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Jack Manini

Jack Manini
Rare auteur dont le groupe sanguin est BD (véridique !), Jack Manini utilise aussi bien la plume que le crayon. Mais il refuse de s'emmêler les pinceaux en mixant les deux !À coups de crayon et pinceau, Jack a dessiné Mycroft avec Arleston et Latil au scénario (3 tomes parus chez Soleil), Estelle... Voir plus
Rare auteur dont le groupe sanguin est BD (véridique !), Jack Manini utilise aussi bien la plume que le crayon. Mais il refuse de s'emmêler les pinceaux en mixant les deux !À coups de crayon et pinceau, Jack a dessiné Mycroft avec Arleston et Latil au scénario (3 tomes parus chez Soleil), Estelle, série avec Maric au scénario (4 tomes parus chez Carabas), et Necromancy, écrit par Fabien Nury (2 tomes parus chez Dargaud). À grands traits de plume et d'ordi, Jack a écrit La Loi du Kanun, dessinée par Michel Chevereau  (3 tomes aux éditions Glénat). Puis Albanie (Les Intégrales, ed. Glénat). Les deux auteurs prolongent leur collaboration avec une nouvelle série intitulée Catacombes (tome 2 disponible en juin 2011). Avec Marc Malès au dessin, Jack scénarise la série Hollywood aux éditions glénat (tome 2 disponible en août 2011).

Avis sur cet auteur (7)

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    Couverture du livre « Le canonnier de la tour Eiffel » de Herve Richez et Jack Manini et David Ratte aux éditions Bamboo

    Bd.otaku sur Le canonnier de la tour Eiffel de Herve Richez - Jack Manini - David Ratte

    Jack Manini est passionné par le Paris de la Belle Epoque qui vit tant de bouleversements sociaux, économiques, technologiques et politiques. Il y situa jadis les aventures d’« Estelle » et naguère celles de « la Fille de l’exposition Universelle » T3. Il s’associe cette fois, au scénario, à son...
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    Jack Manini est passionné par le Paris de la Belle Epoque qui vit tant de bouleversements sociaux, économiques, technologiques et politiques. Il y situa jadis les aventures d’« Estelle » et naguère celles de « la Fille de l’exposition Universelle » T3. Il s’associe cette fois, au scénario, à son directeur de collection de chez Bamboo, Hervé Richez et convie David Ratte au dessin pour évoquer dans « Le Canonnier de la Tour Eiffel » le Paris de 1905 et ses petits métiers oubliés à l’occasion d’une jolie romance placée sous le signe de Paul Grimault et de Jacques Demy.

    IL ETAIT UNE FOIS LES PETITS METIERS DE PARIS

    Comme pour « l’oiseau rare » du duo Simon-Stalner, un livre de photographies d’Eugène Atget est à l’origine du projet. Au tournant du XXe siècle, les petits métiers de Paris disparaissent en effet progressivement à cause de l’industrialisation et de la diffusion des grands magasins. Le photographe qui s’intéresse aux aspects du vieux Paris, s’attache alors à photographier les marchands ambulants de la capitale poursuivant ainsi une longue tradition iconographique née au XVIe siècle et cherchant à donner à l’art une valeur patrimoniale. Dans cette série de photos, on trouve ainsi pêle-mêle : le fort des Halles, l’arroseur public, l’allumeur de réverbères, le « ministre de la Mort » (un chiffonnier qui collectait les maigres biens de ceux qui venaient de rendre l’âme), le ramasseur de mégots et la vendeuse de lait d’ânesse, seul lait aux vertus nutritives comparables au lait maternel, qui tous occuperont une place plus ou moins prépondérante dans l’album. Le dessinateur y soigne particulièrement les décors et les costumes et nous présente des scènes documentées dynamiques et en mouvement. Et l’on découvre enfin l’éphémère métier de « canonnier de la Tour Eiffel » qui donne son titre à la bande dessinée : entre 1900 et 1907, on tirait à midi un coup de canon quotidien du deuxième étage de la tour afin que les Parisiens puissent régler leur montre ou savoir l’heure s’ils n’en possédaient pas… Les gens se donnaient ainsi rendez-vous « sur le coup de midi » ou à « midi pétante », expressions qui perdurent de nos jours.

    Le thème du rendez-vous va être le second ressort du scénario. Chaque jour, Juvénal Lantier, le vieux canonnier s’acquitte de sa tâche mais quand il est victime d’un malaise, on doit impérativement le remplacer. On somme Camille, ramasseur de mégots et sculpteur de marionnettes de son état, mais ancien artilleur de la coloniale de remplir cette mission. Or, le jeune homme éprouve un véritable dilemme : il vient de rencontrer la femme de sa vie, dont il sculptait sans relâche le visage sans même la connaître : Valentine, la petite marchande lait d’ânesse. Et ils se sont donnés rendez-vous à midi pile. Comment pourra-t-il s’acquitter de la mission qui lui est confiée tout en honorant sa promesse ?

    C’EST LA ROMANCE DE PARIS

    On quitte alors le Paris historique voire sociologique pour plonger allégrement dans la romance et la fantaisie. Le livre est dédié à Michel Legrand, le compositeur des « Demoiselles de Rochefort » et l’ombre de Jacques Demy plane bien sur l’intrigue et le dessin… A l’instar de Camille qui a vu Valentine dans ses rêves et l’a sculptée en Colombine pour son ami marionnettiste, le peintre Maxence a peint son idéal féminin sans la connaître et ne rencontre Delphine que dans les dernières secondes du film alors qu’ils n’ont cessé de se croiser. Les deux intrigues tournent donc autour d’un rendez-vous manqué. On y trouve également une ville de carte postale : le chef décorateur Bernard Evein a fait repeindre plusieurs centaines de volets de la place Colbert de Rochefort et 40 000 m2 de façade et le réalisateur voulait même que le pont transbordeur soit rose mais la mairie s’y opposa ! Le sentiment de « déréalité » qu’on éprouve en voyant le film, se retrouve à la lecture de l’album : le Paris de David Ratte est bien propret et les métiers des gens de rien présentés de façon pittoresque ; la ligne claire adoptée et les couleurs pastel lumineuses de Mateo Ratte accentuent cette impression, mais c’est voulu.

    Hervé Richez décrète en effet, que cet album fait partie d’une nouvelle ligne éditoriale de grand Angle qui prône « un merveilleux grand public » et sera formée de récits positifs et de contes qui font oublier la difficulté des temps actuels. La structure même de l’album découpé en trois actes rappelle le déroulement du spectacle de marionnettes donné aux enfants au pied de la tour Eiffel qui se déroule en parallèle. Comme Gédéon le vieux marionnettiste modifie l’histoire de Pierrot et Colombine (ils auraient dû mourir sur la Lune par manque d’oxygène) pour faire rêver les enfants, Richez et Manini changent la destinée des amoureux. Un Paris sordide est interlope est bien évoqué mais balayé d’abord par la cocasserie des trognes et des dialogues (ah, les trois goussets superviseurs du canonnier !), ensuite par un manichéisme revendiqué digne des feuilletons de la fin du XIXe : méchant hyperbolique et couple ingénu à croquer qui ne sont pas sans rappeler les personnages du Roi, de la bergère et du ramoneur dans « le Roi et l’oiseau » de Paul Grimault et Jacques Prévert et enfin par une intrigue virevoltante non dénuée de suspense. David Ratte soigne particulièrement les expressions et les regards de ses personnages pour provoquer l’empathie du lecteur et propose des cadrages variés qui donnent un véritable rythme à la narration.

    « Le canonnier de la Tour Eiffel » est donc un très joli album « feel good » aux teintes douces qui réveille notre part d’enfance tout en proposant une vision documentée du Paris de la Belle-Epoque. Il ouvre une nouvelle série concept autour de la tour Eiffel : chaque récit sera indépendant, mais les personnages secondaires se retrouveront d’un tome à l’autre. Le prochain récit, « la petite voleuse de la Tour Eiffel », est déjà en chantier et se passera un an avant l’intrigue du « canonnier » : il mettra en scène un inspecteur de police qui tombera amoureux d’une pickpocket. S’il est aussi poétique et ludique que ce premier opus, il devrait nous ravir !

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    Couverture du livre « La guerre des amants t.3 ; jaune Berlin » de Jack Manini et Olivier Mangin aux éditions Glenat

    Yv Pol sur La guerre des amants t.3 ; jaune Berlin de Jack Manini - Olivier Mangin

    1945, les Alliés sont victorieux de l'Allemagne nazie. Walter est désormais membre des Monument's men chargés de retrouver les oeuvres d'art confisquées aux juifs et celles dérobées par les dignitaires nazis, pour les rendre à leurs propriétaires. Natalia fait la même chose, mais du côté russe,...
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    1945, les Alliés sont victorieux de l'Allemagne nazie. Walter est désormais membre des Monument's men chargés de retrouver les oeuvres d'art confisquées aux juifs et celles dérobées par les dignitaires nazis, pour les rendre à leurs propriétaires. Natalia fait la même chose, mais du côté russe, Staline n'ayant pas à l'idée de rendre les oeuvres qu'ils parviendront à retrouver, préférant les garder comme compensation. Vingt ans que Walter et Natalia ne se sont pas vus, leurs routes pourraient bien se recroiser.

    Troisième et ultime tome des aventures de Walter et Natalia, cette fois-ci, chacun de leur côté, en une période encore particulièrement troublée. Les deux auteurs relatent bien le travail des Monument's men et celui de certains Français dont Rose Valland qui ont su cacher des oeuvres à la convoitise des nazis. C'est bien documenté et j'imagine que ceux qui ont vu le film de George Clooney, Monument's men, y retrouveront pas mal de choses. Le contexte hsitorique est en toile de fond, très présent certes, mais c'est aussi l'histoire des deux héros séparés depuis vingt ans qui fait le suspense. Se reverront-ils ? S'aimeront-ils de nouveau ? Ah la la, quel suspense insoutenable...

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    Couverture du livre « La guerre des amants t.2 ; bleu blauhaus » de Jack Manini et Olivier Mangin aux éditions Glenat

    Yv Pol sur La guerre des amants t.2 ; bleu blauhaus de Jack Manini - Olivier Mangin

    1922, Walter et Natalia sont acceptés au Bauhaus. Ils suivent Vassily Kandinski à Weimar en Allemagne et les cours de cette école d'art particulièrement inventive et moderne. Leur histoire d'amour est toujours mouvementée. Natalia est vive, impétueuse et Walter plus calme et...
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    1922, Walter et Natalia sont acceptés au Bauhaus. Ils suivent Vassily Kandinski à Weimar en Allemagne et les cours de cette école d'art particulièrement inventive et moderne. Leur histoire d'amour est toujours mouvementée. Natalia est vive, impétueuse et Walter plus calme et réfléchi.

    Deuxième tome des aventures du couple américano-russe, cette fois-ci en plein coeur du Bauhaus, toujours scénarisée par Jack Manini et dessinée par Olivier Mangin. Ce coup-ci, contrairement au tome 1, il paraît plus aisé et plus logique de parler d'art lorsqu'on parle du Bauhaus, mais les auteurs ne négligent pas pour autant le contexte politique en Allemagne, à savoir la montée du parti national-socialiste et les fréquents affrontements entre les nazis et les communistes.

    J'aime beaucoup cette période et ce mouvement, le Bauhaus -à ce propos, la série télévisée Bauhaus, un temps nouveau, est très bien et je la conseille très fortement. On retrouve dans la BD ce que j'ai pu voir dans la série -ou l'inverse puisque la BD est antérieure à la série- : le foisonnement d'idées, l'inventivité, les jalousies, les rivalités entre Gropius et Itten par exemple.

    C'est encore une fois très bien fait et décidément, une bande dessinée qui parle d'art aussi bien, ça doit se partager... Tome 3 demain.

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    Couverture du livre « La guerre des amants t.1 ; rouge révolution » de Jack Manini et Olivier Mangin et Berengere Marquebreucq aux éditions Glenat

    Yv Pol sur La guerre des amants t.1 ; rouge révolution de Jack Manini - Olivier Mangin - Berengere Marquebreucq

    Natalia est Russe, Walter est Américain, fils de diplomate. Ils se rencontrent à Moscou en 1917, au début de la Révolution russe. Ils éprouvent le même goût pour la peinture.

    1920, ils se revoient et nouent une relation amoureuse, elle la tumultueuse, la révoltée et lui le calme qui a coupé...
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    Natalia est Russe, Walter est Américain, fils de diplomate. Ils se rencontrent à Moscou en 1917, au début de la Révolution russe. Ils éprouvent le même goût pour la peinture.

    1920, ils se revoient et nouent une relation amoureuse, elle la tumultueuse, la révoltée et lui le calme qui a coupé avec sa famille pour rester vivre comme un soviet.

    Scénario de Jack Manini et dessins de Olivier Mangin pour cette bande dessinée qui aborde l'art au début du siècle passé. L'art russe et le début de l'abstraction avec Malevitch, Kandinski. Le contexte est évidemment violent et instable, la révolution est jeune et génère encore beaucoup d'espoirs pour tous. Il est assez gonflé de parler d'art dans cette période et c'est passionnant de voir le tournant que prend la peinture sous l'impulsion des peintres russes. En prime une histoire d'amour mouvementée entre une Russe fervente communiste et un Etasunien qui, bien qu'il soit converti au communisme, n'en garde pas moins un oeil critique. C'est le premier tome, les deux autres suivent... normal direz-vous.