Jennifer Clement

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Avis sur cet auteur (21)

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    Couverture du livre « Balles perdues » de Jennifer Clement aux éditions Flammarion

    Joëlle Guinard sur Balles perdues de Jennifer Clement

    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/04/balles-perdues-de-jennifer-clement.html

    Margot, fille unique élevée dans une maison remplie de domestiques, a fui la maison familiale deux mois après la naissance de sa fille Pearl dont elle a caché la naissance à tous. Pearl n'a pas de certificat...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/04/balles-perdues-de-jennifer-clement.html

    Margot, fille unique élevée dans une maison remplie de domestiques, a fui la maison familiale deux mois après la naissance de sa fille Pearl dont elle a caché la naissance à tous. Pearl n'a pas de certificat de naissance.

    Depuis quatorze ans, toutes deux vivent dans leur voiture, une Mercury garée au bord d'un parking pour caravanes au milieu de la Floride, au milieu de nulle part, à proximité d'une aire de jeux et de toilettes mais aussi de la décharge municipale et d'une rivière pleine d'alligators. Pearl vit à l'avant de la voiture et sa mère dort sur le siège arrière.

    Margot est une femme hypersensible qui, selon Pearl, "peut regarder à l'intérieur des gens" et a "le mal de l'empathie". Mère et fille vivent une relation fusionnelle, Pearl est élevée aux chansons d'amour, sa mère lui fait faire des voyages imaginaires et lui raconte les histoires de son enfance. " Ma mère ne m'ordonnait jamais de faire quoique ce soit à part de faire des rêves quand j'allais dormir. Elle disait que nous appartenions elle et moi à la Tribu des Rêves." Dans l'univers de Pearl, il y a aussi les habitants qui habitent dans les caravanes voisines tous plus excentriques les uns que les autres, les vétérans de l'hôpital dans lequel sa mère fait des ménages et sa meilleure amie Avril May.

    Mais un jour sa mère rencontre Eli, un texan au passé trouble, et l'installe dans la voiture "Eli m'a pris ma place. Il m'a virée de la voiture." La jeune fille va peu à peu prendre conscience du trafic d'armes qui sévit autour d'elle.

    Jennifer Clément prête sa voix à une jeune adolescente avec une extrême justesse, il n'y a jamais aucune mièvrerie dans les propos qu'elle lui attribue. Elle dénonce ici le marché des armes qui sévit aux Etats-Unis et le sort réservé aux plus faibles. L'omniprésence des armes est effrayante, une voisine porte le fusil que son mari lui a offert pour la Saint Valentin sur le devant de son chemisier, des enfants colorient des armes à feu dans leur livre de coloriage, les hommes tirent sur les alligators de la rivière... Il est assez glaçant d'apprendre que les enfants orphelins suite au décès par balles de leurs parents sont appelés des fusillades... J'ai aimé ce roman mais j'ai été déçue de ne pas lui trouver la force que j'avais appréciée dans le précédent roman de Jennifer Clément.

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    Couverture du livre « Balles perdues » de Jennifer Clement aux éditions Flammarion

    Gerry sur Balles perdues de Jennifer Clement

    Histoire pas facile d'une petite fille américaine vivant dans une voiture avec sa mère et dont la vie va prendre une tournure brutale.
    Surtout, ne pas s'arrêter à ma première phrase, car cet ouvrage est rempli d'optimisme malgré des moments très graves.
    Belle lecture qui entraîne pas mal de...
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    Histoire pas facile d'une petite fille américaine vivant dans une voiture avec sa mère et dont la vie va prendre une tournure brutale.
    Surtout, ne pas s'arrêter à ma première phrase, car cet ouvrage est rempli d'optimisme malgré des moments très graves.
    Belle lecture qui entraîne pas mal de questions sur ces déclassés et ces vies cabossées, brisées, mais dont on peut se relever.

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    Couverture du livre « Balles perdues » de Jennifer Clement aux éditions Flammarion

    Aurélie DesLivresEtMoi7 sur Balles perdues de Jennifer Clement

    L'auteure nous entraine ici au coeur d'une Floride bien loin des riches clichés véhiculés par les séries et les magazines pour nous présenter la jeune Pearl qui n'a pas fini de nous impressionner. Du haut de ses quatorze petites années, la jeune fille s'avère pourtant très perspicace et tout à...
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    L'auteure nous entraine ici au coeur d'une Floride bien loin des riches clichés véhiculés par les séries et les magazines pour nous présenter la jeune Pearl qui n'a pas fini de nous impressionner. Du haut de ses quatorze petites années, la jeune fille s'avère pourtant très perspicace et tout à fait lucide quant à la précarité de sa situation. Pour autant jamais la demoiselle ne se plaint, acceptant son quotidien sans rechigner ni se plaindre, faisant preuve d'une résilience forçant le respect. Seulement le destin n'a pas fini de s'acharner sur cette ado à laquelle on a tôt fait de s'attacher.

    C'est ainsi à travers les yeux de cette jeune fille que l'auteure dénonce le triste sort réservé aux plus démunis, mais aussi la prolifération des armes et ses ravages aux Etats-Unis. Mais la jeune fille déborde d'optimisme et ne se laisse jamais abattre, affrontant les épreuves avec courage et dignité, éclairant ainsi ce triste et sombre roman d'une douce et poétique lumière.

    Mais outre cette jeune héroïne particulièrement bien campée et émouvante, c'est aussi la plume de l'auteure qui illumine ce récit tant elle est fluide, douce, emprunte d'humour et de poésie, son style à la fois simple et soigné, faisant de ce roman un moment de lecture qui saura marquer les esprits.

    Chronique complète : http://deslivresetmoi7.blogspot.com/2018/08/chroniques-2018-balles-perdues-de.html

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    Couverture du livre « Balles perdues » de Jennifer Clement aux éditions Flammarion

    KateMoore70 sur Balles perdues de Jennifer Clement

    En Floride, au milieu de nulle part, Pearl, quatorze ans, vit avec sa mère, Margot, dans une Mercury. Cette voiture lui avait été donnée pour ses seize ans par ses richissimes parents.
    La Mercury Topaz, de couleur rouge à l’origine, est posée sur un terrain de caravanes avec une sympathique...
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    En Floride, au milieu de nulle part, Pearl, quatorze ans, vit avec sa mère, Margot, dans une Mercury. Cette voiture lui avait été donnée pour ses seize ans par ses richissimes parents.
    La Mercury Topaz, de couleur rouge à l’origine, est posée sur un terrain de caravanes avec une sympathique pancarte : « Bienvenue au Camp d’Indian Waters ».

    La vie de Pearl se résume à ce terrain de camping, à la décharge toxique juste à côté et l’école.
    Sa seule amie, Avril May, vit, elle aussi, sur ce terrain dans une caravane avec ses parents.
    Leurs seuls loisirs : fouiller la décharge à la recherche de quelque chose d’intéressant, aller fumer des cigarettes au bord d’un ponton, les pieds dans l’eau.

    Dans leur vie, Pearl et sa mère ont trouvé un certain équilibre, dans leur voiture-maison, restant, quand même, dans une grande précarité.
    L’irruption d’Eli, qui va devenir l’amant de Margot, rompt cet équilibre déjà très fragile.

    « Quand je repense à ma vie dans la voiture, je la vois divisée en deux parties : avant que ma mère ne rencontre Eli et après. Ces mots, avant et après, sont comme des heures marquées sur une pendule. » (page 18).

    Jennifer Clement, dans son livre « Balles perdues », nous donne à voir une Floride rurale, faite de « paumés » ; loin des pièges à touristes, des richissimes américains venant passer une retraite dorée ou des Cubains, non moins richissimes, ayant pu se payer le passage entre Cuba et la Floride.

    Cet Etat est l’exemple même de cette Amérique à deux vitesses : violences sociales, économiques……
    Ces américains modestes ont juste le droit de respirer les vapeurs toxiques de la décharge municipale. On y stocke des déchets hospitaliers, des détergents chimiques… Tout ce qui peut-être dangereux pour un être humain, sauf bien sûr pour ceux qui habitent le Camp d’Indian Waters.

    « Dans notre coin de Floride, tout était perturbé. La vie était toujours comme une chaussure qu’on aurait mise au mauvais pied. » (page 16).

    "Mme Roberta Young affirmait que la décharge avait des effets néfastes sur le secteur et que nous étions en train d'être lentement contaminés. Elle avait écrit des pétitions et les avait envoyées aux instances locales et fédérales. Mais personne n'était jamais venu pour inspecter la décharge ou vérifier notre eau." (page 68)

    Le port d’armes légalisé, aux Etats-Unis, par le deuxième amendement de la Constitution et géré par les Etats, est aussi un point que l’auteur aborde.
    Jennifer Clement détaille largement les problèmes causés par ce phénomène. Certains habitants du campement se livrent à un trafic très lucratif.
    Des armes qui passent de main en main sans que l’on sache leur provenance, ni leur destinataire.
    Un jour, Corazon, en couple avec Ray (deux Mexicains vivant du trafic), en nettoyant un revolver, tombe sur un pistolet encore plein de sang.

    « Chez les Mexicains aussi, il y avait des armes partout.
    Il y avait des fusils de chasse alignés le long d’un mur, et en piles dans le couloir qui menait aux chambres. Dans les deux chambres se trouvaient des mitraillettes, entreposées sous les lits. Dans le salon, de grands conteneurs remplis de pistolets. Des boîtes de munitions étaient également empilées le long des murs dans presque chaque pièce. » (page 135).

    « Les armes appartenaient au pasteur Rex et à Eli. Ils se les procuraient grâce au programme du pasteur, ou ils les achetaient à des vétérans dans les hôpitaux ou dans des foires aux armes. Corazon les nettoyait et Ray aidait Eli à les revendre au Texas, mais surtout, il les passait au Mexique. » (pages 136-137).

    Pearl est, à mon avis, le seul personnage solaire de ce roman. Elle est débrouillarde et essaie de voir le côté positif de la vie. Même si chaque jour qui passe, Pearl peut être reprise à Margot par les Services de protection de l’enfance et envoyée dans un foyer.

    « Grâce à ma mère, je savais que la mémoire était seule capable de remplacer l’amour. Grâce à ma mère, je savais que le monde des rêves était l’unique endroit où je pouvais aller me réfugier. » (page 260).

    « Balles perdues » est à la fois un roman très sombre, très triste mais avec beaucoup de poésie et d’humour.

    Un(e) journaliste du Washington Post a écrit à propos de ce livre : « « Balles perdues » nous donne un aperçu du quotidien de ceux qui bataillent chaque jour. Ils sont peut-être les enfants oubliés de l’Amérique, mais après avoir refermé ce livre, vous n’êtes pas prêts de les oublier. »