Joan Didion

Joan Didion
Joan Didion est née en 1934 à Sacramento, Californie. Étudiante à Berkeley, San Francisco, elle reçoit son diplôme d'anglais en 1956. Romancière, scénariste, journaliste pour Vogue, le New York Times et le New Yorker, entre autres, elle n'aura de cesse d'explorer la « satire de la vacuité existen... Voir plus
Joan Didion est née en 1934 à Sacramento, Californie. Étudiante à Berkeley, San Francisco, elle reçoit son diplôme d'anglais en 1956. Romancière, scénariste, journaliste pour Vogue, le New York Times et le New Yorker, entre autres, elle n'aura de cesse d'explorer la « satire de la vacuité existentielle de la bourgeoisie intellectuelle de la côte Ouest ». Elle se marie en 1964 avec le romancier et scénariste John Gregory Dunne. Jusqu'à la mort de ce dernier, en 2004, ils ont formé un couple phare de la vie culturelle des États-Unis, lié par une complicité intellectuelle d'exception. Elle a écrit cinq romans et huit essais, dont L'Année de la pensée magique (Grasset, 2007), récit de l'année qui a suivi la mort soudaine de son mari.

Avis (5)

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    Couverture du livre « Une saison de nuits » de Joan Didion aux éditions Lgf

    NADIA D'ANTONIO sur Une saison de nuits de Joan Didion

    D'abord chroniqueuse de l'Amérique des années 1960 et 1970, Joan Didion (née en 1934) fut redécouverte en 2007 grâce à « L'Année de la pensée magique » (livre pour lequel elle a reçu le Prix Médicis de l'essai).
    Son premier roman traduit en français a été « Une saison de nuits » (« Run river »...
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    D'abord chroniqueuse de l'Amérique des années 1960 et 1970, Joan Didion (née en 1934) fut redécouverte en 2007 grâce à « L'Année de la pensée magique » (livre pour lequel elle a reçu le Prix Médicis de l'essai).
    Son premier roman traduit en français a été « Une saison de nuits » (« Run river » titre que je préfère).
    Tout commence par un coup de feu et finit par un coup de feu. C'est l'histoire d'un couple, dans les années 1960 : Everett McClellan et Lilly Knight (appelée parfois « Lily-of-the-valley »). Un drame conjugal comme il en existe de nombreux : le mari tue l'amant de sa femme.
    L'auteure remonte le temps et nous raconte leur vie à partir des années 1930. Avec ce drame en fil rouge, on assiste à toute l'Histoire de l'Amérique en ce temps-là.
    Nous sommes dans une Californie riche, avec des exploitants agricoles qui sont les derniers représentants des pionniers de l'Ouest américain. le couple a une vie insouciante, agréable, des enfants naissent (Julie et Knight). Lilly se laisse mener par la douceur de vivre. Mais c'est sans succès qu'elle tente de se créer une vie sociale : ses invitations ne lui apportent pas ce qu'elle désire – l'ennui la guette…
    Everett, lui, s'occupe de sa culture de houblon qui n'a plus le grand engouement des premiers temps. La guerre lui offre un prétexte pour s'éloigner du foyer familial et Lily le trompe.
    En parallèle, on lit l'histoire de Martha, la soeur d'Everett, une Martha névrosée mais envers qui Lily a bien des attentions.
    On assiste ainsi à un long flash back sur cette analyse d'un couple à la dérive mais jamais Everett ne pense au divorce malgré l'adultère de Lily. Il va réagir autrement.
    Dans « Une saison de nuits » Joan Didion est arrivée à décrire cette Amérique avec une atmosphère bien particulière – on voit le contraste entre gravité et nonchalance, la pesanteur et la légèreté. Avec l'évolution du monde, le couple se montre perdu et maladroit. Les rêves de l'Amérique s'essoufflent, la société est aussi désemparée avec les forces et les faiblesses des personnages.
    Pour décrire les faux-semblants du couple, Joan Didion utilise une plume acérée pour en arriver aux dernières années du fameux « Rêve américain. »
    Concernant ma conclusion, je vais retranscrire deux critiques appropriées : « Une tragédie américaine étouffante. » (Élisabeth Philippe, Les Inrockuptibles) et : « Une fresque balzacienne qui, aux confidences d'une femme mystifiée, ajoute l'anatomie d'un couple naufragé. » (André Clavel, le Temps).

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    Couverture du livre « Le bleu de la nuit » de Joan Didion aux éditions Lgf

    Célia Glosable sur Le bleu de la nuit de Joan Didion

    Joan Didion revient sur la vie et la mort de sa fille Quintana Roo à travers souvenirs et réflexions. Parler de sa fille disparue, c'est parler de la fin qui approche. Ou l'inverse...

    Le récit se lit d'une traite. L'écriture est simple et percutante.
    L'auteure parle en creux de sa fille à...
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    Joan Didion revient sur la vie et la mort de sa fille Quintana Roo à travers souvenirs et réflexions. Parler de sa fille disparue, c'est parler de la fin qui approche. Ou l'inverse...

    Le récit se lit d'une traite. L'écriture est simple et percutante.
    L'auteure parle en creux de sa fille à travers des fragments épars de souvenirs - fragments à l'image des choix éclectiques de Quintana lors de son mariage qui ouvrent le récit. Mais, surtout, elle nous livre ses réflexions sur la vieillesse, la famille, la solitude - réflexions auxquelles j'ai été sensible.
    Le collage de souvenirs est donc foisonnant sans pour autant être barbant. Même si, j'ai quand même un peu perdu le fil, les repères temporels étant brouillés, comme ils peuvent l'être dans une mémoire humaine.
    En bref, un récit plaisant sans être bouleversant - l'ensemble reste tout de même un peu trop froid à mon goût.

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    Couverture du livre « L'Amérique ; chroniques » de Joan Didion aux éditions Lgf

    Lisa FRERING sur L'Amérique ; chroniques de Joan Didion

    https://animallecteur.wordpress.com/2016/03/16/lamerique-joan-didion/

    Dans ce livre ovni, entre journalisme et carnet de bord de bord personnel où elle exprime quelques états d’âme, Joan Didion journaliste / sociologue / anthropologue, décortique des faits divers pour révéler l’Amérique. On...
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    https://animallecteur.wordpress.com/2016/03/16/lamerique-joan-didion/

    Dans ce livre ovni, entre journalisme et carnet de bord de bord personnel où elle exprime quelques états d’âme, Joan Didion journaliste / sociologue / anthropologue, décortique des faits divers pour révéler l’Amérique. On redécouvre des clichés américains, des histoires bien connues qui résonnent entre nos deux oreilles mais enrichies de détails, d’un oeil avertit et d’une jolie plume.

    On s’aventure en Californie et plus particulièrement à San Francisco, on y rencontre les Black Panthers, les Doors, Janis Joplin, John Wayne, Roman Polanski, Sharon Tate, Charles Manson. On y fait aussi la connaissance de jeunes sous acide, de la communauté hippie et d’autres sortes de personnes/personnages guettés par la folie dans un pays qui n’existe plus, les Etats-Unis d’Amérique des années 1960-1970.

    Ce petit livre nous offre un vrai voyage spatio-temporel dont les chroniques n’ont pas perdues leur intérêt.

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    Couverture du livre « Le bleu de la nuit » de Joan Didion aux éditions Lgf

    Mélanie D. sur Le bleu de la nuit de Joan Didion

    Après la perte de son époux John Gregory Dunne fin 2003, Joan Didion doit affronter moins de deux ans après une nouvelle épreuve. Sa fille, Quintana Roo Dunne Michael, décède des suites d'une longue maladie à l'âge de trente-neuf ans, alors que vient tout juste d'être publié L'Année de la pensée...
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    Après la perte de son époux John Gregory Dunne fin 2003, Joan Didion doit affronter moins de deux ans après une nouvelle épreuve. Sa fille, Quintana Roo Dunne Michael, décède des suites d'une longue maladie à l'âge de trente-neuf ans, alors que vient tout juste d'être publié L'Année de la pensée magique (VO paru en 2005) dans lequel elle rend hommage à son défunt mari. Sans artifices ou faux-semblants, l'auteure se remémore l'adoption de Quintana, ses peurs, ses doutes, ses erreurs et ses joies rencontrées alors qu'elle élevait sa fille, évoque tout en pudeur la douleur d'une mère qui voit partir sa fille avant elle.

    Elle prend également conscience par le biais de l'écriture de ces pages du malaise constant et oscillant que ressentait la jeune femme. On peut percevoir ce livre comme une occasion pour Joan Didion d'exprimer cette douleur, sa douleur, personnelle, de rendre hommage, ne pas oublier mais ne pas se laisser "appesantir", selon la philosophie de vie qu'adoptait Quintana.

    L'évocation de la couleur bleu revient souvent, pour décrire les habits d'enfants de Quintana, l'agencement de la chambre d'hôpital dans laquelle elle était, mais aussi cet instant de la journée durant lequel le ciel recouvre cette couleur dès les beaux jours, à la limite du jour et de la nuit. Une métaphore utilisée par Joan Didion pour exprimer sa propre amère plongée dans les ténèbres de la maladie, de la vieillesse et de la mort.

    En résumé, c'est un poignant hommage à sa fille et un profond mais sincère travail d'introspection sur elle-même que nous livre Joan Didion à travers ce livre…

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