Julien Delmaire

Julien Delmaire
Né en 1977, Julien Delmaire est écrivain et poète de l'oralité. Depuis ses débuts en 2001, il est considéré comme l'une des figures charismatiques de la scène slam française et estimé comme un p oéte à pa rt entière. La c élèbre revue de poés ie italienne Fili d'Aquilone lui a récemment consac... Voir plus
Né en 1977, Julien Delmaire est écrivain et poète de l'oralité. Depuis ses débuts en 2001, il est considéré comme l'une des figures charismatiques de la scène slam française et estimé comme un p oéte à pa rt entière. La c élèbre revue de poés ie italienne Fili d'Aquilone lui a récemment consacré un article le considérant comme l'un des espoirs de la jeune poésie francophone. Plusieurs de ses textes ont été traduits en anglais, en espagnol et en italien. Depuis 10 ans, Julien Delmaire multiplie les lectures sur scène en France et à l'étranger où son style rythmique et exigeant touche un large auditoire. Son premier roman Georgia est paru en s eptembre 201 3 aux édi tions G rasset. Rose-pirogue est s on pr emier t itre c hez Mémoire d'encrier.

Avis (15)

  • Couverture du livre « Minuit, Montmartre » de Julien Delmaire aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Mireille B sur Minuit, Montmartre de Julien Delmaire

    Paris Montmartre en 1909, ce sont les décor et ambiance du roman de Julien Delmaire. Période de paix et de tranformations du pays, La Belle Epoque insuffle un esprit de liberté et d’insouciance. L’Art Nouveau détrône l’art classique, de nouveaux courants artistiques émergent, exhalant l’envie...
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    Paris Montmartre en 1909, ce sont les décor et ambiance du roman de Julien Delmaire. Période de paix et de tranformations du pays, La Belle Epoque insuffle un esprit de liberté et d’insouciance. L’Art Nouveau détrône l’art classique, de nouveaux courants artistiques émergent, exhalant l’envie d’un monde nouveau, moderne, coloré. Dans ce mouvement, ses principaux acteurs, écrivains, peintres et intellectuels bousculent le conformisme.

    Dans ce Paris, Masseïda, jeune femme noire, déambule sans repère, côtoie la prostitution mais ne s’y perd pas, chante dans les cabarets, et enfin pousse la porte de l’atelier de Théophile Alexandre Steinlen, célèbre pour sa lithographie du Chat Noir mais aussi peintre accompli.

    La journée à Montmartre, les odeurs se répandent, les couleurs jaillissent, les voix des nombreux commerçants s’entremêlent… La nuit, à Montmartre, Le Lapin Agile, Le Chat Noir distillent lumière et musique qui réchauffent les cœurs, offrent l’absinthe qui anesthésie les douleurs d’une vie précaire ou d’un avenir sans lendemain ou qui inspire les clients. Sans oublier, au détour d’une rue, sur les pas de porte, dans les ateliers, les chats qui posent ou s’invitent le temps d’une déambulation.

    Minuit, Montmartre, est un roman tout en sensualité, une image de Montmartre travaillée par une plume élégante. Les personnages sont authentiques, comme sur les gravures ou les images de nos livres d’histoire. Et dans cet écrin, se déroule l’histoire de Massa et Steinlen.

    Sans aucun doute, lors de ma prochaine visite dans la capitale, je monterai la rue Lepic, je lèverai la tête en direction des réverbères de la rue Caulaincourt, je comprendrai mieux l’angoisse de ceux qui ont vu arriver Haussmann avec son appétit de rénovation, je pousserai la porte d’un café et j’enfouirai au fond de mes poches mon âme de touriste pour retrouver la nostalgie si bien exprimée par Julien Delmaire.

  • Couverture du livre « Minuit, Montmartre » de Julien Delmaire aux éditions Grasset Et Fasquelle

    laurence bandelier sur Minuit, Montmartre de Julien Delmaire

    Et dire que j'ai failli passer à côté de cette petite pépite....
    Nous sommes immédiatement télé-transportés dans ce Paris du début du XXème, dans cette classe populaire et bohème qui a fait fantasmer tellement d'individus.
    Oui, il y a la misère, la survie, le froid, la faim et l'inconfort....
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    Et dire que j'ai failli passer à côté de cette petite pépite....
    Nous sommes immédiatement télé-transportés dans ce Paris du début du XXème, dans cette classe populaire et bohème qui a fait fantasmer tellement d'individus.
    Oui, il y a la misère, la survie, le froid, la faim et l'inconfort. Oui, il y a la violence, la maladie et la complexité de se sentir entre deux périodes charnières de l'Histoire.
    Mais il y a aussi et SURTOUT cette atmosphère de débrouillardise, ces personnages haut en couleur si attachants. Et puis, le milieu des artistes... Si magique vu de l'extérieur, qui semble être le seul à continuer de revendiquer coûte que coûte une liberté de mouvement, une liberté de se trouver à l'endroit choisi et, le plus important, LA liberté de penser, dessiner, écrire sans fioriture ni réserve.

    C'est si joliment écrit... Plein de délicatesse et de détails de l'époque, nous retrouvons des mots, des lieux, des personnes d'un autre temps. C'est tour à tour poétique et efficace, c'est enivrant (comme l'absinthe de ces années-là).
    Masseïda est charmante, touchante et nous prend par la main pour traverser cet univers fascinant, tout comme l'a fait Vaillant au début du récit.
    Vaillant, d'ailleurs, ce chat si particulier... Ce représentant de toute cette tribu qui a une place à part entière dans l'histoire. Je suis obligée de le reconnaître même si je ne recherche pas la compagnie ni la complicité de cette espèce !!

    Quoiqu'il en soit, je suis ravie d'avoir découvert ce livre qui m'a fait voyagé (pas longtemps, certes, car il est malheureusement court), m'a redonné l'envie de me replonger dans cette époque et peut-être même me rendre dans ce quartier pour, sait-on jamais, ressentir l'ambiance et la présence de cette fine équipe.

  • Couverture du livre « Frère des astres » de Julien Delmaire aux éditions Grasset Et Fasquelle

    nathalie vanhauwaert sur Frère des astres de Julien Delmaire

    Benoît vit dans le Nord de la France, il est issu du milieu ouvrier. Son père est syndicaliste à l'usine. A l'école ses congénères l'ont baptisé l'autiste. Il s'arrête souvent à la chapelle devant la statue de la Vierge Marie. Il est fasciné.

    A 12 ans il s'enlise dans sa scolarité, il se...
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    Benoît vit dans le Nord de la France, il est issu du milieu ouvrier. Son père est syndicaliste à l'usine. A l'école ses congénères l'ont baptisé l'autiste. Il s'arrête souvent à la chapelle devant la statue de la Vierge Marie. Il est fasciné.

    A 12 ans il s'enlise dans sa scolarité, il se cultive à sa façon, sa lecture préférée est la Bible.

    A 16, il quitte l'école pour travailler à l'usine.

    Un jour, Benoît laisse une lettre et de l'argent à sa mère pour ses frères et soeurs. Il emporte avec lui pour seul bagage, l'écharpe de son père (emporté par un cancer), une Bible, un opinel et un duvet.
    Il part sur la route, pèlerin à l'image de Saint-Benoît.

    Il traversera la France du Nord au Sud en passant par les cathédrales Notre-Dame entre autre. Il se nourrira comme un cueilleur préhistorique de fruits et légumes crus. Il vivra avec la nature, prêt à souffrir pour aimer, accordant le pardon à ses agresseurs, donnant ce qu'il récolte à plus pauvre que lui, il partagera l'aumône qu'il reçoit dans les troncs des églises Comme Saint Benoît, il marchera des jours entiers, entrant toujours en contemplation avec la nature.

    Ce récit sur la spiritualité, un peu mystique est écrit de manière poétique. Folie, candeur, un portrait touchant empreint d'humanité.

    J'ai trouvé ce cheminement à travers la France et à travers sa foi; juste, reposant.

    L'écriture est magnifique, j'ai vraiment passé un excellent moment de lecture.

    Ma note : 9/10


    Les jolies phrases

    Benoît traverse des villages sans éclat, des bourgades où l'ennui suit son cours. Il n'a plus un sou en poche. Il a atteint son idéal : le voilà pauvre, affamé, sans autre issue que la charité.

    Ce qu'éprouve Benoît à l'endroit de son père n'a pas de nom. Il est le tuteur de noisetier, la rigole creusée pour irriguer les jours, le cordeau de filasse qui délimite la terre. Quand il récite le Notre Père, c'est le visage du sien qui s'anime sous ses paupières.

    Son bonheur est complet lorsque sa mère, libérée du joug, s'évade, les coudes sur la table de la cuisine, en parcourant des romans de plage aux intrigues ficelées d'un ruban rose. Bovary du borinage, fée du logis sans baguette magique, maman s'ennuie et se résigne.

    La prière est pour lui une ivresse sans cesse renouvelée. Si Benoît était un junkie, nous dirions qu'il se défonce sans répit, s'injecte des extases en intraveineuse. Mais l'amertume qui succède à la piqûre, la perte qui obstrue l'aiguille lui sont inconnues. Sa drogue est idéale, il n'en manque jamais.

    L'homme au sifflet se relève, empoussiéré des pieds à la tête. "Merci. Vous êtes berger ?
    - Je suis chrétien, c'est un peu la même ", répond benoîtement Benoît en caressant l'encolure d'une brebis.

    La joie d'être sur le chemin. La joie de n'être qu'un passant. Joie de ne rien posséder et de n'être possédé par rien. LA JOIE D'ÊTRE NU. Entièrement nu. Nu dans son entier. Nu face au vent, nu face au destin, nu face à la joie.


    Benoît n'a plus de raison de vivre, ni aucune envie de mourir. Les dunes, à ses pieds, sont de simples châteaux d'enfant. Il marche vers un soleil renouvelé, un jour unique, où tout prend sens, chaque respiration, chaque foulée.

    Benoît est le roi du monde, un monarque crasseux. Dire qu'il empeste n'est pas suffisant. Son parfum est complexe, dense, feuilleté de strates olfactives. D'abord une senteur de gravier, d'humus, d'écorces poussiéreuses. La fragrance se prolonge d'un coeur floral : colchique décomposé, armoise, sauge amère, une nuance de sainfoin ou d'orge humide. Ensuite, le suint, le musc se mêlent à des effluves sucrés : spéculoos écrasé, canne à sucre trop mûre. La sueur apporte sa touche d'acidité sa touche d'acidité, aussitôt confondue dans les miasmes de tourbe et de lichen. Enfin, une persistance iodée, une note saline, fumet de laminaires abandonnées sur la grève. Benoît se hume comme un single malt, fleuron d'Islay, un breuvage endeuillé, que les Écossais boivent les yeux clos, en songeant aux marins engloutis.

    https://nathavh49.blogspot.be/2018/05/frere-des-astres-julien-delmaire.html

  • Couverture du livre « Frère des astres » de Julien Delmaire aux éditions Grasset Et Fasquelle

    marie heckmann sur Frère des astres de Julien Delmaire

    Benoît est un pèlerin de notre temps, un drôle de randonneur qui traverse la France, les yeux tournés vers les étoiles. Figure de clochard céleste, digne d’un roman de Kerouac, Benoît va à la rencontre de son destin avec douceur et naïveté.
    Librement inspiré de la vie de Saint Benoît Labre, le...
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    Benoît est un pèlerin de notre temps, un drôle de randonneur qui traverse la France, les yeux tournés vers les étoiles. Figure de clochard céleste, digne d’un roman de Kerouac, Benoît va à la rencontre de son destin avec douceur et naïveté.
    Librement inspiré de la vie de Saint Benoît Labre, le vagabond mystique du XVIIIème siècle, Frère des astres est un « road-book », nourri de rencontres improbables, de paysages grandioses et de couleurs saturées.
    On suit le chemin fait par Benoit depuis son Nord natal jusqu'à un lieu plus dans le sud et sa mort..
    C'est un parcours fait de rencontres, d'aventures, de poux et d'errance.
    Je n'ai pas aimé ce roman trop long, sans action. Ok on le suit dans son "pèlerinage" mais rien ne se passe (pour moi) .. Je n'ai pas trouvé l’intérêt que d'autres ont pu y déceler...

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