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Jennifer Richard

Jennifer Richard

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Avis sur cet auteur (5)

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    Couverture du livre « Le diable parle toutes les langues » de Jennifer Richard aux éditions Albin Michel

    Manonlitaussi sur Le diable parle toutes les langues de Jennifer Richard

    Les guerres sont souvent une source d’inspiration pour des romans. J’ai plutôt lu des livres sur des personnages qui la mènent ou la subissent.
    Avec le diable parle toutes les langues, on découvre celui qui y trouve son compte et qui la nourrit. Enfin, comme il dit, lui ne tue pas, il vend des...
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    Les guerres sont souvent une source d’inspiration pour des romans. J’ai plutôt lu des livres sur des personnages qui la mènent ou la subissent.
    Avec le diable parle toutes les langues, on découvre celui qui y trouve son compte et qui la nourrit. Enfin, comme il dit, lui ne tue pas, il vend des armes. Basil Zaharoff vend des armes mais il ne se limite pas à ce commerce, pour étendre son influence il détient la presse aussi, la banque, se lance dans le pétrole, la banque. Bien sûr, pour être au sommet de tout cela, il créait les bonnes relations dans les hautes sphères.
    On découvre son histoire à travers son journal qu’il donne à sa fille adoptive. C'est écrit à la 1ere personne essentiellement mais aussi avec la présence d'un narrateur extérieur qui décrit les derniers jours de Basile.
    C’est un personnage assez détestable, égoïste, froid, intéressé, manipulateur mais le ton du livre est comme neutre. Pour Basil, tout son succès est une évidence.
    L’histoire est captivante, ce personnage qu’on aime détester est impressionnant dans ses convictions, calculateur, décrit comme infaillible un peu à l'image des photos de l'homme que j'ai trouvées le menton haut, le regard sévère. Enfin le style est sobre et entraînant.

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    Couverture du livre « Le diable parle toutes les langues » de Jennifer Richard aux éditions Albin Michel

    Squirelito sur Le diable parle toutes les langues de Jennifer Richard

    « Plutôt que d’asseoir ma supériorité à coups de canne, j’ai toujours préféré ôter mon chapeau devant la personne que je dépouille ».

    Cette phrase ne peut résumer le dernier livre de Jennifer Richard « Le diable parle toutes les langues » mais illustre littéralement le personnage de Basil...
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    « Plutôt que d’asseoir ma supériorité à coups de canne, j’ai toujours préféré ôter mon chapeau devant la personne que je dépouille ».

    Cette phrase ne peut résumer le dernier livre de Jennifer Richard « Le diable parle toutes les langues » mais illustre littéralement le personnage de Basil Zaharoff, plus Méphisto que le maître des enfers et qui a soudoyé des centaines de Faust avides non pas de jeunesse éternelle mais de pièces sonnantes et trébuchantes, peu importe si elles avaient les marques de sang.

    D’origine probablement grecque, ce marchand de canons est né dans l’Empire Ottoman, à Mugla. La famille s’est exilée mais sa terre restait Constantinople. De son vrai nom Vasilios Zacharias, avant qu’il ne lui donne des accents russes, avait probablement au fond de son esprit une triade qu’il n’a cessé de développer : la corruption, l’art de jouer les pays les uns contre les autres pour vendre des armes et la création d’argent par le crédit. Un côté Raspoutine en mode XXL.

    L’autrice Jennifer Richard – qui a signé un remarquable précédent ouvrage Il est à toi ce beau pays, a puisé son inspiration à la fois dans les écrits autobiographiques de Zaharoff et les biographies existantes, biographies plus ou moins fantaisistes. Là, point de compassion ou d’oublis, ce Satan belliqueux apparait dans tout son cynisme manipulateur.

    Quelques semaines avant son trépas, Zaharoff réalise que la Grande Faucheuse va l’emporter lui aussi et que la vieillesse est un naufrage. Lui, comment est-ce possible ? Le bienfaiteur de l’humanité qui s’amusait à passer pour un philanthrope à coups de billet pour les associations caritatives – Charity business avant l’heure – et à collectionner médailles et autres hochets de glorification. Décider des guerres – sans mettre un pied sur les terrains minés – est la plus juteuse source de richesse et de reconnaissance aveugle. Devant le constat de sa déchéance physique il remet à se fille Angèle – qui n’était en réalité que sa belle-fille – ses mémoires. Mémoires qui ont le goût d’une confession mais noyée dans l’âme noire de celui qui s’est pris pour un démiurge de l’univers.

    Mais il avait un mauvais génie. Sa compagne – épousée tardivement – la princesse Pilar, femme d’un grand d’Espagne avec une raison enfouie dans les profondeurs des démences, dissimulait sous son charme et sa beauté un appétit cruel pour le luxe et la célébrité. Un couple baroque dans son sens le plus péjoratif.

    Derrière les perversions machiavéliques de Zaharoff, c’est tout un portrait des profiteurs de la misère humaine qui est peint à coups de plume trempée dans les veines des maîtres de guerre : ceux qui investissent dans la technologie pour tuer plus vite, plus en nombre tout en invoquant – déjà au dix-neuvième siècle – le bienfait des conflits pour apporter de l’humanité face aux territoires menacés. Mécanisme impitoyable entre machines d’acier et de plomb, pouvoir politique et haute finance internationale.

    Un roman aussi déconcertant que captivant, non dénué d’humour noir, mais avec une histoire hélas toujours d’actualité ; les hommes aimant s’enrichir et affirmer leur existence sur les fracas des balles et les effluves numéraires.

    Blog Le domaine de Squirelito => https://squirelito.blogspot.com/2021/01/une-noisette-un-livre-le-diable-parle.html

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    Couverture du livre « Il est a toi ce beau pays » de Jennifer Richard aux éditions Albin Michel

    Squirelito sur Il est a toi ce beau pays de Jennifer Richard

    Congo, une histoire que d’aucuns nomment un « holocauste oublié ». Un pays, un peuple, des ethnies. Un terrain d’esclaves, une terre convoitée, un massacre avec l’approbation des soi-disant bienfaiteurs de l’humanité.

    De ce Congo la romancière Jennifer Richard dresse une fresque historique...
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    Congo, une histoire que d’aucuns nomment un « holocauste oublié ». Un pays, un peuple, des ethnies. Un terrain d’esclaves, une terre convoitée, un massacre avec l’approbation des soi-disant bienfaiteurs de l’humanité.

    De ce Congo la romancière Jennifer Richard dresse une fresque historique couvrant une période de près de 20 ans à la fin du XIX° siècle relatant en un triangle la colonisation en Afrique, la ségrégation en Amérique du Nord et l’enrichissement d’une poignée d’Européens et d’Arabes se disputant les richesses d’une terre et le marché de l’esclavage. Une conquête de territoires en se servant d’une cause morale : une mission salvatrice pour mettre fin à la servitude…

    Le roman fleuve commence par le personnage d’Ota Benga, authentique comme tous les autres protagonistes. Nous sommes en 1916, à New York. Cet homme originaire du Congo de la tribu des Pygmées se suicide avec une arme à feu. Il n’en peut plus, lui à qui on a volé son identité et son pays. Car ce pays du Congo était le sien mais arraché à sa terre natale par un missionnaire, qui était aussi homme d’affaires, il souffre corps et âme. Dans la réalité, Ota Benga fera partie de ceux qui seront exposés dans un zoo…

    Des Etats-Unis au Congo, de Bruxelles à Paris en passant par Londres, c’est un défilé de personnages historiques, plus ou moins connus, plus ou moins cruels, plus ou moins vénaux et seulement se détachent quelques figures humaines comme Roger Casement, Joseph Conrad, George Washington Williams ou Booker Taliaferro Wasshington. Le tout dans un récit absolument effroyable sur la condition noire, l’exploitation de l’Afrique en général et le Congo en particulier et sur les fausses bonnes intentions des prédicateurs d’humanité comme Léopold II, qui prétextant mettre fin à l’esclavage avait créé une entité afin d’asseoir son pouvoir hors Belgique et écarter les Arabes du marché de l’ivoire et de la main-d’œuvre gratuite… Pris en tenaille, les explorateurs, avides de gloire, ne reculant devant aucun danger, parfois culpabilisant sur les conditions de vie des indigènes mais continuant à permettre aux gouvernements européens de s’offrir des territoires inconnus au prix du sang. Au fil de la lecture, c’est l’incipit de « Tristes tropiques » de Claude Lévi-Strauss qui revient en mémoire « Je hais les voyages et les explorateurs » avec cette propension de l’Occident à faire de l’exotisme à la fois une distraction et un pillage.

    Quant à la ségrégation aux Etats-Unis, l’auteure décortique tout le machiavélisme qui a œuvré pendant des décennies, faisant des milliers de victimes, accroissant la pauvreté et laissant la haine se disperser.

    Malgré ses 800 pages, c’est un livre qui se lit sans pouvoir presque s’arrêter et pourtant doucement pour bien mesurer le pouvoir des mots pour décrire l’ineptie – euphémisme – du colonialisme et de toutes les violences qui ont suivies, et qui, hélas, de nos jours sont encore présentes ; le Congo étant toujours un terrain de tous les profits, de toutes les luttes pour récupérer les précieux minerais et où se commettent chaque jour des crimes dont des viols utilisés comme armes de guerre.

    Malgré les nombreux personnages et les multiples allers-retours entre Afrique, Europe et Amérique, à aucun moment le lecteur ne se sent perdu devant l’étendue de la narration des faits, seul un sentiment d’effroi revient régulièrement tant certaines descriptions sont insoutenables. Mais elles rejoignent les divers témoignages laissés en littérature et en journalisme.

    Une lecture indispensable pour mieux comprendre le monde du XXI° siècle encore victime de l’emprise hypocrite et barbare des puissants d’hier, d’avant-hier et de leurs fantômes quelquefois réincarnés dans les hommes d’aujourd’hui.

    Pour compléter, je ne peux que recommander également, entre autres, les ouvrages d’auteurs congolais – Alain Mabanckou, Philippe Moukoko, Chéri Samba, Sony Labou Tansi, Henri Lopes… – « Le rêve du Celte » de Mario Vargas Llosa et l’indispensable ouvrage sur le Congo de David Van Reybrouck. Et pour votre serviteur relire « Cœur des ténèbres » de Joseph Conrad pour mieux discerner cette plume qui narrait sur le vif cette partition mortelle qui s’est joué en Afrique entre exploitants et exploités. Et qui se joue encore dans ce beau pays qu’est le Congo, dans ce beau continent qu’est l’Afrique, berceau de l’humanité.

    Blog => https://squirelito.blogspot.com/2020/07/une-noisette-un-livre-il-est-toi-ce.html

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    Couverture du livre « Il est a toi ce beau pays » de Jennifer Richard aux éditions Albin Michel

    Marie Claude Lahellec sur Il est a toi ce beau pays de Jennifer Richard

    Ce livre est une grande et magnifique fresque historique de la colonisation de l'Afrique et des obstacles nombreux à la mise en œuvre de l'abolition de l'esclavagisme. On y rencontre Livingston, Stanley, de Brazza, côté explorateurs, Léopold II, Ferry, Emin Pacha, côté hommes politiques, mais...
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    Ce livre est une grande et magnifique fresque historique de la colonisation de l'Afrique et des obstacles nombreux à la mise en œuvre de l'abolition de l'esclavagisme. On y rencontre Livingston, Stanley, de Brazza, côté explorateurs, Léopold II, Ferry, Emin Pacha, côté hommes politiques, mais aussi des pasteurs et hommes politiques noirs luttant contre le racisme du Sud des Etats Unis. La violence et la cruauté de la colonisation y est décrite, masquées au public par des politiques, sûrs de leur bon droit à apporter la "civilisation" mais uniquement guidés par l'appât du gain. Un livre très fort que je recommande vivement !!

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