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Jeanne Benameur

Jeanne Benameur
Jeanne Benameur est née en Algérie en 1952. Sa famille gagne la France en 1958 pour s'installer à La Rochelle. Elle vit à La Rochelle et consacre l'essentiel de son temps à la littérature : roman, théâtre, poésie. Elle a publié de nombreux romans pour la jeunesse, essentiellement chez Thierry Mag... Voir plus
Jeanne Benameur est née en Algérie en 1952. Sa famille gagne la France en 1958 pour s'installer à La Rochelle. Elle vit à La Rochelle et consacre l'essentiel de son temps à la littérature : roman, théâtre, poésie. Elle a publié de nombreux romans pour la jeunesse, essentiellement chez Thierry Magnier. Elle est aussi l'auteur de romans pour adultes parmi lesquels : Les Demeurées (Denoël, 2001 ; Folio), Présent ? (Denoël, 2006), Laver les ombres (Actes Sud, 2008, prix du livre en Poitou-Charentes ; Babel n° 1021), Les Reliques (Babel n° 1049) et Les Insurrections singulières (Actes Sud, 2011).

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Avis sur cet auteur (112)

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    Couverture du livre « Ceux qui partent » de Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud

    Henri-Charles Dahlem sur Ceux qui partent de Jeanne Benameur

    «Ils prennent la pose, père et fille, sur le pont du grand paquebot qui vient d’accoster. Tout autour d’eux, une agitation fébrile. On rassemble sacs, ballots, valises. Toutes les vies empaquetées dans si peu.» En retraçant le parcours de quelques émigrés partis pour New York en 1910, Jeanne...
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    «Ils prennent la pose, père et fille, sur le pont du grand paquebot qui vient d’accoster. Tout autour d’eux, une agitation fébrile. On rassemble sacs, ballots, valises. Toutes les vies empaquetées dans si peu.» En retraçant le parcours de quelques émigrés partis pour New York en 1910, Jeanne Benameur réussit un formidable roman. Par sa force d’évocation, il nous confronte à «nos» migrants. Salutaire!

    Un paquebot arrive en vue de New York. À son bord des centaines de personnes qui ont fait le choix de laisser derrière eux leur terre natale pour se construire un avenir meilleur dans ce Nouveau Monde. Parmi eux un père et sa fille venue de Vicence en Italie. Dans ses bagages Emilia a pensé à emporter ses pinceaux tandis que Donato, le comédien, a sauvé quelques costumes de scène, dérisoires témoignages de leur art. Durant la traversée, il a lu et relu L’Eneide dont les vers résonnent très fort au moment d’aborder l’ultime étape de leur périple, au moment de débarquer à Ellis Island, ce «centre de tri» pour tous les émigrés.
    À leurs côtés, Esther, rescapée du génocide arménien et Gabor, Marucca et Mazio, un groupe de bohémiens pour qui New York ne devrait être qu’une escale vers l’Argentine. Les femmes vont d’un côté, les hommes de l’autre et l’attente, la longue attente commence avec son lot de tracasseries, d’incertitudes, de rumeurs.
    Andrew Jónsson assiste à cet étrange ballet. Il a pris l’habitude de venir photographier ces personnes dont le regard est si riche, riche de leur passé et de leurs rêves.
    Et alors que la nuit tombe, la tragédie va se nouer. Le voile noir de la mort s’étend
    En retraçant cette page d’histoire, Jeanne Benameur nous confronte à l’actualité la plus brûlante, à cette question lancinante des migrants. Emilia, Donato, Esther et les autres étant autant de miroirs pointés sur ces autres candidats à l’exil qui tentent de gagner jour après jour les côtes européennes. Comment éprouver de l’empathie pour les uns et vouloir rejeter les autres? Comment juger les pratiques américaines de l’époque très dures et juger celles de l’Union européenne comme trop laxistes? Tous Ceux qui partent ne doivent-ils pas être logés à la même enseigne?
    Quand Jeanne Benameur raconte les rêves et l’angoisse de toutes ces femmes et de tous ces hommes retenus sur Ellis Island, elle inscrit aussi son histoire à la suite de l’excellent Mur Méditerranée de Louis-Philippe Dalembert et du non moins bon La Mer à l’envers de Marie Darrieussecq. Ce faisant, elle prouve une fois encore la force de la littérature qui, par la fiction, éclaire l’actualité avec la distance nécessaire à la compréhension de ces déplacements de population. En laissant parler les faits et en prenant soin de laisser au lecteur le soin d’imaginer la suite.
    https://urlz.fr/bsYa

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    Couverture du livre « Ceux qui partent » de Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud

    Regine B sur Ceux qui partent de Jeanne Benameur

    Ceux qui partent, ce sont ces émigrés fuyant la misère, qui se pressent, dès la passerelle franchie, sur Ellis Island. Ils attendent, résignés ou inquiets, le long de files interminables que les autorités veuillent bien leur délivrer ce papier pour une vie nouvelle dans un pays neuf. Dans cette...
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    Ceux qui partent, ce sont ces émigrés fuyant la misère, qui se pressent, dès la passerelle franchie, sur Ellis Island. Ils attendent, résignés ou inquiets, le long de files interminables que les autorités veuillent bien leur délivrer ce papier pour une vie nouvelle dans un pays neuf. Dans cette attente se croisent des destins et se créent des avenirs. Il y a là Andrew qui tente, derrière le viseur de son appareil photo, de capter le reflet de leurs espoirs pour une vie meilleure. Il est tout de suite attiré par un père et sa fille, des italiens, qui ne semblent pas être là poussés par la misère. Emilia est une fille rebelle qui vient chercher sa liberté, le jeune homme le perçoit très vite et, pourtant, il s’attache à ses pas. D’autres destins se croisent durant ce temps suspendu entre deux rives, sous le regard lointain de la statue de la liberté. Gabor le tsigane tentera aussi d’attacher son pas à celui d’Emilia, ainsi qu’Esther, l’arménienne survivante des massacres.
    Durant cette longue nuit d’attente, Donato le comédien lit « L’Énéide » à ces hommes en partance qui se retrouvent dans le destin d’Enée, exilé lui aussi.
    Les langues sont nombreuses et disparates au milieu de cette foule et, pourtant, les regards, les gestes parlent un langage universel.

    « Est-ce que la nuit est une langue ? La seule langue que les corps ont tous en commun. Celle que personne n'a besoin d'apprendre. C'est le jour seulement que les langues des pays reprennent leur place et nous séparent »

    Le récit de Jeanne Benameur est intimiste. L’action est limitée, elle laisse la part belle à l’introspection de chaque personnage. Chacun d’entre eux vit l’exil à sa façon, revient sur son passé, sur ce qu’il a dû laisser derrière lui. Il y a aussi cet espoir, aux dimensions de ce pays immense, qui les pousse de l’avant, cet espoir qui tente de repousser la peur d’être refoulé.

    « Les émigrants ne cherchent pas à conquérir des territoires. Ils cherchent à conquérir le plus profond d’eux-mêmes parce qu’il n’y a pas d’autre façon de continuer à vivre lorsqu’on quitte tout »

    Les couleurs tiennent une grande place dans le roman, il y a le rouge de la toile peinte par Emilia, le bleu de la robe d’Hazel, la blancheur de la neige et « il y aura des couleurs dont on perdra la trace »

    Avec sa grande puissance d’évocation, l’écriture de Jeanne Benameur sait rester légère et poétique.
    C’est un texte superbe et profond avec des personnages émouvants et attachants. Longtemps on restera avec, en soi, le rêve de ces émigrants
    « Il y a tant de rêves dans les pas des émigrants qu’ils veilleront les rêves dormants à l’intérieur des maisons »

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    Couverture du livre « Ceux qui partent » de Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud

    Colette LORBAT sur Ceux qui partent de Jeanne Benameur

    Ouvrir un roman de Jeanne Benameur est toujours une promesse tenue d’un excellent livre.

    « Ils prennent la pose, père et fille, sur le pont du grand paquebot qui vient d’accoster. Tout autour d’eux, une agitation fébrile. On rassemble sacs, ballots, valises. Toutes les vies empaquetées dans...
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    Ouvrir un roman de Jeanne Benameur est toujours une promesse tenue d’un excellent livre.

    « Ils prennent la pose, père et fille, sur le pont du grand paquebot qui vient d’accoster. Tout autour d’eux, une agitation fébrile. On rassemble sacs, ballots, valises. Toutes les vies empaquetées dans si peu. »

    1910. Eux, ce sont Donato et Emilia, venus d’Italie, non pas pour un avenir meilleur, mais pour changer de vie. Donato, acteur italien, est veuf depuis peu, inconsolable. Emilia a pris la décision pour eux deux ; direction l’Amérique où elle veut être peintre et… LIBRE.
    C’est vrai qu’ils détonnent quelque peu dans la foule fébrile, anxieuse des candidats à l’émigration. Lui grande stature, se tient droit avec un livre rouge qui ne le quitte jamais et qu’il lit souvent « Enée », sa bible.
    Tout un troupeau humain qui attend le bon vouloir d’un tampon leur permettant d’espérer une vie meilleure. Parmi eux, Emilia a remarqué Esther, Jeune femme venant d’Arménie, seule survivante du génocide. « L’histoire d’Esther Agakian, n’est pas racontable, mais elle est devenue la moelle de ses os. » L’entente est immédiat entre elles, même si elles ne parlent pas la même langue, leurs corps, leurs mains se parlent et se comprennent. Un peu plus tard, le son d’un violon se fait entendre. Gabor joue pour Emilia qu’il a remarqué et les notes de musique lui font un manteau de sensualité. Envoûtée, Emilia danse et d’un geste naturel, dénoue ses longs cheveux.

    Andrew Jónsson, aime venir photographier tous ces inconnus venus dans l’espoir d’une vie meilleure. Il vient à la recherche, à la source de ses racines. Son père est venu d’Islande rejoindre le père parti depuis deux ans et sa mère se glorifie d’être la descendante des passagers du Mayflower. Le sujet n’est jamais abordé dans la grande et belle maison, alors, Andrew se faufile dans les couloirs d’Ellis Island pour chercher un signe, chercher son passé et il s’est attaché à Donato et Emilia.

    Cette nuit-là, la peur, l’espoir, l’attente, tout part du ventre, des tripes, rien n’est pensé ni intellectualisé. Ils sont là, couchés dans des lits, hommes et femmes dans des dortoirs séparés. Cette nuit, ils accouchent d’une nouvelle vie. Cette nuit, certains osent, d’autres dorment, Donato, de sa belle voix, lit des passages de son Enée. Cette nuit, la chrysalide se transforme (peut-être) en papillon, comme les serpents, ces femmes et ses hommes vont muer
    Leur langue maternelle va devenir une langue étrangère, une langue intime.
    « La belle langue c’est ce qui les a toujours tenus ensemble, tous les trois, puis tous les deux. Le lien indéfectible, sacré. Est-ce que cela aussi va se fissurer ? » Il faudra bien parler une autre langue, toujours une autre. »
    Un superbe livre intense comme leurs vies ; une plume sensuelle, imagée comme une peinture, peut-être celle d’Emilia. Une très belle retrouvaille avec Jeanne Benameur.

    « Parce qu’il faut bien traverser la rivière sans fond pour rejoindre.  Parce que l’on ne peut rester chacun sur sa rive sinon à quoi sert d’être là, ensemble, vivants »
    « Toute peine pénètre l’autre peine. Et miraculeusement l’allège. »
    « On ne connaît pas les mots mais les larmes sont les larmes. Celle langue-là est commune. »

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    Couverture du livre « Les insurrections singulières » de Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud

    Mumu Dans le Bocage sur Les insurrections singulières de Jeanne Benameur

    Une histoire comme une autre, une histoire comme tant d’autres, une histoire qui évoque le monde du travail, d’une usine, « Lusine », qui délocalise, d’un homme obligé de retourner vivre chez ses parents car non seulement il perd son travail mais sa compagne lui a demandé de partir mais une...
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    Une histoire comme une autre, une histoire comme tant d’autres, une histoire qui évoque le monde du travail, d’une usine, « Lusine », qui délocalise, d’un homme obligé de retourner vivre chez ses parents car non seulement il perd son travail mais sa compagne lui a demandé de partir mais une histoire écrite avec finesse et justesse.

    Une situation qui fait la une des actualités régulièrement et un homme qui se trouve à remettre en question toute sa vie. Il s’agit d’Antoine, la quarantaine, qui pensait avoir toute sa vie tracée va devoir tout remettre en question. Comment il en est arrivé là et se découvrir explorateur de sa vie, de ses envies et du monde. Il veut comprendre pourquoi sa vie ressemble à un désert….. Tout y passe : ses études, qu’il a abandonnées, sa vie sentimentale et familiale. Il s’observe et en retournant vivre à la source, auprès de ses parents, aidant sa mère sur les marchés à vendre des boutons, en lisant le carnet secret de son père, en faisant des rencontres, en prenant le temps de regarder, d’écouter, en étant lucide sur lui-même et surtout en ayant comme mentor Marcel, le bouquiniste sur les marchés, il va vouloir entreprendre un voyage pour connaître ceux qui lui prennent son travail, là-bas de l’autre côté de l’océan, au Brésil.

    C’est à la fois un voyage intérieur fait de révoltes silencieuses car Antoine ne parle pas beaucoup mais aussi un voyage vers un ailleurs où il va découvrir que ceux qui lui volent, croit-il, son travail, sont des gens comme lui, qui ont besoin d’un travail pour vivre, dans une usine de sidérurgie qu’un français Jean de Monlevade au début du 19ème siècle a bâtie au Brésil, ayant pour main-d’œuvre des esclaves…..

    J’ai beaucoup aimé le style de Jeanne Benameur : c’est une écriture très poétique dans le rythme, claire, lumineuse, limpide. Elle m’a emmenée dans son histoire, je me suis laissée porter par le désespoir de cet homme et même si la fin est un peu « facile », j’ai aimé ce cheminement humain, portant un regard sur ses choix, reconnaissant ses erreurs et sa volonté d’en sortir, de comprendre.

    A vouloir faire porter aux autres la responsabilité de ses échecs, il va prendre conscience qu’il est peut-être en partie seul responsable et qu’il est parfois nécessaire de s’éloigner pour se confronter à un autre monde et renaître.

    Il y a de très jolies évocations : les temps de rien par exemple qui figurent dans le carnet de son père qu’il n’a jamais pu lire, et qu’enfin il lui confie mais aussi les temps morts et sur la force des livres et de la lecture :

    …Tu vois, moi j’ai des passions, les livres ça me sauve…. je traverse mes temps morts avec des gens qui ont œuvré pour ça, ceux qui ont écrit… je les aime et je leur suis infiniment reconnaissant du temps passé devant leur table… ils m’aident à traverser. Et qu’eux soient morts ou vivants, ça n’a plus aucune importance. J’ai le livre en main et c’est du carburant pour ma vie à moi. (p152-153)

    J’ai découvert une écriture avant tout sur laquelle j’ai vogué pour suivre Antoine dans ses pensées, dans son introspection mais aussi à la découverte d’un autre monde. C’est peut-être très optimiste voir utopiste vu le monde dans lequel nous vivons mais pourquoi pas après tout…..

    Encore une auteure que je vais continuer de découvrir.