Joël Baqué

Joël Baqué

Né en 1963 à Béziers, Joël Baqué vit en région parisienne. Autodidacte, il découvre tardivement la littérature et se consacre alors à la poésie.

 

Il travaille aujourd’hui diverses formes d’écriture et a publié en 2011 son premier roman, "Aire du mouton" aux éditions P.O.L. En 2015 paraît "La S...

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Né en 1963 à Béziers, Joël Baqué vit en région parisienne. Autodidacte, il découvre tardivement la littérature et se consacre alors à la poésie.

 

Il travaille aujourd’hui diverses formes d’écriture et a publié en 2011 son premier roman, "Aire du mouton" aux éditions P.O.L. En 2015 paraît "La Salle" (P.O.L.)

Avis sur cet auteur (8)

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    Couverture du livre « L'arbre d'obéissance » de Joël Baqué aux éditions P.o.l

    Littéraflure sur L'arbre d'obéissance de Joël Baqué

    L’ascèse à seize ans. Notre narrateur est un moine copiste admirateur de Syméon, l’homme qui repoussa toujours plus loin les limites de sa propre souffrance afin de se rapprocher de Dieu. Ses mortifications les plus extrêmes ont bâti sa légende, le zèle avec lequel il supporta d’atroces douleurs...
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    L’ascèse à seize ans. Notre narrateur est un moine copiste admirateur de Syméon, l’homme qui repoussa toujours plus loin les limites de sa propre souffrance afin de se rapprocher de Dieu. Ses mortifications les plus extrêmes ont bâti sa légende, le zèle avec lequel il supporta d’atroces douleurs força l’admiration des âmes faibles ou déclencha l’ire des rigoristes pour qui son masochisme confinait au péché d’orgueil. Et Joël Bacqué de s’interroger. Qu’est-ce qui distingue la sainteté de la folie ? Comment juger l’anachorète qui, par son isolement, fuit sa propre humanité ? Il y quelque chose d’oriental dans ce très beau récit, par le style parfois proche de celui d’un conte, par l’évocation de la figure du saint qui rappelle Siddhartha, ou par ces paysages désertiques sortis du berceau des civilisations. C’est un roman qui parle de silence, d’humilité, de pureté, d’apprentissage. Un roman qui, en creux, questionne notre société et nos modes de vie, souvent absurdes. Si l’auteur admire ces athlètes du renoncement et du dénuement, il ne tombe jamais dans l’aveuglement. Il s’interroge. Sa conclusion est apaisante. Chacun d’entre nous a sa place dans ce monde, il n’est pas donné à tous de s’imposer l’inconfort, encore moins le sacrifice. Exaltée par l’exemple de ces êtres remarquables, j’ai tenté de les imiter en lisant sur les genoux, sur un pied ou me privant de ma tasse de thé. Vaines tentatives. J’avais oublié une dimension essentielle de la lecture : le plaisir.
    Bilan :

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    Couverture du livre « La fonte des glaces » de Joël Baqué aux éditions P.o.l

    Dominique JOUANNE sur La fonte des glaces de Joël Baqué

    Joël Baqué signe ici un roman plein d’humour tout en braquant le projecteur sur un des soucis les plus sérieux, grave et préoccupant de notre siècle en ce qui concerne la santé de notre planète : la fonte des glaces.

    Son héros est un veuf retraité, un petit homme seul plutôt naïf voire...
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    Joël Baqué signe ici un roman plein d’humour tout en braquant le projecteur sur un des soucis les plus sérieux, grave et préoccupant de notre siècle en ce qui concerne la santé de notre planète : la fonte des glaces.

    Son héros est un veuf retraité, un petit homme seul plutôt naïf voire simplet, qui va avoir un coup de cœur pour un manchot empereur empaillé chiné sur une brocante. De fil en aiguille, il va reconstituer une banquise artificielle dans le grenier de son modeste pavillon toulonnais et enfin quitter sa banlieue pour rejoindre un équipage sur un bateau chasseur d’icebergs accosté au port de Saint Anthony dans la province de Labrador-et-Terre-Neuve. Au hasard d’une aventure rocambolesque qui va nous faire voyager au Canada et au pôle sud, Louis, à son insu, va devenir une icône de l’écologie dénonçant le danger imminent (ou pas…) de la fonte des icebergs. Internet lui « assurera une consécration mondiale (…) dodelinant sur une plaque de glace, en bob et boots. »
    Au passage, l’auteur va écorcher et gentiment se moquer des médias et des engouements populaires fulgurants portés par les réseaux de communication d’Internet et pourtant très utiles dans la réactivité à l'information. Joël Baqué ne donne pas de leçon et crée toujours un équilibre entre le pour et le contre, ce qui nous permet d'avoir notre propre avis.

    L’écriture de Joël Baqué est fluide, sait traduire les ressentis avec talent et rendre des images percutantes.

    « Il s’habille à toute vitesse en commençant par son bonnet commando. Il n’eut pas à attendre Alice, déjà dans le hall, vêtue d’une parka jaune canari qui brutalisait la moquette brunâtre et percuta l’œil mal réveillé de Louis. Elle finissait de s’enduire les mains d’une crème achetée la veille dans la pharmacie où Vikings et dinosaures se partageaient le marché des produits de confort. La porte à tambour les téléporta dans un univers parallèle noyé dans un brouillard compact qui encagoulait les réverbères d’un halo contracté, comme si la lumière se roulait en boule pour se réchauffer. Le froid rappela immédiatement Louis à l’ordre, qui rabattit la capuche de sa parka sur son bonnet commando. Ils se hâtèrent en silence dans les rues escamotées, penchés vers l’avant tels deux religieux en route vers un office de nuit. Le bitume crissait sous leurs pieds, leurs poings se crispaient à l’intérieur des gants. Un souffle glacé les gifla dès qu’ils débouchèrent sur le port. »

    On rit beaucoup tout en fronçant le sourcil pour ce roman intelligent qui, enrobé d’humour, traite d’un sujet grave et quelques drames amers.

    Par manque d’attention, les icebergs partent à la dérive tout comme beaucoup de gens abandonnés et laissés à eux-mêmes aussi… Une tragédie de l’abandon pas drôle du tout, in fine… Louis a voulu remplir le vide qu’est devenue sa vie par la glace de la banquise qui va fondre inexorablement si personne n’y prête plus attention… Un appel glaçant au respect de la vie…

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    Couverture du livre « La mer c'est rien du tout » de Joël Baqué aux éditions P.o.l

    Dominique JOUANNE sur La mer c'est rien du tout de Joël Baqué

    D’une enfance languedocienne à la profession de gendarme puis maître-nageur des CRS à Marseille et enfin écrivain après avoir découvert la littérature, Joël Baqué nous livre un grand éclat de rire bien que derrière l’humour et la dérision se cache un texte de haute volée littéraire où...
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    D’une enfance languedocienne à la profession de gendarme puis maître-nageur des CRS à Marseille et enfin écrivain après avoir découvert la littérature, Joël Baqué nous livre un grand éclat de rire bien que derrière l’humour et la dérision se cache un texte de haute volée littéraire où transparait une certaine amertume face à des parents décevants et un frère naïf.

    « Acheter du fromage à la coupe était aussi inimaginable que boire du thé ou sourire à un étranger."

    « Nous n’étions pas miséreux mais ‘un peu justes’ comme tout le monde à Montblanc sauf le riche du parc avec le dogue, le docteur avec la cravate et le patron avec ses vignes. Il fallait ‘faire attention’. »

    « Le patron disait ‘André’, mon père disait ‘Monsieur’. »

    « J’ai compris qu’un pauvre devenu riche ne s’appelle pas un ancien pauvre, mais un nouveau riche. »

    « Montblanc en un seul mot, c’est le nom de notre village près de Béziers. Son lavoir romain, son olivier géant, son clocher. »

    « La mer devait avoir des avantages puisque tout le monde va s’y baigner, sauf nous. Mon père disait : ‘La mer c’est rien du tout, mais l’océan, ça oui c’est quelque chose ! La mer c’est qu’un attrape-touristes ! »

    Un rythme plein d’entrain pour cette biographie. Le plein de joie de vivre et de rires ! Une écriture remarquable.

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    Couverture du livre « La fonte des glaces » de Joël Baqué aux éditions P.o.l

    Jean-Paul Degache sur La fonte des glaces de Joël Baqué

    Rencontré aux Correspondances de Manosque, écouté avec attention, sourire aux lèvres devant cet humour décalé qui dit tant de choses, il ne me restait plus qu’à lire Joël Baqué. Si La fonte des glaces, le roman qu’il présentait en septembre 2017, paraît complètement loufoque, il dit tant de...
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    Rencontré aux Correspondances de Manosque, écouté avec attention, sourire aux lèvres devant cet humour décalé qui dit tant de choses, il ne me restait plus qu’à lire Joël Baqué. Si La fonte des glaces, le roman qu’il présentait en septembre 2017, paraît complètement loufoque, il dit tant de choses bien réelles sur l’évolution de notre planète.

    Tout commence sur la banquise, où Louis est avec Ivaluardjuk, son guide inuit. Tant de souvenirs remontent à la surface et permettent de connaître un homme élevé par sa mère carcassonnaise dont le père, comptable, a été écrasé par un éléphant qu’il prenait en photo. L’humour de l’auteur est déjà bien présent sur cet épisode, en principe, dramatique.
    Il grandit à Carcassonne, aime la nature, observe insectes et animaux puis devient Fuck Dog Louis amoureux de Chantal Garage. Celle-ci lui demande un jour « pourquoi il parlait avec l’accent de l’Aude et chantait avec l’accent des ghettos nord-américains. »
    Finalement, avec un CAP de boucher, il épouse Lise et ils s’installent à Toulon : « Oui, il a aimé le cochon à la chair rose et fondante comme l’Inuit a aimé le phoque d’où il tirait vêtements, coques et kayaks, graisse pour éclairer l’igloo et imperméabiliser le cuir, le phoque dont la chair onctueuse comme l’iceberg le réjouissait. »
    Ces quelques éléments permettent de situer un peu le héros du livre mais Joël Baqué truffe son récit d’anecdotes toutes plus savoureuses les unes que les autres jusqu’au jour où, lors d’un vide-grenier, il découvre un manchot-empereur empaillé dans une armoire normande. Pour 35 €, cet achat va changer la vie de notre boucher-charcutier retraité, supporter du RC Toulon, comme la suite le prouvera.
    « Ce compagnon qui, à peine entré dans sa vie, en était déjà le centre et la circonférence, l’os et la moelle, » apporte tant d’événements en cascade que Louis devient un passionné d’écologie, profondément choqué par les dégradations causées par l’homme à la nature : « L’aveuglement et l’injustice des humains sont sans limites : des croquettes élaborées par des nutritionnistes pour le chien, la fonte des glaces pour le manchot-empereur ! »
    Si les Inuits vivent près du pôle nord, c’est à l’opposé, en Antarctique que l’on peut observer les manchots-empereurs et c’est Ivaluardjuk, l’Inuit de l’hémisphère sud, qui l’accueille et lui apprend à lutter contre le froid si vif.

    Avec Joël Baqué et son héros, j’ai aimé voyager, passer de Toulon au pôle sud puis au Canada et découvrir les chasseurs d’icebergs. « Ce Français terne et grognon s’avérait être un original passionné, » un peu comme ce livre qui met en lumière, avec humour et originalité, la folie humaine pour le profit, exploitant à fond toutes les ressources naturelles sans respecter la vie.