Jean Dherbey

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Avis (1)

  • Couverture du livre « Vents d'en haut » de Jean Dherbey aux éditions Elan Sud

    Dominique Lin sur Vents d'en haut de Jean Dherbey

    Il est des vieux souvenirs qu’il ne faut pas ressortir, au risque d’y découvrir une trace d’un passé totalement ignoré. C’est ce que Thomas va apprendre le jour où d’un vieux cahier donné par son père tombe une enveloppe sur laquelle quelques mots maladroits et mal orthographiés ont été écrits...
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    Il est des vieux souvenirs qu’il ne faut pas ressortir, au risque d’y découvrir une trace d’un passé totalement ignoré. C’est ce que Thomas va apprendre le jour où d’un vieux cahier donné par son père tombe une enveloppe sur laquelle quelques mots maladroits et mal orthographiés ont été écrits par son grand-père : « Je vous aime, je veux m’excusé, te demandé pardon… »

    Il est question de Marie-Louise, aimée en secret pendant « soissante ans » et d’un fils né à Avignon.
    Une fois le choc et l’écornage de l’image si belle de son grand-père passés, Thomas se met en devoir de remonter les pistes, s’ils sont encore vivants, de la mère et du fils.

    Il retrouve Marie-Louise pleine de vie et de verve, approchant le siècle, dans une maison de retraite. Répondant aux premières questions avec élégance, elle accepte de revoir Thomas à la condition qu’il passe « le rite d’initiation digne d’un héros de la mythologie… » De la Grande Moucherolle, dans le Vercors, là où « elle a commencé à voir briller les étoiles qui ne se sont jamais éteintes », il devra rapporter une pierre du sommet. L’aventure de la montagne commence sur ce prétexte, une première montée sans grandes difficultés.
    C’est ensuite, quand Thomas va retrouver le fils, son demi-oncle, que cela va monter en charge. Georges, homme silencieux, ne se livre pas non plus facilement. Il faudra que Thomas accepte de l’accompagner là-haut, en cordée, où les hommes apprendront à se parler un peu, puis un peu plus, au fil des épreuves que la montagne impose aux hommes qui s’y aventurent.

    C’est l’intimité de cette montagne qu’il connaît bien que Jean Dherbey nous livre. C’est la cordée, avec la responsabilité de celui qui est devant et de celui qui est derrière, c’est le bivouac avec les bruits de la montagne, les roches qui craquent dans le silence de la nuit quand la température change, et c’est surtout une grande leçon d’humilité et de respect pour celle qui vous laisse la pénétrer.

    Nul besoin d’être montagnard pour apprécier ce roman, nul besoin de chausser les crampons pour aller sur le glacier en prenant garde aux crevasses lorsque le brouillard étouffe tout repère.
    Jean Dherbey aime la montagne, c’est évident, il y passe des journées entières depuis toujours, et elle le lui rend bien. Lorsqu’il pose la main sur une roche, du bout des doigts, il sait reconnaître sa nature, sait si elle est dure ou friable, pour mieux ajuster sa prise.

    Son rapport à la nature grand format ne s’arrête pas là. Au risque de surprendre, il nous invite aussi dans le désert, là où la dune chante, là où la nature est différente en apparence, mais similaire dans sa puissance, dans le respect que l’homme doit avoir pour s’y aventurer.

    Après ses deux premiers romans sur l’Ukraine aux personnages multiples, Jean Dherbey s’est contenté de cinq personnages principaux : Thomas, le grand-père, Marie-Louise, George et… la montagne. Ils sont tous puissants, entiers, mais aussi craquelés par une vie déroutante.
    L’auteur a su transcrire toute la poésie que lui inspire la solitude grandiose des sommets.

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