Joy Sorman

Joy Sorman
Joy Sorman est l'auteur de sept livres chez Gallimard, parmi lesquels Boys, Boys Boys, Prix
de Flore 2005 (Folio n°4571), Comme une bête (Folio n°5678) et La peau de l'ours (Folio n
°6081, parution février 2016).
Joy Sorman est l'auteur de sept livres chez Gallimard, parmi lesquels Boys, Boys Boys, Prix
de Flore 2005 (Folio n°4571), Comme une bête (Folio n°5678) et La peau de l'ours (Folio n
°6081, parution février 2016).

Avis (20)

  • Couverture du livre « Sciences de la vie » de Joy Sorman aux éditions Seuil

    0.2

    Colette LORBAT sur Sciences de la vie de Joy Sorman

    Depuis toute petite, Ninon est biberonnée aux histoires familiales que lui racontent sa mère avant de s’endormir et quelles histoires !
    Dans sa famille, les filles ainées sont victime d’une malédiction ; Des maladies, des maux mystérieux surviennent du jour au lendemain. « La famille de Ninon...
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    Depuis toute petite, Ninon est biberonnée aux histoires familiales que lui racontent sa mère avant de s’endormir et quelles histoires !
    Dans sa famille, les filles ainées sont victime d’une malédiction ; Des maladies, des maux mystérieux surviennent du jour au lendemain. « La famille de Ninon est maudite, marquée depuis toujours du sceau de l’infamie et de l’infection, une malédiction aussi risible que tragique, un sens de la transmission autant que de la contamination n, des catastrophes génétiques en chaîne : génération après génération, des récits de maladie, de mauvais sort, de démence et d’envoûtement, une multitude de maux qui frappent automatiquement les fils ainées depuis le XVIe siècle. »
    Tout est consigné, transmis aux descendants et la mère de Ninon aime lui raconter l’histoire familiale, tout au moins, celle des filles ainées. Marie Lacaze fut la première de la lignée. Esther Moise, la mère de Ninon est atteinte d’une forme de dégénérescence oculaire. Ninon, à dix-sept ans, un beau matin se réveille les bras en feu. Uniquement les bras, de l’épaule à la main. Le spécialiste diagnostique une allodynie tactile. Elle ne peut rien supporter sur les bras, s’enferme dans sa chambre et en elle, souffre. Sa mère n’est plus ce phare qui illuminait son enfance, c’est presque devenu l’ennemie, celle par qui cela arrive.
    Parlons-en de la mère. De quelle névrose souffre-t-elle pour infliger ceci à sa fille ? Pourquoi cet orgueil d'une lignée de souffrance ?
    Ninon se rebelle, ne veut pas dire un mot de cette hérédité démoniaque. Rien n’y fait, la médecine est impuissante à soigner la malade. Internet la mène vers des chamanes en tout genre. Là elle se rend compte qu’elle ne peut faire abstraction de la lignée maternelle.
    Toutes ces visites et consultations ne lui apportent rien et deviennent même ennuyeuses. Il me faut les suivre, les subir, c’est son chemin de croix, plutôt son chemin de vie pour comprendre sa souffrance. Bien sûr, il y a la vodka et le joint qui, temporairement calment la douleur mais, la chute n’en est que plus dure.
    Entremis, Joy Sorman dévoile l’arbre généalogique de toutes ces filles ainées, c’est un arbre, un catalogue hallucinant de divers maux et malédictions ! Je comprends que Ninon veuille briser ce lien.
    La douleur enferme Ninon, la plonge dans la solitude. Est-ce par la peau que s’exsude son enfance ? Est-ce une mutation vers une nouvelle vie ? Faut-il souffrir dans sa chair, ici dans sa peau, pour se dévoiler, prendre de l’épaisseur, devenir adulte ?
    De peau, il en était déjà question dans son précédent roman « La peau de l’ours ». Joy Sorman s’appuie sur une longue recherche historique et médicale pour mieux s’en échapper et nous emporter dans le tourbillon de survie de Ninon.
    Les phrases jaillissent, valsent, comme tournent les praticiens. Les phrases sont longues, mais vivantes et alertes, pour mieux faire ressentir l’état de Ninon jusqu’à la renaissance et le retour à la douceur de sa peau qu’elle fêtera d’une façon radicale et inattendue. Oui, Ninon Moise est devenue elle et non plus la descendante d’une lignée maudite, elle s’est réapproprié son corps et son esprit. Non, Le mal ne passera plus par ces histoires racontées le soir au moment de s’endormir.
    Un très bon roman dans la lignée des précédents et définitivement, j’aime le style de Joy Sorman.
    Ce livre a fait partie de la liste des explolecteurs de lecteurs.com ; maintenant il voyage pour notre plus grand plaisir.git sta

  • Couverture du livre « Sciences de la vie » de Joy Sorman aux éditions Seuil

    0.1

    Christophe ROBERT sur Sciences de la vie de Joy Sorman

    Ninon a 17 ans, et a priori va passer son bac et poursuivre ses études. C'est une jeune fille à priori normale (dans la norme), plutôt tranquille, des amies, une famille mono parentale réduite à sa mère.

    Mais voila, les femmes de la famille de Ninon portent en elles le germe d'étranges...
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    Ninon a 17 ans, et a priori va passer son bac et poursuivre ses études. C'est une jeune fille à priori normale (dans la norme), plutôt tranquille, des amies, une famille mono parentale réduite à sa mère.

    Mais voila, les femmes de la famille de Ninon portent en elles le germe d'étranges maladies, comme une malédiction qui se transmet de génération en génération, depuis fort longtemps. Alors, enfant Ninon n'attendait pas les histoires du soir sous forme de conte de fées ou autres fadaises, mais comme les milles et une nuits un peu pervers, sa mère venait au pied du lit lui raconter, lui dévoiler les divers aspects de cette étrange hérédité.

    Il fallait donc que Ninon, dernier maillon de la chaine porte aussi son calvaire, et ça sera une allodynie tactile dynamique, qui se déclenche de façon brutale et foudroyante un matin. A partir de là sa vie va se révéler être un enfer entre souffrance et parcours de santé, allant de la médecine la plus traditionnelle aux méthodes les plus douteuses.

    Roman de la condition féminine, du traitement réservé aux femmes malades et aux regard qu'au fil des générations les hommes ont pu porter, roman de la souffrance et de la douleur, roman de la peau.
    L'écriture est "efficace", c'est à dire qu'elle sert le propos, adoptant assez de détachement dans le ton pour garder une objectivité sur le personnage et approchant assez l'intimité de la jeune fille pour développer une forme d'empathie. L'auteur livre un roman, propre, travaillé, bien taillé, bien poli aux angles. On en viendrait presque à lui reprocher une forme de consensus.

    Gros bémol sur le personnage de la mère, qui est peu et mal exploité, alors que le roman aurait gagné en profondeur à explorer les méandres, les coins obscurs de cette femme qui avance sur le fil d'une certaine psychose (névrose ?). A mes yeux la mère reste le personnage clé du livre et l'absence d'attention portée à ses motivations profondes marque cruellement la portée du récit.

    Au final, un début prometteur, un milieu qui s'enlise (la tournée des médecins devient vite redondant), et une fin (que je ne dévoile pas), qui arrive à point pour sauver le livre. La dernière partie est vraiment une réussite tant sur le fond que sur la forme .
    On est pas passé loin d'un coup de coeur de la rentrée littéraire ... mais non !)git sta

  • Couverture du livre « Sciences de la vie » de Joy Sorman aux éditions Seuil

    0.2

    Nathalie Chartier sur Sciences de la vie de Joy Sorman

    C’est l’histoire d’une malédiction qui frappe les femmes d’une famille depuis des générations de maux mystérieux et invalidants, une sorte de fatalité. Ninon est la toute dernière de cette lignée, sa vie insouciante aux côtés de sa mère qui l’élève seule est rythmée par les récits des maux qui...
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    C’est l’histoire d’une malédiction qui frappe les femmes d’une famille depuis des générations de maux mystérieux et invalidants, une sorte de fatalité. Ninon est la toute dernière de cette lignée, sa vie insouciante aux côtés de sa mère qui l’élève seule est rythmée par les récits des maux qui ont frappé ses ascendantes, toutes des filles aînées. Jusqu’au jour où Ninon se réveille un matin, affligée à son tour par un mal mystérieux qui lui brûle la peau des bras. Le diagnostic est vite posé : elle est atteinte d’allodynie tactile, elle ne supporte aucun effleurement, aucun vêtement sur ses bras ni même le contact brûlant des draps de son lit ; sa vie devient un cauchemar.
    Ninon décide alors qu’il n’y a pas de fatalité et que la science peut l’aider, elle cherche, consulte, tente, s’accroche pour trouver une solution. Ninon va alors consulter, explorer, se livrer à des examens ; elle se décourage souvent, renonce provisoirement puis reprend son bâton de pèlerin dans les hôpitaux, les cabinets médicaux, les laboratoires et persiste. Il doit bien y avoir un traitement ! Inévitablement, elle se coupe de ses amis, ne va plus en cours, s’éloigne de sa mère. Elle maigrit, devient irascible, et pourtant elle est opiniâtre, déterminée, exclusivement consacrée à son objectif de guérison.
    Ninon consulte d’éminents spécialistes, à l’autorité incontestable, bienveillants ou distants, aux diagnostics parfois contradictoires. Au final, les traitements s’avèrent impuissants, une dermatologue en perd son assurance, décontenancée par le mal invisible de Ninon. Si la science ne lui apporte pas de réponse, qu’importe, elle se tourne vers des praticiens plus ou moins éclairés, aux traitements inattendus, fantaisistes (l’un d’entre eux va même lui proposer de lui greffer une peau de cochon !). Hélas, les acupuncteurs, chiropracteurs, chamanes… sont impuissants.
    Bon nombre de pages sont cocasses, je me suis interrogée, l’auteure s’inspire-t-elle de témoignages ? A-t-elle assisté à des consultations aussi rocambolesques ? Que le lecteur hypocondriaque se rassure, le récit n’est jamais anxiogène, le mal dont souffre Ninon n’est pas mortel. Cet état des lieux des pratiques médicales est ahurissant, drôle, jubilatoire et sidérant. L’épisode du chamane en forêt de Rambouillet m’a laissée dubitative, je l’ai lu deux fois, littéralement scotchée !
    L’écriture est fluide, un récit sans dialogue qui marque la détermination solitaire de Ninon. Les quelques explications scientifiques et les exposés, sur la peau notamment, donnent l’impression de relire un livre de sciences naturelles pour écoliers, mais se digèrent bien et évitent une expédition sur Wikipédia. Les recherches de Ninon sont entrecoupées d’épisodes et de récits des maux qui ont frappé ses ancêtres, transmis par sa mère, sorte de contes où les sorcières d’antan font des apparitions, folles dansantes, jumelles secouées de tics liés au syndrome de la Tourette, grand-mère frappée par surdité et cécité.
    Ninon échappera-t-elle à son hérédité, aux gènes transmis au fil des générations ? En tout cas, elle trouvera des réponses pour se soustraire à son arbre généalogique, aux forces maléfiques de l’hérédité. Je n’en dévoile pas davantage sur ce joli récit au thème inattendu, documenté, drôle qui interroge sur la transmission, la part d’hérédité dont chacun hérite et transmet à son tour.

    AVIS DE LA PAGE 100
    C’est l’histoire d’une malédiction qui frappe les femmes d’une famille depuis des générations de maux mystérieux et invalidants, une sorte de fatalité. Et pourtant, lorsque Ninon, affligée à son tour par un mal qui lui brûle la peau des bras, décide qu’il n’y a pas de fatalité et que la science peut l’aider, elle cherche, consulte, tente, s’accroche pour trouver une solution. Un récit atypique ponctué d’explications médicales, de consultations de spécialistes plus ou moins inspirés dans le labyrinthe des hôpitaux et laboratoires. Le style est soigné, fluide.
    Je l’ai dans la peau ce récit, je retourne à la page 101 découvrir quel sort attend Ninon !git sta

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