Kaouther Adimi

Kaouther Adimi

Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi est diplômée en lettres modernes et en management international des ressources humaines. Elle travaille comme responsable des ressources humaines dans une entreprise de luxe. Ses nouvelles ont été distinguées par le prix du jeune écrivain francophone de Muret (...

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Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi est diplômée en lettres modernes et en management international des ressources humaines. Elle travaille comme responsable des ressources humaines dans une entreprise de luxe. Ses nouvelles ont été distinguées par le prix du jeune écrivain francophone de Muret (en 2006 et en 2008) et par le prix du FELIV (Festival international de la littérature et du livre de jeunesse d’Alger).

Son premier roman, L'Envers des autres (Actes Sud, 2011) est aussi paru en Algérie aux éditions Barzakh et a obtenu le prix de la Vocation.

Crédit photo : JOHN FOLEY/SEUIL

Articles en lien avec Kaouther Adimi (6)

Avis sur cet auteur (60)

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    Couverture du livre « Nos richesses » de Kaouther Adimi aux éditions Seuil

    Léane Belaqua sur Nos richesses de Kaouther Adimi

    Rendez-vous de la centième page :

    Nous suivons la vie d’une librairie à différentes époques, de sa création par un jeune homme plein d’enthousiasme à sa destruction par un jeune homme blasé pour accomplir son stage. C’est un roman plein de fraîcheur, d’enthousiasme et de fatalité dans le...
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    Rendez-vous de la centième page :

    Nous suivons la vie d’une librairie à différentes époques, de sa création par un jeune homme plein d’enthousiasme à sa destruction par un jeune homme blasé pour accomplir son stage. C’est un roman plein de fraîcheur, d’enthousiasme et de fatalité dans le même temps. La librairie sert à évoquer la situation de l’Algérie d’un point de vue totalement original avec une plume toujours douce. On voyage sans cesse dans le temps et les souvenirs sans pour autant se perdre. Je vais dévorer la suite pour en apprendre plus sur cette extraordinaire et minuscule librairie et sur le mystérieux Abdallah.

    Avis Explolectrice :

    C’est l’histoire d’un minuscule local dans une petite rue d'Alger. C’est là-bas qu’Edmond Charlot s’établit en 1935 pour ouvrir une librairie promouvant les auteurs de la Méditerranée. C’est aussi là que, 82 ans plus tard, Ryad s’apprête à faire disparaître toutes les traces d’activité passée pour transformer ce local en boutique de beignets. Mais le vieil Abdallah, dernier gérant de cette annexe de bibliothèque, le guette du trottoir d’en face. Le roman nous emmène à travers les époques à la découverte de l’histoire des éditions Charlot, de l’importance des livres, et de l’histoire, coloniale, de l’Algérie.

    Le roman nous balade donc en Algérie, entre un passé pas si révolu et un présent qui ne conduira pas forcément au futur que l’on croit. Je dois avouer que je ne connaissais Edmond Charlot que de nom avant de me pencher sur ce livre. J’en avais entendu parler, mais sans plus m’y intéresser. Avec mes maigres connaissances, je suis peut-être passée à côté d’éléments, comme lors des disputes au sein de l’équipe d’édition par exemple, mais Kaouther Adimi fait en sorte de toujours donner les clés pour qu’on comprenne. Ainsi, j’ai parfaitement pu suivre la vie littéraire de cet amoureux des livres, et avec un réel plaisir.

    Mais il n’y a pas que l’extraordinaire aventure des éditions Charlot. Il y aussi l’aventure de Ryad, cet étudiant français venu faire un stage ouvrier. Sa mission est de vider la bibliothèque et de la repeindre. Alors qu’il accomplit cette tâche, il est surveillé par le mystérieux Abdallah. Sa vision et celle de Ryad se confrontent, opposant les générations mais aussi les cultures. Ryad quitte Paris et son impersonnelle effervescence pour Alger, plus calme et chaleureuse. Lui qui n’aime ni les livres ni la lecture va découvrir grâce à Abdallah la véritable valeur des livres. Le personnage d’Abdallah m’a profondément touchée. C’est un vieillard qui ne possède pas grand-chose mais qui a une richesse d’âme sans égale. Il est sage et sème le texte de réflexions plus profondes qu’on ne s’y attend.

    Mais il y a aussi le narrateur qui nous guide en de rares occasions mais avec une précision telle qu’il n’a pas besoin d’en faire plus. Il se fond dans le décor, tant et si bien qu’on se demande s’il s’agit de la voix de l’auteur elle-même ou de la voix d’un simple habitant du quartier.

    C’est la plume merveilleuse de Kaouther Adimi qui permet à cette histoire d’être aussi saisissante et envoûtante. Les mots sont choisis avec justesse et simplicité. Les phrases portent, tantôt « littéraire », tantôt proches de l’oralité dans les journaux de Charlot. Les descriptions sont superbes. Elles invitent au voyage, avec juste ce qu’il faut de détails et d’images pour qu’on imagine parfaitement les lieux. De simples paysages se teintent d’émotions sous l’écriture merveilleuse de l’auteur. Mais bien que cette écriture soit pleine de douceur, le roman relate souvent des événements cruels et violents, ceux qui jalonnent la vie d’un homme, mais aussi la vie d’un peuple. Le contraste entre la délicatesse du style et la brutalité de l’histoire m’a laissé une drôle de sensation car le fond, n’est autre que la colonisation de l’Algérie et ses très nombreuses conséquences.

    Kaouther Adimi m’a emmenée avec elle rue Hamani, ancienne rue Charas, à travers l’histoire de son pays natal et d’une minuscule librairie qui aura vu bien des choses. Nos richesses est une merveille, un bijou que j’ai lu le cœur serré ou sourire aux lèvres, avec l’impression de partager un café en compagnie de tous ces auteurs d’une autre génération.

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    Couverture du livre « Nos richesses » de Kaouther Adimi aux éditions Seuil

    Isabelle PURALLY-BOISSEL sur Nos richesses de Kaouther Adimi

    C’est à travers le regard de trois hommes que Kaouther Adimi fait revivre une minuscule librairie, serrée entre une pizzeria et un marchand de légumes dans une ruelle d’Alger.
    En ouvrant « Les vraies richesses » dans les années 30, Edmond Charlot, libraire, imprimeur et éditeur a voulu partager...
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    C’est à travers le regard de trois hommes que Kaouther Adimi fait revivre une minuscule librairie, serrée entre une pizzeria et un marchand de légumes dans une ruelle d’Alger.
    En ouvrant « Les vraies richesses » dans les années 30, Edmond Charlot, libraire, imprimeur et éditeur a voulu partager sa folle passion pour les livres.

    Au fil du temps, la librairie, devient une bibliothèque de prêt, faute d’acheteurs. Abdallah, le nouveau maître des lieux n’aime pas lire, mais les livres sont un trésor qu’il doit protéger.

    En 2017, lorsque Ryad à son tour investi l’endroit, c’est pour faire le vide, débarrasser, donner où jeter les vestiges d’un temps révolu.

    En découvrant par hasard cette petite échoppe, lors d’une promenade à Alger, l’auteure a été intriguée par ce lieu étrange et a fait des recherches sur son créateur Edmond Charlot.
    Les carnets qu’elle a retrouvés et son imagination ont donné corps à un personnage hors du commun qui deviendra au fil des années l’ami et confident de Camus, d’Emmanuel Robles où de Jean Giono.

    Dès les premières lignes, je me suis laissée envoûter par une écriture aussi élégante que précise. En nous faisant découvrir Alger l’auteure nous invite dans des ruelles baignées de soleil où le bleu du ciel rejoint celui de la mer. Tous les sens sont sollicités dans une ronde de senteurs et de sons.

    Chaque personnage de cette histoire vraie, en grande partie, est brossé avec beaucoup d'application et une grande sensibilité.
    L’immersion dans le monde de l’édition m’a passionnée et j’ai aimé suivre Edmond Charlot, dans ses succès mais aussi dans ses terribles moments de doute et de découragement.
    Outre l’hommage au monde des livres, de l’édition et des libraires, ce livre est aussi une chronique du temps qui passe, il s’en dégage beaucoup de nostalgie.

    Kaouther Adimi signe un très beau roman peuplé des fantômes de grands écrivains.
    Je garderai longtemps en mémoire l’image de Saint-Exupéry, assis sur un trottoir fabriquant de petits avions en papier de chocolat pour des enfants hurlant de rire sous un soleil éclatant.

    J’ai lu ce livre deux fois, non par passion (quoique…), mais mon mari ayant quasiment perdu la vue depuis deux ans, j’aime lui faire partager les lectures qui me touchent.
    L’oralité transcende la beauté et la musicalité d’une écriture en la rendant plus vivante.
    Ce fût pour nous deux une très belle et émouvante découverte.

    Un coup de cœur !







    L'avis de la page 100 :

    J’ai immédiatement été frappée par la beauté et la précision de l’écriture.
    En nous faisant découvrir Alger l’auteure nous invite dans des ruelles baignées de soleil où le bleu du ciel rejoint celui de la mer. Tous les sens sont sollicités dans une ronde de senteurs et de sons.
    J’ai aimé également découvrir Abdallah, le vieux libraire amoureux des livres plus que de la lecture désespérément accroché à son paradis.
    Si la suite est à l’avenant, ce roman pourrait être un gros coup de cœur… A suivre.

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    Couverture du livre « L'envers des autres » de Kaouther Adimi aux éditions Actes Sud

    Anne Marie PHILIPPE sur L'envers des autres de Kaouther Adimi

    J'avais envie de le lire, alors je l'ai emprunté à la médiathèque. Un bijou caché dans les rayonnages, oublié des bibliothécaires et bien sur des lecteurs. Les autres critiques expliquent bien l'atmosphère de ce roman, l'Algérie d'aujourd'hui, la vie si difficile de tous ces gens, de ces femmes...
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    J'avais envie de le lire, alors je l'ai emprunté à la médiathèque. Un bijou caché dans les rayonnages, oublié des bibliothécaires et bien sur des lecteurs. Les autres critiques expliquent bien l'atmosphère de ce roman, l'Algérie d'aujourd'hui, la vie si difficile de tous ces gens, de ces femmes jeunes qui ont tant de difficultés à être libres. De très beaux portraits des personnages, j'aurai aimé les accompagner encore et encore...Un premier livre merveilleux, ne passez pas à côté et je vais insister pour que les bibliothécaires le mette en évidence et le conseille aux lecteurs. Pour mon prochain club de lecture il sera au-dessus de la pile

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    Couverture du livre « L'envers des autres » de Kaouther Adimi aux éditions Actes Sud

    Colette LORBAT sur L'envers des autres de Kaouther Adimi

    Vous dites Alger la blanche ? Yasmine n’en voit plus « la blancheur, la beauté ou la joie de vivre, mais uniquement les trous qui me font bondir de ma place, les pigeons qui lâchent leur fiente sur ma tête et les jeunes désœuvrés qui essaient de me tripoter au passage ». Yasmine si belle qui...
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    Vous dites Alger la blanche ? Yasmine n’en voit plus « la blancheur, la beauté ou la joie de vivre, mais uniquement les trous qui me font bondir de ma place, les pigeons qui lâchent leur fiente sur ma tête et les jeunes désœuvrés qui essaient de me tripoter au passage ». Yasmine si belle qui méprise les autres pour survivre, qui a peur et peu de foi en l’avenir : Le silence est trop pesant, il nous angoisse, nous donne l’impression qu’un drame est en train de se préparer. Les cris sont comme un protège-cahier : tant que quelqu’un crie, on est presque certain de ne pas avoir de problème »
    « Elle l’aime plus que tout : il est son chat, sa vie, son trésor, son ange, son petite garçon, sa raison d’exister, son miracle, son bébé. Elle est sa puce, sa femme, sa chérie, sa poule. Ils finissent par rompre. Il a dit qu’elle était grosse. Elle a dit qu’il embrassait mal, il devient un salaud, un connard, un enfoiré, un tortionnaire. Elle est une garce, une conne, une poufiasse, une gamine »

    Adel pleure dans son lit en position fœtale sans trouver le sommeil « J’ai envie de vomir. Pas seulement de la nourriture ou de la bile, mais de vomir tout ce que contient mon corps. De me vomir » Quel désespoir dans la bouche d’un jeune homme. Il est ce qu’il ne devrait pas être dans ce pays.

    Sarah la sœur aînée revenue dans le cocon familial avec son mari devenu fou.

    La mère qui ne comprend plus rien qui est dépassée depuis que son mari a été fauché par une balle perdue.

    Alors Mouna arrive avec ses ballerines de Papicha qui aime Kamel, le marchand de frites qu’elle veut épouser quand elle sera plus grande, car elle n’a que 9 ans et que c’est dur de vivre entre un papa devenu fou, une maman qui n’est guère plus claire avec ses pinceaux et sa peinture. Bien sûr, les filles de sa classe se moque d’elle, mais elle s’en fout : elle aime Kamel et c’est sa raison d’être. Il n’est pas certain que ce ne soit pas la plus désespérée.

    Et puis, il y a les autres Kamel, Adel… fumeurs de joints, buveurs de bières, emplis de désespoir, rêvant de fuite vers l’étranger pour une vie soi-disant meilleure.

    Cela me fait un peu penser à la chanson de Brel : Ces gens là.
    Ces dix portraits écrits à la première personne du singulier nous offrent une image de colère, de violence, de tristesse et de désespoir. Chacun raconte sa souffrance sans regarder ni anticiper la souffrance de l’autre. Ils sont dans une bulle sans oser la faire éclater de peur d’en crever.

    Un petit livre par la taille, mais si profond par son contenu. Kaouther Adimi d’une écriture sèche et nerveuse brosse un portrait désespéré de la jeunesse algérienne sans espoir ni rêve. La fuite en avant dans l’alcool, la drogue, la folie….. n’est que la seule solution trouvée.