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Jean Rolin

Jean Rolin
Né en 1949 à Boulogne-Billancourt, Jean Rolin a passé son enfance entre la Bretagne et le Sénégal. Son oeuvre, qui se construit ici et ailleurs, fait alterner romans et récits. Il a publié une vingtaine d'ouvrages, dont L'Organisation (Gallimard, prix Médicis 1996), L'Explosion de la durite (2007... Voir plus
Né en 1949 à Boulogne-Billancourt, Jean Rolin a passé son enfance entre la Bretagne et le Sénégal. Son oeuvre, qui se construit ici et ailleurs, fait alterner romans et récits. Il a publié une vingtaine d'ouvrages, dont L'Organisation (Gallimard, prix Médicis 1996), L'Explosion de la durite (2007) et Un chien mort après lui (2009), tous deux chez POL.

Avis sur cet auteur (35)

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    Couverture du livre « Le ravissement de Britney Spears » de Jean Rolin aux éditions Gallimard

    Sofi C sur Le ravissement de Britney Spears de Jean Rolin

    Il m'a fallut quelques 100 pages pour me mettre dans les pas du narrateur, un peu moins perdu que le lecteur dans les rues sans fin et au cordeau de la cité des anges mais une fois qu'on y est c'est un véritable plaisir de cheminer sur les traces ténues de starlettes mal dans leur peau passant...
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    Il m'a fallut quelques 100 pages pour me mettre dans les pas du narrateur, un peu moins perdu que le lecteur dans les rues sans fin et au cordeau de la cité des anges mais une fois qu'on y est c'est un véritable plaisir de cheminer sur les traces ténues de starlettes mal dans leur peau passant leur temps à fuir les paparazzi tout en les cherchant pour relancer leur carrière aléatoire, zigzagant comme le narrateur d'hôtels hypes, en fast-food ou en boutiques de fringues. Jean Rolin (le frère d'Olivier que je confonds toujours) n'est jamais meilleurs quand il décrit avec efficacité et humour notre société vue des marges ou des confins du monde comme dans l'excellent "Zones" ou dans le non moins bon "Ormuz".

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    Couverture du livre « Chretiens » de Jean Rolin aux éditions P.o.l

    Colette LORBAT sur Chretiens de Jean Rolin

    En se promenant chez les bouquinistes, on peut faire des rencontres inattendues :
    Ce livre en est la preuve. Un auteur que je ne connaissais pas du tout. La main n’a pas failli lorsqu’elle a touché ce livre !!!

    Suite au siège l'occupation par des combattants palestiniens de la basilique de...
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    En se promenant chez les bouquinistes, on peut faire des rencontres inattendues :
    Ce livre en est la preuve. Un auteur que je ne connaissais pas du tout. La main n’a pas failli lorsqu’elle a touché ce livre !!!

    Suite au siège l'occupation par des combattants palestiniens de la basilique de la Nativité en avril-mai 2002, Jean Rolin, décide d’aller à la rencontre de ces chrétiens de Palestine. Souvent logé chez les sœurs franciscaines il nous narre son séjour.

    « Cet épisode avait également fait ressortir l’ambiguïté des relations islamo-chrétiennes en Palestine, même si cet aspect n’en avait été que rarement et timidement souligné ».
    Cette dernière partie de phrase est importante car, tout au long de son périple. Les chrétiens rencontrés ne parleront jamais autrement, mais étaient trahis par leurs gestes, une phrase, ou un seul mot lors d’un repas commun.

    « Qu’est-ce que vous voulez savoir des chrétiens ? Vous ne comprenez pas qu’ils ne peuvent rien vous dire parce qu’ils sont menacés de tous les côtés ? » lui dira un type d’un air goguenard.

    Ce livre nous livre toute l’ambiguïté des chrétiens. Ainsi un professeur de l’université lui dira devant l’abandon de vestiges chrétiens « je ne m’indigne pas en tant que chrétien, insiste-t-il, mais en tant que Palestinien : ce pays n’a-t-il pas été chrétien plusieurs siècles avant de devenir musulman, et ce monument, oui ou non, fait-il partie de son histoire » Cet attachement viscéral à leur terre fait que certains refusent d’émigrer vers les USA comme tant voudraient le faire

    Ce livre n’est pas un reportage. En premier lieu, l’atmosphère plombée, donne le « la » au bouquin. Les relations intra-palestiniennes entre islamistes et chrétiens, sorte de jeux de chat-souris vénéneux où la souris est le chrétien.

    Mais, comme dans les relations ambigües, le double opprimé donne tort au Juif et soutient le Palestinien, va même jusqu’à l’excuser, le protéger de l’ennemi commun. « Israël a privé les Palestiniens de leurs droits politiques et de leur liberté de mouvement ; désormais, l’islam prive les chrétiens de leur liberté de vivre comme ils l’entendent » « Plus le style de vie des musulmans s’aligne sur les prescriptions des islamistes, plus celui des chrétiens est montré du doigt. »

    Jean Rolin ne se place ni dans un camp ni dans l’autre et essaie de rester neutre bien que, en dernière page, il écrive « … je passai une partie de la nuit à me demander si je n’avais pas fait fausse route depuis le début : si je ne m’étais pas mêlé indûment de quelque chose qui, au fond, ne me regardait pas. … »

    Son écriture suinte l’ennui, la peur et la tension qui existent chez les chrétiens palestiniens mais sans être ennuyeux et instructif pour moi.

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    Couverture du livre « Chemins d'eau » de Jean Rolin aux éditions Table Ronde

    Colette LORBAT sur Chemins d'eau de Jean Rolin

    1 km à pied ça use, ça use,
    1 km à pied, ça use les souliers……
    Petit problème d’arithmétique :
    Si 1 km à pied ça use les souliers, combien de paires de pompes, de grolles, de godasses Jean Rolin a-t’il usées en parcourant 2000 km le long de canaux de France, sachant qu’il a également...
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    1 km à pied ça use, ça use,
    1 km à pied, ça use les souliers……
    Petit problème d’arithmétique :
    Si 1 km à pied ça use les souliers, combien de paires de pompes, de grolles, de godasses Jean Rolin a-t’il usées en parcourant 2000 km le long de canaux de France, sachant qu’il a également emprunté les chemins à bicyclette ou les caisses à savon pour touristes à naviguer sur les canaux ?

    Certains « font » le chemin de Compostelle, Jean Rolin, lui, s’est offert une dure folie ou un doux enfer, c’est selon l’état de ses pieds, de ses rencontres au bord de canaux. Ce voyage, il le fait en compagnie de Mérimée, de Madame de Sévigné (ah ces petites jersiennes jouant à divers jeux rostopchiniens !), de Toussenel et son guide ornithologique….

    De rencontres ronchonnes en merveilleuses découvertes, il parcourt les canaux de France sans passer par la Navarre. Il nous donne à voir la beauté des paysages mais également les pollutions. Le canal du Midi à Toulouse en prend pour son grade tant il a été abimé pour cause d’urbanisation. Nous passons par les banlieues industrielles, de moins en moins industrieuses et de plus en plus abimées et sordides.
    « Au matin, sous le crachin qui estompe au loin la silhouette de la centrale thermique de Pantegnies, la ressemblance d’Aulnoy avec Belfast est encore plus frappante ; il n’y manque même pas les enseignes invitant à consommer de la Porter, ni les signes extérieurs de la foi, sous l’espèce de petites cages où l’on enferme des statues de la Vierge Marie. »

    Jean Rolin est un poète de tous les jours, un peintre littéraire. Sa plume se fait tantôt poétique, tantôt paysagère. Oui, Rolin est un écrivain paysagiste, qui regarde les canaux, leurs habitants, les villages riverains dans le fond des yeux. Et nous les restituent avec sa verve, son humour, sa poésie, ses grondements pour ne pas dire ses gueulantes.
    Dans ce livre, comme dans d’autres ouvrages, il décrit le quotidien, ses micro-aventures, ses rencontres. Ainsi sa description du canal de Briare, de sa gironde charcutière, son pétulant vieillard : « Nous y fûmes magnifiquement traité par une charcutière ronde et fraîche comme il sied à une dame adonnée aux pâtés et aux rillettes, puis fort bien accueilli dans un bistrot où nous allâmes aussitôt, sans aucune retenue, dévorer ce que venait de nous débiter a susdite charcutière, enfin reçu comme le fils prodigue par un long, mince et pétulant vieillard, coiffé d’une casquette de marinier juste assez usée pour n’avoir pas l’aire d’une pure fantaisie vestimentaire, que nous avions élu pour nous renseigner sur l’état du halage pari le lot habituel de pêcheurs. »
    « La nuit, le spectacle est peut-être encore plus déconcertant qu’au grand jour : au-dessus d’une mer d’ombre exhalant des coassements, des crins-crins de grillons et de lointains frémissements de feuillage, le pont-canal, bordé d’une double haie de réverbères en fonte, ressemble maintenant parfaitement à quelque avenue de cauchemar, absolument déserte, éclairée somptueusement mais en pure perte, lancée dans le vide et ne menant nulle part, ou Dieu sait où. » c’est vraiment cela !!
    Merci Jean Rolin, pour votre description peinture du « Latéral à la Loire » et du « Nivernais ». Je m’y suis bien retrouvée. Lorsque je reprendrai le chemin de halage pour faire quelques photos, je penserai à vous. Depuis la première parution de votre livre en 1980, quelques petites choses ont changé car nos élus prennent conscience de la valeur aussi bien touristique (surtout) qu’écologique des canaux et prennent soin d’eux.

    Un livre à surtout ne pas lire d’un seul trait, mais faire des escales, fermer les yeux, le reprendre plus tard. En faire un voyage immobile. Les mots de Jean Rolin s’y prêtent bien.
    Un bon moment de rêverie et de poésie.

    Jean Rolin, je vous ai découverte avec « Chrétiens », heureuse de vous retrouver sur ces « Chemins d’eau » et « Le ravissement de Britney Spears » m’attend.

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    Couverture du livre « Ormuz » de Jean Rolin aux éditions Gallimard

    David Vincent de MOLLAT sur Ormuz de Jean Rolin

    Il n'est pas certain que le titre du prochain livre de Jean Rolin à paraître aux éditions P.O.L soit tout de suite riche d'évocations à celui qui s'en approchera : Ormuz ? serait-on tenté de s'interroger. Ce nom sent bien l'Orient, le vrai, mais lequel ?

    Et puis de vagues réminiscences...
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    Il n'est pas certain que le titre du prochain livre de Jean Rolin à paraître aux éditions P.O.L soit tout de suite riche d'évocations à celui qui s'en approchera : Ormuz ? serait-on tenté de s'interroger. Ce nom sent bien l'Orient, le vrai, mais lequel ?

    Et puis de vagues réminiscences d'actualité voire de vagues souvenirs de géographie nous font tourner le regard vers ce détroit qui permet l'accès au golfe persique, ce qui laisse entrevoir aussitôt des questions stratégiques cruciales : l'Iran d'un côté, les pays arabes de l'autre, les Américains au milieu qui patrouillent sur une flotte très imposante, avec des porte-avions tellement énormes qu'on se demande quels ports pourraient les accueillir, c'est bien un de ces endroits où le monde joue à se faire peur, s'imagine en guerre, où les armes lourdes et chères se sentent à leur place, et où on devine que les rares habitants n'en mènent pas large (quelques dizaines de kilomètres entre le Sultanat d'Oman, les Émirats Arabes Unis et le pays des mollah).

    En creusant un peu le sujet, on trouve inévitablement du pétrole. Et du sable, beaucoup de sable. Bref, un endroit idéal (et partant très beau, comprend-on assez vite) pour retrouver Rolin l'arpenteur, aussi à l'aise dans un hôtel en bordure de périphérique que dans un Ibis du bout du monde. C'est en tout cas là qu'il a choisi de nous transporter et il est amusant de le lire à la fin d'un été particulièrement chaud et de suivre à grosses gouttes de sueur ses déambulations persiques et de sourire de ses aventures et du ton unique qui est le sien, mélange d'auto-dérision légère et de scepticisme érudit.

    Ormuz est un livre qui vous file entre les doigts, comme du sable s'écoulant d'une main, comme de la cire fondant au soleil. Et ce n'est bien entendu pas un hasard si le personnage central en est un certain Wax, figure improbable que nous allons croiser puis perdre de vue, fil rouge intermittent qui se fond dans les nuées et ressurgit sans prévenir : c'est un improbable ami (donc un double, évidemment) du narrateur qui n'est pas dupe de sa mythomanie, de ses délires, des trous dans sa biographie, de ses ambitions et de ses défis souvent imaginés au sortir de belles cuites. D'ailleurs c'est Ormuz qui est l'objet de son dernier délire puisque notre homme qu'on croit savoir ancien nageur d'élite, a décidé de traverser à la nage le fameux détroit (au moins 40 km...).

    Le narrateur, peut-être Jean Rolin (après tout il n'y a pas écrit "roman" en couverture), ne va pas être seulement le témoin de cette tentative mais son auxiliaire puisque lui revient la vague mission d'en assurer le récit mais aussi les repérages, les contacts, les analyses stratégiques (il faut savoir dans quel bain on va tremper ses pieds, et l'eau est souvent goudronneuse)... Comme nous ne sommes pas dans un livre d'aventure, Dieu merci, rien ne se passe comme prévu et d'ailleurs rien ne se prévoit, ni les apparitions du fumeux Wax, as de la fuite imprévue, ni les réactions des autochtones qui ont un peu de mal à saisir qui sont ces occidentaux qui posent beaucoup de questions. Tout le livre tend vers cet exploit à l'horizon et tout, sans arrêt, nous en éloigne : ce sont ces déambulations, ces repentirs, ces réflexions qui en constituent la matière. Raconter un territoire en nous faisant croire à un objectif est la vraie trouvaille de Rolin qui, comme personne, sait narrer l'éphémère des voyages, leur étrangeté, leur trivialité parfois, leur incongruité souvent.

    Pas d'histoire, mieux : des dizaines. Pas de décor, mieux : des paysages ahurissants, des lieux qu'on croirait indicibles s'il n'y avait le charme de cette prose serrée et faussement nonchalante. Comment expliquer sinon qu'on rentre dans un livre de Jean Rolin avec l'assurance qu'on ne le lâchera pas, quand bien même les vicissitudes de la diplomatie orientale, les souvenirs de guerre, les analyses de conflits nous échappent ? Est-ce que Wax se décidera enfin à trouver la plage idéale pour accomplir son défi absurde ? Rendez-vous dans Ormuz maintenant que les grandes chaleurs sont derrière nous...ou loin devant...