Jerome Ferrari

Jerome Ferrari
Né à Paris en 1968, Jérôme Ferrari, après avoir enseigné en Algérie puis en Corse, occupe désormais un poste à Abou Dhabi (Émirats arabes unis). Chez Actes Sud, il est l'auteur de cinq romans : Dans le secret (2007 ; Babel n° 1022), Balco Atlantico (2008), Un dieu un animal (2009, prix Landerneau... Voir plus
Né à Paris en 1968, Jérôme Ferrari, après avoir enseigné en Algérie puis en Corse, occupe désormais un poste à Abou Dhabi (Émirats arabes unis). Chez Actes Sud, il est l'auteur de cinq romans : Dans le secret (2007 ; Babel n° 1022), Balco Atlantico (2008), Un dieu un animal (2009, prix Landerneau ; Babel n° 1113), Où j'ai laissé mon âme (2010, prix roman France Télévisions, prix Initiales, prix Larbaud, grand prix Poncetton de la SGDL), Le Sermon sur la chute de Rome (2012).

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Articles en lien avec Jerome Ferrari (4)

Avis sur cet auteur (90)

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    Couverture du livre « Le sermon sur la chute de Rome » de Jerome Ferrari aux éditions Actes Sud

    Yves Pol sur Le sermon sur la chute de Rome de Jerome Ferrari

    Lorsque je lis ici ou là des articles consacrés à ce livre, je m'aperçois qu'il y a différents niveaux de lecture. De l'analyse en profondeur à mon niveau de simple lecteur. Le titre se réfère à un sermon d'Augustin tentant d'apaiser ses frères à la suite de la chute de Rome, prise par les...
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    Lorsque je lis ici ou là des articles consacrés à ce livre, je m'aperçois qu'il y a différents niveaux de lecture. De l'analyse en profondeur à mon niveau de simple lecteur. Le titre se réfère à un sermon d'Augustin tentant d'apaiser ses frères à la suite de la chute de Rome, prise par les Barbares. Je ne vais pas vous la faire intello qui a tout compris au parallèle fait entre les vies des deux jeunes gens et la philosophie de saint Augustin. Je suis plutôt hermétique à cette discipline malgré mes efforts pour tenter de la comprendre. C'est sans doute mon côté matérialiste. Non, je me suis attaché à l'histoire, aux personnages et surtout à la somptueuse écriture de Jérome Ferrari. Ses phrases sont longues, travaillées, permettent néanmoins de respirer de prendre des pauses. L'auteur excelle dans la tragédie, le sombre, mais la première partie de son roman est assez légère, voire même avec de vrais morceaux d'humour dedans, mais toujours avec distinction et un sens du verbe plus qu'évidents :
    "Virginie n'avait jamais rien fait dans sa vie qui pût s'apparenter, même de loin, à un travail, elle avait toujours exploré le domaine infini de l'inaction et de la nonchalance et elle semblait bien décidée à aller jusqu'au bout de sa vocation mais, quand bien même elle eût été un bourreau de travail, son humeur maussade et ses airs d'infante la rendaient totalement inapte à accomplir une tâche qui supposait qu'on entretînt des contacts réguliers avec d'autres êtres humains, fussent-ils aussi frustes que les habituels clients du bar." (p.27/28)
    La seconde partie, dès lors que Libero et Matthieu sont au commande du bar devient plus sombre et l'on sent bien que la tragédie est imminente. Ces deux jeunes gens qui ont préféré arrêter leurs études de philosophie pour un travail dur et éprouvant ne s'y sentent pas si bien. Et puis, à l'instar de son grand-père Marcel, qui n'a jamais été accepté nulle part, Matthieu reste un étranger, même s'il force son accent. Il en fait des tonnes pour tenter de se faire accepter, et sans doute pour se faire croire à lui-même qu'il est ici à sa vraie place. Libero quant à lui est sarde, c'est à dire jamais à sa place, hors l'île natale, un pas grand chose, habitués que sont les Sardes à entendre toutes sortes de propos racistes et dégradants.
    Les personnages, qu'ils soient au premier plan ou au second sont très bien décrits, parfois dans leurs physiques et dans leurs attitudes et comportements, parfois sans le physique. Les liens entre eux sont disséqués : il se soutiennent, se détestent, s'aiment, se quittent, se retrouvent. Matthieu est l'image de celui qui ne vit que pour lui et dans le moment présent : "Il croit toujours qu'il suffit de détourner le regard pour renvoyer au néant des pans entiers de sa propre vie. Il croit toujours que ce qu'on ne voit pas cesse d'exister." (p.195/196). L'enfant gâté qui obtient ce qu'il veut, même aux dépens des autres. Comme un petit enfant qui croit que son jouet -ou son parent- caché est perdu ou qu'il n'existe plus.
    Le contexte est là aussi présent bien qu'esquissé assez rapidement : les deux guerres mondiales s'agissant de Marcel, le grand-père, la décolonisation, la Corse qui change, les moeurs qui évoluent. Le point central de ce roman étant la vanité, tant dans son sens d'orgueil que dans celui de futilité, des constructions humaines. A la fin, elles apparaissent pour ce qu'elles sont, lorsqu'elles ne sont pas détruites, des vélléités, des élaborations vides.
    Voilà, je suis sans doute passé à côté de la partie philosophique de ce texte, mais point à côté de sa beauté. J'avais été secoué par Un dieu un animal de Jérome Ferrari et je peux redire ici que j'adore son écriture, son art de faire de très belles et longues phrases.

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    Couverture du livre « Le sermon sur la chute de Rome » de Jerome Ferrari aux éditions Actes Sud

    Micheline RICHARD sur Le sermon sur la chute de Rome de Jerome Ferrari

    Ce roman nous conduit en quelques 200 pages dans une épopée fulgurante décrivant l'ascension de rêves dont la beauté et l'humanité saisissent les protagonistes de celle-ci et qui voient échouer dans la confrontation de la réalité la plus violente et la plus triviale leurs espoirs, leurs désirs,...
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    Ce roman nous conduit en quelques 200 pages dans une épopée fulgurante décrivant l'ascension de rêves dont la beauté et l'humanité saisissent les protagonistes de celle-ci et qui voient échouer dans la confrontation de la réalité la plus violente et la plus triviale leurs espoirs, leurs désirs, leurs amours et leur projets. Il se peut qu'à la galerie "chouarfouille" la fin du tableau ne soit pas joyeuse (j'ai encore 33 pages à lire mais ce n'est en rien une histoire corse comme on a pu le lire çà et là mais bien la chute cruelle de nos illusions avec lesquelles l'auteur, tel le destin, s'amuse de nous.

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    Couverture du livre « Le sermon sur la chute de Rome » de Jerome Ferrari aux éditions Actes Sud

    Christophe CORRE sur Le sermon sur la chute de Rome de Jerome Ferrari

    L'histoire en elle-même est originale et invite le lecteur à réfléchir sur la fin tragique dont Mathieu et Libero sont responsables.
    Étudiants en philosophie ("Libero décida de faire son mémoire de master sur Augustin […] et Matthieu choisit Leibniz"), ils se rendent compte que leurs savoirs...
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    L'histoire en elle-même est originale et invite le lecteur à réfléchir sur la fin tragique dont Mathieu et Libero sont responsables.
    Étudiants en philosophie ("Libero décida de faire son mémoire de master sur Augustin […] et Matthieu choisit Leibniz"), ils se rendent compte que leurs savoirs n'ont aucune valeur concrète à leurs yeux dans la société d'aujourd'hui ("le monde avait peut-être encore besoin d'Augustin et de Leibniz mais ils n'avaient que faire de leurs misérables exégètes, et Libero était maintenant plein de mépris pour lui-même, pour tous ses professeurs, les scribes et les philistins").

    Souhaitant rompre avec leur vie étudiante jugée inutile, ils décident alors de reprendre à leurs risques et périls la gérance d'un bar d'un petit village corse. Ils veulent en fait que ce lieu devienne le "meilleur des mondes possibles" !

    Hélas tout ne se passe pas comme prévu et leur entreprise sombre dans une lente déchéance que rien ne semble pouvoir stopper. "Le sermon sur la chute de Rome", titre du livre, est expliqué dans le chapitre final. Pour en savoir plus, je vous renvoie au site "Assomption.org".
    Sinon, ne soyez pas trop pressé cher lecteur car l'histoire démarre assez tardivement. Cela vient du fait que l'histoire principale est entrecoupée de celle du grand-père de Matthieu, administrateur colonial durant la 2nde guerre mondiale. On entre alors dans le vif du sujet et on observe impuissant le changement qui s'opère sur les 2 jeunes protagonistes.

    Quant au style de l'auteur, on appréciera une écriture belle et élégante du genre Mathias Enard et cela fait plaisir de lire de belles phrases.

    Je suis content que le prix Goncourt 2012 fut décerné à cet auteur. Parmi les quatre romans finalistes, je priais pour que le jury choisisse celui-ci. Bref, ce titre est un incontournable de la rentrée littéraire. Je vous le recommande, cela en vaut vraiment la peine.

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    Couverture du livre « Le sermon sur la chute de Rome » de Jerome Ferrari aux éditions Actes Sud

    Pascale Poisson Boulgakoff de PETITES HISTOIRES ENTRE AMIS sur Le sermon sur la chute de Rome de Jerome Ferrari

    "Le monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt" Saint-Augustin. Tel est le sujet illustré par une histoire et des personnages riches et pittoresques. Une bonne occasion de découvrir Jérôme Ferrari.

    "Le monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt" Saint-Augustin. Tel est le sujet illustré par une histoire et des personnages riches et pittoresques. Une bonne occasion de découvrir Jérôme Ferrari.