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Joy Sorman

Joy Sorman
Joy Sorman est l'auteur de sept livres chez Gallimard, parmi lesquels Boys, Boys Boys, Prix de Flore 2005 (Folio n°4571), Comme une bête (Folio n°5678) et La peau de l'ours (Folio n °6081, parution février 2016).

Avis sur cet auteur (33)

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    Couverture du livre « Seyvoz » de Maylis De Kerangal et Joy Sorman aux éditions Inculte

    Joëlle Buch sur Seyvoz de Maylis De Kerangal - Joy Sorman

    Voici un texte court (109 pages) et magnétique écrit à deux mains et deux stylos (noir et bleu) ! Dès que je vois un titre à paraître de Maylis de Kerangal, je le précommande ! Bref c’est une autrice chouchou.
    Le personnage principal est Tomi Motz. Cet ingénieur est envoyé de Paris par...
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    Voici un texte court (109 pages) et magnétique écrit à deux mains et deux stylos (noir et bleu) ! Dès que je vois un titre à paraître de Maylis de Kerangal, je le précommande ! Bref c’est une autrice chouchou.
    Le personnage principal est Tomi Motz. Cet ingénieur est envoyé de Paris par l’entreprise Voltang, pour intervenir sur la centrale électrique de Seyvoz dans les Alpes.
    A son arrivée, il doit contacter Brissogne, mais ce dernier ne répond pas. Il est absent et tout se met à dérailler. Une ambiance étrange s’installe et on sent Tomi angoissé, troublé. Son hôtel est complet mais il ne croise personne. Il y a une atmosphère fantastique dans les pages de ce livre.
    Le texte en noir est l’histoire vue depuis Tomi de nos jours. Le texte en bleu est le passé, l’histoire de la construction du barrage. Pour construire cette centrale électrique, il a fallu engloutir le village de Seyvoz pour créer un lac artificiel. Autant vous dire que les villageois n’étaient pas du tout favorables et qu’ils ont été expropriés. Le roman raconte notamment les tombes déplacées, les cloches de l’église, la venue d’ouvriers espagnols, les hommes morts sur le chantier de construction et la transformation du paysage.
    Le roman met magnifiquement en avant les grands espaces, la montagne. J’ai préféré la partie écrite en noir sur le passé du village de Seyvoz car elle est poignante. D’ailleurs j’aimerais bien savoir comment s’est écrit ce roman entre Maylis de Kerangal et Joy Sorman. Comment ont-elles fonctionné ? est-ce que chacune écrivait séparément ou en commun ? Je n’ai pas senti de différence de style d’un chapitre à l’autre.
    L’histoire de ce village, Seyvoz, est basée sur celle de Tignes, dont le village a été englouti et un barrage a été construit en 1952. J’apprécie les romans qui se servent de faits réels et les emmènent dans un autre monde, celui de la littérature.

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    Couverture du livre « Seyvoz » de Maylis De Kerangal et Joy Sorman aux éditions Inculte

    Ghislaine Degache sur Seyvoz de Maylis De Kerangal - Joy Sorman

    Deux temporalités alternent dans ce roman. Il y a le présent qui s’appuie sur la fiction, à la lisière du fantastique, avec un ingénieur mandaté pour vérifier les installations du barrage de Seyvoz et des retours dans le passé, dans les années cinquante, avec la construction de ce barrage...
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    Deux temporalités alternent dans ce roman. Il y a le présent qui s’appuie sur la fiction, à la lisière du fantastique, avec un ingénieur mandaté pour vérifier les installations du barrage de Seyvoz et des retours dans le passé, dans les années cinquante, avec la construction de ce barrage hydroélectrique au beau milieu des montagnes alpines, au moment où la France sort de la Seconde Guerre mondiale, et où les besoins en énergie sont immenses. Sauf que l’édification de ce barrage a entraîné la création d’un lac artificiel et englouti le village installé là.
    Depuis Paris, Tomi Motz est envoyé à Seyvoz pour une mission concernant la maintenance des installations. Lorsqu’il arrive au barrage où il a rendez-vous avec un certain Brissogne, le responsable de la maintenance, personne n’est là. De plus, des choses bizarres comme son téléphone qui ne capte rien alors qu’il se trouve sur le plus important site producteur d’électricité de la nation. La centrale électrique de Seyvoz serait donc une poche de territoire sans couverture réseau, une zone blanche… Étrange ! Étrange également cette Clio rouge dont la conductrice qui, après lui avoir délivré un message, s’enfuit, tout comme est bizarre l’hôtel où il est descendu.
    Pendant quatre jours, cet ingénieur solitaire, mu par une sorte d’attraction incontrôlable, va donc arpenter la zone avec la sensation d’être prisonnier d’un champ magnétique étanche, sa mission perturbée par une série de troubles sensoriels et psychiques faisant naître chez lui des visions étranges. Le réel se dérobe autour de lui et tout vacille jusqu’à sa propre raison…
    Ce récit est entrecoupé de bribes du passé avec notamment l’engloutissement de ce village aux habitants peu convaincus de la pertinence de leur sacrifice.
    Si j’ai été un peu moins réceptive au présent assez fantasmé, j’ai beaucoup apprécié les retours dans le passé et le rappel de cette construction du barrage de Seyvoz – barrage de Tignes en Savoie, dans la réalité.
    La description du village, de la vallée et de ses habitants dans les années cinquante est particulièrement réussie et rend parfaitement compte du séisme que cela a été pour eux de devoir abandonner leur lieu de vie. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tenté de résister !
    On assiste vraiment à un combat inégal, le pot de fer contre le pot de terre, et, en avril 1952, les derniers habitants doivent quitter leur village ; ayant décidé, pour garder un lien avec l’histoire, de reproduire l’ancienne église à l’identique, ils procèdent alors à l’évacuation de leur église.
    Difficile de ne pas être saisi lors de l’exhumation du cimetière à quelques jours de l’engloutissement, et en phase avec ces villageois outrés que l’on vienne déterrer leurs morts.
    Une évacuation particulièrement violente marque les esprits d’alors et ce jusqu’à nos jours.
    Quant au barrage lui-même, le plus haut d’Europe à l’époque, Maylis de Kerangal et Joy Sorman, racontent avec précision la construction de cet ouvrage pharaonique, l’appel à main d’œuvre et les conditions de travail dantesques, sans oublier ceux qui ont y ont laissé leur peau, certains, avalés par ce mur gigantesque, les comparant à ces habitants de Pompéi, « ces vies solidifiées qui ne redeviendront jamais poussière. »
    Elles n’omettent pas de signaler que les dangereuses conditions de travail et la volonté de faire vite ont coûté la vie à 52 ouvriers.
    Le barrage fermant désormais leur vallée et allant être mis en eau, noyant leur village et leurs pâturages, c’est avec beaucoup de tristesse qu’on assiste impuissants, aux côtés des villageois au dynamitage de leurs maisons et à leur violente évacuation.
    Seyvoz, bien qu’écrit par deux auteures, Maylis de Kerandal et Joy Sorman, est un roman singulier car elles ont su unir leurs voix et leur talent pour créer un roman richement documenté, d’une grande sensibilité, mélangeant savamment réel et imaginaire, ce dernier pouvant parfois prendre le pas sur la réalité.
    C’est à la suite d’une proposition faite par le collectif d’auteurs, Inculte, dont la marque de fabrique est le livre collectif, que nos deux écrivaines ont relevé le défi d’écrire à quatre mains : un défi que je qualifierais de particulièrement réussi !

    Chronique illustrée à retrouver sur : https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « Sciences de la vie » de Joy Sorman aux éditions Seuil

    Manika sur Sciences de la vie de Joy Sorman

    Ninon ne coupera pas à la malédiction qui frappe les premières nées de sa famille depuis le Moyen Age, c'est à dire une maladie inexplicable qui les frappe, une maladie plus ou moins grave et invalidante mais surtout qui isole et souvent incurable. Ninon va tout faire pour sortir de ce cercle...
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    Ninon ne coupera pas à la malédiction qui frappe les premières nées de sa famille depuis le Moyen Age, c'est à dire une maladie inexplicable qui les frappe, une maladie plus ou moins grave et invalidante mais surtout qui isole et souvent incurable. Ninon va tout faire pour sortir de ce cercle vicieux.

    Nous découvrons Ninon qui vit avec sa mère Esther, au moment où une douleur insupportable envahit ces 2 bras. Baignant depuis toute petite dans cette malédiction qui frappe les femmes de sa famille, elle va malgré tout tout faire pour trouver quel est ce mal et comment le guérir. Nous voilà donc parti dans son parcours médical, dans un premier temps puis moins conventionnel par la suite, entrecoupé de l'historique des maladie ayant frappée ses ancêtres.

    Alors que j'ai trouvé le début assez original, je me suis rapidement lassée de cette quête qui se répète de page en page, tant est si bien qu'à certains moments je n'étais pas sure de ne pas déjà avoir lu ce passage ! C'est un peu plus vivant lorsqu'elle aborde les médecine parallèle et le final est assez surprenant mais je n'aurai pas été conquise par ce texte comme je l'ai été par la peau de l'ours

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    Couverture du livre « À la folie » de Joy Sorman aux éditions Flammarion

    Sevlipp sur À la folie de Joy Sorman

    Tous les mercredis, pendant un an, elle s'est immergée dans deux unités psychiatriques. Il fallait bien cela pour pouvoir témoigner.
    C'est un essai intelligent qui met au coeur du propos les malades et les soignants.
    Il y a de la souffrance, de cris, beaucoup de cris, des gens qui se parlent...
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    Tous les mercredis, pendant un an, elle s'est immergée dans deux unités psychiatriques. Il fallait bien cela pour pouvoir témoigner.
    C'est un essai intelligent qui met au coeur du propos les malades et les soignants.
    Il y a de la souffrance, de cris, beaucoup de cris, des gens qui se parlent tout seul, ceux qui sont mutiques, des tentatives de suicides, des parents maltraitants, des familles démunies.
    Il est aussi questions de dépression, de colère, de peur souvent, de tristesse aussi.
    Il y a tout cela mais aussi parfois des sourires comme lorsqu'on trouve fantômette dans un lit le matin et qu'on ne sera jamais qui elle est ou bien quand Franck fait la grève du verbe, pour protester mais on ne sait pas contre quoi puisqu'il a décidé de garder le silence.
    Il y a aussi de la solidarité, les gestes de réconfort, des petits moments de joie et même de la poésie dans certaines pages.
    Joy Sorman n'élude pas les difficultés, les paradoxes, les économies qui s'imposent brutalement, les dysfonctionnements mais sans jugement, jamais.
    Le style est précis, agréable et rend la lecture plaisante malgré le sujet abordé.
    Un essai qui met l'humain au centre du récit et qui raconte « les fous » autrement.