Jacques Saussey

Jacques Saussey
Depuis la parution de son premier livre (De sinistre mémoire, 2010) Jacques Saussey (1961) a publié 10 romans, tous salués par la critique et acclamés par le public. Intrigues fouillées et personnages ciselés sont la marque de fabrique de cet orfèvre du genre, qui s'impose comme la relève du pola... Voir plus
Depuis la parution de son premier livre (De sinistre mémoire, 2010) Jacques Saussey (1961) a publié 10 romans, tous salués par la critique et acclamés par le public. Intrigues fouillées et personnages ciselés sont la marque de fabrique de cet orfèvre du genre, qui s'impose comme la relève du polar à la française.

Avis (38)

  • Couverture du livre « Enfermé.e » de Jacques Saussey aux éditions French Pulp

    annesophiebooks sur Enfermé.e de Jacques Saussey

    Virginie est rentrée chez moi en catimini. Son histoire s’est retrouvée au milieu d’autres sur ma table basse.
    Patiemment, elle attendait son tour pour me la raconter.
    Je me doutais qu’elle avait vécu l’enfer, et j’imaginais bien que ça allait être difficile à entendre, et sûrement encore plus...
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    Virginie est rentrée chez moi en catimini. Son histoire s’est retrouvée au milieu d’autres sur ma table basse.
    Patiemment, elle attendait son tour pour me la raconter.
    Je me doutais qu’elle avait vécu l’enfer, et j’imaginais bien que ça allait être difficile à entendre, et sûrement encore plus à appréhender.
    Mais j’étais habituée à lire des choses dures.
    Elle allait donc me dévoiler ses épreuves, j’en prendrais connaissance et je ressentirais plus ou moins d’émotions selon sa capacité à raconter, et la mienne à entendre. J’en garderais probablement un souvenir ému.
    Puis je découvrirais d’autres histoires.
    Trois p’tits tours et puis s’en vont.
    En tout cas, c’est ce que je croyais. Mais je me trompais à un point que je n’imaginais même pas…
    Dès la première page, le pouls s’accélère.
    À la troisième, la gorge se noue.
    À la dixième, l’estomac se serre.
    À la vingtième, plus aucun retour en arrière n’est possible.
    Parce que refermer ce roman reviendrait à renfermer Virginie. A lui donner le rôle d’un objet que l’on pose. À lui refuser son droit à exister par autre chose que des mots.
    Sauf qu’après avoir fait sa connaissance, tout cela nous est viscéralement impossible.
    Alternant passé, présent, futur, elle nous explique son calvaire. Nous démontre notre méconnaissance du sujet. Nous prouve, encore et encore, que l’Homme est le plus grand ennemi de l’humanité.
    Par haine viscérale, méchanceté gratuite ou peur injustifiée, tout ce qui ne lui convient pas doit être, au mieux, modifié, au pire, éradiqué.
    Enfant, adolescente, puis adulte, chez ses parents, en prison ou après sa sortie, c’est ce qu’a vécu, ce que subit, et ce que devra endurer Virginie.
    À quelques exceptions près, chacune des personnes qu’elle va croiser durant sa vie tentera soit de la changer, soit de la détruire. Physiquement et psychologiquement.
    Imaginez le pire dont l’humain est capable, vous serez encore très loin du compte.
    Avec un sujet aussi sensible, la principale crainte que l’on peut avoir en commençant un livre qui en parle, c’est que l’écrivain en fasse trop ou pas assez. Qu’il veuille faire preuve de trop de sensationnalisme, ou de sensiblerie.
    Mais il n’y a rien de tout cela ici. L’auteur passe au milieu de ces écueils sans même les frôler, maintenant le cap de son histoire d’une main de maître.
    Le style est impeccable, tout est parfaitement maîtrisé et paraît pourtant tellement naturel.
    Il ne nous épargne aucune des horreurs traversées par son héroïne. Pourtant jamais nous ne ressentons d’excès. Peut-être parce que nous savons que, pour beaucoup, c’est une réalité…
    Jacques Saussey fait naître sous sa plume une Virginie inoubliable. Terriblement fragile et incroyablement forte.
    Un de ces êtres qui arrivent sans faire de bruit, et qui laissent un vide immense quand ils s’en vont…

  • Couverture du livre « Enfermé.e » de Jacques Saussey aux éditions French Pulp

    L'atelier de Litote lalitote sur Enfermé.e de Jacques Saussey

    Encore un superbe livre, décidemment Jacques Saussey devient une valeur sure, avec Enfermé.e, il signe son onzième roman, un truc de fou qui dépote et vous laisse K.O.Merci à French pulp éditions pour le choix de cette couverture que je trouve magnifique, j’adore le relief des barreaux et la...
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    Encore un superbe livre, décidemment Jacques Saussey devient une valeur sure, avec Enfermé.e, il signe son onzième roman, un truc de fou qui dépote et vous laisse K.O.Merci à French pulp éditions pour le choix de cette couverture que je trouve magnifique, j’adore le relief des barreaux et la signification des profils arc-en ciel. Le thème abordé dans ce roman noir est pour moi une découverte, être transgenre dans une prison pour hommes. Tout un programme et pas des plus réjouissants.
    Le personnage principal c’est Virginie et ce sera un des rares prénoms utilisés dans le livre, Virginie est piégée, retenue, contenue dans un corps d’homme. Cette situation est particulièrement bien décrite, on va la suivre tout au long de l’enfance, de l’adolescence puis arrivée à l’âge adulte le calvaire qu’elle va endurer suite à son incarcération dans une prison pour hommes. J’ai trouvé dans ce personnage une grande force intérieure, rien de tout ce qu’elle subit ne la fera jamais dévier et c’est admirable, à la fois j’ai bien compris qu’il ne pouvait en être autrement notamment avec cette phrase empruntée à Ophelia de’lonta " Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu'être emprisonnée dans un corps qui n'est pas le mien. "
    Et là c’est le choc, le poids des mots toujours justes mais si pénibles à lire, c’est violent, cru, barbare et cruel au delà du supportable. La bêtise, la méchanceté, l’intolérance, le jugement, rien ne lui sera épargné et par conséquent à nous non plus, rien ne nous est épargné. Il fallait au moins cela pour nous faire comprendre, nous faire toucher du doigt l’indicible, l’incompréhensible. La page « repères » à la fin du livre est à elle toute seule source de révolte car nous ne sommes plus dans la fiction mais bien dans la vraie vie et ces repères temporels sont juste révoltants.
    Heureusement, il y a la sortie de prison enfin une éclaircie s’amorce et avec elle un peu d’espoir. Un nouveau travail et peut-être une nouvelle donne. J’ai aimé la tournure de l’intrigue, les coïncidences qui n’en sont finalement pas et la main du maître pour tout mettre en œuvre pour que le suspense soit présent, le récit fluide et le lecteur complètement absorbé. Le final est juste parfait avec les twists qu’on aime et une fois le livre refermé, je sais déjà que Virginie m’accompagnera pendant plusieurs semaine le temps qu’il me faudra pour me remettre de toutes les émotions éprouvées. Bonne lecture.

  • Couverture du livre « Colère noire » de Jacques Saussey aux éditions French Pulp

    Maman Loutre sur Colère noire de Jacques Saussey

    Nous retrouvons ici le capitaine Daniel Magne et sa coéquipière Lisa Heslin pour leur toute première enquête ensemble. Un homme, pilier du monde industriel trouve la mort, mais une question subsiste : meurtre ou suicide ? Cette affaire particulièrement délicate est à prendre avec des gants car...
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    Nous retrouvons ici le capitaine Daniel Magne et sa coéquipière Lisa Heslin pour leur toute première enquête ensemble. Un homme, pilier du monde industriel trouve la mort, mais une question subsiste : meurtre ou suicide ? Cette affaire particulièrement délicate est à prendre avec des gants car notre victime avait le bras long, particulièrement au sein des personnages politiques important.

    Me plonger dans cette affaire a été un réel plaisir. Premièrement pour m’avoir permis de découvrir la plume de Jacques Saussey. Il faut dire qu’il a manier avec brio l’histoire et m’a mené par le bout du nez. J’avoue que malgré les divers suspects, ainsi que les indices parsemé au fil de la lecture, je n’arrivais pas à savoir qui était le coupable, et cela me perturbait grandement ! Surtout que lorsqu’enfin je pensais arriver le dénouement de l’enquête, un nouvel élément important prenait place. Arrivé à 100 pages de la fin, je me rongeais les ongles à l’idée de ce qui pourrait encore se passer.

    Puis de manière globale, nous sommes face à des personnages plus vrai que nature. Certains nous font sourire alors que d’autres nous donne envie de les étouffer avec les pages de leurs propre livre. Une chose qui m’a particulièrement plu, est la façon dont l’auteur à mis en place le personnage de Lisa. Une jeune femme flic, travaillant dans un monde à prédominance masculine et relativement sexiste, qui se fait sa place petit à petit sans démordre de ses ambitions. De quoi nous poser des questions, à savoir si la place de la femme dans la société évolue ou non ? Quels sont les obstacles qu’une femme peut avoir à surmonter dans cette branche professionnelle ?

    Nos enquêteurs, butés à souhait nous montrent aussi que la vie de policier n’est pas qu’attraper les méchants. Il y a également des tâches administratives particulièrement barbante, des vies personnelles plus que compliqué, une pression professionnelle et hiérarchique, sans compter l’avancement des enquêtes qui peuvent souvent mettre au supplice les esprits les plus aguerrit.

    N’hésitez pas à vous laisser tenter par cette lecture qui nous démontre à quel point la prise de pouvoir par l’argent est prédominante dans notre société et ce que l’Homme est près à faire.

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