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José-Luis Munuera

José-Luis Munuera

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Avis sur cet auteur (6)

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    Couverture du livre « Bartleby le scribe ; une histoire de Wall Street » de José-Luis Munuera aux éditions Dargaud

    Bd.otaku sur Bartleby le scribe ; une histoire de Wall Street de José-Luis Munuera

    Moins célèbre que son roman « Moby Dick », la nouvelle de Melville : « Bartleby le scribe » publiée en 1853 a pourtant fait couler beaucoup d’encre. Sous-titrée « Histoire de Wall street », elle nous projette au cœur du nouveau quartier d’affaires représentatif du monde industriel en devenir. Un...
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    Moins célèbre que son roman « Moby Dick », la nouvelle de Melville : « Bartleby le scribe » publiée en 1853 a pourtant fait couler beaucoup d’encre. Sous-titrée « Histoire de Wall street », elle nous projette au cœur du nouveau quartier d’affaires représentatif du monde industriel en devenir. Un notaire débordé engage un jeune scribe. Il copie des actes pour la plus grande satisfaction de son patron jusqu’au jour où il refuse d’accomplir une tâche en déclarant « je préférerais pas » et cela ira crescendo. Il préfère ne pas relire, puis ne plus écrire, puis ne plus quitter son bureau. Cette phrase et ce comportement ont suscité de multiples interprétations et d’innombrables adaptations au théâtre, au cinéma et même en musique - puisque le groupe de François Bégaudeau « Zabriskie Point » lui avait consacré un morceau - ont été effectuées. Il fallait une bonne dose de courage - voire d’inconscience ! - pour s’attaquer à l’adaptation en bande dessinée de ce court récit. Et au casting, on n’aurait pas forcément vu José Luis Munuera connu pour ses reprises humoristiques des « Tuniques bleues ». On aurait eu tort !
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    L’auteur fait preuve d’un grand sens du découpage et de la mise en scène. Dans la nouvelle, il n’y a pas du tout d’action, il y a seulement quatre personnages et toute la narration est assumée par le biais du narrateur, patron de l’étude lieu principal du récit. Ceci était peu transposable en BD. Munuera a donc choisi de « s’inspirer des séries TV » et d’utiliser le « walk and talk » : quand les acteurs déambulent en parlant. Le récit s’aère donc et on a de nombreuses scènes en extérieur. Ensuite, il a pris le parti d’adjoindre des interlocuteurs au narrateur principal qui permettent d’incarner ses dilemmes et de débattre : l’ami est celui qui prône le conformisme social, la femme de ménage permet de souligner le manque d’autorité du notaire et le sermon du prêtre incite, lui à la compassion.
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    Côté graphique, c’est une pure splendeur. Ses personnages sont caricaturés à la Daumier bedonnants, rubiconds, hautains, rehaussés de noir et posés sur de somptueux décors aquarellés très travaillés. Les lavis du coloriste Sedyas tantôt mordorés et tantôt bleutés confèrent une sorte d’irréalité aux scènes de rue noyées dans la brume ou sous la pluie. On notera d’ailleurs un anachronisme certainement voulu par l’auteur : il nous montre au fil des pérégrinations du notaire des gratte-ciels hérissés et menaçants. Or, ceux-ci apparaitront un demi-siècle après la publication de la nouvelle. Munuera fait donc de ses décors un symbole de l’oppression : les gratte ciels de la « rue du Mur » sont un écho au mur qui bouche la vue devant le pupitre de Bartelby.
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    Il distingue le héros en le traitant dans un autre style que le reste de ses personnages : il le dote de grands yeux sombres, d’une peau diaphane et d’une jeunesse qui tranche avec le reste de la distribution. Il en fait presque un romantique Sur la couverture, il est debout et tourne le dos aux lecteurs. Il est face à son pupitre, immobile, et semble regarder devant lui un mur invisible. Le dessinateur a « fondu » cette image sur un arrière-plan de foule affairée qui ne lui prête pas la moindre attention. D’emblée, avec cette image forte, se distinguent alors la masse et l’individu. Ceux qui suivent le flot et celui qui s’oppose.
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    Le bédéiste choisit également de modifier le texte original en supprimant la fin du récit : dans la nouvelle, Melville revient sur le passé de Bartelby et propose une amorce d’explication psychologique à son acte. Dans la bande dessinée le mystère reste entier. Munuera fait du héros « une sorte de prolongement de Martin Luther King et Gandhi » qui refuse la violence et prône la résistance passive voire la désobéissance civile. Il dote ainsi la nouvelle d’une grande modernité et nous enjoint à ne pas être « another brick in the wall »…
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    Cette adaptation relève haut la main le défi initial et par ses choix narratifs et graphiques redonne tout son lustre à l’œuvre originale en en soulignant la troublante modernité !

    Merci à José Luis Munuera, aux éditions Dargaud et à Netgalley France de m'avoir permis cette belle découverte !
    #dargaud#NetgalleyFrance#Bartleby

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    Couverture du livre « Bartleby le scribe ; une histoire de Wall Street » de José-Luis Munuera aux éditions Dargaud

    Madame Tapioca sur Bartleby le scribe ; une histoire de Wall Street de José-Luis Munuera

    Les adaptations BD d’œuvres classiques sont maintenant légion. En voici une qui sort aujourd’hui et qui m’a beaucoup beaucoup plu.

    José Luis Munuera se saisit d’une nouvelle mythique (et géniale) d’Herman Melville, « Bartleby, le scribe ».
    Mythique parce que ce texte a suscité de multiples...
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    Les adaptations BD d’œuvres classiques sont maintenant légion. En voici une qui sort aujourd’hui et qui m’a beaucoup beaucoup plu.

    José Luis Munuera se saisit d’une nouvelle mythique (et géniale) d’Herman Melville, « Bartleby, le scribe ».
    Mythique parce que ce texte a suscité de multiples interprétations et extrapolations. L’histoire est pourtant simple.
    Au milieu du XIXe siècle à Wall Street, face à un surcroit de travail un notaire embauche dans son étude un nouveau scribe. Un gratte papier chargé de recopier des textes juridiques. C’est Bartleby. D’abord consciencieux et besogneux, il va un beau jour refuser d’effectuer certaines tâches de son travail comme si cela était parfaitement normal. Enfin, il ne refuse pas vraiment. Pour employer ses mots « je préférerais ne pas le faire ». À partir de ce moment, la formule constitue la réponse de Bartleby à toute demande ou suggestion, suivie d’un mutisme le plus parfait.. Et son patron se retrouve désarmé.
    Pour ceux qui ne connaissent pas le texte, je n’irais pas plus loin. Je ne voudrais pas vous gâcher la lecture de la BD… ou de la nouvelle… ou des deux (ce que j’ai fait).
    Munuera rend à merveille l’ambiance de la nouvelle, de la vie de bureau et de ce que j’imagine de Wall Street en 1850.
    Bartleby prend vie. Il est le personnage énigmatique, à la fois doux et déterminé, que Melville a inventé.
    Un personnage fascinant qui semble refuser la course effrénée dans laquelle la société américaine est en train de s’engager.
    Un personnage insondable qui semble mettre en place une forme inédite de rébellion, de « résistance passive » , jetant le trouble dans cet univers administratif bien calibré.

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    Couverture du livre « Bartleby le scribe ; une histoire de Wall Street » de José-Luis Munuera aux éditions Dargaud

    Bulle noire sur Bartleby le scribe ; une histoire de Wall Street de José-Luis Munuera

    « ……….. !! » Voilà ma première impression lorsque j’ai vu les premières planches de cet album. Bouche bée devant tant de beauté, je me suis réjoui de plonger dans le nouvel album de Munuera. Je ne connais pas la nouvelle d’Hermann Melville et je découvre cette histoire avec les yeux grands...
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    « ……….. !! » Voilà ma première impression lorsque j’ai vu les premières planches de cet album. Bouche bée devant tant de beauté, je me suis réjoui de plonger dans le nouvel album de Munuera. Je ne connais pas la nouvelle d’Hermann Melville et je découvre cette histoire avec les yeux grands ouverts : Les personnages sont remarquables, les couleurs ternes sont épatantes d’a propos, les pleines pages sont bluffantes, les cadrages sont ingénieux…. C’est beau !!

    Je découvre donc cette histoire… bien plus complexe qu’il n’y paraît… la préface et l’épilogue m’ont d’ailleurs aidé à mieux saisir l’impact philosophique et sociologique de cette histoire.

    Bartleby et sa rébellion passive questionne notre rapport au travail, à la société, mais aussi notre rapport aux autres et à nous-mêmes. Il pousse à la réflexion. Quel rôle ai-je envie de jouer dans ce monde ? Suis-je soumis ? Est-ce que je peux faire preuve de libre arbitre ?

    Gros coup de coeur !

    Merci à Dargaud et Netgalley !

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    Couverture du livre « Le signe de la lune » de José-Luis Munuera et Enrique Bonet aux éditions Dargaud

    Lionel Arnould sur Le signe de la lune de José-Luis Munuera - Enrique Bonet

    Chronique précédemment publiée sur le blog sambabd.be


    Lorsque José-Luis Munuera m’a gentiment dédicacé son album Le Signe de la Lune au Salon International de la BD de Liège en septembre dernier, il m’a confié qu’il était très content de cet ouvrage, et, franchement, on peut le...
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    Chronique précédemment publiée sur le blog sambabd.be


    Lorsque José-Luis Munuera m’a gentiment dédicacé son album Le Signe de la Lune au Salon International de la BD de Liège en septembre dernier, il m’a confié qu’il était très content de cet ouvrage, et, franchement, on peut le comprendre.

    Bonet et lui signent à eux deux un superbe conte fantastique, à la fois sombre et lumineux. Sombre par le sujet : la perte d’un être très cher et le sentiment de culpabilité qui ronge, et lumineux par le dessin de Munuera. Un trait nerveux, aux accents manga pour les personnages, les attitudes, le mouvement et les expressions, et des décors sublimes, tout en nuances de gris, teintés d’une brume omniprésente (la forêt et la nuit sont au cœur de l’histoire) qui ne manqueront pas de faire penser à Loisel. Sublimes, je vous dis !

    Le scénario ne déçoit pas non plus. Le récit se divise en deux parties. La première se déroule dans l’enfance et la deuxième, à l’âge adulte. Les répercussions de l’une sur l’autre sont au centre du récit et accompagnent le lecteur tout au long de la narration. Enfin, même s’il s’agit bien d’un conte, et peut-être parce qu’il s’agit bien d’un conte, une critique sociale apparaît en toile de fond. Rufo est devenu le Seigneur d’Aldéa, protecteur et bienfaiteur de ses habitants. En vérité, c’est une espèce de tyran dont se passerait bien le village.


    Quant à la lune, les rivalités amoureuses et le drame d’Artémis, je vous encourage vivement à les découvrir au fil de ces 135 superbes pages.

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