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Laura Poggioli

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Avis sur cet auteur (25)

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    Couverture du livre « Trois soeurs » de Laura Poggioli aux éditions L'iconoclaste

    fabienne balcon sur Trois soeurs de Laura Poggioli

    Récit coup de poing qui révèle une société russe dans sa complexité à travers un fait divers tragique.

    Laura Poggioli, d'origine italienne, nourrie par la littérature russe depuis le lycée, a poursuivi des études à Sciences Po durant lesquelles elle a pu séjourner plusieurs fois à Moscou....
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    Récit coup de poing qui révèle une société russe dans sa complexité à travers un fait divers tragique.

    Laura Poggioli, d'origine italienne, nourrie par la littérature russe depuis le lycée, a poursuivi des études à Sciences Po durant lesquelles elle a pu séjourner plusieurs fois à Moscou. Elle nous propose son premier roman avec «  trois soeurs ».

    Le premier chapitre glaçant nous plonge dans l'horreur des violences familiales à Moscou en 2018 : trois sœurs Krestina, Angelina et Maria, âgées de dix sept à dix neuf ans sont prostrées devant le cadavre de leur père Mikhaêl, qu'elles viennent d'assassiner.
    L'auteur est interpellée par cette affaire qui déchaîne la presse moscovite et ses habitants, les uns soutenant les filles et les autres les accusant. Elle décrit les faits précisément et déroule la vie de cette famille en remontant onze années en arrière pour tenter d'expliquer le geste des filles.
    En parallèle, les souvenirs de ses séjours à Moscou remontent, en particulier son aventure amoureuse conflictuelle avec Mitia, jeune sibérien au caractère changeant exprimant aussi bien une grande tendresse que de la violence pure.

    L'auteur utilise ce faits divers , hélas peu isolé, pour décrire une société russe qui ne prend aucunes mesures pour protéger les femmes contre les violences conjugales .Un proverbe russe en témoigne aisément : «  s'il te bat, c'est qu'il t'aime ». Tous les voisins de la famille, les enseignants, la police étaient au courant de la violence de ce père mais personne n'a levé le petit doigt considérant que ce sont des problèmes privés . C'est une société mystérieuse ou les hommes sont courtois dans la rue mais deviennent des bourreaux dans leur intimité familiale.
    Le traitement de cette affaire criminelle démontre les failles de la justice, de la police et des représentants religieux avec l'appui de l'état qui venait d'adopter une nouvelle loi, dite «  loi des gifles » dépénalisant les violences conjugales ! Toute structure en aide pour les femmes est interdite par l'état et chaque femme qui porte plainte est accusée d'être mauvaise mère ou épouse.
    On perçoit néanmoins l'attachement de Laura Poggioli pour cette Russie à travers son amie Marina, la beauté de Moscou , ses hivers lumineux, ses écrivains et sa culture, comme à la pièce de Tchekhov ; «  les trois soeurs ».
    Elle mêle avec justesse la destinée de ces trois sœurs si attachantes avec son propre récit de jeunesse , essayant de comprendre l'emprise subie par son compagnon violent de l'époque, en intégrant des recherches journalistiques précises .
    Premier roman bouleversant et indispensable .

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    Couverture du livre « Trois soeurs » de Laura Poggioli aux éditions L'iconoclaste

    Marlène G sur Trois soeurs de Laura Poggioli

    Voici un livre pour lequel il faut être prête tellement il est bouleversant. Personne ne peut rester insensible à ce récit prenant ,où les mots sont posés avec justesse sur tant de violence, de douleur ,mais aussi de force et d'amour entre les trois sœurs.
    Ce père qu'on déteste dès les...
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    Voici un livre pour lequel il faut être prête tellement il est bouleversant. Personne ne peut rester insensible à ce récit prenant ,où les mots sont posés avec justesse sur tant de violence, de douleur ,mais aussi de force et d'amour entre les trois sœurs.
    Ce père qu'on déteste dès les premières lignes. A quel moment quand on vit de telles situations ,on est capable de dire Stop et d'agir? Je m'interroge toujours sur cela .
    Comment on se reconstruit après une pareille épreuve?
    Merci à Laura Poggioli pour ce récit , ce témoignage.

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    Couverture du livre « Trois soeurs » de Laura Poggioli aux éditions L'iconoclaste

    PLK sur Trois soeurs de Laura Poggioli

    Une lecture dont on ne sort pas indemne et qui reste en persistance rétinienne.

    Ce livre recommandé par mon cher neveu @iamcoeurdacier, est tout à la fois, un reportage avec la reprise d'éléments de l'enquête, une fiction - l’auteure imagine la vie des trois sœurs de l'enfance jusqu'au...
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    Une lecture dont on ne sort pas indemne et qui reste en persistance rétinienne.

    Ce livre recommandé par mon cher neveu @iamcoeurdacier, est tout à la fois, un reportage avec la reprise d'éléments de l'enquête, une fiction - l’auteure imagine la vie des trois sœurs de l'enfance jusqu'au parricide - une autobiographie (elle retrace son histoire, raconte la Russie qu'elle aime tant) et un documentaire, presque un essai.
    L’affaire Khatchatourian en 2018, m’est passé au-dessus de la tête. Je la découvre avec ce livre Trois sœurs.

    Le 22/07/2018, les trois sœurs Khatchatourian - Krestina 19 ans, Angelina 18 et Maria 17 - tuent leur père Mikhaïl de Trente-six coups de couteau, dix coups de marteau
    Elles ont vécu l’enfer : abus verbal, physique, sexuel étaient leurs quotidiens.
    Il faut un cœur bien accroché pour lire les sévices qu’elles ont subi.
    En Russie, on ne parle pas de ces choses-là, elles sont supposées rester dans l’intimité familiale.

    En parallèle de l’histoire des sœurs, Laura Poggioli parle de son expérience qui la renvoie à des secrets de famille. Le lourd passé de l'auteure m'a perturbée : au début je me demandais si cela était bienvenu de lier ces deux affaires, ce que son parcours personnel venait faire là. Au fil des pages, j’ai compris que son passé entrait en résonnance avec celui des millions de femmes russes qui subissent et tolèrent ces violences en excusant le vil coupable.

    J’ai noté cette jolie phrase si explicite de ce que vivent ces femmes, au sujet de sa tante qui a vécu cet enfer de violences conjugales, qui après s’être reconstruite loin de son bourreau, retournait avec lui « C’était comme si elle ne savait pas quoi faire d’autre de sa peau qu’être cette femme en lambeaux. »
    Les sœurs Katchatourian sont devenues le symbole des violences domestiques en Russie. « Pour beaucoup, un meurtre restait un meurtre et une victime de violences avait toujours la possibilité de partir. »En 2020, Le parquet russe réclame que les faits soient requalifiés en "légitime défense«abc»
    J’ai apprécié l’étude sociologique bien documentée. J'ai aussi aimé la comparaison de la place des femmes dans la société russe et la société française.

    J’y ai trouvé du transgénérationnel, de la sororité.
    Un livre touchant, engagé et perturbant à lire et faire circuler.

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    Couverture du livre « Trois soeurs » de Laura Poggioli aux éditions L'iconoclaste

    Dominique Sudre sur Trois soeurs de Laura Poggioli

    Elles sont trois, elles ont de 17 à 19 ans, elles sont sœurs, ce sont les filles de Mikhaïl Khatchatourian. Lorsque la police arrive, Krestina, Angelina et Maria se tiennent près du cadavre de leur père sur le palier qui mène à leur appartement. Accident ou assassinat, aucun doute n’est permis...
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    Elles sont trois, elles ont de 17 à 19 ans, elles sont sœurs, ce sont les filles de Mikhaïl Khatchatourian. Lorsque la police arrive, Krestina, Angelina et Maria se tiennent près du cadavre de leur père sur le palier qui mène à leur appartement. Accident ou assassinat, aucun doute n’est permis puisqu’elles expliquent rapidement les événements qui ont précédé le décès du bourreau.

    Lorsque leur mère Aurelia rencontre Mikaël elle a 17 ans à peine. Plus âgé, plus affirmé, sûr de lui et de son pouvoir d’homme, mais déjà violent, celui qui la viole dans les toilettes du bar où ils se rencontrent sera le père de ses quatre enfants. Un fils et trois filles plus tard, celle qui subit quotidiennement des violences physiques et psychologiques de cet homme à qui personne ne résiste doit quitter le foyer. C’est une question de vie ou de mort.

    A compter de ce jour, et même si c’était déjà le cas avant, Krestina, Angelina et Maria sont à la merci de Mikhaïl. Violence, tortures psychologiques, privations, viols, tout lui est permis, puisque ce sont ses filles, elles lui appartiennent. Et la famille paternelle entre dans le jeu pervers des violences et du silence. Et même si des déclarations ont été faites auprès des autorités ou de la police, en Russie ce qu’il se passe dans la famille doit rester secret et se régler en famille. Personne jamais ne prendra soin de ces trois jeunes femmes. Quand on sait qu’une loi a été promulguée qui permet d’arrêter et de punir toute femme qui se plaindrait de violence intra-familliale on peut s’interroger sur la valeur de la vie d’une femme ou d’une fille dans ce pays.

    Laura Poggioli alterne le récit de ce drame familial avec sa propre expérience. Amoureuse de la Russie, elle y a passé de nombreuses années. Étudiante étrangère, elle y a rencontré Mitia. Amoureux prévenant et attentionné au début de leur relation, il est rapidement devenu violent, exerçant sur elle un harcèlement destructeur auquel elle s’est soumise pendant des années.

    C’est cette réflexion sur sa propre soumission et l’acceptation de ces relations qui émaille le récit autour des trois sœurs.
    ............
    J’ai lu ce roman d’une traite, impossible à lâcher malgré quelques défauts, cette introspection un peu trop prégnante parfois, comme si l’autrice avait hésité entre deux récits, le personnel et intime et le public avec les trois sœurs.
    chronique à lire sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2022/11/17/trois-soeurs-laura-poggioli/

Bibliographie de Laura Poggioli (1)

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