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Laurent-Frederic Bollee

Laurent-Frederic Bollee
Né en 1967 à Orléans, Laurent-Frédéric Bollée se passionne très vite pour le journalisme et la bande dessinée, au point d'en faire ses deux métiers. Il signe son premier contrat de scénariste de bande dessinée à 21 ans et a déjà publié plus de cinquante albums pour les plus grandes maisons d'édit... Voir plus
Né en 1967 à Orléans, Laurent-Frédéric Bollée se passionne très vite pour le journalisme et la bande dessinée, au point d'en faire ses deux métiers. Il signe son premier contrat de scénariste de bande dessinée à 21 ans et a déjà publié plus de cinquante albums pour les plus grandes maisons d'éditions européennes. On lui doit ces dernières années plusieurs oeuvres marquantes qui l'ont fait entrer dans la cour des grands scénaristes actuels, comme le roman graphique Terra Australis, paru en 2013 chez Glénat : un livre de 500 pages relatant la naissance de l'Australie moderne, complété en 2018 par un second volume, Terra Doloris. 2013 a également vu la sortie de Deadline, un western hors-norme réalisé en compagnie de Christian Rossi (toujours chez Glénat), nommé dans la sélection officielle du Festival d'Angoulême 2014. LF Bollée a aussi scénarisé un XIII Mystery (Billy Stockton, Dargaud). Il est également l'auteur de séries remarquées comme ApocalypseMania, L'Ultime Chimère, Les maîtres Saintiers, Un long Destin de Sang ou Espace Vital. Il travaille actuellement sur la reprise du personnage de Bruno Brazil, aux éditions du Lombard et à divers projets de romans graphiques. En tant que journaliste spécialisé dans les sports mécaniques, il a participé à la collection sur les 24H du Mans de Glénat, est depuis presque vingt ans le Rédacteur-en-chef de la chaîne thématique Motorsport TV et a également travaillé pour France 2 et RMC. Avec Didier Alcante, il coscénarise, La Bombe, un ouvrage de près de 500 pages sur l'histoire de la bombe atomique, dessiné par Denis Rodier, paru en 2020.

Avis sur cet auteur (9)

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    Couverture du livre « La bombe » de Laurent-Frederic Bollee et Alcante et Denis Rodier aux éditions Glenat

    Vanessa Rioli sur La bombe de Laurent-Frederic Bollee - Alcante - Denis Rodier

    Se lit vraiment comme un roman graphique mais aussi comme un documentaire. Le destin de la bombe atomique, de sa création à son déclenchement, à sa mort est captivant !

    Se lit vraiment comme un roman graphique mais aussi comme un documentaire. Le destin de la bombe atomique, de sa création à son déclenchement, à sa mort est captivant !

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    Couverture du livre « La bombe » de Laurent-Frederic Bollee et Alcante et Denis Rodier aux éditions Glenat

    ManonBX sur La bombe de Laurent-Frederic Bollee - Alcante - Denis Rodier

    Documenté et inspiré, cet ouvrage nous emporte tout en restant instructif.

    Documenté et inspiré, cet ouvrage nous emporte tout en restant instructif.

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    Couverture du livre « Patrick Dewaere ; à part ça la vie est belle » de Laurent-Frederic Bollee et Maran Hrachyan aux éditions Glenat

    Bulle noire sur Patrick Dewaere ; à part ça la vie est belle de Laurent-Frederic Bollee - Maran Hrachyan

    Un samedi à @cosmopoliteangouleme, une rencontre, une dédicace et me voilà plongé dans un album que je n’aurais pas cru dévoré avec autant d’attention… Patrick Dewaere pour moi c’est surtout des souvenirs de films avec mes parents devant la télé… Je découvre un homme touchant, torturé, abîmé par...
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    Un samedi à @cosmopoliteangouleme, une rencontre, une dédicace et me voilà plongé dans un album que je n’aurais pas cru dévoré avec autant d’attention… Patrick Dewaere pour moi c’est surtout des souvenirs de films avec mes parents devant la télé… Je découvre un homme touchant, torturé, abîmé par des blessures profondes, un acteur qui a envie d’exister, de jouer, d’être reconnu dans l’ombre du grand Depardieu.

    Le scénario est habile, il ne se contente pas de tracer la voie chronologique de sa vie, c’est Patrick lui-même qui à la première personne nous raconte ses errances et ses joies par des flash-backs bien placés. La mélancolie habite les pages, le dessin de Maran est doux, tendre, poétique, il accompagne la vie de Dewaere avec un une bienveillance protectrice. Je salue son talent ici dans ce premier album et j’attends la suite avec impatience !

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    Couverture du livre « La bombe » de Laurent-Frederic Bollee et Alcante et Denis Rodier aux éditions Glenat

    Bd.otaku sur La bombe de Laurent-Frederic Bollee - Alcante - Denis Rodier

    Cet ouvrage monumental de 472 pages concocté par le duo de scénaristes Alcante et Bollée et le dessinateur Rodier a demandé quatre ans de travail à ses trois auteurs et correspond à une série de dix albums ! Il est sorti en 2020 aux éditions Glénat pour commémorer le 75e anniversaire de la...
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    Cet ouvrage monumental de 472 pages concocté par le duo de scénaristes Alcante et Bollée et le dessinateur Rodier a demandé quatre ans de travail à ses trois auteurs et correspond à une série de dix albums ! Il est sorti en 2020 aux éditions Glénat pour commémorer le 75e anniversaire de la double attaque sur Hiroshima et Nagasaki.

    Il se compose d’un prologue, de quatre chapitres séparés par une page de titre, et d’un épilogue soit 441 p de bd pure. Il y a aussi un long paratexte : 3 p de bibliographie et 30 pages de postfaces évoquant les raisons qui ont poussé chacun des auteurs à prendre part à ce projet fou. Devant l’épaisseur de l’album et l’aridité apparente du sujet, on pourrait être rebuté. On aurait tort…

    Comme nous l’explique l’une des trois postfaces. Alcante a visité le mémorial d’Hiroshima quand il était enfant. Il y a vu une ombre sur le mur d’une banque, seul vestige d’un homme volatilisé par le souffle de l’explosion ( comme on le voit aussi dans « Hibakusha » d’Olivier Cinna et de Tilde Balboni). Cela l’a profondément marqué et il a eu envie de retracer l’enchaînement des événements scientifiques, militaires et politiques qui avaient mené à cette tragédie et relate donc les douze années de tractation et de recherches l’ayant précédé.

    C’est passionnant de bout en bout ! Ils ont orchestré cela comme un thriller : la fin est connue dès le départ mais ils vont nous expliquer QUI (les instigateurs, les chercheurs, les détracteurs, les victimes), COMMENT et POURQUOI (officiellement la capitulation du Japon pour aboutir à la fin du conflit mais pas seulement …)

    Il était une fois la bombe

    Les deux scénaristes se sont énormément documentés (voir la bibliographie en fin de volume) : ils évoquent le projet Manhattan mais également les travaux des Russes, des Allemands, des Anglais et même des Japonais. C’est d’ailleurs ce qui va créer un certain suspense : comment les Américains vont-ils gagner cette course contre la montre ? On a un thriller politico-scientifique qui tient autant du documentaire que de la série télévisée avec ses arcs narratifs multiples.

    Certains aspects méconnus de l’aventure sont aussi mis en évidence comme par exemple les expériences sur les cobayes humains pour tester les dangers de la radioactivité, les essais pour la bombe dans une salle de squash en plein centre de Chicago, l’espion russe de Los Alamos, le commando allié qui va chercher l’eau lourde en Norvège, le naufrage de l’USS Indianapolis. Tous ces épisodes sont véridiques et incroyables à la fois ! Les auteurs avaient pour ambition d’écrire un livre de référence, et c’est le cas. C’est précis historiquement et en même temps compréhensible scientifiquement.

    La narration est très fluide. Il y a peu de flashbacks. L’ensemble est globalement raconté de façon chronologique pour souligner la course à l’armement et contre la montre des différentes puissances.

    Un style épuré et inventif entre comics, franco-belge et partition musicale

    Le dessin est en noir est blanc. Cela s’imposait sans doute pour gagner du temps de réalisation mais sied également à la gravité du propos et au côté documentaire de l’album. Ainsi les beaux encrages de Denis Rodier sont mis en relief. On remarque également de très beaux jeux d’ombre et de lumière. Les planches sont imprimées à bord perdu ce qui permet d’apprécier encore mieux le graphisme.

    Le style est semi classique : c’est du francobelge mâtiné de comics américain ; le dessin est fort bien documenté tant au niveau des personnages ayant historiquement existé qui sont très reconnaissables qu’au niveau des décors : la vue du dessus d’Hiroshima dans les années 1940 est superbe et on la garde en tête pour mesurer tous les dégâts causés par la bombe ; Los Alamos est très bien reconstituée également. On notera enfin que le souci de précision a été porté jusqu’à avoir des consultants scientifiques pour vérifier la bonne disposition du matériel lors des essais.

    Mais trop de technicité aurait pu être assommant : de nombreux débats scientifiques et des conversations téléphoniques sont mis en scène. Pour éviter un côté répétitif, Rodier varie la composition et place des digressions artistiques et des respirations graphiques avec de superbes pleines pages. L’album est très composé : outre les interventions récurrentes de l’Uranium, on remarque des leitmotive visuels qui ponctuent la narration : un motif circulaire (lune, horloge, roue de voiture …) qui permet de lier des séquences entre elles et bien sûr le motif iconique du champignon atomique que l’on retrouve sur le panache de fumée d’un bateau ou dans le jaune d’œuf du petit déjeuner de Roosevelt ! Parfois l’écriture graphique de Denis Rodier s’apparente à une partition musicale avec ses répétitions et ses contrepoints. Ce qui m’a le plus frappée c’est le montage parallèle entre les tableaux muets de la destruction d’Hiroshima et ce que faisaient au même moment les acteurs du projet Manhattan : on voit d’un côté l’horreur des corps qui brûlent et de l’autre la frivolité (Groves qui joue au tennis) ; l’atrocité est d’autant plus soulignée que le cri de joie de Groves « on l’a fait, on l’a réussi » apparaît en voix off sur une image des victimes calcinées. Les scènes muettes, véritables tableaux de l’Apocalypse, sont très fortes. On a l’impression de faire partie des victimes, d’être momentanément devenu sourd après l’explosion et en état de sidération. C’est à la fois très dur, très sobre et très efficace.

    Un refus de la sécheresse historique et du manichéisme

    Les personnages ne sont pas des héros de fiction et pourtant ils ont des destinées hors du commun. On s’attache au début du livre au hongrois Leo Szilard et à l’italien Enrico Fermi qui sont les deux scientifiques à l’origine du projet Manhattan. Ils partent aux USA poussés par la politique antisémite de leurs pays. Szilard pousse au début pour la bombe afin d’en faire une arme de dissuasion contre les Allemands mais quand il comprend que les USA n’en ont pas besoin pour gagner la guerre il fera tout pour qu’elle ne soit pas utilisée. Dans l’autre camp, on peut se demander si par conviction pacifiste (c’est du moins le doute que laissent planer les scénaristes) Werner Heisenberg n’a pas tout fait pour saboter l’avancée allemande. Les personnages permettent donc de mettre en scène la question : que peut-on accepter pour faire progresser la science ?

    Alcante et LF Bollée mettent aussi en scène les militaires et politiques qui ont encadré le projet. Le narrateur de l’œuvre, l’Uranium, une sorte de dieu-démiurge qui instaure à chacune de ses interventions une dimension de tragédie à la manière d’un chœur antique est l’une des seules inventions de l’album. Certains pourront trouver cela un peu trop décalé ; j’ai bien aimé. Je trouvais que cela conférait une grandeur épique et un côté littéraire au récit.

    Les autres personnages fictionnels sont les membres de la famille Morimoto et la Japonaise et sa petite fille. C’est une vraie réussite. D’abord parce que cela évitait le manichéisme et un aspect propagande (on montre autre chose des Japonais que les kamikazes fanatisés) ; ensuite parce que cela suscite l’empathie et l’identification ; enfin parce que cela souligne les horreurs de la guerre tant par la destinée des fils que par celle du père. Ce dernier devient « le civil inconnu » : c’est lui qui est assis sur les marches de la banque et dont l’ombre hante à jamais ses murs et le mémorial. De même, pour avoir visité le dôme du Genbaku -à un âge plus avancé que celui d’Alcante mais en ayant été tout aussi marquée- j’ai été très émue de voir le tricycle enfantin du petit Shin Tetsutani tordu sous l’effet des déflagrations qui se trouve au musée d’Hiroshima mis en scène dans une saynète : on voit Naoki Morimoto l’offrir à une fillette. Cette dernière confectionne mille grues pour exaucer un souhait (que son père revienne) comme le faisait la jeune Sadako Sasaki pour recouvrer la santé alors qu’elle décéda de leucémie des suites des irradiations. Shin et Sadako sont devenus des héros nippons de littérature de jeunesse et l’incarnation des petites victimes d’Hiroshima. Grâce à « La Bombe », leurs destinées trouvent dorénavant un écho auprès du public occidental et c’est extrêmement touchant.

    « La Bombe » est donc à la fois un livre de référence, une fresque historique humaniste qui évité l’écueil du manichéisme, une œuvre mémorielle et vulgarisatrice. Essentielle et marquante comme le furent « Maus » et « La guerre d’Alan », elle est à mettre entre toutes les mains.

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