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Jordi Bonells

Jordi Bonells
Vit en France depuis 1970. Essayiste, romancier et poète. - Professeur de littérature et civilisation contemporaines espagnoles à l'Université de Toulon et du Var (en 2010).

Avis sur cet auteur (1)

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    Couverture du livre « Triptyque argentin » de Jordi Bonells aux éditions Bouquins

    Calimero29 sur Triptyque argentin de Jordi Bonells

    Ayant reçu ce livre en avant-première, sous forme d’épreuves non corrigées, il avait une couverture blanche et pas de quatrième de couverture ; de plus, je ne connaissais pas l’auteur, même de nom. J’étais donc prête pour l’inconnu, la découverte.
    Malheureusement, la rencontre ne s’est pas...
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    Ayant reçu ce livre en avant-première, sous forme d’épreuves non corrigées, il avait une couverture blanche et pas de quatrième de couverture ; de plus, je ne connaissais pas l’auteur, même de nom. J’étais donc prête pour l’inconnu, la découverte.
    Malheureusement, la rencontre ne s’est pas faite ; je n’ai pas du tout compris ce texte, classé comme roman par la collection "Bouquins" chez Robert Laffont et je n’ai pas du tout saisi le message de l’auteur.
    Comme le titre l’indique, le roman se découpe en trois parties qui auraient pu être trois nouvelles indépendantes car chacune met en scène des personnages différents, une époque différente, le point commun étant l’Argentine.
    Dans la première partie, intitulée, « Volet du ressentiment », l’auteur est en Argentine, à Santiago de Estero, en 2009 ; il fait des recherches sur Witold Gombrowicz (1904-1969), écrivain polonais, quand au cours de ses recherches, le nom d’un français, Roger Coquillard (1901-1976), qui y a aussi vécu, attire son attention. C’est un acteur de troisième plan, profondément antisémite, pour lequel les juifs sont responsables de tous les malheurs, dans la mouvance de Céline, admirateur du fascisme. Sentant le vent tourner en 1944, alors que les collaborationnistes et les fascistes français sont arrêtés et pour certains exécutés, il quitte la France pour l’Espagne puis l’Argentine, plein de ressentiment. Il vivote de différents métiers, se marie et s’intéresse sur la fin de sa vie au spiritisme, à la prédiction de l’avenir.
    Dans la deuxième partie, intitulée « Volet de la rédemption », on suit Viktor W., un allemand, excellent joueur d’échec qui a fui Berlin, pour Tel-Aviv, puis l’Argentine, pour finir par s’installer à Nice où l’auteur le rencontre en 1977. Et brusquement, comme dans le volet précédent, on passe aux mémoires d’Evaristo Manuel Urricelqui, policier argentin. Il enquête sur les meurtres de membres de la communauté allemande réfugiée en Argentine ; il est le seul à croire que c’est une vengeance mais n’arrivera pas à le prouver. Et nous, nous n’en saurons pas plus.
    La troisième partie, « Volet de la haine », très dur à lire de par les descriptions abominables de torture, met en scène deux policiers, le père et le fils, en 2009. L’auteur les appelle respectivement « fils de pute n°1 » et « fils de pute n°2 » ; le père a fait croire qu’il était mort pour échapper aux poursuites car il a activement participé aux attentats contre la communauté juive de Buenos Aires ; son fils, également soupçonné a fait de la prison. On entre dans le milieu des policiers corrompus, qui torturaient et tuaient les opposants, ceux qu’ils jugeaient traîtres, en toute impunité, couverts par les hautes sphères du pouvoir. Entre 1976 et 1983, environ 30 000 personnes ont disparu dont une bonne partie serait imputable à la police.
    L’Argentine et son histoire, avec ses paradoxes, sont au cœur du roman ; pendant la deuxième guerre mondiale, elle a déclaré sa neutralité et a accueilli les Juifs qui fuyaient l’Europe et une mort certaine. Mais à la fin de la guerre, elle a ouvert ses portes aux nazis qui fuyaient les représailles. L’ironie de l’histoire a réuni les victimes et leurs bourreaux. On découvre, également, en filigrane l’histoire agitée de ce pays après 1945.
    Ce roman aurait pu être passionnant s’il n’avait pas croulé sous des monceaux de détails inutiles ; je ne citerai que quelques exemples ; dans le premier volet, l’auteur nous inflige la liste des 25 livres empruntés par Witold Gombrowitz à la bibliothèque ; dans le deuxième volet, il nous assomme avec les différentes équipes qui ont participé au Tournoi des Nations d’échec, en détaillant quel pays a joué contre quel autre pays, les scores, le mouvement des pièces. Dans tout le roman, on est assailli de listes de noms qui nous sont totalement inconnus et qui n’apportent rien au récit (bizarrement le nom de Viktor, le personnage du second volet, n’est identifié que par un W. mystérieux) et surtout des adresses précises (rue, numéro) de tous les lieux où se rend l’auteur. Enfin, chaque volet, commence avec un personnage, qui brusquement disparaît pour laisser place à un autre, sans réelle explication.
    Je pense avoir compris que l’auteur était dans une démarche de dénonciation du fascisme, de l’antisémitisme, de la dictature violente de Videla (1976-1983) en Argentine mais le message est complètement oblitéré par ce foisonnement de détails insignifiants.
    J’ai lu ce livre jusqu’au bout, par pur respect pour le travail de l’auteur mais j’ai dû me faire violence.
    Dommage.

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