Jean Mouzet

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Avis (1)

  • Couverture du livre « Éclats d'actions » de Jean Mouzet aux éditions Stock

    NADIA D'ANTONIO sur Éclats d'actions de Jean Mouzet

    Quand on lit une longue préface bien détaillée de 13 pages, de Sylvain Tesson, écrivain et grand voyageur, président de la Guilde, pour le livre de Jean Mouzet : « Éclats d’actions - La Guilde Européenne du Raid», on ne peut que s’attendre à lire un ouvrage sortant de l’ordinaire.
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    Quand on lit une longue préface bien détaillée de 13 pages, de Sylvain Tesson, écrivain et grand voyageur, président de la Guilde, pour le livre de Jean Mouzet : « Éclats d’actions - La Guilde Européenne du Raid», on ne peut que s’attendre à lire un ouvrage sortant de l’ordinaire.
    Sylvain Tesson commence ainsi :
    « UNE MYSTIQUE DE L’ACTION
    D’abord permettons-nous une définition. On y verra plus clair, car il s’agira ensuite de s’intéresser à d’étranges destins privés et de belles vertus publiques. Il importe donc de savoir de quoi l’on va parler. (...)
    La Guilde européenne du Raid est une association reconnue d’utilité publique, fondée il y a cinquante ans. On la connaît peu car la communication – veau d’or de notre époque – ne fut pas son fort. Son mutisme fut sa noblesse. Ce livre lui rend une place qu’elle n’a jamais voulu occuper : une place visible.
    La Guilde propose à de jeunes volontaires de s’engager sur le théâtre du monde pour le salut des autres ou pour l’édification de soi. »

    Jean Mouzet est né en 1990, est un écrivain français. Il a étudié la philosophie à la Sorbonne, codirigé le numéro "Les philosophes et la psychologie" de la Revue philosophique et collaboré à Philosophie Magazine. Il est bien connu pour avoir traduit le roman argentin « Le Modèle aérien « de Leonardo Sabbatella (Tituli, 2015).

    Son livre est divisé en six chapitres : Rompre – Être – Risquer– Résister – Réaliser -Rechercher.

    Cette Guilde est une ONG au sein du service de l’Aventure et de la Solidarité et son action porte sur une trentaine de pays. Étant très peu connue (ainsi que signalé par Sylvain Tesson dans la préface) et compte tenu de l’importance de ses « actions », il est tout à fait juste d’en parler enfin : « Faire ce dont les autres rêvent, dit la devise de la Guilde. Il était temps qu’un livre raconte l’histoire de cette confrérie impossible ».
    Au départ, elle s’était plutôt consacrée au domaine de l’aventure et parmi ses participants, on a la surprise d’apprendre que des personnalités telles que Paul-Emile Victor, Henry de Monfreid, Roger Frison-Roche, Philippe de Dieuleveult, Patrice Franceschi et tellement d’autres dont j’ignorais totalement leur appartenance à cette Guilde.

    On apprend qu’aujourd’hui elle est dirigée vers deux principaux thèmes : la solidarité internationale mais aussi l’aventure.

    Patrick Edel qui s’est posé la question suivante : « Comment un détenu politique tout juste libéré réussit-il à ne pas renoncer aux idéaux qui l’ont précisément conduit à l’endroit d’où il vient de sortir ? » a créé cette Guilde. Elle est « à la fois cette tentative, ce moyen, cette aventure, échappant à toute définition administrative, sortant de l’esprit d’un garçon qui rêva d’honneur et de fidélité derrière les murs d’une prison pendant que les bourgeois de son âge préparaient les molles barricades de Mai 68. » Et le mot d’ordre en était : « Action ! », mot qui est toujours d’actualité.

    Sylvain Tesson finit sa préface par ces mots : « Elle a un demi-siècle et n’a pas vieilli. Après tout, rien n’est plus jeune, c’est-à-dire plus éternel, que le regard posé sur la carte du monde par un garçon ou une fille de vingt ans.
    Imaginons-les.
    Ils se penchent sur le planisphère et murmurent : « Par où commence-t-on? ».
    Par sonner à la Guilde, les gars ».

    Et c’est parti mais c’est très difficile de parler de ces 266 pages aussi riches en renseignements inattendus : descriptions des interventions de tous ces humanitaires – les actions entreprises avec tous les risques encourus – le courage et la foi dans les « actions » - le mépris des convenances – l’acharnement pour arriver au succès de leurs opérations… mais aussi leur humour même dans des circonstances graves.

    On y parle de la bataille d’Alger en 1957 avec des réseaux terroristes mais aussi du Biafra avec son génocide, de Kouchner qui ne voulait pas reproduire le même schéma de la Croix-Rouge qui n’avait pas dénoncé les camps d’extermination nazis.
    Une évocation est faite sur le Rwanda en 1994  : « guerre aux Arabes et assimilés, dite guerre contre le terrorisme, depuis 2001. » (page 71).

    Je passe sur d’autres événements (très importants malgré tout) et j’arrive à Patrice Franceschi qui avait décroché une « bourse de l’aventure en 1975 pour son premier raid au Congo, et une seconde en 1976 avec Hugues Tissandier et Pascal Manoukian pour l’expédition Yacumo » dont il allait tirer le récit « Terre Farouche » ainsi que le film « Cariba et Cariba, » prix du jeune réalisateur au premier film d’aventure, créé par la Guilde en 1977 et qui revendique aujourd’hui quinze mille visiteurs par an ». (page 83).

    Un passage qui m’a beaucoup intéressée est celui portant sur Philippe de Dieuleveult :
    « UN SECRET DE POLICHINELLE
    Philippe de Dieuleveult est tué voici trente ans. On l’a dit noyé avec ses amis, de l’Africa Raft. Il est cocasse que les Français s’interrogent encore et ce, nonobstant le colportage de la puissante radio-trottoir de Kinshasa. Au Congo-Zaïre, personne n’a jamais cru dans la noyade. » (page 115). Malgré l’ancienneté des faits, il est un personnage mythique, hors du commun, un baroudeur qui n’avait peur de rien et dont l’énigme de la disparition perdure toujours. Cet officier parachutiste devenu présentateur vedette d’une émission télévisée : « La Chasse aux trésors », « ne se complaisait pas aux mises en scène de l’aventure à la télé » (page 111). Il gardait en lui une action autrement plus importante, plus grave et c’est certainement cela qui lui a coûté la vie lors d’une expédition devant traverser l’Afrique centrale d’Est en Ouest. Malgré toutes les recherches entreprises, aucun corps, ni le sien ni celui de ses compagnons de l’Africa Raft n’ont jamais été retrouvés. Le thème de la noyade avait été évoqué mais même Patrice Franceschi, venu participer aux recherches, doute de la façon dont sont morts ces aventuriers.

    Au fur et à mesure des années la Guilde prend de l’importance et se retrouve également en Afghanistan pour tenter de porter secours à la famine qui sévit. Mais si la Guilde fournit de l’alimentation on lui demande des armes et de l’argent pour en acheter. Et « l’action politique prend de l’ampleur » : « Avec Laurence Laumonier d’Aide médicale internationale, Maréchaux critique les Américains pour la distribution exclusive de leur aide aux services secrets pakistanais, qui la livrent aux seuls partis islamistes de Peshawar : « A ce compte-là, nous refusons de participer ! Démerdez-vous ». Les Américains cèdent. Pas le choix. ». (page 166).

    Mais je m’aperçois qu’il est impossible de parler de tout ou du moins de la plus grande partie de ces actions qui sont vraiment des « Éclats d’actions » car les événements y sont tellement nombreux, ces actions tellement diversifiées, que le gros risque en faisant la critique de ce livre est de donner la préférence à certaines et laisser dans l’ombre d’autres. C’est fort dommage mais c’est aussi le but d’une critique : laisser place à l’imagination du futur lecteur et le laisser découvrir tout cet univers particulier. On ne peut que saluer le courage de tous ces hommes et femmes qui ont agi au sein de cette Guilde et qui continuent à le faire. Je peux quand même tenter l’éventuel lecteur intéressé par cette œuvre, en lui disant que la Guilde s’est retrouvée aussi en Indochine, au Cambodge, en Irak, en Amérique du Sud, au Liban...

    Cet ouvrage, tout en étant très sérieux et décrivant des événements tragiques, réussit à conserver un grand humour (digne de Sylvain Tesson). C’est peut-être son style qui transparaît et il n’est pas étonnant qu’il soit le président de cette Guilde.

    Une bibliographie se trouve en fin de livre pour les différents et nombreux documents cités ainsi qu’un chapitre sur la Guilde aujourd’hui.

    Je retranscris les paroles du fondateur, Patrick Edel :
    « L’aspiration des masses aux satisfactions de Sancho Panza nous fait souhaiter que la Guilde poursuive, aristocratique et intempestive, au troisième millénaire, l’impossible quête de Don Quichotte. » Patrick Edel, n° (N°54, 1991).
    - Il faut bien s’occuper.
    - Ouais. »

    Je sais déjà que c'est un livre que je relirai pour mieux en appréhender d'autres facettes que celles d'une première lecture.

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