Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Kennedy William

Kennedy William
D'origine irlandaise, William Kennedy est né en janvier 1928 à Albany dans l'État de New York, où il a grandi. Diplômé de l'université Siena de Loudonville en 1949, il est journaliste dans l'État de New York et à San Juan, Porto Rico, où il s'essaie également à la fiction. En 1963, il retourne à ... Voir plus
D'origine irlandaise, William Kennedy est né en janvier 1928 à Albany dans l'État de New York, où il a grandi. Diplômé de l'université Siena de Loudonville en 1949, il est journaliste dans l'État de New York et à San Juan, Porto Rico, où il s'essaie également à la fiction. En 1963, il retourne à Albany, l'une de ses principales sources d'inspiration, qui sera le décor de nombre de ses œuvres. Il travaille alors pour des journaux et poursuit l'écriture de ses romans. Son premier livre, The Ink Truk (1969), évoque un chroniqueur haut en couleur nommé Bailey, gréviste en chef dans un journal. Pour le roman qui suit, Jack Legs Diamond (Belfond, 1988 ; 10/18, 1994), William Kennedy combine histoire, fiction et humour noir, et s'attaque au personnage de Jack « Legs » Diamond, un gangster irlando-américain tué à Albany en 1931. Billy Phelan (Belfond, 1990 ; 10/18, 1994) chronique, lui, la vie d'un voyou rusé, qui s'amuse à contourner la politique locale. C'est avec L'Herbe de fer (Belfond, 1986 ; 10/18, 1993), publiée pour la première fois aux États-Unis en 1983, que William Kennedy reçoit les honneurs en remportant le prix Pulitzer de la fiction 1984. Un roman audacieux, qui nous plonge dans la vie chaotique de Francis Phelan - le père de Billy Phelan -, vagabond alcoolique errant dans les rues d'Albany pendant la Grande Dépression. L'auteur publie la même année O Albany!, un récit passionnant sur la politique et l'histoire de sa ville. William Kennedy a aussi écrit les romans Le Livre de Quinn (Belfond, 1991), Vieilles carcasses (Belfond, 1993), Le Bouquet embrasé (Actes Sud, 1996), Roscoe (2002) et Changó's Beads and Two-tone Shoes (2011), qui complètent notamment le « Cycle d'Albany » ; les scénarios des films Cotton Club, réalisé par Francis Ford Coppola, et d'Ironweed : la Force du destin de Héctor Babenco, avec Jack Nicholson et Meryl Streep dans les rôles principaux ; et deux pièces de théâtre Grand View (1996) puis In the System (2003). Avec son fils, Brendan Kennedy, il est également le coauteur de deux livres pour enfants : Charlie Malarkey and the Belly-Button Machine (1986) et Charlie Malarkey and the Singing Moose (1994).

Avis sur cet auteur (2)

  • add_box
    Couverture du livre « L'herbe de fer » de Kennedy William aux éditions Belfond

    Mumu Dans le Bocage sur L'herbe de fer de Kennedy William

    Un roman qui est arrivé un peu par hasard sur mes étagères en complément d'un achat groupé de livres d'occasion. Une couverture qui évoque à elle seule l'ambiance de ce roman assez noir qui évoque ces hommes et femmes qui déambulent sur les trottoirs, ces clochards, vagabonds,hobo, sdf, quelque...
    Voir plus

    Un roman qui est arrivé un peu par hasard sur mes étagères en complément d'un achat groupé de livres d'occasion. Une couverture qui évoque à elle seule l'ambiance de ce roman assez noir qui évoque ces hommes et femmes qui déambulent sur les trottoirs, ces clochards, vagabonds,hobo, sdf, quelque soit le nom qu'on leur donne, que l'on ne voit trop, plus ou que l'on ne veut pas voir et pourtant ils existent, ils sont là, ils (ou elles) ont une vie avant.

    Je dois avouer que je me suis tout de suite attachée à Francis, à cet homme de 58 ans, qui parcourt les rues d'Albany en 1938, accompagné des fantômes de son passé et ils sont nombreux car Francis a eu plusieurs vies. Une vie de sportif car il a été joueur de première division de base-ball, marié et père de famille et puis un jour la machine s'enraye suite à plusieurs accidents : la perte d'un enfant, la mort d'un homme lors d'une grève, une violence pas toujours contrôlée, l'alcool et la rue.....

    "C'était le dernier soir d'octobre 1938 c'était la veille de la Toussaint, cette nuit chaotique où la grâce est toujours trop peu abondante, et où les anciens morts et les nouveaux se promènent en liberté sur cette terre. (p47)"

    Il se raccroche à ses relations de rue en ce jour d'Halloween, à Helen, sa compagne, ancienne chanteuse, à Rudy son compagnon d'infortune mais surtout Francis croise ses monstres à lui, les les fantômes de sa vie et ils sont nombreux. Ils l'accompagnent et lui cherche à faire la paix avec eux mais aussi avec lui-même. Depuis le temps qu'il vit dans la rue, il sait qu'il suffit de peu de choses pour que la vie des ses compagnons d'infortune ou la sienne basculent.

    "En ce moment, Francis est quelque part, tout seul, et même Helen ne l'aime plus. Plus du tout. Parce que tout ce qui touche à l'amour de près ou de loin est mort, usé par la fatigue.(p184)"

    C'est une déambulation poignante sur la misère, sur la déchéance, sur la survie d'un jour sur l'autre : trouver quelques pièces, un repas, un peu de chaleur. Et pourtant Francis a une famille, une femme, un fils et une fille et même un petit fils qui sont prêts à l'accueillir, à lui offrir une chance de s'en sortir mais il voit dans leurs yeux le reflet de ce qu'il est devenu et même s'ils ne lui font aucun reproche, lui sait que désormais sa vie est dehors, ailleurs. Il a tout au long du récit une sorte de dignité, de règle de vie, il n'est pas totalement déshumanisé même si l'alcool réchauffe, soigne et détruit.

    J'ai été très surprise d'être autant touchée par ce roman qui a reçu le prix Pulitzer en 1984 et National Book Award en 1983, dont une adaptation cinématographique a été faite avec Jack Nicholson et Meryl Streep sous le titre Ironweed que je n'ai pas vue, je ne sais d'ailleurs pas s'il est sorti en France mais j'aimerais beaucoup voir.

    Avec une écriture vivante, à la fois crue mais avec une forme de poésie, de mélancolie, de désespoir, William Kennedy, fouille au plus profond des sentiments de cet homme dont la vie a basculé et qui se retrouve confronter à sa conscience et à ses questionnements. Chacun des fantômes qu'il croise est l'occasion d'en apprendre un peu plus sur son passé et ceux de ses amis de la rue. Chacun(e) n'est pas arrivé là par hasard. Francis ne s'épargne rien, il assume ses choix et tente malgré tout de rester honnête, humain, malgré les vapeurs d'alcool, malgré le froid, malgré la faim.

    Cela peut vous paraître éprouvant à lire mais l'ensemble reste emprunt de beauté dans les sentiments, les rapports entre les différents personnages. William Kennedy en fait une sorte de reportage sur les rues d'une ville, dans cette période de grande dépression, où la débrouille mais aussi le partage du peu que l'on a permet de tenir un jour de plus. Il en fait une histoire qui mêle noirceur et tendresse, violence et humanité, la lumière et l'obscurité.

    Comment ne pas être touchée par ceux ou celles qui ne se réveilleront pas, engourdis par le froid et l'alcool, comme Sandra, par la violence omniprésente parce que le peu qu'ils possèdent devient objet de convoitise mais aussi par les relations qu'ils entretiennent entre eux, par ces femmes qui n'ont plus que leur corps comme monnaie d'échange, mais aussi par la fraternité dans la misère et le compagnonnage dans les beuveries. C'est un roman réaliste, qui ne juge pas, qui se veut simplement le reflet d'un monde obscur et que l'auteur a voulu mettre dans la lumière.

    Son titre original Ironweed, mauvaise herbe, reflète bien qui sont ces êtres qui peuplent les villes, ils sont devenus ce que la vie, la société ou eux-mêmes en ont fait : des mauvaises herbes qui poussent sur les trottoirs, qui disparaissent parfois pour mieux réapparaître, ni tout à fait les mêmes et pourtant si identiques dans leur apparence. Ils ont une certaine force de résistance mais sont peu à peu gagnés par l'usure, les abus, l'alcool, les conditions de vie. Ce roman publié en 1983 reste dramatiquement d'actualité car dans toute période de crise, de troubles, ils apparaissent et sont une sorte de signal d'alarme.On les compare souvent à la lie de la société mais avant de se retrouver au monde de la rue, n'oublions pas qu'ils étaient des êtres comme vous ou moi.

    C'est un roman noir certes mais avec un regard plein de compassion sur ces êtres laissés au bord du chemin, déchus, mais qui cherchent, pour certains comme Francis, dans un dernier sursaut, de trouver le chemin de la rédemption et de la paix.

  • add_box
    Couverture du livre « L'herbe de fer » de Kennedy William aux éditions Belfond

    Christlbouquine sur L'herbe de fer de Kennedy William

    William Kennedy nous entraîne dans les pas de Francis Phelan, ancien joueur de baseball, qui à 58 ans est désormais un clochard errant dans les rues d’Albany. Nous sommes en pleine période d’Halloween, moment propice à la confrontation avec les fantômes du passé.

    Le roman nous plonge dans...
    Voir plus

    William Kennedy nous entraîne dans les pas de Francis Phelan, ancien joueur de baseball, qui à 58 ans est désormais un clochard errant dans les rues d’Albany. Nous sommes en pleine période d’Halloween, moment propice à la confrontation avec les fantômes du passé.

    Le roman nous plonge dans les heures sombres de la Grande Dépression en prenant comme point d’appui le terriblement funeste sort de Francis Phelan.

    L’herbe de fer est la chronique désenchantée d’une vie brisée, un voyage introspectif au cœur d’une réalité sombre.

    Le récit est particulièrement séduisant dans le réalisme qu’il dégage, la personnalité terriblement humaine de Francis Phelan rongé par la culpabilité et le remords, hanté par toutes les personnes qu’il a abandonnées et en premier lieu par son fils, dont il a provoqué la mort en le laissant tomber alors qu’il changeait sa couche.

    Un roman sombre, certes, mais qui n’est pas dénué de poésie tout au long de cette quête de rédemption bouleversante.

    Une lecture captivante pour cette fin d’année.

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !