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Jean-Paul Delfino

Jean-Paul Delfino

Jean-Paul Delfino, romancier et scénariste, vit et travaille à Aix-en-Provence. Il a publié Corcovado (2005, Prix Amerigo Vespucci), Dans l'ombre du Condor (2006), Samba triste (2007), Zumbi (2009), Pour tout l'or du Brésil (2011), Pour l'amour de Rio (2012) et Brasil (2013). Il est aussi scénari...

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Jean-Paul Delfino, romancier et scénariste, vit et travaille à Aix-en-Provence. Il a publié Corcovado (2005, Prix Amerigo Vespucci), Dans l'ombre du Condor (2006), Samba triste (2007), Zumbi (2009), Pour tout l'or du Brésil (2011), Pour l'amour de Rio (2012) et Brasil (2013). Il est aussi scénariste (notamment de United Passions, un film sur l'histoire de la FIFA avec Gérard Depardieu et Tim Roth, dont la sortie est prévue en juin 2014 à l'occasion de la coupe du monde de football au Brésil). Il est également l'auteur de deux ouvrages sur la musique populaire brésilienne qui font aujourd'hui référence, Brasil bossa nova et Brasil a música.

Articles en lien avec Jean-Paul Delfino (2)

Avis sur cet auteur (27)

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    Couverture du livre « L'homme qui marche » de Jean-Paul Delfino aux éditions Heloise D'ormesson

    Passemoilelivre sur L'homme qui marche de Jean-Paul Delfino

    Théophraste Sentiero, la quarantaine, marié, a deux enfants et souffre d'une affection des pieds qui s'agitent à son insu de mouvements qu'il réfrène avec difficulté. Il enchaîne des petits boulots qui lui permettent de faire vivre simplement sa famille et rencontre Anselme Guilledoux, un vieux...
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    Théophraste Sentiero, la quarantaine, marié, a deux enfants et souffre d'une affection des pieds qui s'agitent à son insu de mouvements qu'il réfrène avec difficulté. Il enchaîne des petits boulots qui lui permettent de faire vivre simplement sa famille et rencontre Anselme Guilledoux, un vieux libraire aveugle qui va changer sa vie…. Ses déambulations à pied dans la capitale s'accompagnent de rencontres avec des personnages hauts en couleur qui répandent un humour réjouissant. le style enlevé de Jean-Paul Delfino, la truculence de son vocabulaire, la cocasserie des situations qu'il imagine constituent un vrai régal pour le lecteur.

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    Couverture du livre « L'homme qui marche » de Jean-Paul Delfino aux éditions Heloise D'ormesson

    Sophie Gauthier sur L'homme qui marche de Jean-Paul Delfino

    D'abord se prénommer Théophraste quand on convient soi-même que la lecture nous est "terra incognita", c'est déjà pas de chance. Abrégé en Théo, le prénom est certes moins insolite mais recèle une discrète connotation divine que ne confirme pas vraiment 'existence dudit Théo.

    Deuxième coup...
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    D'abord se prénommer Théophraste quand on convient soi-même que la lecture nous est "terra incognita", c'est déjà pas de chance. Abrégé en Théo, le prénom est certes moins insolite mais recèle une discrète connotation divine que ne confirme pas vraiment 'existence dudit Théo.

    Deuxième coup du sort et nouveau clin d'oeil divin : être né le 25 décembre et devoir accepter sans protester qu'un seul cadeau célèbre à la fois Noël et l'anniversaire.

    Mais ce serait bien peu de chose si la vie de Théo (phraste) était réjouissante. Hélas ! Son métier (repêcheur de trottinettes, vélos et autres dans la Seine) n'est pas franchement épanouissant ; sa belle-mère le hait ; sa femme le trompe (ou pas) ; il hait la concierge de l'immeuble. Dans cette grisaille insipide, les seules éclaircies sont ses passages au Gay-Lu, bistrot où il retrouve d'autres solitudes. Mais le Gay-Lu va fermer et même ce refuge lui sera interdit.

    Alors quand ses pieds se mettent à pédaler mécaniquement de jour comme de nuit, qu'il soit assis, debout ou couché, c'est peut-être le signal qu'est venu le temps de cheminer. D'autant que son nom de famille (Sentiero) semble le prédestiner à arpenter les petits chemins qui sentiront peut-être la noisette...

    Et il marche, Théo. Dans un Paris stylisé et nostalgique, il marche pour tenter de retrouver l'Inconnue aperçue un jour et peut-être oser lui parler. En chemin, l'humanité étriquée qu'il connaissait s'élargit et, de même que ses pieds se mettent en branle, son regard se dilate et ses pensées s'étoffent. Ses trajectoires croisent tout un assortiment de personnages truculents, comme sortis des romans de Blondin, Fallet ou d'un film d'Audiard. Parmi eux, Anselme Guilledoux, le libraire aveugle, devient paradoxalement son guide et son mentor. Peu à peu, en marchant, Théo devient lui-même.

    Quel bonheur de pouvoir marcher dans Paris aux côtés de Théo ! De démasquer les personnes que l'on croise et de s'en approcher jusqu'à les toucher et être touché. De même que le Paris où pérégrine Théo s'efface derrière des façades ravalées et des bureaux modernes, la désinvolture du flâneur paraît un paradis perdu. Et retrouver, par le roman de Jean-Paul Delfino, cet état de disponibilité bohème que l'on éprouve en déambulant dans une grande ville est un délice teinté de mélancolie.

    C'est une des raisons qui m'ont fait dévorer ce roman d'apprentissage, roman de quête et roman d'aventures. J'en ai aimé aussi l'écriture qui portraitise tout un monde à la fois hors du temps et fichtrement contemporain. Parfois humoristique, parfois ironique, parfois grave, le ton distille une petite musique qui se niche dans la tête pour n'en plus ressortir. Un roman savoureux !

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    Couverture du livre « L'homme qui marche » de Jean-Paul Delfino aux éditions Heloise D'ormesson

    Isa Pouteau sur L'homme qui marche de Jean-Paul Delfino

    Il aura fallu la fermeture prochaine du bistrot parisien le Gay-Lu, dans le quartier latin, pour que l’on en pousse la porte. On y découvre tout un petit monde d‘habitués, « ces bras cassés, ces bois-sans-soif, ces suce-glaçons » qui viennent refaire le monde dans un « troquet parigot ».
    Et...
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    Il aura fallu la fermeture prochaine du bistrot parisien le Gay-Lu, dans le quartier latin, pour que l’on en pousse la porte. On y découvre tout un petit monde d‘habitués, « ces bras cassés, ces bois-sans-soif, ces suce-glaçons » qui viennent refaire le monde dans un « troquet parigot ».
    Et c’est là que l’on rencontre Théophraste Senterio, un quadragénaire « pêcheur de bicyclettes, de trottinettes et de cadavres » atteint depuis peu d’une drôle de maladie qui agite ses jambes de mouvements incontrôlés.
    Marchant dans les rues de Paris pour calmer cette danse de St Guy, Théo croise une palette de personnages tous plus originaux les uns que les autres, un kiosquier ancien boxeur, un chauffeur de VTC toujours armé, un mendiant cul de jatte, une fausse anglaise peintre, une ancienne prostituée au long cours et une belle inconnue sur le Pont Neuf.
    Mais celui qui va changer sa vie, est un vieux libraire aveugle, Anselme, bien décidé à lui ouvrir les yeux sur le vrai sens de l’existence. Car Théo fier d’être « gaulois, français et parisien », mène une vie sinistre d’ennui et se voit comme « un lâche du quotidien ».
    Grâce aux livres que lui fait découvrir l’irascible libraire, il se met à regarder le monde d’une autre façon et décide de suivre la route que ses jambes en mouvement perpétuel choisissent pour lui.
    Une rocambolesque ballade dans les rues de Paris à la rencontre de personnages hauts en couleur, rescapés de vies hors du commun, à qui l’auteur, de sa plume savoureuse, prête des dialogues épicés et cocasses.
    Un roman à la Queneau ou à la Blondin que l’on lit comme une réjouissante pérégrination au cœur de la capitale mais qui peut aussi réveiller en chacun de nous des questions essentielles sur les vraies envies de chacun.
    Si je me suis amusée tout au long de cette histoire, je l’ai trouvée au final bien plus que distrayante et elle m’a interrogée sur la suffisante satisfaction que l’on peut tirer de sa propre vie.
    Car comme le dit le libraire philosophe :
    « Quoi qu’on dise, on ne sera jamais que le résultat de toutes les décisions qu’on a prises, qu’on prend. Ou qu’on va prendre. Se plaindre de l’existence qu’on mène, c’est aussi idiot que de râler parce qu’on n’a pas gagné au loto. Si vous voulez gagner, il faut commencer par jouer … ».
    Une perle à ne pas manquer.

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    Couverture du livre « Assassins ! » de Jean-Paul Delfino aux éditions Heloise D'ormesson

    Benoit LACOSTE sur Assassins ! de Jean-Paul Delfino

    http://www.alombredunoyer.com/2019/09/08/assassins-jean-paul-delfino

    Ce livre avait tout pour me plaire. Il est politique et engagé, il parle d'un grand auteur français controversé dont la mort reste à tout le moins suspecte et il est écrit par un écrivain réputé pour sa belle plume que...
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    http://www.alombredunoyer.com/2019/09/08/assassins-jean-paul-delfino

    Ce livre avait tout pour me plaire. Il est politique et engagé, il parle d'un grand auteur français controversé dont la mort reste à tout le moins suspecte et il est écrit par un écrivain réputé pour sa belle plume que j'apprécie.

    La dernière nuit

    "Mais il ne crèverait pas comme un chien ! Il était Zola! Emile Zola! Le peintre de tout un peuple! Le porte-parole d'une humanité en souffrance qu'il avait défendue au fil de milliers de pages. un héros tel que lui ne pouvait pas mourir, bêtement dans son lit, à la façon d'un rentier ou d'un bourgeois. Enfin, quoi? IL lui restait tant de choses à accomplir, tant de cathédrales, d'usines, de palais ou de moulins à vent à épingler de sa plume! L'histoire, son histoire à lui, ne pouvait pas s'achever ainsi."

    Jean-Paul Delfino nous conte durant un peu moins de 250 pages passionnantes les dernières heures d’Émile Zola et plus spécifiquement sa dernière nuit, celle du scandale et de toutes les interprétations possibles.

    Si la raison de la mort est connue, une intoxication par monoxyde de carbone, quel en est l'origine? Un stupide accident domestique? ou un assassinat "politique"?

    Durant douze chapitres, alternant le point de vue de Zola et celui de ses opposants, il explore ces deux pistes en nous plongeant dans une époque où la violence, l'intolérance, l'antisémitisme et la haine sont quotidiens. Très documenté, d'un réalisme frappant, il dresse un portrait des plus obscurs de la France de cette fin de siècle dans laquelle "tous les coups semblent permis".

    Des histoires parallèles

    "Et maintenant? il ne se résumait plus qu'à cette peur. Il s'en allait. on le poussait à partir. Mais qui? Et pourquoi? On l'avait empoisonné? Certainement. ou bien autre chose. Cela n'avait strictement aucune importance de savoir comment l'on mourait. Mais il n'abdiquerait pas sans avoir répondu à ces deux questions. Qui? Et pourquoi?"

    D'un côté, Zola passe en revue sa vie. Il se remémore son enfance, son mariage avec Alexandrine, sa Coco, mais également Jeanne, sa maîtresse et mère de ses deux enfants illégitimes. Il évoque ses combats au travers de ses romans, ainsi que l'affaire Dreyfus bien entendu. Aussi attachant qu'émouvant, Jean-Paul Delfino rend un bel hommage à l'italien. Le lecteur ne peut que comprendre et souffrir avec le grand homme, homme politique au sens premier du terme qui se sera battu jusqu'à l'ultime seconde.

    "J'en suis sûr. Ce traître ne peut pas être mort assassiné, ce serait contre nos intérêts. Si cette nouvelle venait à se répandre, nous ferions de ce métèque un héros. Et c'est nous qui lui ouvririons toutes grandes les portes du Panthéon. Puis, qui sait? Il se pourrait que nous lui permettions d'avoir une place à l'Académie française, à titre posthume. Décidément non. Vous ferez ce que vous voudrez avec votre journal. Pour ce qui me concerne, ma décision est prise et je n'en démordrai pas. Ce vaniteux est mort par la faute à pas de chance. Vous avez pour habitude de clamer que l'Histoire est écrite par ceux qui tiennent la presse. L'Histoire retiendra donc la version que nous lui servirons."

    De l'autre, Drumont et ses acolytes eux se regroupent et manigancent. Leur but? Renverser la 3ème République, prendre la tête du pays afin de "nettoyer la France des juifs". Le rôle de l'Eglise est loin d'être neutre... Cette immersion dans le monde du pouvoir est glaçante et édifiante. C'est la politique telle qu'on l'exècre, celle des coups bas, des petits arrangements entre amis et autre travestissement de la vérité.

    Une lecture aussi fluide que prenante

    "Lorsque Cézanne la lui avait présentée, elle n'était qu'une fille de rue, une grisette. Selon l'humeur, elle se disait modèle, blanchisseuse ou vendeuse de fleurs sur la place Clichy. Pas d'éducation, mais une charpente solide, une nature déjà plantureuse, un regard charbonneux et des éclats de voix à faire sursauter le bourgeois dans la rue. Elle posait pour des barbouilleurs maudits ou sans talent. Pourquoi l'avait-elle choisi, lui, le petit binoclard venu de sa province, pas même dessalé? Cela resterait à jamais un mystère. Ils s'étaient aimés."

    Pouvant se comparait à une enquête, ce roman est aussi original que prenant.

    L'écriture est riche et belle. Le style est extrêmement fluide, ce qui constitue un gros point fort du roman. Jamais le lecteur n'est perdu malgré les histoires parallèles. Tout est parfaitement maîtrisé par Jean-Paul Delfino. Ce dernier s'engage, pique, ironise et parfois fait sourire, tant certaines situations trouvent écho avec notre monde contemporain.

    Captivant et haletant de la première à la dernière ligne, j'ai beaucoup aimé Assassins! Je ne peux que vous recommander ce superbe hommage à Zola que nous offre Jean-Paul Delfino. Une très belle réussite de cette rentrée littéraire.

    4,5/5

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