Jussi Adler-Olsen

Jussi Adler-Olsen
Abonné aux premières places des listes de best-sellers dans le monde entier, le Danois Jussi Adler-Olsen a été lauréat du dernier Ripper Award (prix européen du polar), du Prix Boréales du polar nordique 2014 pour l'ensemble de la série du Département V, Grand prix polar des lectrices de Elle 201... Voir plus
Abonné aux premières places des listes de best-sellers dans le monde entier, le Danois Jussi Adler-Olsen a été lauréat du dernier Ripper Award (prix européen du polar), du Prix Boréales du polar nordique 2014 pour l'ensemble de la série du Département V, Grand prix polar des lectrices de Elle 2012 pour Miséricorde, prix « Laurier d'or » des libraires au Danemark et prix Clé de verre (meilleur polar scandinave) pour Délivrance. Promesse est le sixième tome de la série.

Avis (139)

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    Couverture du livre « Miséricorde » de Jussi Adler-Olsen aux éditions Lgf

    Nicole Conter sur Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

    Très bon premier tome.....je vais certainement lire les autres

    Très bon premier tome.....je vais certainement lire les autres

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    Couverture du livre « Dossier 64 » de Jussi Adler-Olsen aux éditions Lgf

    Yves MABON sur Dossier 64 de Jussi Adler-Olsen

    Quatrième volet des enquêtes du Département V, toujours aussi bon, je ne vous le cache pas. Nous sommes nombreux à avoir aimé les trois précédents tomes (Miséricorde, Profanation et Délivrance), nous devrions être au moins autant à apprécier ce roman-ci. A ce propos et sans encore savoir ce...
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    Quatrième volet des enquêtes du Département V, toujours aussi bon, je ne vous le cache pas. Nous sommes nombreux à avoir aimé les trois précédents tomes (Miséricorde, Profanation et Délivrance), nous devrions être au moins autant à apprécier ce roman-ci. A ce propos et sans encore savoir ce qu'elles en ont pensé, ce livre fut l'objet d'une lecture commune avec mes éminentes copines de la blogosphère Lystig, Liliba et Hélène.
    Cette fois-ci encore le trio fonctionne admirablement et de la même manière : Rose déterre un dossier qu'elle s'empresse de rendre attirant à Carl, Assad lui étant tout acquis. Carl est un flemmard dont l'instinct de flic, dès lors qu'il est réveillé ne s'endort plus qu'à l'ultime seconde de la résolution de l'énigme. Le travail de Rose et d'Assad est donc de lui présenter un dossier "clef en main" : ils sont les petites mains qui cherchent, furètent dans les archives pour appâter leur chef. Rose est toujours sur le fil, entre ses différentes personnalités qui ne demandent qu'une raison pour s'intervertir. Assad, toujours mystérieux sur ses origines est collant, ne lâche rien et n'en fait qu'à sa tête. Carl, plus flegmatique est très pris par sa vie privée, entre sa future ex-femme qui veut partager leurs biens, son beau-fils qui ne fait rien, son ex-équipier cloué sur un lit médicalisé dans son salon et Mona son ex-psychologue devenue sa maîtresse.
    Pour cette affaire, Jussi Adler-Olsen nous plonge dans le Danemark de l'extrémisme : le parti de l'extrême droite est en passe d'avoir des représentants au Parlement et son chef Curt Wald qui a tout fait pour que son parti arrive un jour au pouvoir est en première ligne. J. Adler-Olsen démonte les rouages de ce parti, fondé sur ce que la société danoise refuse de voir en face et sur ce dont elle ne peut s'enorgueillir : l'eugénisme mis en pratique au début du siècle dernier, lorsque des femmes jugées de mauvaise vie était enfermées dans l'île de Sprogø, surveillées, maltraitées voire stérilisées pour ne pas que leur progéniture gangrène la vie des honnêtes gens de l'époque. "Elles étaient maltraitées, elles travaillaient dur. Elles étaient menées à la baguette et brutalisées quotidiennement par un personnel sans qualification qui considérait ces filles, ainsi qu'on les appelait là-bas, comme des êtres inférieurs. Elles étaient surveillées nuit et jour. Il y avait des cellules on l'on mettait à l'isolement celles qui refusaient de marcher au pas. Elles pouvaient y rester des jours et des jours. Si l'une de ces filles nourrissait quelque espoir de partir un jour de Sprogø, il fallait de toute façon qu'elle accepte d'abord d'être stérilisée. Stérilisée de force ! On leur enlevait tout, Carl ! Excision et hystérectomie !" (p.187). J. Adler-Olsen construit une histoire dure, parfois insupportable d'intolérance et de violence tant physique que psychologique. Un contexte très fort, malheureusement réel. J. Adler-Olsen ne prend pas de gants et met ses compatriotes face à leur passé et leur présent (face à la montée des extrémistes). Dans le même temps, il sait se faire plus léger lorsqu'il parle des relations entre ses trois protagonistes (il y a notamment deux pages hilarantes d'une théorie implacable de Rose sur l'utilité pour les hommes de remonter la cuvette des toilettes pour uriner et de la rabaisser, une fois leur affaire faite), ou lorsqu'il décrit les rapports entre Carl et Mona, la femme qu'il aime :
    "- On s'en fiche", dit-elle en l'attirant contre elle avec tant de volupté que le sang de Carl se mit à bouillir. "Je crois que tu es mûr pour une petite séance de gymnastique sous la couette", lui susurra-t-elle en glissant une main là où les petits garçons en bonne santé se tripotent à longueur journée." (p.317)
    Une quatrième enquête très convaincante de 604 pages jamais ennuyeuses, au contraire (ce qui est pour moi un gage de grande qualité) qui se hisse très largement à la hauteur de Délivrance, le tome précédent que je trouvais le plus abouti. Mais jusqu'où ira-t-il ce Jussi Adler-Olsen, si à chaque épisode que je lis je le trouve encore meilleur que le précédent, et sachant que d'autres sont prévus, pour ma plus grande joie ?

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    Couverture du livre « Délivrance » de Jussi Adler-Olsen aux éditions Lgf

    Yves MABON sur Délivrance de Jussi Adler-Olsen

    En ouvrant un livre de Jussi Adler-Olsen concernant cette équipe du Département V, je me demande toujours le dossier qui en sera la clef de voute finira sa course sur le bureau de Carl Morck. Par hasard, comme dans Miséricorde ? Par "piston", comme dans Profanation ? Eh bien, ici, c'est le moyen...
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    En ouvrant un livre de Jussi Adler-Olsen concernant cette équipe du Département V, je me demande toujours le dossier qui en sera la clef de voute finira sa course sur le bureau de Carl Morck. Par hasard, comme dans Miséricorde ? Par "piston", comme dans Profanation ? Eh bien, ici, c'est le moyen le plus vieux, le plus élémentaire voire enfantin : une bouteille à la mer ! Un bout de papier dans une bouteille, un message écrit avec du sang, celui d'un enfant ! Et voilà que l'auteur construit son gros polar (665 pages tout de même !) et déroule son histoire, sans longueurs, sans que le lecteur à un moment ou un autre ne se sente perdu.
    En débutant ma recension, je me demandais comment l'écrire. J'ai été conquis par le premier tome, enthousiaste sur le deuxième, comment serais-je pour ce troisième ? Au risque de faire des déçus, je suis encore un cran au-dessus. Rien à dire de plus que : j'adore ! Voilà, je peux remballer, et vous vous précipiter sur cette série. Là où je suis très inquiet, c'est que le cinquième tome va prochainement paraître au Danemark et que les aventures du Département V devraient compter onze volumes ! Il va falloir être très bon pour tenir le rythme et tenter de dire tout le bien des prochaines parutions (si tant est qu'elles soient bonnes, mais j'ai bon espoir) sans se répéter.
    Pour Délivrance, rien ne change mais ce n'est absolument pas la même histoire. Rien ne change car on retrouve Carl, Assad et Rose et leurs rapports parfois compliqués. Carl n'est toujours pas motivé par son boulot : il ne pense qu'à faire des siestes : "Encore une histoire qui va m'empêcher de poser mes jambes sur la table et de faire la sieste, songea Carl tandis qu'il redescendait l'escalier en soupesant le carton. Quoique. Un petit roupillon d'une heure ou deux n'allait pas détériorer les relations dano-écossaises." (p.42)
    Malgré tout les personnages évoluent, Assad ne dévoile toujours rien de sa vie, et Carl a des doutes quant à son passé en Syrie et même son présent au Danemark. Rose, elle se fâche et envoie Yrsa, sa jumelle la remplacer, ce qui n'est pas forcément pour faire plaisir à Carl. On se demande parfois qui de Carl, Yrsa ou Assad est le plus efficace ; si l'on reconnaît un grand patron à sa capacité de déléguer et de synthétiser alors Carl en est un ! Cossard avéré, mais bien entouré, qui plus est par deux personnes qui ne sont pas des policiers, Carl finit toujours par retrouver cette petite étincelle qui le propulse et ne le fera plus lâcher son enquête quoiqu'il lui en coûte.
    Parallèlement, on suit le kidnappeur, mais aussi ses nouvelles victimes, sa femme ; beaucoup de personnages mais tout est bien classé et je ne me suis pas perdu, malgré des noms de personnes et de lieux pas toujours faciles à retenir. Le danois n'est pas une langue facile ! L'intrigue tient la route et en haleine jusqu'au bout. Totalement maîtrisée, menée grand train sur la fin, on ne s'y ennuie pas une seule seconde. En outre, Jussi Adler-Olsen a la bonne idée de ne pas faire de ses personnages des gens aigris, blasés. Il y a beaucoup d'humour, apporté soit par des éléments totalement inattendus, comme ces mouches vertes qui volent dans le bureau et qui fascinent Carl, soit par Assad et Rose ou Yrsa. Lorsque celle-ci lui fait part du résultat de ses recherches par exemple en les racontant par le menu et que Carl ne s'intéresse qu'au résultat :
    " Carl se redressa dans son fauteuil. "Vraiment ?". Elle le fixa d'un air mutin. "Ah, on commence à se réveiller, mon petit monsieur". Elle tapota affectueusement le bras poilu de Carl. "Et on aimerait bien en savoir plus, maintenant." Il n'en croyait pas ses oreilles. Lui, qui avait participé au long de sa carrière à plusieurs centaines d'enquêtes plus compliquées les unes que les autres se retrouvait à jouer aux devinettes avec une intérimaire en collant vert pomme." (p.163)
    Excellent polar qui a en son sein tout ce que j'aime : des personnages vraiment intéressants et bien décrits, de belles intrigues, de l'humour et même malgré les thèmes abordés souvent lourds, de la légèreté. Incontournable ! Indispensable ! Inévitable !

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    Couverture du livre « Profanation » de Jussi Adler-Olsen aux éditions Lgf

    Yves MABON sur Profanation de Jussi Adler-Olsen

    Deuxième enquête du Département V créé dans Miséricorde, ici chroniqué : j'ai dit tout le bien que je pensais de ce livre. Au risque de décevoir tous mes fans -euh, est-ce bien le terme approprié ?-, je ne ferai pas preuve d'originalité, puisque ce deuxième roman mettant en scène Assad et Carl...
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    Deuxième enquête du Département V créé dans Miséricorde, ici chroniqué : j'ai dit tout le bien que je pensais de ce livre. Au risque de décevoir tous mes fans -euh, est-ce bien le terme approprié ?-, je ne ferai pas preuve d'originalité, puisque ce deuxième roman mettant en scène Assad et Carl est tout aussi bon. Certes, il n'y a plus la surprise de découvrir les personnages, mais il y a un certain plaisir à les retrouver quelques mois après leur premier dossier bouclé. Assad est toujours aussi surprenant et Carl toujours aussi peu enclin à bosser ; mais lorsqu'on lui met des bâtons dans les roues, lorsqu'on le met à pied parce qu'il s'intéresse de trop près aux trois hommes influents du pays, il renâcle et agit. Carl est un électron libre qui n'obéit à personne. Qu'on se le dise au royaume du Danemark ! Cependant, il aura fort à faire avec cette enquête qui le mènera dans un monde qu'il ne fréquente pas d'habitude, celui du fric, des héritiers, des écoles de prestige. En plus, comme sa précédente enquête a été appréciée, on lui adjoint une secrétaire, Rose, qui s'avère tout comme lui et Assad, ingérable, mais d'une efficacité redoutable :
    "Alors c'est toi qui l'a récupérée, Carl ? Eh ben ma poule, si tu veux un bon conseil : évite de la faire boire. [...] ... pour résumer, elle est maladroite, ingérable dans le boulot et la plupart du temps elle fait carrément preuve de mauvaise volonté." (p.452)
    Je me suis donc régalé à la lecture de ce roman policier nordique qui prend à la fois certains traits à ce genre comme les enquêtes longues, précises, le travail minutieux même s'il mène dans une impasse et qui n'oublie pas aussi de s'en éloigner un peu en faisant preuve d'humour. Carl est certes désabusé, revenu de tout, fatigué et peu énergique, mais il garde une ironie certaine sur sa vie, ses relations.
    "Ils avaient passé une heure à table, et Mona Ibsen commençait à se dégeler un peu quand soudain il fut submergé par une telle vague de soulagement et de bien-être qu'il s'endormit comme une masse. La tête artistiquement disposée au milieu de son assiette entre le steak et les brocolis." (p.462)
    Assad est totalement décalé, ne parle pas un danois impeccable ce qui provoque quelques quiproquos (Jussi Adler-Olsen a le bon goût d'en jouer sans en abuser), et son enthousiasme à lui tranche avec la relative apathie de Carl. Rose, qui vient d'arriver a l'air pas mal déjantée également. Un trio improbable, dépareillé mais efficace.
    J. Adler-Olsen distille quelques informations sur la vie de ses personnages au fil des pages. Si on connaît celle de Carl, on imagine que celle d'Assad est très différente du peu qu'il en dit et une rencontre musclée dans le métro met la puce à l'oreille de Carl, mais nous n'en saurons pas beaucoup plus. Il parle aussi en filigrane de la société danoise, même si ses romans ne sont pas des polars sociaux comme peuvent l'être ceux d'Henning Mankell par exemple. Néanmoins, entre les lignes, on peut lire une critique ou un constat de ce pays : ses riches, ses pauvres, sa police qui manque de moyens mais à laquelle on demande de plus en plus, le racisme quotidien, ...
    Autant vous dire que désormais je suis totalement ferré et que le troisième tome qui m'attend sagement tout en bas de ma très modeste pile de livres risque de monter de plusieurs crans.

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