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Kang Han

Kang Han
HAN Kang est née en 1970 à Gwangju, en Corée du Sud. Ses oeuvres sont publiées dans le monde entier (Japon, Angleterre, Chine, Espagne) et deux de ses romans, dont La Végétarienne, ont déjà été adaptés au cinéma.

Avis sur cet auteur (11)

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    Couverture du livre « La végétarienne » de Kang Han aux éditions Lgf

    Ba sur La végétarienne de Kang Han

    Univers asiatique très lugubre teinté de l'esprit des ancêtres et des fantômes...la sensation de déréalisation, d'étrangeté qui mène à l'anorexie, la folie puis la mort....l'incommunicabilité entre les êtres..
    Un.court roman qui nous happe dans un abîme sans retour..

    Univers asiatique très lugubre teinté de l'esprit des ancêtres et des fantômes...la sensation de déréalisation, d'étrangeté qui mène à l'anorexie, la folie puis la mort....l'incommunicabilité entre les êtres..
    Un.court roman qui nous happe dans un abîme sans retour..

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    Couverture du livre « La végétarienne » de Kang Han aux éditions Lgf

    catherine a sur La végétarienne de Kang Han

    Grâce à Léa (du Picabo river et de la littérature nord américaine), nous voila embarqué dans une nouvelle aventure livresque celle de la découverte d'auteurs asiatiques. Et cette fois, d'une auteure coréenne.
    Un texte très percutant, perturbant, qui nous entraîne dans l'histoire d'un trio : une...
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    Grâce à Léa (du Picabo river et de la littérature nord américaine), nous voila embarqué dans une nouvelle aventure livresque celle de la découverte d'auteurs asiatiques. Et cette fois, d'une auteure coréenne.
    Un texte très percutant, perturbant, qui nous entraîne dans l'histoire d'un trio : une jeune femme, d'aspect normal, Yŏnghye, bonne épouse, décide un jour de devenir végétarienne et cela va troubler ses proches. Trois chapitres successifs par trois membres de sa famille. le mari, le beau-frère, puis la soeur. Chacun va aborder le changement de cette jeune femme de façon différente. Cela nous parle alors de la société : le mari et son image sociale, le rapport avec son travail et ses collègues et l'irruption d'une épouse décalée, étrange. le beau frère et le milieu artistique : celui-ci est un artiste qui fait beaucoup de recherches sur la création et en particulier sur les corps, les plantes, les végétaux ( de très belles pages sensuelles, érotiques sur de la peinture sur les corps) et la place de l'artiste dans la société. La soeur et le milieu médicale et celui de la psychiatrie : des pages difficiles lors de sa visite à sa soeur qu'elle a finalement décidé d'interner. Bien sur, tous ses thèmes sont difficiles mais le texte est très poétique, imagé. Et l'auteure nous entraîne dans les méandres de la vie, de l'inspiration, des rapports amoureux, filiaux, des rapports aux corps, aux rapports avec l'autre, moraux ou physiques. Un texte qui m'a captivé et que je vous conseille et je vais continuer ma découverte de cette littérature, qui comme son cinéma semble très riche de surprises et découvertes.

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    Couverture du livre « Leçons de grec » de Kang Han aux éditions Serpent A Plumes Editions

    yves MONTMARTIN sur Leçons de grec de Kang Han

    « Elle pensait qu’aucun contact n’était aussi immédiat ni aussi intuitif que le regard. »

    Elle n'est plus très jeune, ni particulièrement belle, cela fait sept ans qu'elle enseigne la littérature à Séoul. La chose est arrivée alors qu'elle avait dix-sept ans, le langage était devenu un...
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    « Elle pensait qu’aucun contact n’était aussi immédiat ni aussi intuitif que le regard. »

    Elle n'est plus très jeune, ni particulièrement belle, cela fait sept ans qu'elle enseigne la littérature à Séoul. La chose est arrivée alors qu'elle avait dix-sept ans, le langage était devenu un organe détérioré, aucun son ne sortait de sa bouche. Vingt ans après, elle n'aurait jamais imaginé qu'une langue étrangère puisse briser son mutisme, le grec ancien avec ses règles compliquées.

    Sa vue est instable, l'évolution est progressive, il porte des lunettes dont la correction est maximale. Les formes ne sont que des ébauches perceptibles que grâce à la force de l'imagination. Il donne des cours de grec ancien.

    Une atmosphère étrange et envoûtante, lui, il est en train de devenir aveugle, épris de linguistique, il est terrifié à l'idée de se retrouver plongé dans les ténèbres. Elle, elle est devenue muette depuis des années, après une séparation difficile elle a perdu la garde de son enfant. A la faveur d'un cours de grec, ces deux êtres isolés par leur handicap vont se côtoyer et se lier peu à peu.
    Un roman délicat, sensible, d'une tristesse infinie, pas vraiment facile à lire et d'un rythme très lent. Les six dernières pages totalement épurées ne sont que poésie.

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    Couverture du livre « Leçons de grec » de Kang Han aux éditions Serpent A Plumes Editions

    Nathalie Vanhauwaert sur Leçons de grec de Kang Han

    J'avais beaucoup apprécié "La végétarienne" , attirée par la littérature asiatique, l'envie de retrouver la plume d'Han Kang était grande. Je me suis à nouveau régalée.

    Lui est un professeur de grec ancien. Adolescent il avait quitté la Corée pour l'Allemagne. Atteint d'une maladie...
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    J'avais beaucoup apprécié "La végétarienne" , attirée par la littérature asiatique, l'envie de retrouver la plume d'Han Kang était grande. Je me suis à nouveau régalée.

    Lui est un professeur de grec ancien. Adolescent il avait quitté la Corée pour l'Allemagne. Atteint d'une maladie dégénérative, il perd progressivement la vue. Il décide alors de revenir seul dans son pays la Corée du Sud. Il y enseigne le grec ancien en cours du soir à une poignée d'étudiants. Il camoufle son handicap de plus en plus grand en portant d'épaisses lunettes..

    Une de ses étudiantes l'intrigue. Elle est vêtue de noir et semble avoir perdu l'usage de la parole. En effet, ce n'est pas la première fois, elle était déjà entrée dans un mutisme étant adolescente.

    "La chose avait fini par se produire un hiver, alors qu'elle venait d'avoir dix-sept ans. Les paroles qui l'enfermaient et la piquaient comme un habit tissé de milliers d'aiguilles avaient soudain disparu. Elle les entendait de ses deux oreilles, mais un silence semblable à une couche de brume épaisse et dense faisait bouchon quelque part entre celles-ci et le cerveau. Le souvenir de la langue et des lèvres qui servaient à les prononcer tout comme celui de la main tenant un crayon étaient devenus impalpables, enveloppé qu'il était dans ce silence cotonneux. Elle ne pensait plus en mots. Elle agissait sans mots, comprenait sans mots. le vide, pareil à celui qui précède l'apprentissage de la langue ou même la conception de la vie, absorbant le temps comme un nuage, encerclait son corps et l'envahissait.'

    A nouveau, elle avait perdu les mots, l'usage de la parole, impossible pour elle de communiquer avec la voix. Elle se plonge alors dans le grec ancien car il est important pour elle de trouver les mots justes, l'essence de ceux-ci.

    Ils sont tous deux "enfermés", "isolés" au plus profond d'eux-mêmes. Une perte en point commun, celle de la vue, celle de la parole. Des blessures enfuies au plus profond, depuis le presque début de leur histoire.

    Un événement fortuit se produira et leur permettra peu à peu de se reconstruire, de renaître tel le phénix de ses cendres. Un nouveau langage, une nouvelle communication naîtra.

    Dans le récit, chacun s'exprime tour à tour. Il est parfois difficile de savoir qui s'adresse à nous.

    L'histoire de Platon, du grec ancien, ces leçons de grec amènent les personnages à se construire peu à peu. A travers l'usage de cette langue morte, elle sortira peu à peu de son isolement.

    C'est de la littérature asiatique, cela signifie que c'est lent, très lent, et on va droit au coeur des émotions. Mais quelle écriture magnifique ! Epurée, poétique, splendide.

    La construction du dernier quart du roman est très particulière, un peu déroutante. Les choses deviennent plus floues, plus confuses pour le lecteur à l'image sans doute du ressenti des personnages dans leur enfermement mais quelle beauté, quelle magnificience.

    Le langage et l'expression sont au coeur de ce récit. On découvre les failles, les blessures, la tristesse et les solitudes des narrateurs avec une association de mots juste parfaite. Un récit à la langue aérienne, tout en sensibilité.

    J'adore.

    Ma note : pas loin du coup de coeur 9/10

    Les jolies phrases

    Autrement dit, le grec qu'utilise Platon est comme un fruit mûr juste avant qu'il ne tombe. Par la suite, le grec connaît une décadence rapide. Les états helléniques entrent simultanément en déclin. En ce sens, Platon précède le crépuscule de son monde et pas seulement de sa langue.

    A présent les mots ont quitté son corps, ainsi que les âmes errantes, ils la suivent à une distance où ils restent à peine audibles.

    L'univers est une illusion, vivre c'est rêver.

    L'obscurité viendra si j'éteins la lampe. La nuit de mes yeux, plus noire que l'encre, où les tenir ouverts ou fermés ne change presque rien.

    On dit que, pour les Grecs de l'antiquité, la vertu n'était pas la bonté ni la noblesse, mais la capacité de mener à bien une tâche. Réfléchis. Quel est l'homme le plus apte à penser à sa vie ? Celui qui peut affronter la mort n'importe quand n'importe où ... Celui qui en conséquence ne peut pas ne pas réfléchir sur la vie constamment et désespérément ... Ne serait-ce pas quelqu'un comme moi qui possède la meilleure arété en matière de pensée ?

    Elle se penche en avant.
    Serre le crayon qu'elle tient dans la main.
    Baisse la tête.
    Les mots s'enfuient de sa main.
    Les mots qui ont perdu ses lèvres,
    les mots qui ont perdu les racines de ses dents et sa langue,
    les mots qui ont perdu sa gorge et son souffle ne se laissent pas saisir.
    Comme un fantôme sans corps, la forme ne se laisse pas toucher.

    Dans ce foutu pays, il faut sourire quand on croise le regard de quelqu'un même si on ne le connaît pas. Je ne veux plus sourire. Je veux vivre comme mon coeur me dicte. Je ne sourirai plus, même chez nous. Cela ne veut pas dire que je suis en colère, ne vous méprenez pas.

    Quand je rencontrais un regard, je souriais par réflexe. J'ai réalisé en sortant dans le hall, en me frayant un chemin parmi les gens qui attendaient les passagers ... qu'enfin je passais inaperçu.

    Si la neige est un silence qui descend du ciel, la pluie est peut-être faite des phrases interminables qui en tombent. Des mots tombent sur les trottoirs, sur les terrasses des immeubles en béton, sur des flaques d'eau noirs. Ils giclent. Les mots de la langue maternelle enveloppés dans des gouttes de pluie noires. Les traits tantôt ronds, tantôt droits, les points qui sont restés un bref moment. Les virgules et les point d'interrogation qui se courbent.

    https://nathavh49.blogspot.be/2017/09/lecons-de-grec-han-kang.html

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