Jesmyn Ward

Jesmyn Ward
Jesmyn Ward, 35 ans, est née à DeLisle, dans l'État du Mississippi. Issue d'une famille nombreuse, elle est la première à bénéficier d'une bourse pour l'université. Son premier roman, Where the line bleeds, à paraître chez Belfond, lui a valu d'être remarquée par la critique américaine. Mais c'es... Voir plus
Jesmyn Ward, 35 ans, est née à DeLisle, dans l'État du Mississippi. Issue d'une famille nombreuse, elle est la première à bénéficier d'une bourse pour l'université. Son premier roman, Where the line bleeds, à paraître chez Belfond, lui a valu d'être remarquée par la critique américaine. Mais c'est avec Bois Sauvage qu'elle va connaître la reconnaissance internationale, en remportant, à la surprise générale, le National Book Award, récompense littéraire suprême aux États-Unis. Jesmyn Ward vit en Alabama.

Avis (26)

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    Couverture du livre « Le chant des revenants » de Jesmyn Ward aux éditions Belfond

    Joe sur Le chant des revenants de Jesmyn Ward

    Le chant des revenants est un récit bouleversant de Jesmyn Ward, un chant polyphonique qui scande l’histoire d’une famille dans le Sud des Etats Unis. L’histoire d’un couple mixte Léonie et Michaël et de leurs deux enfants Joseph et Mickaela dans l’état du Mississipi dévasté par la ségrégation...
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    Le chant des revenants est un récit bouleversant de Jesmyn Ward, un chant polyphonique qui scande l’histoire d’une famille dans le Sud des Etats Unis. L’histoire d’un couple mixte Léonie et Michaël et de leurs deux enfants Joseph et Mickaela dans l’état du Mississipi dévasté par la ségrégation et la misère sociale.

    Léonie, la mère, jeune femme noire, toxicomane, peine à s’occuper de ses enfants tandis que leur père, fils d’une famille de Blancs racistes, purge une peine de prison. Joseph, dit Jojo, leur fils adolescent, devient le pilier de cette famille, veille farouchement sur sa petite sœur, aime par-dessus tout ses grands parents maternels chez qui ils vivent. Des grands parents aimants qui les entourent, les protègent et leur apprennent à devenir forts pour affronter la vie.

    Du bayou de Bois Sauvage, ville fictionnelle, jusqu’au pénitencier de Parchman, Léonie embarque ses deux enfants et son amie Mitsy dans un road trip qui sera un véritable voyage dans le passé. Un passé tragique d’où vont surgir des fantômes venus hanter les vivants et dévoiler ainsi les secrets enfouis dans les mémoires, les chagrins que l’on tait, tellement lourds à porter, les souffrances, la peur et la colère dues au racisme exacerbé qui sévit.

    Jesmyn Ward parle d’un monde où l’on vit avec les morts, un monde de croyances, elle parle des tourments d’hommes, de femmes et d’enfants murés dans la douleur, voués à un destin tragique mais qui jamais ne perdent espoir. Dans ce monde la violence côtoie la tendresse et l’amour, la réalité est teintée de fantastique, le chant lancinant et déchirant des revenants se mêle aux voix des vivants.
    La narration repose sur les voix de Jojo, de Léonie, et de Richie, le fantôme d’un enfant qui cherche l’apaisement. Les voix du grand-père tourmenté par un terrible secret et celle de la grand-mère, telle un oracle que chacun vient consulter, viennent en contrepoint.

    Un souffle lyrique et poétique parcourt ce roman et à travers l‘histoire de cette famille qui tente de se construire malgré les déchirements et les malheurs c’est l’histoire de la communauté noire aux Etats Unis que Jesmyn Ward donne à voir.
    De ce passé empli de drames, d’injustices et de crimes impunis plus que jamais présent dans les mémoires vient le présent où l’abolition de la ségrégation n’a toujours pas éradiqué le racisme.
    Après une montée en puissance à couper le souffle, la scène finale dans laquelle les spectres d’une multitude de victimes chantent à la cime des arbres vient clore le récit de façon magistrale. « Sing, unburied, sing » dit le titre original, « Chantez, défunts sans sépulture, chantez ».

    Un récit extrêmement poignant et envoûtant porté par l’écriture magnifique de Jesmyn Ward, deux fois lauréate du prestigieux National Book Award et digne héritière de Toni Morrison.

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    Couverture du livre « Le chant des revenants » de Jesmyn Ward aux éditions Belfond

    Les Lectures de Cannetille sur Le chant des revenants de Jesmyn Ward

    Dans une campagne pauvre du Sud des Etats-Unis, Jojo, enfant métis de douze ans, dont le père est en prison et la mère démissionnaire et toxicomane, est élevé par ses grands-parents noirs – les blancs ont violemment rejeté l’union de ses parents et la naissance de leurs petits-enfants.

    Jojo,...
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    Dans une campagne pauvre du Sud des Etats-Unis, Jojo, enfant métis de douze ans, dont le père est en prison et la mère démissionnaire et toxicomane, est élevé par ses grands-parents noirs – les blancs ont violemment rejeté l’union de ses parents et la naissance de leurs petits-enfants.

    Jojo, mûri plus vite que son âge, a farouchement pris sa petite sœur sous son aile. Il lui en faut du courage pour contrer les défaillances de ses parents, mais aussi pour affronter les fantômes du passé qui hantent les membres de sa famille : ainsi celui de son oncle, abattu lors d’un assassinat raciste déguisé en accident de chasse. Et aussi celui de Richie, un jeune compagnon de captivité de son grand-père dont il va peu à peu découvrir la dramatique histoire. Car son grand-père, lui aussi, a été emprisonné : arrêté arbitrairement en 1948, il s’est retrouvé au pénitencier agricole de Parchman, dans le Mississippi, connu pour avoir fait perdurer des pratiques esclavagistes jusque dans les années soixante-dix.

    C’est une véritable sauvagerie raciste qui se dévoile peu à peu au travers des pages : des noirs lynchés ou abattus sans raison et en toute impunité, un système judiciaire et pénitentiaire aux pratiques inconcevables, et des comportements violents qui perdurent encore aujourd’hui jusqu’au coeur des familles.

    La chaleur moite du Mississippi a tôt fait de vous envelopper et de vous entraîner dans une atmosphère mêlée de croyances et de superstitions où les esprits des morts ne quittent pas les vivants, surtout lorsque leur destin s’est avéré tragique. Tendresse et dignité, violence et impuissance se mêlent en un récit émouvant et révoltant, dont certains passages sont à glacer le sang : un chant de souffrance, mais aussi d’espoir, espoir qu’un jour les esprits torturés finiront par trouver le repos, leur histoire entendue, reconnue, pour enfin permettre la reconstruction des vivants. Coup de coeur.

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    Couverture du livre « Le chant des revenants » de Jesmyn Ward aux éditions Belfond

    Nathalie DEFLORAINE sur Le chant des revenants de Jesmyn Ward

    C’est un beau roman, c’est une belle histoire…c’est un roman de l’Amérique d’aujourd’hui.
    Jojo, adolescent de treize ans, vit dans une ferme avec sa mère Léonie, ses grands-parents maternels et sa petite sœur Kayla. Léonie est une mère défaillante qui a eu une relation tumultueuse avec Michael...
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    C’est un beau roman, c’est une belle histoire…c’est un roman de l’Amérique d’aujourd’hui.
    Jojo, adolescent de treize ans, vit dans une ferme avec sa mère Léonie, ses grands-parents maternels et sa petite sœur Kayla. Léonie est une mère défaillante qui a eu une relation tumultueuse avec Michael le père de ses enfants, –un blanc rejeté par sa famille pour s’être mis en couple avec une noire -. Léonie travaille dans un bar passe la majeure partie de son temps à dormir ou à se droguer. Les enfants sont élevés par les grands-parents : le grand-père est un homme aimant, la grand-mère est malade d’un cancer. Lorsque Léonie reçoit un appel de Michael, en prison depuis plusieurs années à plusieurs centaines de kilomètres de là, lui annonçant qu’il va être libéré elle décide d’aller le chercher en voiture, en compagnie de sa meilleure amie, emportant avec elle Jojo et Kayla sur la banquette arrière.
    Jesmyn Ward nous raconte ce road-trip et elle le raconte tellement bien que j’ai l’impression d’être assise entre Jojo et Kayla sur la banquette arrière.
    Ce voyage est une immersion dans l'Amérique profonde, le Mississippi.
    Ce roman est aussi l’histoire d’une transmission d'une mère à sa fille ou d'un grand père à son petit fils, transmission d'un savoir, de vieilles croyances, de racines, d'un passé.
    Les personnages sont remarquablement bien dessinés et vivants, le ton est réaliste tout en étant extrêmement poétique.
    L’écriture est fine et sensible sans jugement mais donne à réfléchir car le racisme « ordinaire » est évoqué de manière très intelligente.
    Jesmyn Ward est une conteuse, son conte moderne nous parle d’Amérique, de ségrégation, de drogue, de pauvreté et pourtant son histoire m’a emportée. Ce roman fait partie de ces romans qui vivent encore en nous une fois le livre refermé.

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    Couverture du livre « Bois sauvage » de Jesmyn Ward aux éditions 10/18

    Anaïs Alexandre sur Bois sauvage de Jesmyn Ward

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    Bois sauvage -Jesmyn Ward

    On a beaucoup parlé de Jesmyn Ward sur les blogs et sur Instagram récemment car elle vient de sortir un, très remarqué, nouveau roman. Comme j’essaie de ne plus acheter de grands formats, j’ai suivi les conseils du Picabo River Book Club et me suis plongée dans « Bois sauvage ». Malgré quelques difficultés à entrer dedans au début, j’en suis sortie complètement retournée. Autant vous le dire tout de suite, c’est un coup de cœur !

    Bois sauvage, Mississippi, 2005. Une famille vit là, une adolescente, ses trois frères et son père. La mère, morte à la naissance du dernier enfant, a laissé un vide énorme en chacun. Randall rêve de s’échapper, de percer dans le basket. Skeet ne pense qu’à son pitbull. Junior suit partout ses aînés en quête d’affection. Le père, désabusé, montre peu de tendresse pour ses enfants et boit beaucoup trop. Esch, quand à elle, tente de trouver sa place et grandit trop vite. A quatorze ans elle se retrouve enceinte. Durant douze jours nous suivons cette famille alors que l’ouragan Katrina se préparer à frapper et à semer le chaos.

    Le roman va crescendo. Les premiers chapitres sont assez lents et nous décrivent la vie quotidienne. On découvre le contexte dans lequel les personnages évoluent. Ils vivent dans une maison délabrée, au cœur d’une foret étouffante de chaleur et de moiteur. Loin de tout, ils n’ont accès à presque aucun soin médical. Les enfants sont plus ou moins livrés à eux-même. Alors que chacun vaque à ses occupations et poursuit ses objectifs, le père seul prend la mesure du danger qui menace. Il exhorte ses enfants à protéger les fenêtres et à faire des réserves. Mais ici les tornades reviennent chaque été et ne font plus peur aux enfants. Les adultes seuls se souviennent des plus dévastatrices. Plus l’ouragan se rapproche plus le rythme s’intensifie et plus le roman gagne en force.

    L’histoire nous est racontée par Esch, la langue est directe, parfois crue. Elle évolue dans un monde d’hommes et a pris l’habitude de cacher ce quelle ressent. En manque d’affection, elle cherche auprès des amis de ses frères un peu de chaleur. Depuis la mort de sa mère, c’est Randall et elle qui font tenir la maison. Tout au long du livre elle évoque le souvenir de sa mère, ses mots ainsi que ses gestes. Il y a un grand vide en elle. Quand elle apprend sa grossesse elle décide de la cacher. Elle camoufle son ventre sous de longs T-shirts et dissimule ses malaises et ses nausées. Elle est passionnée de mythologie grecque et évoque régulièrement le mythe de Médée et Jason comme un écho à sa propre vie.


    Si les relations entre les personnages semblent au début âpres et violentes, au fil du récit on voit percer l’amour. Ce sont des gens taiseux, qui n’expriment pas ce qu’ils ressentent. Alors un geste, un mot, un regard suffit à montrer son amour, sa confiance. Le lecteur devine les relations et les liens qui les unissent et au détour d’une phrase l’émotion surgit.

    J’ai lu les derniers chapitres en apnée. Quand Katrina arrive et dévaste tout, le roman prend un autre souffle. Le texte gagne en puissance, en force et fait basculer les personnages et le lecteur dans le chaos. Face à la violence des éléments, l’humanité réapparaît et les liens familiaux se resserrent. La fratrie se soude, tous en ressortent grandis comme lavés d’une part de leur obscurité. Il faut désormais reconstruire, inventer la suite. Une lueur d’espoir née au cœur de la désolation.

    Je comprends désormais l’enthousiasme qu’a pu suscite Jesmyn Ward et il est certain que je lirai d’autres livres d’elle. Elle a une écriture magnifique et une façon de raconter très sensible.

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