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Jean Rouaud

Jean Rouaud

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Avis sur cet auteur (22)

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    Couverture du livre « La constellation Rimbaud » de Jean Rouaud aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Cécile sur La constellation Rimbaud de Jean Rouaud

    Constellation : groupe apparent d'étoiles qui présente un aspect reconnaissable.

    En ayant simplement fait partie de leur vie à un moment ou à un autre, Arthur Rimbaud aura donné à nombre de ses contemporains une postérité littéraire.
    C'est sur ces personnes plus ou moins anonymes, sur ces...
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    Constellation : groupe apparent d'étoiles qui présente un aspect reconnaissable.

    En ayant simplement fait partie de leur vie à un moment ou à un autre, Arthur Rimbaud aura donné à nombre de ses contemporains une postérité littéraire.
    C'est sur ces personnes plus ou moins anonymes, sur ces lieux traversés par "la comète Rimbaud", que Jean Rouaud jette un éclairage dans son essai La constellation Rimbaud.

    Arthur Rimbaud, l'éternel adolescent poète, irrémédiablement associé à Verlaine, élevé au rang d'icone, qui aura pour toujours 17 ans.
    Et pourtant, le poète n'a plus écrit de poésie après l'âge de vingt ans.
    Et pourtant, sa liaison avec Paul Verlaine n'aura duré que quatre ans, mais quatre années de passion destructrice et une fin explosive, qui marquera les esprits, le fameux coup de feu qui envoya Verlaine en prison.

    Jean Rouaud offre une vision élargie de la constellation Rimbaud, ses camarades d'enfance, son maître d'école, les artistes qu'il aura croisés à Paris, à Bruxelles, les négociants rencontrés en Afrique. Et bien sûr, sa famille, Vitalie, la mère vers qui il retournera à chaque problème de santé, Isabelle, la sœur qui prendra soin de lui durant les derniers mois de sa vie, mais aussi son père absent et Frédéric, le frère renié.
    Il nous abreuve d'anecdotes diverses : le chanteur Hubert-Felix Thiefaine dénonçant une erreur sur la tombe de la mère de Rimbaud, les spéculations sur l'identité de Jef Rosman, un peintre ayant laissé une œuvre unique derrière lui...

    Cette suite de noms, de lieux, peut parfois paraître indigeste à qui veut tout savoir, tout retenir, mais il n'en est pas moins fascinant de suivre "la comète" dans ses expéditions.
    J'ai beaucoup apprécié cet essai complet et instructif, ainsi que le ton très personnel de l'auteur, dans lequel on peut parfois percevoir une certaine malice ou ironie.

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    Couverture du livre « Les champs d'honneur » de Jean Rouaud aux éditions Minuit

    Dominique Jouanne sur Les champs d'honneur de Jean Rouaud

    Magnifique !

    Une écriture délicieuse et enveloppante dès les premières pages pour cette fresque familiale qui véhicule la vie de l’ensemble des provinciaux français de classe moyenne d’après-guerre, inscrite en Loire Atlantique (ex Loire inférieure), une population rurale aux valeurs...
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    Magnifique !

    Une écriture délicieuse et enveloppante dès les premières pages pour cette fresque familiale qui véhicule la vie de l’ensemble des provinciaux français de classe moyenne d’après-guerre, inscrite en Loire Atlantique (ex Loire inférieure), une population rurale aux valeurs perturbées par la modernisation et la société de consommation qui, dès les années 1970, déferle comme un raz de marée dans les foyers, ici symbolisé avec humour par la 2CV du grand-père devenue archaïque et supplantée par la fameuse déesse, élégante, rapide et confortable.

    Le texte est bâti sur des souvenirs et file à la vitesse des associations d’idées en réunissant des personnages séparés par la mort et le temps.

    Des objets et des écrits trouvés dans les affaires d’un grand-père décédé va alimenter un passé familial non-dit, non su, dont l’histoire de la mort de son frère Joseph, grand oncle de l’auteur, dans l’horreur des combats de la Meuse en 14-18 à Commercy et dont le corps sera retrouvé dans la boue des tranchées mais emmêlé sans pouvoir le différencier d’un autre squelette, des os qui seront ramenés pêle-mêle à la sœur, en partie dans des boîtes de madeleines en fer…
    Un frère qui aura eu les poumons brûlés par les gaz chimiques dans une guerre absolument inutile.
    Cette sœur, Marie, dévote devenue une grenouille de bénitier de village qui ne s’est jamais remise de la mort de Joseph alors que son autre frère Émile mourrait à son tour,en 1917.

    Jean Rouaud a un talent sans pareil pour décrire et dénoncer cette cruauté gratuite qui a eu lieu mais surtout il témoigne des conséquences au sein des familles et fait résonner en chacun de nous ces souvenirs fragmentés légués à nos imaginations.

    On est tous rattachés à une longue lignée familiale mais aussi historique.
    Les champs d’honneur, c’est ça aussi, nos constructions individuelles avec une mémoire portée génération après génération.

    Nous livrant une histoire partielle de sa famille, l’auteur organise son livre sur trois décès successifs : Le père, le grand-père et la tante Marie, convoquant ainsi la famille, les traumatismes et la mémoire intime dont un passage tendre et drôle sur les vacances dans le Var avec le grand-père.

    Il commence son livre par : « C’était la loi des séries… »
    Jean Rouaud était alors âgé de onze ans.

    C’est un texte chargé de poésie.
    Le style est virtuose pour décrire le paysage provincial, celui de la Loire dite « inférieure » qui va connaitre l’urbanisation, la fermeture des petits commerces et artisans dans les bourgs tels les tailleurs, profession du grand-père ou les horlogers, profession du père, et même les femmes au foyer deviendront de plus en plus rares… On déménagera de fermes en appartements en se rapprochant des villes, en désertant la campagne.

    Parmi les quelques digressions talentueuses de l’auteur, je ne m’attendais pas à absolument savourer, délecter, de nombreuses pages sur la pluie. La virtuosité du détail est abasourdissante.

    C’est un livre réaliste et magnifique fait d’une écriture ample, limpide, élaborée sans en ressentir le travail magistral, avec des mots justes, des phrases percutantes tout en douceur et tendresse.

    Un livre rare, méritant d’avoir été honoré et reconnu par ses pairs qui lui ont décerné en 1990, un prix Goncourt largement mérité.

    Un plaisir de lecture absolu.

    Petit clin d’œil personnel sur la PAL (Pile à Lire) que j’appelle chez moi la MAL (Montagne à Lire) et qui est un sujet souvent traité sur notre site Lecteurs.com : Ce livre à l’écriture fabuleuse attend sur une étagère que je le lise, ce, depuis 30 ans !

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    Couverture du livre « Les champs d'honneur » de Jean Rouaud aux éditions Minuit

    Bill sur Les champs d'honneur de Jean Rouaud

    Un roman choisi sur les rayons de la médiathèque car il allait me permettre de progresser sur plusieurs des challenges de lecteurs de Babelio auxquels je me suis inscrite cette année.

    Mais cette fois quelle belle surprise que ce beau texte qui retrace l’histoire d’une famille, évoquant tour à...
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    Un roman choisi sur les rayons de la médiathèque car il allait me permettre de progresser sur plusieurs des challenges de lecteurs de Babelio auxquels je me suis inscrite cette année.

    Mais cette fois quelle belle surprise que ce beau texte qui retrace l’histoire d’une famille, évoquant tour à tour des voyages cocasses des grands parents en deux chevaux asthmatique, ou plus tragiquement la mort de deux oncles pendant la première guerre mondiale.

    Un roman attachant, avec des personnages plus vrais que nature, qui chacun, à leur façon, ont dû surmonter es décès qui ont profondément modifié le cours de leur vie …

    Un roman qui nous entraîne de la Loire Inférieure (devenue Atlantique depuis) jusqu’au Var (pour une escapade croustillante du grand-père) jusqu’aux champs de bataille de la première guerre mondiale à la recherche du corps d’un frère, que le même grand-père, plus jeune, ramena jusqu’au caveau familial.

    Un roman plein de tendresse et de douceur !

    Un prix Goncourt bien mérité !

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    Couverture du livre « L'avenir des simples ; petit traité de résistance » de Jean Rouaud aux éditions Grasset Et Fasquelle

    frconstant sur L'avenir des simples ; petit traité de résistance de Jean Rouaud

    Avec Kiosque, Jean Rouaud faisait revivre le monde, celui du temps où apprenti écrivain, il tenait dans un coin de Paris un kiosque, autant dire une tribune, à laquelle il a vu défilé une ribambelle de personnages doux, anars, loufoques, lucides, visionnaires ou tout simplement emplis de bon...
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    Avec Kiosque, Jean Rouaud faisait revivre le monde, celui du temps où apprenti écrivain, il tenait dans un coin de Paris un kiosque, autant dire une tribune, à laquelle il a vu défilé une ribambelle de personnages doux, anars, loufoques, lucides, visionnaires ou tout simplement emplis de bon sens. Et tout ce petit monde prenait le temps de s’arrêter, de parler, d’échanger points de vue, convictions profondes ou banalités. Avec son dernier livre, L’avenir des simples, il nous livre une vision du devenir du monde et une analyse des mécanismes de dépossession de l’esprit de l’humain, cannibalisme soigneusement orchestré par les possédants oisifs qui ne produisent rien si ce n’est du capital construit sur le dos des petits à qui il suffira de donner un smic, des envies et du rêve pour les faire taire.
    Et d’une seule et même tirade, en apnée profonde et réflexion vive, Jean Rouaud nous démonte la machine à sous, ses dérives, son manque d’humanité et, surtout, son manque d’avenir. Tout y passe, la production viandeuse de cholestérol, le lobby de Monsanto qui empoisonne la terre, vend des graines OGM qui n’ont pas de défenses naturelles et de Bayer qui se pose après en soigneur et sauveur du monde. Tout apport, positif ou négatif, se payant de façon sonnante et trébuchante. Dans le même collimateur, l’auteur y visera la création, par Amazone, des envies et livraisons à domicile de tout l’inutile qui comblera le temps à tuer que le chômage organisé procure et la qualité des programmations télévisuelles destinées à préparer, chez le lambda affalé devant son écran, un esprit vide, libéré de tout sens critique, seule condition pour qu’il puisse avaler, outre les chips et le soda dont il dispose déjà, tous les mensonges publicitaires qu’on lui servira.
    Tout cela pourrait paraître confus, exagéré. Mais l’argumentation est mécaniquement articulée et repose sur de nombreux exemples, des prises de paroles identifiables et des références livresques et artistiques qui ne tuent en rien la compréhension du traité. Car c’est bien d’un traité de résistance qu’il s’agit. Un traité dans lequel percole, in fine, une seule idée centrale. L’avenir est aux simples, les plantes qui dans leurs richesses en opposition avec leur nom, se montrent capable de nous renvoyer vivre sur des chemins de sens, des chemins où le temps, celui qu’il fait et celui après lequel on ne court plus sont des alliés, des poseurs d’hommes. L’avenir des simples sera aussi celui de ceux qui sauront dire non aux inventions multiples et inutiles qui ne nous aident en rien à vivre.
    Moi, dit le Petit-Prince, si j’avais une heure devant moi, je marcherais lentement jusqu’à la fontaine…
    Une belle invitation à vivre et résister que ce traité ‘L’avenir des simples’. Un bon moment de lecture qui peut changer notre regard sur la course frénétique vers l’avant. A nous de le vouloir, ou pas.
    Merci aux éditions Grasset t à NetGalley, France qui, une nouvelle fois m’ont fait confiance en me donnant de découvrir ce livre. #Lavenirdessimples #NetGalleyFrance