James Frey

James Frey
James Frey est originaire de Cleveland, aux États-Unis. Ses quatre romans «Mille morceaux», «Mon ami Leonard», «L.A. Story» et «Le Dernier Testament» de Ben Zion Avrohom sont des best-sellers internationaux. Il est également à l'origine de la série pour adolescents «Numéro Quatre», parue sous le ... Voir plus
James Frey est originaire de Cleveland, aux États-Unis. Ses quatre romans «Mille morceaux», «Mon ami Leonard», «L.A. Story» et «Le Dernier Testament» de Ben Zion Avrohom sont des best-sellers internationaux. Il est également à l'origine de la série pour adolescents «Numéro Quatre», parue sous le pseudonyme Pittacus Lore. Il a co-écrit «Endgame» avec Nils Johnson-Shelton. Traduit en 42 langues, publié dans 118 pays, il est considéré comme l'un des meilleurs écrivains de sa génération par le magazine américain Esquire et par le prestigieux quotidien britannique The Guardian.

Articles (2)

  • Un léger passage à vide de Nicolas Rey
    Un léger passage à vide

    Nicolas Rey, la coqueluche des jeunes filles brûlantes et des incorrigibles romantiques est de retour après quatre ans de silence littéraire. Une absence qu’il développe dans Un léger passage à vide, publié à l’occasion des dix ans des éditions du Diable Vauvert, la maison qui l’a découvert et qui a fait son succès.

  • L.A.Story de James Frey
    de James Frey

    Il y a Houellebecq en France et James Frey aux Etats-Unis. Les Américains ne nous avaient pas habitués à un écrivain de cette trempe, capable de déclencher des scandales pour des questions… de style.

Avis (20)

  • add_box
    Couverture du livre « Endgame T.3 ; les règles du jeu » de James Frey et Nils Johnson-Shelton aux éditions Gallimard-jeunesse

    Lunartic sur Endgame T.3 ; les règles du jeu de James Frey - Nils Johnson-Shelton

    Tout d'abord, commençons par le commencement (c'est parfaitement logique et évident ce que je viens de dire... bref...). Je tiens, comme toujours, à remercier les éditions Gallimard Jeunesse pour la confiance qu'ils ont en moi, en mes chroniques livresques, au vu des services presse que je...
    Voir plus

    Tout d'abord, commençons par le commencement (c'est parfaitement logique et évident ce que je viens de dire... bref...). Je tiens, comme toujours, à remercier les éditions Gallimard Jeunesse pour la confiance qu'ils ont en moi, en mes chroniques livresques, au vu des services presse que je demande et que je reçois dans les plus brefs délais. Ce partenariat est signe pour moi de la crédibilité de mon blog, de l'importance qu'il a dans ma vie, et c'est aussi une démonstration de ma passion pour cette activité si enrichissante à mes yeux, pour moi comme pour mes fidèles visiteurs. Donc, je me dois de remercier Gallimard de m'offrir ces opportunités merveilleuses d'exprimer mon amour de ma lecture à travers mes chroniques sur leurs dernières parutions. Il fallait que j'exprime ma gratitude et ma reconnaissance pour cette chance unique qu'ils m'ont donnée. Pour ce nouveau service presse, j'ai choisi le tome trois de la fameuse saga à énigmes Endgame, qui a tant fait parler d'elle. (Il faudra que je poste à nouveau mes chroniques des deux premiers tomes à l'occasion...). Je ne pouvais pas passer à côté du tome final de cette série livresque pour la jeunesse qui m'a captivée de bout en bout. Je dois vous avouer que, bien sûr, comme pour toute fin de saga, j'appréhendais ce grand moment : allais-je être déçue d'une fin que j'attendais avec une si grande impatience ? Ou au contraire être satisfaite de cette fin qui clôt tout en beauté ? Allais-je refermer le livre le cœur lourd de quitter cet univers ? Découvrez les réponses à ces questions si dessous.

    On quittait le tome deux d'Endgame en plein cliffhanger. La nature de la clé du ciel avait été révélée, et quelle révélation, on voit que la perversité des Créateurs est poussée loin ! ; le combat pour la dite clé du ciel acharné, et on nous laissait en plan avec une mère dévastée d'avoir été séparée de son enfant, dont la famille venait juste d'être massacrée dans l'optique d'arrêter toute cette folie (oui, c'est franchement bizarre dit comme ça), et avec un enfant de treize ans sans pitié et à l'instinct de tueur abattu - c'est pas plus mal vous me direz ... c'est horrible ce que je viens d'écrire, voyez comment Endgame contamine même l'esprit supposé sain du lecteur ... Je dis bien « supposé » ... et un autre qui s'enfuit avec les deux clés en sa possession. Petit rappel : trois clés = Clé de la Terre + Clé du ciel + Clé n°3 + un Joueur + Kepler 22B = GAME OVER POUR L'HUMANITE TOUTE ENTIERE. Capiche ? Pour ceux qui ont l'impression que je parle chinois, cela signifie que vous n'avez pas lu Endgame. Je vais vous la faire en une phrase : douze Joueurs issus de douze lignées cherchent trois clés pour les Créateurs, ici représenté par Kepler 22B, et s'affrontent pour la vie afin d'éviter la fin du monde. Vous voyez le topo ? Et bien sûr, un seul doit survivre et les autres = kaputt. Vous comprenez alors qu'à la fin du tome deux, j'en avais le cœur qui battait la chamade à l'idée que l'un des Joueurs restants puisse potentiellement gagner. Lire le tome trois était alors indispensable pour calmer mon rythme cardiaque et avoir enfin l'issue de ce jeu particulièrement vicieux. On suit alors la poignée de Joueurs qui continuent ... à jouer, enfin on va dire ça (il y en a moins de la moitié qui sont encore vivants, je précise), ou justement pas d'ailleurs, à travers le monde pour récupérer la troisième clé : la Clé du Soleil (effet lumineux autour de cette révélation). Ce que j'ai adoré dans cette saga et qu'on retrouve dans les trois tomes, c'est un rythme effréné qui ne s'arrête jamais : les personnages voyagent aux quatre coins du monde, à la recherche d'indices, d'éléments leur permettant de mieux saisir Endgame, qui est une énigme en soi, THE enigme même je dirais, et aussi de se retrouver eux-même. En effet, au fur et à mesure de l'histoire, les personnages évoluent, entrent dans leur rôle de Joueur, qui ont le destin de leur lignée et de toute l'humanité entre les mains, remettent ce dit rôle en question, prennent conscience de leurs responsabilités, et campent leur position. Ce qui est intéressant à voir, c'est que ce dernier tome est le résultat final de cette maturation. Tous les personnages vont comprendre plus ou moins tôt quel est leur enjeu dans toute cette affaire, si la cruauté et la violence d'Endgame les a changés radicalement, ou au contraire, leur a fait rendre compte de qui ils étaient déjà bien auparavant au fond d'eux, pour quoi ils se battent, quels sont leurs convictions et leur raison d'agir dans tout ce chaos. Cette fois-ci, les personnages n'étaient plus apeurés, incertains, réagissant à cette peur par une violence irréfléchie. Ils sont désormais de jeunes adolescents matures, qui ont dû grandir trop vite certes, mais qui ont su faire face à l'inimaginable, et qui en sont ressortis vivants et en ayant foi en la cause qu'ils soutiennent : arrêter Endgame, ou au contraire gagner le jeu. Ce qui est amusant, c'est que tous veulent se venger des Créateurs, mais soit en abolissant les règles pré-établies depuis des siècles et des siècles, soit au contraire en s'immergeant totalement dans le jeu pour tuer les Créateurs, ou plutôt Kepler 22B parce-que les autres, on s'en fiche, de l'intérieur. En clair, je dirais que la saga Endgame dans son ensemble, si on creuse suffisamment durant notre lecture, aborde de manière très intéressante et en profondeur la psychologie de ses personnages, de leur caractère humain, ce qui permet de nous identifier à eux, malgré l'incongruité de leur tâche (ils ont été entraînés depuis leur plus jeune âge à se battre et à tuer quand même), et de se mettre dans leurs chaussures. Tout simplement, Endgame nous entraîne dans un dédale de périples et de défis, où les personnages se retrouvent sans cesse à devoir faire des choix décisifs et à porter le fardeau des conséquences qui en découlent. Dans ce tome trois, on a un calme apparent, car les personnages savent désormais ce qu'ils veulent, ils sont plus réfléchis, plus sereins, et savent ce qu'ils veulent accomplir. L'instabilité qui régnait dans les deux premiers tomes fait place à une solidité nouvelle dans la psychologie, tous semblent avoir trouver leur place et se sont résolus à mettre fin à cette situation insensée coûte que coûte. Mais cette soi-disant sérénité va vite nous éclater à la figure.

    Honnêtement, tout au long de ma lecture, j'avançais à tâtons. Je ne savais pas à quoi m'attendre, si ce n'est à une bombe à retardement. Et je l'ai eu. Mais je ne savais pas quand ça allait tomber. Si les personnages sont plus décidés et réfléchis, le rythme de l'histoire, des actions entreprises, est toujours aussi infernal et trépidant. Ce qui est très bien vu de la part des deux écrivains, car, après tout, l'humanité est en train de vivre une sorte d'apocalypse bien réelle. Cette atmosphère tendue et de catastrophe, où on ne sait jamais ce qui va nous tomber dessus, et à quelle intensité, est extrêmement bien construite. On nous fait sentir qu'on est dans un état de panique permanente durant toute la lecture avec notamment un rythme saccadé des événements, morts, explosions, destructions, courses-poursuites, affrontements à la pelle (sans que ça fasse too much, on n'est pas dans un blockbuster non plus), avec parfois très peu d'explications. Pour autant, ça ne m'a pas gênée. Je m'explique : par exemple, dans le résumé de ce tome trois (et dans le tome deux, on nous le faisait bien comprendre aussi), la mystérieuse Stella Vyctory est censée avoir un rôle central. Or, ce n'est pas exactement ce qui se passe ... car dans la vraie vie, rien n'est prévisible, vous voyez ... Et c'est la sensation que m'a faite Endgame, et qui est incroyable : on a l'impression que ce cataclysme qui tombe sur la tête des personnages, et sur celle de la Terre tout entière soit dit en passant, nous arrive à nous aussi. Tout est crédible du début à la fin. On a très peu d'informations sur Kepler 22B (même si, dans ce tome, on a quelques chapitres de son point de vue, et c'est franchement cool car on a des pistes pour comprendre quel est le véritable enjeu d'Endgame), sur les Créateurs en général, sur les extraterrestres de Wayland Vyctory (cf. tome deux) qui sèment la pagaille au niveau de nos monuments historiques ... Ça pourrait être frustrant. Mais, dans la vie réelle, et là je vous demande beaucoup d'imagination, si on était face à un état de crise mondial comme celui-ci, est-ce qu'on prendrait le temps de se poser et de se dire « Attends, mais les extraterrestres-là, pourquoi est-ce qu'ils explosent nos monuments ? Et les Créateurs, c'est quoi cette connerie ? (Désolée pour le langage) Qui sont ceux qui menacent l'humanité ? » ? Réponse : non. On ferait comme les humains dans Endgame : on se cache, on se terre dans nos maisons, on fait nos réserves, et on panique grave (puissance 10 000). C'est cette tension de peur extrême qu'on ressent durant tout le roman, car la planète est mise à mal et Endgame a foutu tout le monde dans un sérieux pétrin. On n'a pas le temps de se poser des questions existentialistes, on agit. Voilà, c'est ce que je recherchais : le tome trois d'Endgame, c'est le tome de l'action. Les personnages nous malmènent entre courses-poursuite en voiture, le fusil au point, course contre la montre en avion, car ils savent piloter des avions en plus ! ... On en prend pour notre grade. Dans les deux premiers tomes aussi, on courrait dans tous les sens, mais là, on sent véritablement la gravité de l'enjeu, l'engagement des personnages, c'est la dernière ligne droite, c'est décisif. Qui va mourir ? Qui va survivre ? J'en tremblais et transpirais rien que d'y penser.

    Au niveau des personnages, pour certains, leur mort ne m'était pas surprenante (faut dire qu'ils avaient envie de mourir, on va pas leur refuser non plus ...). Pour d'autres, cela ne me serait même pas venu à l'esprit qu'ils meurent, tant je n'en avais pas envie (je suis gentille, vous avez vu) et au vu de leur tempérament de feu, je me suis dis que ce n'était même pas envisageable. J'ai adoré la relation entre Maccabee, le Nabatéen, et Petite Alice Chopra. Ça apporte de la douceur dans toute cette folie meurtrière et délirante, de voir que des liens d'amour et familiaux peuvent se construire entre deux êtres, même en plein milieu d'un carnage. Cela prouve aussi que les Joueurs sont loin d'être des machines à tuer, qu'ils ont des sentiments, et qu'ils ont conservé leur humanité, leur capacité à voir l'autre en tant qu'être humain doué de sentiments, d'émotions, d'intériorité, de compassion, d'amitié, d'amour et non simplement en tant qu'obstacle à abattre ou moyen pour gagner le jeu. Maccabee est un personnage tiraillé, qui m'a beaucoup touchée, car il a une certaine fragilité, il est un jeune garçon encore perdu et qui s'est retrouvé imbriqué dans quelque chose qui le dépasse complètement in fine. Quant à Petite Alice, elle est juste adorable, et ça m'a fendu le cœur de constater qu'Endgame n'épargne absolument personne, pas même de tout jeunes enfants innocents, au cœur pur et généreux. J'étais très heureuse aussi de retrouver Sarah, la Cahokienne, & Jago, l'Olmèque, mon duo chouchou. Je l'avoue, Jago a su me charmer dès le départ, il est très séducteur, mais il est bien plus que ce qu'il n'y paraît. Pour ce qui est de Sarah, elle est un personnage qui insuffle de l'espoir. Elle a certes eu des moments de faiblesse, comme tous les autres Joueurs, mais elle est une battante, elle n'abandonne jamais, et dans ce tome-ci, ses incertitudes se sont effacées, et elle est plus que jamais déterminée, elle m'a apportée de la force et de l'espoir tout au long de la périlleuse aventure que fut ma lecture, pour croire que ce jeu vicieux pouvait finir une bonne fois pour toute et par la défaite des Créateurs. Vous l'aurez compris, je les adore tous les deux, ils ont une complicité très touchante et ça apporte une étincelle de lumière dans toute cette noirceur que constitue Endgame. Hilal, l'Aksoumite, est un personnage que j'ai adoré dès le départ : dès le premier tome, il souhaitait arrêter Endgame, créer une alliance avec les autres Joueurs, pour lesquels il n'éprouve aucune animosité, il souhaitait être pacifique. A mes yeux, il était le personnage le plus lucide et proche de nous. Au fil de l'histoire, il a toujours su se montrer patient, malgré tout ce qu'il en a bavé, et il a eu sans cesse une attitude extrêmement sage qui a suscité mon respect. Shari, l'Harapéenne, est sûrement le personnage qui m'a le plus émue au cours de cette aventure. Elle est toujours restée la maman, elle a conservé son instinct maternel, l'instinct de la famille, malgré la rivalité, le sang, la haine, l'appât du gain avec les trois clés. Son cœur déborde de bons sentiments, et, si elle nous paraît dure et froide au tout début du tome (après ce qui lui est arrivé, on lui pardonne), elle retrouve très vite la personne qu'elle est vraiment : la maman, aimante, protectrice, qui n'éprouve pas de rancœur et ne commet pas d'actes stupides et vils. J'éprouve beaucoup de tendresse à l'égard de ce personnage et de sa force morale face à l'adversité. Jenny Ulapala est une grand-mère que j'aurais adoré rencontrer. Elle m'impressionne et force le respect, elle porte l'histoire de son peuple aborigène en elle, et elle ne se laisse pas démonter. Sa sagesse est immense, et les pouvoirs de son esprit également. J'en suis restée bouche bée. Pour ce qui est d'Aisling, la Celte, je croyais qu'elle était un personnage insensible, presque fade, comme un bloc de glace, mais je me suis lourdement trompée. Certes, je ne me suis pas attachée à elle autant qu'aux autres Joueurs mentionnés ci-dessus, mais elle se rend compte de ses erreurs, tente de se faire pardonner, de se corriger, d'agir comme il faut, et rien que pour ça, je lui dis bravo. Et puis, j'aime son trio avec Marss et Jordan, ils forment une belle équipe, formée de manière totalement imprévue et spontanée (cf. tome deux, encore), mais très soudée in fine. Pour ce qui est d'An Liu, le Shang, c'est un esprit tordu (point barca). Je n'ai jamais réussi à le cerner, et après ma lecture du tome trois, je n'arrive pas à exprimer ce que je ressens pour ce personnage, qui a souffert, qui a été torturé, qui a connu un amour intense qu'il vénère, qui est la Mort personnifiée ... D'un côté, je trouve An Liu horriblement sombre et mélancolique, et en même temps, je me dis que c'est le personnage le plus mystérieux et intéressant de la saga, et que sans lui, Endgame n'aurait pas été aussi passionnant et terrifiant à la fois. Je penchais entre aversion et compassion, presque compréhension de ses actes pour ce personnage qui n'arrête devant rien ni personne jusqu'à avoir atteint son objectif morbide. J'ai été étonné aussi qu'An Liu s'allie avec quelqu'un, lui qui est si solitaire, renfermé sur lui-même et sur ses tics (qui sortent de la norme), et cette nouvelle alliance fut pour le moins surprenante et enrichissante sur le personnage d'An Liu et sur Endgame en soi. Je n'en dis pas plus ... Rien n'est tout blanc, ni tout noir dans Endgame, sachez-le. Tout nous déroute et nous amène à nous poser des questions, à être tiraillée concernant la bonne manière de penser, la bonne décision à prendre si on avait été à la place des personnages.

    Pour conclure, je dirais que ce tome ultime aura clôt en beauté cette saga très originale, détonante, qui nous amène de périple en périple, qui nous essouffle et qui nous fait vivre des sensations fortes, et encore, c'est un euphémisme. Ce dernier tome m'aura fait l'effet d'une bombe, avec deux retournements de situation majeurs qui m'ont laissée totalement sonnée. J'ai encore du mal à m'en remettre à l'heure où j'écris ces mots. Endgame se traduit de façon littérale "Le jeu de la fin" et c'est exactement le nom qu'il faut : le jeu s'est terminé de manière magistrale à mes yeux, c'en était presque mystique, légendaire, une fin digne de ce nom pour ce jeu qui existe depuis la nuit des temps, tout en étant ancré dans notre époque contemporaine. La saga nous envoûte avec des illustrations extrêmement bien choisies pour représenter les lignées et leur diversité historique et culturelle, les différentes étapes de l'aventure, les lieux qui ont marqué le jeu, ça apporte un vrai plus. Les chapitres sont très courts, aérés, avec les points de vues de chaque personnage et les logos des lignées associés. Cela ne peut qu'être dévoré, jusqu'à la dernière ligne. James Frey et Nils Johnson-Shelton ont signé une saga jeunesse à quatre mains réussie, qui se démarque, avec un mélange de technologie, qui confine à la science-fiction, et de traditions ancestrales, crédible, totalement accepté par le lecteur, qui se sent appartenir à cette histoire pour le moins rocambolesque. Mais, en y pensant, quel est le véritable enjeu d'Endgame ? Nous montrer que les humains n'ont besoin que d'eux-même pour se faire du mal entre eux, au nom de pseudos « Créateurs » ? Que l'humanité est plus forte et ancrée en nous qu'on ne le pense, qu'on se dénigre nous-même et notre appartenance à l'espèce humaine ? Qu'il y a toujours une lumière qui brille pour nous et en nous malgré toutes les horreurs que le monde doit essuyer ? Tant d'interprétations sont possibles. Je vous laisse déguster cette trilogie palpitante, qui saura vous tenir en haleine et vous offrir une fin épatante, qui n'épargnera pas votre petit cœur, et qui dans tous les cas, vous surprendra. Rien ne peut vous préparer à ce dénouement. Si vous voulez savoir qui restera et qui mourra à l'issue de tout ça, je vous conseille fortement de lire Endgame, conseil d'amie. J'ai le cœur à la fois heureux et fier, mais aussi gros, d'avoir fermé ce dernier tome. C'est toujours dur de dire au revoir à une telle saga, mais elle restera dans mon cœur, comme le reste des lectures qui m'ont marquée dans ma vie de lectrice ... Il ne me reste qu'à attendre l'adaptation cinématographique, qui promet d'envoyer du lourd. Je me demande quand même comment ils vont réussir à adapter un tel pavé, avec la diversité ethnique des personnages, des lieux géographiques, des événements ... Moi, en tout cas, j'ai de très hautes attentes, et je suis excitée ! Sachant que James Frey en sera le scénariste, je fais confiance au créateur de cette saga jeunesse incroyable et explosive. On se donne rendez-vous à la sortie du premier film ! COUP DE COEUR ♥

  • add_box
    Couverture du livre « Endgame T.2 ; la clé du ciel » de James Frey et Nils Johnson-Shelton aux éditions J'ai Lu

    Lunartic sur Endgame T.2 ; la clé du ciel de James Frey - Nils Johnson-Shelton

    Tout d'abord, je tiens de tout mon cœur à remercier les éditions Gallimard Jeunesse pour m'avoir envoyé en Service Presse ce magnifique livre grand format dont j'attendais avec tant d'impatience la sortie. Je suis vraiment touchée par la confiance qu'ils ont placé en moi, et du fait qu'ils ont...
    Voir plus

    Tout d'abord, je tiens de tout mon cœur à remercier les éditions Gallimard Jeunesse pour m'avoir envoyé en Service Presse ce magnifique livre grand format dont j'attendais avec tant d'impatience la sortie. Je suis vraiment touchée par la confiance qu'ils ont placé en moi, et du fait qu'ils ont apprécié ma première chronique de Service Presse, c'est-à-dire celle de Tous nos jours parfaits, au point d'accéder à ma requête d'un second partenariat SP. Le premier tome (d'Endgame) m'avait déjà conquise, et rien qu'à l'idée de lire le second, j'en frétillais de plaisir. L'objet-livre est toujours aussi superbe, avec cette couleur rouge à la fois sombre et brillante, ajoutée à une écriture blanche argentée. J'avais beaucoup d'attentes face à ce second tome qui s'annonçait déjà prometteur. Je peux vous assurer que le résumé n'est absolument pas mensonger. Il annonce la couleur et en même temps il ne peut pas nous préparer à la bombe qui nous éclate à la figure au fil des pages.

    Je pense sincèrement que le terme de bombe est celui qui colle le plus à l'essence de ce roman. Bombe atomique. Tuerie. Ce sont de très bons synonymes aussi. Je n'arrive pas à trouver les mots justes pour faire honneur à une intrigue aussi riche et palpitante. Honnêtement, j'ai senti mon cœur se soulever dans ma poitrine à chaque page tournée. J'ai été véritablement happée par la dimension plus forte abordée dans ce second volet. En effet, le roman a pris une tournure plus apocalyptique que jamais, la terreur est présente partout.

    En général, tout ce qui est scénario catastrophe, type 2012, je ne supporte pas ça, cela vire carrément à la superstition, au mélodrame et à une exagération insensée, Mais ici, c'est un choix tout à fait ingénieux, justifié, et c'est bien narré, cela respecte les codes de l'apocalypse typique, à savoir la panique, les journaux télévisés qui ne parlent que de ça, les gens qui se barricadent chez eux, tout en n'étant pas trop lourd, en ayant sa propre originalité, surtout en étant crédible, et cela a de l'impact.

    La première épreuve de l'Appel était déjà bien assez mouvementée comme ça, mais là, c'est devenu beaucoup plus intense, sombre, sanglant et effarant. Je n'aurais jamais cru cela possible mais les deux écrivains ont fait un travail encore plus grand, encore plus impressionnant et encore plus réussi qu'avec le tome qui est le prédécesseur de celui-ci. Je suis encore sous le choc de tout ce que j'ai vécu avec les différents Joueurs. Cela ne s'oublie pas, ça se grave dans l'esprit à jamais. Je sentais que le premier tome n'était qu'une mise en bouche pour ce qui allait suivre (Quoique, sacrée mise en bouche !). Je savais que mon intuition ne me tromperait pas sur ce coup-là.

    La clé du ciel est un cadeau, un livre époustouflant, il y aurait tant d'adjectifs pour le décrire. Avec ce livre, j'ai voyagé dans tant de pays, de contrées du monde, j'ai embarqué dans une aventure sensationnelle, qui m'a laissée pantoise, je suis partie à la recherche de la solution d'une énigme improbable, et j'ai pu retrouver des personnages qui m'avait manquée. Cela a joué aussi une part dans mon ressenti, car, dans le premier tome, il est difficile de s'attacher véritablement à eux : on dirait presque des sur-hommes avec tout leur entraînement qu'ils suivent depuis l'enfance !

    Et pourtant, dans ce second tome, on découvre leurs faiblesses, qui se dessinent au grand jour, leur humanité, et cela nous permet de nous identifier beaucoup plus facilement à eux, de plus les aimer et d'être plus touchés par leur destin. Un autre détail que j'ai énormément apprécié : les découpages avec des images, des textes où les Terriens, journalistes, scientifiques, décrivent leur perception de cette fin du monde imminente, avec aussi des symboles, des bandes dessinées (sans bulles)... Cela forme un complément, un bonus du roman qui s'accorde parfaitement.

    Pour les chapitres, ils sont bien découpés et aérés, très courts, ils se lisent à une vitesse ! L'alternance entre les différents Joueurs n'est pas du tout perturbante, et est toujours top, on connaît les pensées de chaque Joueur, et on peut se choisir un clan. Bref, je ne sais pas quoi dire d'autre, je suis encore scotchée par toute l'action, l'aventure, les émotions variées que j'ai pu éprouver grâce à ce roman, une petite merveille de cinq cent quarante pages, pour mon plus grand bonheur !

    Au niveau des personnages, on est gâtés ! On nous sert effectivement sur un plateau une palette diversifiée de de Joueurs plus forts, jeunes, combatifs, vaillants, épatants les uns que les autres ! Difficile de choisir son petit chouchou dans cette course à la Vie (c'est carrément ça !), car ils nous tous quelque chose à apporter dans Endgame, et leur personnalité, leur force, leurs différences, les rendent tous uniques et essentiels, chacun est aussi important qu'un autre, et est unique en son genre.

    Du coup, quand on sait qu'Endgame équivaut à mort à chaque tournant, on ne peut être que torturé à l'idée de se demander quel personnage mourra la prochaine fois. C'est de l'acharnement psychologique, c'est insupportable à endurer un tel stress (Heureusement pour moi, G.R.R. Martin m'a aidé à me familiariser avec l'idée...). Je vous préviens d'avance, si vous êtes sensible, surtout quand vous tenez à un personnage, ne lisez pas ce livre !

    Bon, je concède, à côté de Game of Thrones, Endgame, c'est le monde des Bisounours. Néanmoins, cela n'en reste pas moins un univers éprouvant pour les nerfs, c'est déjà une souffrance de découvrir qu'un personnage qu'on estimait profondément est en train de mourir à l'une des pages. Surtout si vous êtes dans mon cas et que vous les aimez tous ! Voilà ce que c'est de ne pas faire de favoritisme. Honnêtement, je ne pourrais pas.

    Entre Sarah & Jago, qui forment un tandem d'exception, avec Sarah qui est à la fois vulnérable et fragile, mais aussi qui ne tient pas sa langue et ses poings dans sa poche, Jago qui est très séduisant, fidèle et avec un petit côté bad boy irrésistible ; Aisling, qui est très froide mais qui a aussi un sens de l'honneur et de la famille très élevé et honorable ; An Liu, qui parvient à accomplir l'exploit de me glacer le sang mais aussi de m'attendrir (je suis consciente de la contradiction, rassurez-vous !), qui est toujours plein de surprises et imprévisible ; Baitsakhan, qui est un sale petit mioche mais sacrément rodé face à ses adversaires et plus qu'il ne parait de prime abord ; Maccabee, qui ne pouvait pas former meilleure alliance qu'avec Baitsakhan, ils font vraiment la paire tous les deux, et j'adore Maccabee, très mature, très réfléchi et intelligent ; Shari, qui est une jeune fille pleine d'amour, de compassion, elle prône en effet la non-violence et la diplomatie, ce qui la rend noble de cœur et la place haut dans mon estime ; Alice, qui est courageuse à toute épreuve, qui sait faire preuve de justice, d'abnégation, d'amitié et de loyauté et qui a un côté très cool, et j'adore ses origines australiennes qui ressortent (j'ai encore plus le désir d'aller dans ce pays du coup !) ; enfin, j'allais oublier Hilal, et pourtant, il est fantastique : il a su se relever des injures qui lui ont été faites, il garde toujours la tête froide, il est très calme et très patient, et il démontre dans ce tome une intelligence, une bravoure sans bornes, il dépasse ses limites.

    Vous me comprenez mieux maintenant ? Comment puis-je faire pour désigner un personnage qui soit supérieur aux autres ? Après, on a toujours son petit préféré (Je ne dirais pas le mien, il faut me demander pour le savoir, héhé), cependant, je n'ai pas le besoin de me choisir comme vainqueur ultime un seul, pour moi ils ont tous le mérite de gagner, de rester en vie. Autant vous le dire tout de suite, à chaque fois qu'il y avait un mort, j'étais révoltée, indignée, je recevais un coup sur la poitrine. Les Keplers m'énervaient de plus en plus, et en même temps, j'étais inquiète vis-à-vis d'eux, de tout ce qu'ils étaient capables de produire, de leur nonchalance évidente qui m'a fait vraiment peur.

    Notamment car tous les Joueurs sont manipulés par leur quête extraordinaire (dans le mauvais sens du terme bien sûr), ils ne sont plus maîtres de leurs décisions et il y a de quoi sérieusement paniquer. Cela souligne leur côté humain, comme je le disais plus tôt, l'humanité qui réside en eux tous, même s'il n'y en a qu'une infime parcelle pour certains, on la voit cependant, et on ressent leur désir incommensurable de sauver notre monde. J'ai trouvé cela poignant et extrêmement fort, car des fois, ils nous arrivent de douter d'eux, de leurs vraies motivations, et quand leur part d'humanité ressort, c'en est d'autant plus beau.

    J'ai été impressionnée d'observer que l'intrigue nous offre une autre dimension en matière de mysticisme et de fatalité, une autre entité mystique entre en jeu dans ce deuxième tome, et on n'en ressent que plus l'effet de la fatalité sur nos jeunes héros, qui ont un énorme poids à porter sur leurs épaules. D'après moi, c'est une analyse extrêmement intelligente de la part des auteurs, car on décrypte bien le fait que les Joueurs ne sont pas libres de leurs actions, à cause de keplers, et tout à la fois, ils en sont responsables et ils ont fait leur propre choix. En clair, on pourrait discuter philosophie et de la notion de liberté avec ce roman. Dans ce tome se dessine également la notion de Bien et de Mal.

    En effet, les Joueurs, qui appartiennent chacun à une lignée (je trouve cela passionnant, pas vous ? ) se scindent eux-mêmes en deux clans (Je ne sais pas pourquoi, mais je pense à Captain America : Civil War en écrivant cela, haha!). Déjà que c'était inattendu pour moi, et assez ironique car ils ne savent pas du tout définir ces deux notions (Bien et Mal j'entends). Ce qui nous renvoie à nous, pauvres Moldus (pauvres créatures terrestres, pauvres mortels !), qui ne sommes pas plus avancés sur cette question la plupart du temps. Il s'agit d'une invitation à la réflexion qui est vraiment bien amenée à travers les personnages et qui est bienvenue dans cette histoire.

    Ce que je retiens surtout, ce sont des personnages tout en nuances, avec chacun sa propre identité, sa propre essence et sa singularité. J'allais oublier les personnages secondaires ! OMG, c'est super important, car une autre dimension est prise ici aussi (à force, on va aller dans la quatrième dimension MDR ...), des personnages extérieurs à Endgame vont être impliqués, et aider les Joueurs, être un soutien et les faire avancer. Ces personnages incarnent tour à tour la famille, l'amitié, l'entraide et le travail en équipe. Leur présence révèle aussi la suprématie des Keplers, des Créateurs : avec Endgame, pas de règles, tout est bon pour leur bon plaisir, pour les divertir, les amuser et leur offrir du grand spectacle (quel voyeurisme sordide ! ).

    Le duo d'écrivains fonctionne à merveille. Nils Johnson-Shelton et James Frey ont réussi à nous offrir un roman à quatre mains merveilleusement bien écrit, ce fut un régal, et on ne voit pas le temps filer entre les pages. Malheureusement, je ne connaissais pas leur parcours avant de découvrir le premier tome d'Endgame. J'étais ébahie d'apprendre que James Frey était un des auteurs américains les plus importants de sa génération, par exemple. Ah la la, j'ai encore de l'ignorance dans la tête à combler.

    En tout cas, ce serait pour moi un immense délice de me procurer un autre de leurs romans, soit de Frey soit de Johnson-Shelton, et de me rendre compte de la différence quand ils n'écrivent pas en tandem comme avec Endgame, de m'ouvrir à leurs univers respectifs, à leur manière d'écrire personnelle, individuelle, à leurs genres de prédilection (Bon ça, je pense que cela reste assez sci-fi, je suppose, d'après mes recherches antérieures). Ce sont deux écrivains que j'estime beaucoup et je ne voudrais pas rester que sur Endgame T1&2 (et 3 !), oh combien c'est bien écrit et juste énorme.

    La fin du livre m'a laissée sur le derrière, c'est une expression légitime pour décrire ma position à ce moment-là. La dernière explosion de la bombe, le feu d'artifice final si l'on peut dire. La clé du Ciel a été trouvée, le Jeu doit continuer, on croyait en avoir déjà bavé, et bien non, il y en a encore ! La suite au prochain épisode... C'est-à-dire octobre/novembre 2016 ! J'ai envie de m'arracher les cheveux, l'attente risque d'être si longue et pénible... De plus, je suis impatiente (et encore, c'est un euphémisme ! ) pour l'adaptation cinématographique du tome un, qui va "déchirer sa race" (pardonnez l'expression employée), alors imaginez un peu le taux d'excitation qui grimpe, grimpe ! Il va falloir prendre son mal en patience... En attendant, si vous n'avez pas lu ce début de trilogie, faites-le, commencez le Jeu vous aussi et prenez part à l'aventure ! COUP DE FOUDRE ϟ

  • add_box
    Couverture du livre « Endgame - missions ; INTEGRALE » de James Frey aux éditions Gallimard-jeunesse

    Lunartic sur Endgame - missions ; INTEGRALE de James Frey

    Tout d'abord, je tiens à remercier une fois de plus les éditions Gallimard, pour leur généreux envoi, qui me va droit au cœur. Le fait qu'ils m'aient fait parvenir ce livre de manière spontanée, me prenant ainsi de court, est une incroyable surprise et la preuve affirmée de la confiance qu'ils...
    Voir plus

    Tout d'abord, je tiens à remercier une fois de plus les éditions Gallimard, pour leur généreux envoi, qui me va droit au cœur. Le fait qu'ils m'aient fait parvenir ce livre de manière spontanée, me prenant ainsi de court, est une incroyable surprise et la preuve affirmée de la confiance qu'ils ont placée en moi et dont je saurai me montrer d'autant plus digne : sincèrement, merci. Cette préquelle de la saga littéraire événementielle Endgame constitue un bonus quasi indispensable à votre compréhension des divers personnages principaux de ce Jeu hors normes. Cet intégral est en effet divisé en nouvelles de 40 pages environ chacune par Joueur, un découpage régulier et agréable, et cela nous ramène à leurs origines, non seulement en tant que machines à tuer et à certitudes (merci Victor Dixen) implacable, mais aussi en tant qu'individus capables d'aimer, de compassion, de sentiments propres, d'introspection. Chacune de ces "missions" va être un tournant décisif dans la vie de chaque Joueur, cela va déclencher en eux comme une révélation. Leur raison de Jouer, leur raison de se battre pour le monde, pour leur peuple, leur famille, leur destinée. Leur raison de vivre, tout simplement.

    C'est en ça que je considère important, presque essentiel, de lire cette genèse de l'Endgame qui va ébranler notre planète et notre humanité, afin d'en comprendre mieux ses acteurs. Cela permet d'avoir un éclaircissement sur leur comportement, leurs choix stratégiques, ce qui les fait vibrer. On nous apporte des informations complémentaires non négligeables, et j'ai trouvé ainsi ma lecture fortifiante et très satisfaisante. Autant souligner son seul point noir dès à présent, qu'on en finisse : l'absence d'un Joueur, 11 nouvelles pour 12 prétendants à Endgame. Cela peut sembler gros comme une maison comme omission. Or, j'avoue que j'ai été tellement captivée par la lecture de chaque nouvelle. Je me suis délectée jusqu'à la dernière page du moindre détail, de tout ce que j'ai pu apprendre sur nos onze jeunes personnes venant de tous les recoins du monde, d'où et comment ils ont puiser la force d'avancer dans leur existence si ardue, pénible.

    A tel point que l'oubli criant d'un personnage ne m'a pas frappée au premier abord. Certes, c'est celui que j'aimais le moins et qui est sans doute le plus cruel et tordu parmi de nombreux autres rencontrés au cours de mes lectures, mais justement, qu'on nous dévoile comment il en est arrivé à un tel degré de violence et de vicissitudes à seulement treize ans, le plus jeune et le plus machiavélique de tous les Joueurs méritait clairement d'avoir voix au chapitre : Batsaikhan le Donghu, je suis désolée que ton passé reste silencieux, tu m'as manquée. Je ne me ferai pas l'avocat du Diable mais je trouve que cela fait tâche de passer un personnage pilier d'Endgame à la trappe. Concentrons nous maintenant sur ce qui fait la richesse de ces 11 histoires. Malgré leur destin hors du commun à des lieux de notre vie quotidienne, ce que les Joueurs ont vécu et retenu des épreuves endurées fait écho en nous et c'est juste extraordinaire. Par exemple, nous avons le cas du Joueur prêt à tout pour réussir, prouver sa valeur à son peuple, sa détermination à le protéger de tout mal et à remplir son rôle avec passion et courage. Cependant, la seule amitié qu'il noue véritablement en sera mise à rude épreuve et de manière absolument abjecte. Car la vie peut être injuste, tranchante comme l'épée et n'épargne personne.

    Au fil des pages, on rencontre un jeune homme plein de charme et d'atouts redoutables qui cache au fond lui un petit garçon qui ferait tout pour rendre sa mère fière de lui, sans jamais espérer le moindre amour de sa part en retour ; une certaine muette qui est forcée de rendre des comptes à son propre clan en raison de son handicap qui ne la met pas à la hauteur de leurs espérances. La "compétition" entre la calme et mesurée Chiyoko et la pleine de vie et féminine Akina m'a vraiment marquée car ce qu'il va se passer entre elles donne une sacrée leçon de dignité et de respect de l'autre en tant que personne subjective, être vivant qui est notre égal. Cela m'a rappelé aussi que les innocents sont les premiers à sévir de l'avidité de la guerre et de la haine. Chaque histoire est digne d'intérêt.

    Tant sur le travail apporté au développement psychologique de l'ensemble des personnages, principaux comme mineurs, des valeurs véhiculées par les auteurs, de la palette des émotions extrêmes ressenties et de la question de la justice de l'Homme qui est très approfondie. Je suis actuellement toujours en train de creuser ma réflexion sur ce que j'ai vécu à travers ma lecture de cet ouvrage. J'étais très exigeante sur deux histoires en particulier et je n'ai pas été déçues : celle de la naissance de l'amour entre Shari et Jamal Chopra, puis celle de leur enfant, l'adorable "petite Alice" ; et celle de notre partisan de la Mort, An Liu. Ces deux cheminements de vie sont diamétralement opposés : en effet, d'un côté, nous avons un couple qui brille de mille feux de par leur espoir, leur vivacité, leur amour ardent qui défie toutes les statistiques. De l'autre, nous avons un petit garçon.

    Un petit être qui a traversé un enfer familial que je vais passer sous silence (j'en reste encore coi) et qui n'en est pas tout à fait revenu. Les autres drames et épiphanies de ces jeunes prodiges ne vous laisseront pas de marbre non plus : Kala, en quête de sa véritable identité et dont l'amour passionnel, sa seule lueur dans sa vie de mensonges et d'incertitudes, de noirceur, va la trahir ; Sarah, une lycéenne comme les autres qui va devoir réveiller son instinct de survivante et de meneuse cahokienne impitoyable, ne faisant qu'un avec la nature, elle est bien plus que ce qu'elle croit et je l'admire énormément (à l'instar des autres protagonistes féminins de la saga) ; Jago (mon chouchou d'amour), le Péruvien au cœur d'or bien enfoui qui sème l'effroi avec sa famille, qui l'a persuadé qu'il méritait d'être appelé "monstre" ; la quête de paix et d'harmonie d'Hilal, un garçon au but noble qui n'aspire qu'à la diplomatie (il force mon respect).

    On n'oublie pas le bébé Aisling, dont on va lui cacher pendant des années la bravoure de son père, le plus humain et généreux d'entre eux ; et pour finir, ma petite Australienne, Alice, à l'incroyable connexion spirituelle et dont la vision manichéenne va être ébranlée. Elle va réaliser que les apparences sont trompeuses et que notre univers a une couleur bien grise.

    Ce préquel a vraiment su m'ébranler, à l'instar de la série originelle, et m'a permis de rencontrer à nouveau ces personnages qui m'ont tant fait vibrer, qui m'ont émue, laissée sous le choc, qui ont fait exploser mon cœur dans ma poitrine et ont amené dans ma vie de lectrice un ouragan qui a tout chamboulé sur son passage. En parcourant ces nouvelles, j'ai eu l'impression que je ne connaissais pas véritablement ces protagonistes que j'aimais tant et auxquels je me suis attachée si rapidement. Je les ai observés sous un nouvel angle, les ai découvert sous un autre jour et je ne les aime que d'autant plus. Une lecture hors-série qui a vraiment son poids dans la balance. Le coup de cœur n'était franchement pas loin, mais par solidarité pour Batsaikhan (j'aurais jamais cru dire ça un jour ; n'empêche, le pauvre a été carrément éjecté), je me dois de ne pas accorder cela à ce livre. C'est triste, mais c'est comme ça... Encore merci aux éditions Gallimard pour cette surprise réussie de bout en bout.

  • add_box
    Couverture du livre « Endgame T.1 ; l'appel » de James Frey et Nils Johnson-Shelton aux éditions Gallimard-jeunesse

    Le Carnet de Stitch sur Endgame T.1 ; l'appel de James Frey - Nils Johnson-Shelton

    Un roman que j'ai découvert par pur hasard et dont le résumé m'a intrigué. Un roman que je classerai dans le même genre que "Hunger Game". Bien que ce roman ne soit pas de la grande littérature, il a le mérite d'être captivant.

    Alors que la fin du monde approche autour d'eux, douze jeunes,...
    Voir plus

    Un roman que j'ai découvert par pur hasard et dont le résumé m'a intrigué. Un roman que je classerai dans le même genre que "Hunger Game". Bien que ce roman ne soit pas de la grande littérature, il a le mérite d'être captivant.

    Alors que la fin du monde approche autour d'eux, douze jeunes, issus de peuples anciens et entraînés, vont s'affronter et résoudre des énigmes. Des énigmes les plus farfelues les unes que les autres. Des amitiés vont se lier. La traîtrise prend généralement le dessus. Chacun va mener son propre chemin selon ce qu'ils sont et ce qu'ils ont appris auparavant. Mais à la fin, il n'y aura qu'un seul vainqueur !

    Les auteurs, dont le roman a été écrit à deux mains, nous plonge dans cet univers dystopique et purement fictif. On se laisse transporter et on prend plaisir à suivre les péripéties des personnages.
    Un roman addictif dont il est difficile de lâcher le roman des mains. Un suspens très bien gardé jusqu'aux dernières pages. En soi, ce roman est un bon premier tome.

    Un roman et une saga que je vous recommande de découvrir ! Il me tarde de découvrir les deux autres tomes de cette trilogie.

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !