Jean-Paul Sartre

Jean-Paul Sartre
1905-1980 Jean-Paul Sartre est orphelin de père à deux ans et grandit à Paris, dans un milieu bougeois et intellectuel. Elève de l'Ecole Normale Supérieure, il est reçu à l'agrégation de philosophie en 1929. Il sera pensionnaire pendant un an à l'Institut français de Berlin où il complète son in... Voir plus
1905-1980 Jean-Paul Sartre est orphelin de père à deux ans et grandit à Paris, dans un milieu bougeois et intellectuel. Elève de l'Ecole Normale Supérieure, il est reçu à l'agrégation de philosophie en 1929. Il sera pensionnaire pendant un an à l'Institut français de Berlin où il complète son initiation à la phénoménologie de Husserl. De 1936 à 1939, il enseigne au Havre, à Laon et à Paris. Mobilisé à Nancy, il sera fait prisonnier, puis libéré en 42. En pleine occupation, il réussit à faire jouer Les Mouches (1943). Suit une période très créative où Sartre voyage aux Etats-Unis d'où il écrit des articles retentissants. Il publie L'Etre et le Néant et sa trilologie, Les Chemins de la Liberté. Il devient alors le chef de file d'une nouvelle gauche. En 1945, il crée la revue des Temps Modernes. Après avoir suivi la ligne du parti communiste, il blâme en 1956 la répression du soulèvement hongrois et en 1968, l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie. Pendant la guerre d'Algérie, il prend résolument parti pour le F.N.L. Non-conformiste sans concession, il refuse le prix Nobel en 1964. En avril 1980, vingt mille personnes suivront sa dépouile jusqu'au cimetière de Montparnasse. Et depuis? "Nous n'avons plus de contemporain capital, de philosophe vers qui nous tourner, d'écrivain qui prenait parti, sans embages. Nous souffrons d'un manque de réponses, mais plus encore, peut-être, d'un manque de questions. Le piédestal sur lequel se dressait la statue du petit homme est bien vide." J.J Brochier, dans Le Magazine littéraire, 1996 (Hors série) Bien au-dessus des querelles byzantines, philosophiques ou politiques, Sartre reste celui qui enseigne l'authenticité et la responsabilité. Philosophe de la liberté, il s'inscrit, n'en déplaise à certains, au panthéon des humanistes.

Avis sur cet auteur (30)

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    Couverture du livre « Les mots » de Jean-Paul Sartre aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur Les mots de Jean-Paul Sartre

    J'avoue, je n'ai jamais lu Jean-Paul Sartre et même si je l'ai abordé d'une façon détournée avec Simone de Beauvoir en particulier dans Les Mandarins (Tome 1 et 2) puisqu'elle s'est inspirée de lui et d'Albert Camus pour ses deux principaux personnages, je ne connais rien de sa plume, de son...
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    J'avoue, je n'ai jamais lu Jean-Paul Sartre et même si je l'ai abordé d'une façon détournée avec Simone de Beauvoir en particulier dans Les Mandarins (Tome 1 et 2) puisqu'elle s'est inspirée de lui et d'Albert Camus pour ses deux principaux personnages, je ne connais rien de sa plume, de son univers.

    J'ai pensé que le découvrir à travers une autobiographie était une première étape qui m'inciterait peut-être à le lire à travers ses œuvres. Scindé en deux parties "Lire" et "Ecrire" tout cela m'inspirait beaucoup car je suis toujours intéressée par tout ce qui touche à la lecture ou l'écriture surtout de la part d'un écrivain.

    Avec Les mots, l'auteur se penche sur son enfance (jusqu'à environ 15 ans mais principalement sur sa petite enfance jusqu'à 9 ans) auprès d'un grand-père maternel, Karl, professeur d'allemand, qu'il aimait et admirait et qui fut un père de substitution puisqu'il a perdu le sien très tôt, et sa mère, Anne-Marie, femme effacée qui trouva refuge auprès de ses parents après son veuvage et qui vivait sous la coupe de ce grand-père à la très forte personnalité.

    "Un père m'eût lesté de quelques obstinations durables faisant de ses humeurs mes principes, de son ignorance mon savoir, de ses rancœurs mon orgueil, de ses manies ma loi, il m'eût habité ; ce respectable locataire m'eût donné du respect pour moi-même. Sur le respect j'eusse fondé mon droit de vivre . (p73)"

    J'ai découvert sa filiation du côté maternel avec Albert Schweitzer (sa mère était sa cousine), qu'il était fils unique, aimé, choyé et cela se ressent tout au long de ses souvenirs. Il faisait l'objet de toutes les attentions, on fondait sur lui tous les espoirs. On avait pour lui de grandes espérances et très tôt il s'est plongé dans la lecture, vivant milles aventures avec entre autre Pardaillan comme héros. Mais il le reconnaît lui-même, il voulait être à l'image de ce que l'on attendait de lui et comme il était déjà très intelligent et réfléchi, il a su faire en sorte de correspondre ou de donner parfois l'illusion de correspondre aux attentes.

    Mais j'ai été agacée par le manque d'humilité de l'homme, avec un moi surdimensionné, lui, lui, lui et même s'il s'agit d'une Autobiographie, le ton parfois condescendant, les circonvolutions pour retracer son parcours de future grande plume de la littérature française m'ont parfois ennuyée voire agacée. Certes il se moque parfois de l'enfant qu'il était, s'amusant de ses supercheries mais j'ai trouvé que parfois il s'appesantissait trop.

    La première partie "Lire" est agréable et très accessible, on y découvre sa famille, ses origines, ses lectures, ses relations assez difficiles avec les autres mais quand on passe à la partie "Ecrire" cela part un peu dans tous les sens (pour moi). J'ai eu beaucoup de mal à suivre ses pensées, alternant imaginaire et réalité, apparence et vérité, parfois les époques, jouant souvent un double jeu que ce soit auprès des siens mais aussi auprès des autres enfants qu'il fréquentait.

    "Exister, c'était posséder une appellation contrôlée, quelque part sur les Tables infinies du Verbe ; écrire c'était y graver des êtres neufs ou - ce fut ma plus tenace illusion - prendre les choses, vivantes, au piège des phrases ; si je je combinais les mots ingénieusement, l'objet s'empêtrait dans les signes, je le tenais (p149)"

    J'ai par contre aimé l'écriture, très belle, dans laquelle on sent que l'auteur pèse chaque mot pour exprimer très exactement sa pensée, son ressenti, la situation mais sans que cela me paraisse toujours très clair. Et c'est peut-être cela qui a gêné ma lecture, à trop vouloir analyser le pourquoi du comment, retrouver la source de ses meurtrissures (sa petite taille, son strabisme), il va et revient sur tout ce qui l'a constitué avec parfois beaucoup de distance et de temps en temps malgré tout de l'humour.

    A la fin de cette autobiographie écrite au soir de sa vie, il ne peut éviter de jeter un regard sur sa propre mort, sa propre disparition mais restant vivant à travers son œuvre

    "... Pour renaître il fallait écrire, pour écrire il fallait un cerveau, des yeux des bras ; le travail terminé, ces organes se résorberaient d'eux-mêmes : aux environs de 1955, une larve éclaterait, vingt-cinq papillons in-folio s'en échapperaient, battant de toutes leurs pages pour s'aller poser sur un rayon de Bibliothèque nationale. Ces papillons ne seraient autres que moi. Moi : vingt-cinq tomes, dis-huit milles pages de texte, trois cents gravures dont le portrait de l'auteur. Mes os sont de cuir et de carton, ma chaire parcheminée sent la colle et le champignon, à travers soixante kilos de papier je me carre, tout à l'aise. Je renais, je deviens enfant tout un homme, pensant, parlant, chantant, tonitruant, qui s'affirme avec l'inertie de la matière. On me prend, on m'ouvre, on m'étale sur la table, on me plisse du plat de la main et parfois on me fait craquer. Je me laisse faire et puis tout à coup je fulgure, j'éblouis, je m'impose à distance, mes pouvoirs traversent l'espace et le temps, foudroient les méchants, protègent les bons. Nul ne peut m'oublier, ni me passer sous silence : je suis un grand fétiche maniable et terrible.(p159)"

    Pour rédiger cette chronique, j'ai relu certains passages et quand on les prend isolément, on est ébloui par la beauté et la précision de l'écriture, par la profondeur des sentiments évoqués et qu'il faut rapprocher du philosophe qu'il était.

    L'écriture m'a plu par contre l'homme m'a à la fois agacée par cet orgueil qui transpire souvent mais résultat peut-être de l'éducation reçue et "attendrie" par l'honnêteté de reconnaître que finalement il n'a été que le produit d'un milieu bourgeois où il a beaucoup joué un double jeu pour devenir, je dois l'avouer, une sacrée plume...

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    Couverture du livre « Huis clos ; les mouches » de Jean-Paul Sartre aux éditions Gallimard

    LivréeAElleMême sur Huis clos ; les mouches de Jean-Paul Sartre

    Découvert sur les bancs de l'école, j'ai adoré cette pièce. Un vrai chef d'oeuvre. "L'enfer, c'est les autres." Où se trouve l'enfer ? C'est philosophique, le plein de métaphores, réflexologique.. ça te prend et te conscientise, non?!

    Découvert sur les bancs de l'école, j'ai adoré cette pièce. Un vrai chef d'oeuvre. "L'enfer, c'est les autres." Où se trouve l'enfer ? C'est philosophique, le plein de métaphores, réflexologique.. ça te prend et te conscientise, non?!

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    Couverture du livre « Les mots » de Jean-Paul Sartre aux éditions Gallimard

    Carrie sur Les mots de Jean-Paul Sartre

    De Sartre, je ne connaissais pas grand chose. Je n'en connais pas davantage après avoir lu Les mots.
    Sartre était pour moi un petit bonhomme au visage de crapaud, fumant des cigares au Café de Flore, flirtant avec Simone de Beauvoir et, surtout, brouillé avec Albert Camus, écrivain que je...
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    De Sartre, je ne connaissais pas grand chose. Je n'en connais pas davantage après avoir lu Les mots.
    Sartre était pour moi un petit bonhomme au visage de crapaud, fumant des cigares au Café de Flore, flirtant avec Simone de Beauvoir et, surtout, brouillé avec Albert Camus, écrivain que je place très haut dans la panthéon littéraire depuis que je l'ai lu pour la première fois. Aimant Camus, Sartre n'était donc pas pour moi. J'avais lu Huis Clos qui ne m'avait pas laissé non plus un souvenir impérissable.

    Les mots traînait dans ma bibliothèque depuis plus de 20 ans. Je l'ai ouvert et les premières pages m'ont en quelque sorte happée. Puis j'ai continué et l'ai finalement lu jusqu'au bout, presque d'une traite.

    Il s'agit d'un récit autobiographique de l'enfance de Sartre. Je ne peux m'empêcher de me demander ce qui relève quand même de la vérité ou de la fiction. Non pas que je l'accuse d'avoir voulu nous leurrer, mais les souvenirs sont souvent teintés d'enjolivement, voire d'invention.
    L'écriture est belle, rien à redire, je crois d'ailleurs que c'est elle qui m'a tenue en haleine. Le récit en lui-même, s'il m'a fait sourire quelquefois, ne m'a pas beaucoup touchée, l'ayant trouvé très narcissique et truffé deci delà de fausse modestie.

    Je laisserai néanmoins une chance à Sartre de me plaire par un de ses romans ou une de ses pièces.

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    Couverture du livre « Le mur » de Jean-Paul Sartre aux éditions Gallimard

    AuxPetitsBonheurs sur Le mur de Jean-Paul Sartre

    Des nouvelles aux symboliques puissantes, accompagnées d'une ironie sartrienne agréable.

    Des nouvelles aux symboliques puissantes, accompagnées d'une ironie sartrienne agréable.