Kaouther Adimi

Kaouther Adimi

Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi est diplômée en lettres modernes et en management international des ressources humaines. Elle travaille comme responsable des ressources humaines dans une entreprise de luxe. Ses nouvelles ont été distinguées par le prix du jeune écrivain francophone de Muret (...

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Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi est diplômée en lettres modernes et en management international des ressources humaines. Elle travaille comme responsable des ressources humaines dans une entreprise de luxe. Ses nouvelles ont été distinguées par le prix du jeune écrivain francophone de Muret (en 2006 et en 2008) et par le prix du FELIV (Festival international de la littérature et du livre de jeunesse d’Alger).

Son premier roman, L'Envers des autres (Actes Sud, 2011) est aussi paru en Algérie aux éditions Barzakh et a obtenu le prix de la Vocation.

Crédit photo : JOHN FOLEY/SEUIL

Articles en lien avec Kaouther Adimi (6)

Avis sur cet auteur (60)

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    Couverture du livre « Les petits de Décembre » de Kaouther Adimi aux éditions Seuil

    Evlyne Léraut sur Les petits de Décembre de Kaouther Adimi

    Aérien, ciselé, « Les petits de Décembre » de Kaouther Adimi est un récit plaisant, une page d’Histoire. L’auteure aurait pu de par le thème orienter son récit dans un sombre irrévocable. Il n’en est rien. Pas de nihilisme, l’auteure écarte les pans des clichés et offre une histoire vraie, en...
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    Aérien, ciselé, « Les petits de Décembre » de Kaouther Adimi est un récit plaisant, une page d’Histoire. L’auteure aurait pu de par le thème orienter son récit dans un sombre irrévocable. Il n’en est rien. Pas de nihilisme, l’auteure écarte les pans des clichés et offre une histoire vraie, en touches à peine romancées. « Les petits de Décembre » est sans pathos, avec un rythme qui semble prendre son envol dans une jeunesse riche d’espérance, battante et sûre d’elle-même. Les convictions de ces petits Gavroches en herbe, résistants, un ballon pour arme vont engendrer le respect, les craintes, pour les familles et amis, cercle vivant en idiosyncrasie autour de ce terrain emblématique. Ils vont laisser ces petits mener la bataille du noir contre le blanc. La frappe d’un ballon va fissurer la carapace des Généraux affames et avides de pouvoir. Ces derniers s’imaginent tout diriger d’une main de fer ou insidieusement. La relève est assurée. Ces enfants vont se souder. Ils sont de loin, la force du courant, l’envolée des chimères et leur foi en eux-mêmes les transforment en alliage de concorde. C’est ici, le summum de ce récit. L’unité n’est plus. Seul le collectif peut engendrer une plausible réussite, pot de fer contre le pot de terre, en manichéenne revanche. Ces enfants sont le porte-voix d’une utopie à toucher du bout des doigts. Kaouther Adimi glisse des messages subrepticement. L’auteure conte l’évènementiel sensible prouvant que la ténacité des enfants peut être un subtil pied de nez à l’encontre de la dictature et de l’oppression. Digne et clairvoyant, ce récit est une ode à la vertu et à l’intégrité. Le Vivre-Ensemble est un crayon de couleur. Les volontés en lumière, un terrain de foot universel. Si morale il y a ce serait celle-ci :« La persévérance est un jeu où l’on ne perd jamais. On gagne toujours à vouloir atteindre ces idéaux. Sensible, empreint d’une douce fraternité sincère, « Les petits de Décembre » des Editions Seuil est un récit tendre comme du bon pain. A lire par tous les temps. En lice pour Le Prix Landerneau des lecteurs 2109.

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    Couverture du livre « Des pierres dans ma poche » de Kaouther Adimi aux éditions Seuil

    Mireille B sur Des pierres dans ma poche de Kaouther Adimi

    Après « nos richesses » et avant « les petits de décembre », je me suis laissé tenter par ce petit format, adapté au peu de temps restant de vacances.
    Dès les premières pages, j’ai su qu’une seule journée suffirait à le lire. Il m’a en effet été difficile de l'’interrompre, même une seule fois....
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    Après « nos richesses » et avant « les petits de décembre », je me suis laissé tenter par ce petit format, adapté au peu de temps restant de vacances.
    Dès les premières pages, j’ai su qu’une seule journée suffirait à le lire. Il m’a en effet été difficile de l'’interrompre, même une seule fois.

    La narratrice, algérienne de 30 ans, s’est établie à Paris pour travailler dans une maison d’édition. Dans son étroit appartement, avec un figuier pour seul compagnon, elle apprécie les petits moments échangés avec Clothilde, jeune fille sans toit ni loi, qui lui permet de relativiser ce sentiment de solitude qui parfois l’étreint. Prix à payer pour gagner en liberté ? Tiraillée entre deux cultures, harcelée par les appels téléphoniques d’une mère envahissante, elle se remémore ses souvenirs doux amers. « Ces petits souvenirs sont des pierres dans ma poche, qui m’alourdissent. Ils rappellent les chagrins et les coeurs qui se serrent ».
    En même temps, malgré l’énergie qu’elle déploie, il lui est difficile de rencontrer l’homme qui prouverait son statut de femme mariée lorsqu’elle se rendra aux fiançailles de sa jeune sœur en Algérie.
    « C’est l’histoire d’une barre médiane qui n’arrive pas à trouver une autre barre à laquelle s’accrocher en toute confiance ».

    Contraste des cultures et poids des traditions, ancrages sentimentaux et souvenirs, nostalgie et solitude, autant de sujets qui composent une histoire d’expatriation au féminin. Les mots pour traduire autant de difficultés ne sont pas ceux du désespoir, car ils s’entremêlent dans un style empreint de légèreté, d’humour et de poésie.
    L'émotion est bien là, prégnante, et rend ce roman « inlachâble » ; le seul bémol est qu’il soit si court !

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    Couverture du livre « L'envers des autres » de Kaouther Adimi aux éditions Actes Sud

    Berenice974 sur L'envers des autres de Kaouther Adimi

    C'est le portrait d'une Alger très noire que brosse ici Kaouther Adimi à travers les voix des protagonistes de ce roman choral. L'envers des autres comme l'envers d'un décor où « l'enfer, c'est les autres ». Ces autres qui sans cesse jugent cette famille qui semble concentrer sur elle la...
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    C'est le portrait d'une Alger très noire que brosse ici Kaouther Adimi à travers les voix des protagonistes de ce roman choral. L'envers des autres comme l'envers d'un décor où « l'enfer, c'est les autres ». Ces autres qui sans cesse jugent cette famille qui semble concentrer sur elle la malédiction : Adel et Yasmine, deux enfants à « la beauté incroyable », étrangement complices mais qui aujourd'hui ne savent plus se parler avec les mots, Sarah leur sœur aînée revenue vivre sous le toit familial avec son mari qui perd la boule. Autour d'eux, des voisins qui tous semblent se méfier d'eux, de leur « bizarrerie », de leur esprit libre aussi. Yasmine pourrait se faire damner n'importe quel homme et les effraie, Adel est celui qu'on semble à peine tolérer : trop fin, trop beau, trop ambigu pour cette société patriarcale qui a du mal à complètement mettre le pied dans le XXIe siècle. Et là, au cœur d'Alger la Blanche, chacun se dévoile à travers des monologues intérieurs tourmentés, rêveurs ou rageurs. Mais qui finalement de ce voisin d'âge mûr qui va, contre un maigre billet, voler quelques baisers et quelques photographies aux étudiantes, de ce mère acariâtre fustigeant ses enfants, capable même de douter de sa propre maternité, de cette jeune femme condamnée à peindre les murs de sa chambre en signe de liberté ou de ce mari au soliloque décousu est finalement le plus fou, le plus étrange, le plus bizarre ?
    Premier roman de Kaouther Adimi, (autrice notamment du beau et très remarqué Nos Richesses en 2017), L'envers des autres porte en lui une forme de désespoir, celui des destins déjà tracés, inéluctablement liés à la naissance, la géographie. Chacun des personnages se rêve autre mais un autre inaccessible, jamais un être en devenir, ou si peu ou seulement dans la naïveté innocente de l'enfance. Chacun sait, sent que la société, ses dogmes religieux et archétypaux l'a déjà englouti et n'a plus qu'un choix : celui d'y répondre pour survivre. Âpre et tragique, L'envers des autres révèle déjà la plume de chroniqueuse de son pays qu'est aujourd'hui Kaouther Adimi. Heureusement, les romans qui suivront se révèleront un peu plus lumineux (en tout cas moins dénués d'espoir) que celui-ci dont on sort le cœur serré et un peu abasourdi.

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    Couverture du livre « Les petits de Décembre » de Kaouther Adimi aux éditions Seuil

    Bill sur Les petits de Décembre de Kaouther Adimi

    Avis d'Explorateur de la rentrée littéraire 2019

    Inès, Jamil et Mahdi grandissent Cité du 11-décembre, à Dely Brahim, une petite ville à l’ouest d’Alger. Au milieu de leur cité composée de petits immeubles et maisonnettes attribuées à d’anciens militaires, un terrain vague sert de terrain de...
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    Avis d'Explorateur de la rentrée littéraire 2019

    Inès, Jamil et Mahdi grandissent Cité du 11-décembre, à Dely Brahim, une petite ville à l’ouest d’Alger. Au milieu de leur cité composée de petits immeubles et maisonnettes attribuées à d’anciens militaires, un terrain vague sert de terrain de foot aux enfants.

    Mais deux généraux – presque en retraite – débarquent un matin, portant dans les mains les plans des maisons luxueuses qu’ils comptent faire construire sur ce terrain qui leur appartient !
    De grands ados s’interposent pour sauver le terrain de jeux, une arme est sortie, un ado s’en empare, les généraux s’estimant agressés en appellent à la maréchaussée.

    Les parents, encore soumis à l’autorité des généraux, demandent aux ados de se soumettre et de s’excuser. Les ados renâclent et les enfants, les petits, craignent plus que tout de perdre leur terrain.

    Alors tous seuls, en récupérant de vieilles tentes, des vivres entassées par leurs mères qui craignent le retour de la faim, de vieilles couvertures, ces petits vont monter un siège au beau milieu de « leur » terrain vague.

    Pour munitions, ils ont amassé des pierres, des briques, et de bouche en oreilles, les enfants des environs vont venir les rejoindre, sous le regard outré, bienveillant ou envieux de leurs parents.

    La révolte des enfants secouera les esprits, leur résistance mettra en exergue la lâcheté des pères, qui ont oublié leurs idéaux par peur des représailles.

    Dans une Algérie toujours corrompue, où les abus de pouvoir et les brimades sont toujours de mise, Les Petits de décembre est un roman aux personnages attachants où la pugnacité de ces petits, tout comme l’alliance des garçons et des filles donnent l’espoir des évolutions à venir.

    Un roman que j’ai pris plaisir à lire, une fois que l’histoire a été mise en place. Un début un peu lent a été suivi par une accélération du rythme et des événements qui m’ont davantage emballée. Un regret cependant sur la fin où j’aurais aimé que l’occupation dure plus longtemps !