnages annexes dans le premier tome deviennent ainsi essentiels et des détails perçus initialement comme anecdotiques, trouvent tout leur intérêt dans ce deuxième tome : ainsi la « toquade » de Greven pour Lange et son envie d’en faire un acteur constituent un véritable ressort dramatique. Le scénariste relie toutes les intrigues entre elles avec intelligence et nous offre un dénouement à la fois surprenant, convaincant et émouvant. On regrettera cependant que cette résolution des intrigues n’ait pas pu bénéficier d’une pagination un peu plus généreuse car elle semble parfois un peu trop précipitée - surtout dans l’intrigue annexe de la jeune voisine Clotilde et de sa « fille » - mais l’ensemble reste cependant extrêmement maîtrisé et plaisant.
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    La qualité du dessin se confirme : le trait semi-réaliste d’Alicia Grande, qui rappelle celui de Jordi Lafebre, est parfait pour les gros plans sur les visages et l’expression des sentiments. La dessinatrice prête toujours autant d’attention aux décors et nous plonge bien dans l’ambiance cinématographique du récit en reconstituant parfaitement les cinémas de campagne improvisés, les grandes salles luxueuses du centre de Paris, les cinémas de quartier ou même une salle de projection privée. Elle réalise également des portraits étonnamment ressemblants des stars de l’époque. Enfin, elle reconstitue minutieusement les voitures, l’architecture, les tenues et coiffures des années 1940. On a du mal à croire qu’il s’agit de sa première incursion en bande dessinée … La très belle mise en lumière de la coloriste Elvire de Cock donne de pleines pages magnifiques sublimées par la somptueuse mise en couleur dans des tons mordorés qui donne un « grain » filmique ainsi qu’une teinte « d’époque » sans tomber dans le sépia attendu.
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    Galandon avait déjà rendu un très bel hommage au cinéma dans le diptyque « La Parole du muet » réalisé avec Frédéric Blier. Il nous communique à nouveau son amour du cinéma dans cette série dont le premier tome est sorti juste avant le premier confinement l’année dernière et est resté relativement confidentiel. En espérant que la parution de ce deuxième volet, longtemps reporté, viendra relancer les ventes car il s’agit d’un très beau diptyque à la fois historique, policier et fantastique avec des personnages bien campés et originaux. On se croirait dans un film de Clouzot grâce à ce scénario ciselé et à la mise en scène et au découpage très cinématographiques d’Alicia Grande ! La fin de ce premier cycle est ouverte et l’on aimerait vraiment que le titre du deuxième volume « dernière séance » ne soit pas prémonitoire : il y a en effet matière à de nouvelles histoires du commissaire Lange et de l’inspecteur Goujon et à de nouvelles incursions dans le monde de l’art : sur les traces de Madeleine dans le Hollywood des années 1930 par exemple…

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    Couverture du livre « A fake story » de Jean-Denis Pendanx et Laurent Galandon aux éditions Futuropolis

    nathalie vanhauwaert sur A fake story de Jean-Denis Pendanx - Laurent Galandon

    Le 30 octobre 1938, veille d'Halloween, sur les ondes de CBS, Orson Welles dans son émission quotidienne présente une adaptation de "La guerre des mondes" de H.G. Wells semant la panique un peu partout tellement cela semble réaliste.

    Dans la bourgade de Growers Hills, endroit supposé de...
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    Le 30 octobre 1938, veille d'Halloween, sur les ondes de CBS, Orson Welles dans son émission quotidienne présente une adaptation de "La guerre des mondes" de H.G. Wells semant la panique un peu partout tellement cela semble réaliste.

    Dans la bourgade de Growers Hills, endroit supposé de l'attaque des envahisseurs, un drame a eu lieu. Un couple est retrouvé mort et leur fils Ted est grièvement blessé par balles.

    CBS envoie sur place un ancien journaliste vedette reconverti aujourd'hui à l'écriture, il doit éclaircir l'affaire afin de déterminer si la radio peut être impliquée ou non dans cette triste histoire.

    Un scénario passionnant de Laurent Galandon qui nous transporte dans un petit village fin des années 30, pour une double enquête policière et journalistique mais aussi sociale.

    Une petite bourgade rurale, un shérif raciste et son assistant, un journal local où une jeune journaliste Aretha Miller rêve de se faire repérer au niveau national.

    Douglas Burroughs va mener son enquête en se basant uniquement sur les faits, sans préjugé personnel ou raciste, les faits et rien d'autres. Il va démontrer à la jeune journaliste que c'est la seule et unique façon de déterminer la vérité.

    CBS est-elle responsable ? A-t-elle causé la mort indirecte de cette famille ? C'est tout l'art de Galandonque de nous faire douter tout au long du récit inversant plusieurs fois notre jugement.

    Une belle enquête mélant la science-fiction et le polar jouant de notre crédulité sur un fond d'Amérique raciste, ségrégationniste qui nous parle des faux-semblants de la société américaine.

    C'est un scénario écrit de main de maître qui tient en haleine.

    Le dessin de Jean-Denis Pendanx est très réaliste et nous fait bien ressentir l'ambiance de l'Amérique des années 30. La colorisation sépia est proche des photos de l'époque et rend bien l'atmosphère par des petits détails.

    C'est un excellent album qui nous fait réfléchir sur la manipulation des infos et le poids des médias .

    A lire absolument.

    Ma note ♥♥♥♥♥

    Les jolies phrases

    Le temps ne doit pas avoir de prise sur la littérature.

    Il n'y a pas de grands ou de petits sujets ; l'important est la manière et l'honnêteté avec lesquelles ils sont traités.

    Le mensonge, les légendes ... les mystifications.. il y en a toujours eu. Les médias et les formes, de nouvelles technologies vont se développer. Les anciens sujets délirants vont s'éloigner et d'autres vont émerger ... propices à de nouvelles histoires.

    https://nathavh49.blogspot.com/2021/03/a-fake-story-jean-denis-pendanx-et.html

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    Couverture du livre « A fake story » de Jean-Denis Pendanx et Laurent Galandon aux éditions Futuropolis

    Bulle noire sur A fake story de Jean-Denis Pendanx - Laurent Galandon

    La petite histoire dans la grande, la fiction dans le réel….Voilà des thèmes qui m’attirent. Je me suis donc tourné vers cet album, fraîchement sorti dans les bacs.

    Le dessin nous immerge parfaitement dans cette Amérique profonde, fin des années 30, entre racisme latent et apparition d’un...
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    La petite histoire dans la grande, la fiction dans le réel….Voilà des thèmes qui m’attirent. Je me suis donc tourné vers cet album, fraîchement sorti dans les bacs.

    Le dessin nous immerge parfaitement dans cette Amérique profonde, fin des années 30, entre racisme latent et apparition d’un nouveau média, la radio, qui vient concurrencer la presse écrite.

    Et c’est une réussite. C’est un vrai polar, une vraie enquête, un climat bien dépeint, des personnages complexes et intéressants et puis surtout un sujet qui résonne tellement avec notre présent. Il est ici bien question de notre rapport aux médias, à la vérité, à l’autre en tant que coupable désigné.

    Chacun y trouvera de quoi alimenter sa réflexion….

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