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Jeanne Benameur

Jeanne Benameur
Jeanne Benameur est née en Algérie en 1952. Sa famille gagne la France en 1958 pour s'installer à La Rochelle. Elle vit à La Rochelle et consacre l'essentiel de son temps à la littérature : roman, théâtre, poésie. Elle a publié de nombreux romans pour la jeunesse, essentiellement chez Thierry Mag... Voir plus
Jeanne Benameur est née en Algérie en 1952. Sa famille gagne la France en 1958 pour s'installer à La Rochelle. Elle vit à La Rochelle et consacre l'essentiel de son temps à la littérature : roman, théâtre, poésie. Elle a publié de nombreux romans pour la jeunesse, essentiellement chez Thierry Magnier. Elle est aussi l'auteur de romans pour adultes parmi lesquels : Les Demeurées (Denoël, 2001 ; Folio), Présent ? (Denoël, 2006), Laver les ombres (Actes Sud, 2008, prix du livre en Poitou-Charentes ; Babel n° 1021), Les Reliques (Babel n° 1049) et Les Insurrections singulières (Actes Sud, 2011).

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    Étienne, photographe de guerre pris en otage par des hommes qui l'ont poussé dans une voiture, a passé des mois dans une petite pièce où il était entravé, pieds attachés, yeux bandés. Mais aujourd'hui, il est libre… ou plus exactement, il parcourt le chemin qui le mène de la captivité à la liberté.  

Avis sur cet auteur (112)

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    Couverture du livre « Les insurrections singulières » de Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud

    marie sb. sur Les insurrections singulières de Jeanne Benameur

    Certains sont motivés par une passion, d'autres, comme Antoine avancent grâce à la rage. Mais ce n'est pas constructif. "Tout juste bon à finir à l'usine." Alors, il faut prendre le temps, faire une pause, pour comprendre. Les conflits sociaux à l'usine, la rupture avec Karima sont des...
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    Certains sont motivés par une passion, d'autres, comme Antoine avancent grâce à la rage. Mais ce n'est pas constructif. "Tout juste bon à finir à l'usine." Alors, il faut prendre le temps, faire une pause, pour comprendre. Les conflits sociaux à l'usine, la rupture avec Karima sont des catalyseurs. Marcel, un vieil homme amoureux des livres, emmène Antoine en voyage.
    Derrière cette introspection, il y a l'actualité politique et sociale, la mondialisation et la décentralisation. L'usine d'Antoine doit fermer pour produire au Brésil. Antoine part à la rencontre de ces ouvriers brésiliens, en apprenant la vie de jean de Monlevade, industriel français qui construisit le premier haut-fourneau au Brésil. Mais les ouvriers sont-ils partout des esclaves qui s'ignorent? La Bourse obligera bientôt l'entreprise à quitter le Brésil pour aller ailleurs, où la main d'oeuvre est encore moins chère.
    Si Antoine ne trouve pas de solution sociale au Brésil, il retrouvera peut-être l'amour et pourra s'adonner à une passion qui l'aidera à avancer.
    Jeanne Benameur a un style bref et efficace qui exprime une grande intériorité. Comme tous les livres qui parlent du malaise humain, l'ambiance est assez lourde. heureusement, le personnage de Marcel donne optimisme et dynamisme et nous évoque si bien, à nous lecteurs, la passion des livres.

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    Couverture du livre « Les insurrections singulières » de Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud

    clara et les mots sur Les insurrections singulières de Jeanne Benameur

    Jeanne Benameur tel un archer touche sa cible. En peu de mots, toujours très justes, elle nous amène à réagir et à réfléchir comme si ce livre était destiné à chacun d’entre nous. Et il s’agit d’une multitude de sentiments qui y sont dépeints, de cris aigus ou sourds empreints de peur ou de...
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    Jeanne Benameur tel un archer touche sa cible. En peu de mots, toujours très justes, elle nous amène à réagir et à réfléchir comme si ce livre était destiné à chacun d’entre nous. Et il s’agit d’une multitude de sentiments qui y sont dépeints, de cris aigus ou sourds empreints de peur ou de détresse.
    Une fois de plus, j’ai savouré l’écriture de Jeanne Benameur, son désir de creuser au plus profond de l’être humain. De sonder nos peurs, nos questionnements sur la vie et le sens qu’on veut ou qu'on tente de lui donner. Avec les obligations d'un contexte social et économique.
    J’ai lu ce livre en apnée mais je dois avouer que la fin m’a un peu déçue. Une fin qui selon moi ne s’accorde pas avec le reste de ce roman.

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    Couverture du livre « Les insurrections singulières » de Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud

    (M.) Dominique Léger sur Les insurrections singulières de Jeanne Benameur

    En refermant ce roman, me sont venues à l’esprit les paroles de Jean Richepin mises en musique par Brassens, les Oiseaux de passage dont voici une strophe : Regardez-les passer ! Eux, / ce sont les sauvages. / Ils vont où leur désir le veut, / par-dessus monts, / et bois, et mers, et vents, /...
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    En refermant ce roman, me sont venues à l’esprit les paroles de Jean Richepin mises en musique par Brassens, les Oiseaux de passage dont voici une strophe : Regardez-les passer ! Eux, / ce sont les sauvages. / Ils vont où leur désir le veut, / par-dessus monts, / et bois, et mers, et vents, / et loin des esclavages. / L’air qu’ils boivent / ferait éclater vos poumons.
    Antoine étouffe à « faire l’ouvrier » dans une usine sidérurgique que la délocalisation menace ; il n’a pas la résignation de ses parents habitués « aux jours de rien », grande gueule il ne se satisfait pas de la doxa syndicale. Mis à la porte par son amie lassée de son mal-être, il plonge dans le désarroi où le trouve Marcel, bouquiniste ambulant qui a beaucoup lu donc beaucoup vécu, « un vieux chat qui sent tout du bout de ses moustaches. » Avec douceur, comme l’on traite un grand malade, Marcel amène Antoine à la lecture et aux livres : « Dans les livres, il y a le décalage. La place pour le désir. »… Désir : ensemble ils partent pour le Brésil, dans la ville industrielle créée par un Français au XIXe siècle où le groupe qui l’emploie transfère l’activité. Ce voyage initiatique est une révolution intérieure, une « insurrection singulière » ; il y trouve l’amour et son horizon ouvre enfin sur la liberté.
    C’est Antoine qui raconte, entre nervosité et colère, il jette sa hargne, il défie le ciel… « Les bourgeois sont troublés / de voir passer les gueux » - je reprends les mots de Richepin tant ils collent à ce roman, les gueux de sa race : « Des assoiffés d’azur / des poètes, des fous. » Ode à la folie, hommage à la littérature, vie poétique contre vie prosaïque, Jeanne Benameur plaide la volonté et l’espoir dans ce magnifique et troublant roman libertaire.

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    Couverture du livre « Les insurrections singulières » de Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud

    Claude Amstutz de PAYOT sur Les insurrections singulières de Jeanne Benameur

    Des types comme Antoine, il y en a beaucoup - de plus en plus pourrait-on dire - à Montreuil ou ailleurs... Un jour, leur univers vacille, parce que leur usine va fermer, que les propriétaires vont délocaliser le travail. A l'étranger, avec une main d'oeuvre à bas prix. Et il en rage, l'Antoine,...
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    Des types comme Antoine, il y en a beaucoup - de plus en plus pourrait-on dire - à Montreuil ou ailleurs... Un jour, leur univers vacille, parce que leur usine va fermer, que les propriétaires vont délocaliser le travail. A l'étranger, avec une main d'oeuvre à bas prix. Et il en rage, l'Antoine, comme bon nombre d'ouvriers qui lui ressemblent : «Je voulais que tout le monde comprenne. Les bénéfices, ils sont là ! Enormes ! Leur mise, ils la ramassent et ils la multiplient. Si maintenant, avec la crise, ils en font un peu moins, des bénéfices, et même s'ils en font beaucoup moins, ils s'en sont tellement mis dans les poches qu'ils pourraient peut-être réfléchir à ceux qui leur ont permis tout ça, à la base ! C'est nous quand même ! C'est notre travail !»
    Ce qui différencie pourtant Antoine - le jeune héros du roman de Jeanne Benameur, «Les insurrections singulières» - des autres, c'est qu'il perd aussi sa femme Karima qui l'abandonne après quatre ans de vie commune. Il n'a plus rien, sinon le souvenir de celle «qui lui tenait la tête si près du ciel». Oh, ce ravage, il l'a pressenti sans comprendre, dans ce désamour qui ressemblait aux modèles réduits de son père qui n'avaient jamais pris la mer. Il sent bien que quelque chose cloche entre lui et les autres, entre lui et le monde... Il est affairé, mais pris dans la tenaille de ses rapports entre patrons et employés qui lui sonnent faux ou mieux, lui semblent une imposture à la vraie vie qui se laisse ronger par le rythme et la répétition de ces jours de rien... Mais laquelle pour lui qui a tout perdu ? «Comment être singuliers dans tout ce pareil qui nous mine ? Nous, on était qui ?»
    Il entrevoit peu à peu les fissures de son existence qui de son amour de l'architecture l'ont mené à l'usine : «Mon père a été un ouvrier, un vrai. Moi, j'ai fait l'ouvrier. (...) Le monde que je vis aujourd'hui n'est pas le monde. Le vrai monde est celui que je pressentais quand j'étais petit et il était immense. C'est le monde que j'ai dans les mots quand je roule à moto, quand je caressais le corps de Karima, quand je touche les livres rares, quand mes mains au fond de mes poches rêvent et que j'ai les yeux levés vers le ciel ou vers une fenêtre éclairée. Il est là, le monde. Je le sais. Je l'ai toujours su. Et tout le reste, c'est pour faire comme les autres.»
    Or l'acier, maintenant, c'est à Monlevade - au Brésil - qu'il sera traité. Heureusement pour Antoine, il y a l'ami Marcel qui tient boutique, vend des livres dont il lit les extraits qu'il a aimés à sa défunte épouse au cimetière, rien que pour elle. «Tu vois, moi j'ai des passions, les livres, ça me sauve... je traverse mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... je les aime et je leur suis infiniment reconnaissant du temps passé devant leur table... ils m'aident à traverser. Et qu'eux soient morts ou vivants, ça n'a plus aucune importance.» Un brin philosophe, notre Marcel, qui n'aime pas les gens qui ressemblent à un cimetière ambulant, et plein d'humour confie à son jeune ami que «les étiquettes élimées, quand on touche à l'essentiel, ça part au lavage !»
    Et voici qu'un beau jour, avec Marcel, il s'embarque au pays de ce Jean de Monlevade - pionnier de la sidérurgie brésilienne -, et au fond de lui-même aussi, peut-être. Au risque de griller toutes ses économies et de revenir à la case départ, sans le sou, mais que lui importe : il a franchi le pas le plus difficile... Même s'il serait dommage de vous dévoiler toute l'histoire - sa naissance à la lecture puis à l'écriture - sachez qu'il vivra ses rêves, sans craindre de buter contre ces mots qui ne franchissaient jamais ses lèvres - un truc de mecs ! - et demeuraient comme un caillou au creux de sa poitrine. Il se sentira léger, silencieux, bien vivant, enfin. Il connaîtra aussi l'amour, éprouvant auprès de Thaïs - c'est son nom - le même sentiment que lorsqu'il tenait entre ses mains les livres rares de Marcel, «quelque chose de joyeux et de solide en même temps.» Avec elle, ses mots à lui vivront enfin dans un éblouissement simple et naturel.
    Il prolongera le carnet de son père qui consignait ses notes et ses désirs : «J'écris pour tous ceux que j'aime et ceux que je ne connais pas. J'écris pour ceux que je croise dans la rue et qui ne savent pas que sur leurs visages je vois quelque chose de la vie qui passe.»
    Un hymne à la liberté que ce merveilleux livre dont tous les personnages de Jeanne Benameur respirent l'authenticité, gens de peu dont les pas nous accompagnent pour longtemps - dans un style vif et concis parfois proche de la poésie - avec la «voix off» de Marcel qui nous répète qu' «on n'a pas l'éternité devant nous. Juste la vie...»