Isabelle Kauffmann

Isabelle Kauffmann
Isabelle Kauffmann est médecin et vit à Lyon. Elle l'auteur des romans Ne regardez pas le voleur qui passe (Flammarion) et Grand huit (Le Passage).

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Avis (4)

  • Couverture du livre « Les corps fragiles » de Isabelle Kauffmann aux éditions Le Passage

    Nathalie Orace sur Les corps fragiles de Isabelle Kauffmann

    Un témoignage passionnant sur la vie de l'une des premières infirmières à domicile. Elle nous y délivre la naissance de sa vocation, ses parcours quotidiens, ses rencontres,...

    "Paranoïa, délire de persécution, leur angoisse les enserre, les isole dans un circuit fermé, parallèle, fragile. Je...
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    Un témoignage passionnant sur la vie de l'une des premières infirmières à domicile. Elle nous y délivre la naissance de sa vocation, ses parcours quotidiens, ses rencontres,...

    "Paranoïa, délire de persécution, leur angoisse les enserre, les isole dans un circuit fermé, parallèle, fragile. Je fais mine de ne rien remarquer. Je ne juge pas. J'ai connu des enfants plus raisonnables que des adultes, et des fous bien moins dangereux que les sains d'esprit. "

    C'est romancé mais fortement inspiré de la vie de l'auteur et de ses rencontres, on sent toute la passion de ces femmes pour leur métier, leurs patients.

    L'écriture est à l'image de cette femme, tout en douceur et ce livre se lit tout seul. Le découpage des chapitre comme les parties du corps qu'elle soigne pour finir par l'âme est bien vu.

    Un très agréable moment de lecture.

  • Couverture du livre « Les corps fragiles » de Isabelle Kauffmann aux éditions Le Passage

    Chantal LAFON sur Les corps fragiles de Isabelle Kauffmann

    Ce livre est beau en main, la quatrième de couverture m'annonce le récit de la vie de Marie-Antoinette, première infirmière libérale à Lyon.
    La construction m'interpelle, chaque chapitre porte le nom d'un organe. Du premier la main au dernier l'âme, me fait penser que je vais voyager du...
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    Ce livre est beau en main, la quatrième de couverture m'annonce le récit de la vie de Marie-Antoinette, première infirmière libérale à Lyon.
    La construction m'interpelle, chaque chapitre porte le nom d'un organe. Du premier la main au dernier l'âme, me fait penser que je vais voyager du tangible à l'impalpable. Concept parfaitement illustré par la photo des "Petits trapézistes" de Roseline Granet en couverture.

    "C'est comme ça que tout a commencé, un jour d'octobre 1935. J'avais six ans. En classe, le maître nous avait fait poser la main sur une page blanche, bien à plat, les doigts écartés, étirés comme les branches d'un arbre, les pétales d'une marguerite, une étoile, un soleil, une aile d'oiseau, les nervures d'une feuille de platane – les idées n'avaient pas manqué-, jusqu'au silence imposé. Puis nous avions lentement suivi ses contours avec un crayon, nous appliquant pour passer au plus près de la peau et ne rien laisser échapper de ce drôle d'objet qui n'était autre qu'une parcelle de notre propre corps."
    De cet exercice scolaire l'oeil de la petite fille va glisser sur les mains d'une voisine déformées par une polyarthrite rhumatoïde. Du haut de ses six ans elle décide de lui prêter ses mains agiles tous les matins pour enfiler ses bas et mettre ses chaussures.
    Ainsi naquit "son intérêt pour les autres".
    Vingt ans après, elle intègre le service cardiologie d'un hôpital, pour son premier poste d'infirmière.
    Mais d'un drame familial, elle tire une force pour gagner son indépendance et exercer "le prendre soin des autres, de tous les autres".
    Au fil des chapitres, ce sont les maux du siècle qui défilent : tuberculose, alcoolisme, méningite, avortements, folie et ce fléau du Sida.
    Avoir des jambes solides, un coeur bien accroché, la tête froide en toute circonstance et surtout être cette main tendue, le geste et la parole qui rassure, savoir évoluer dans tous les milieux, ne jamais juger, créer du lien.
    Car à travers cet inventaire à la Prévert, c'est la notion de lien qui se délite des années 1950 à nos jours, plus de solitude moins d'entre-aide spontanée, celle qui consiste à partager le peu que l'on a. Moins de sourire donc moins de mots, le repliement des personnes âgées.
    Cela me fait penser au fait divers de cette dame qui est resté une semaine auprès de son mari mort, sans qu'elle ne s'en aperçoive et sans que personne ne s'en inquiète.
    Modification du paysage qui devient urbain.

    La grande qualité de ce récit c'est qu'il ne se lit pas il se vit. Car de l'enfant de 6 ans jusqu'à la maturité, la détermination de Marie-Antoinette ne faiblit pas illuminée par son humanité.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 3 mars 2017

  • Couverture du livre « Les corps fragiles » de Isabelle Kauffmann aux éditions Le Passage

    Denis Arnoud sur Les corps fragiles de Isabelle Kauffmann

    Marie-Antoinette découvre très tôt sa vocation. Un jour alors qu’elle rentre de l’école, elle voit sa mère discuter avec la voisine. Au cours de la conversation, elle tombe en arrêt sur les mains de la vieille dame, des mains déformées par la polyarthrite. La jeune fille est bouleversée par ces...
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    Marie-Antoinette découvre très tôt sa vocation. Un jour alors qu’elle rentre de l’école, elle voit sa mère discuter avec la voisine. Au cours de la conversation, elle tombe en arrêt sur les mains de la vieille dame, des mains déformées par la polyarthrite. La jeune fille est bouleversée par ces mains, par la souffrance qu’elles engendrent.

    « C’était injuste, je me révoltai. On m’expliqua qu’il n’existait pas de traitement miracle. Mais les sanglots retenus de madame Masson avaient déchiré le voile de mon innocence, je ne pouvais plus les ignorer. Je voulais soulager ses souffrances. Puisqu’elle ne pouvait plus se servir de ses mains, je lui prêterais les miennes. Je décidai d’aller, tous les matins, l’aider à mettre ses bas et ses chaussures. »

    Cette vocation du soin et de l’aide, ne sera jamais démentie, elle accompagnera Marie-Antoinette pendant toute sa carrière d’infirmière. Quarante ans de bons et loyaux services qui accompagneront les avancées de la médecine et le progrès social. Elle deviendra la première infirmière libérale de Lyon.

    Dans ce roman plein d’humanité, ce récit de vie, Isabelle Kauffmann a su éviter le piège du récit chronologique fastidieux. La construction du roman est originale puisque chaque chapitre traite d’un membre du corps. Un membre que Marie-Antoinette doit soigner, ou un membre de son propre corps qu’elle utilise dans l’exercice de son métier.

    « Certainement la part essentielle. Je pense que c’est d’elle que j’ai le plus exigé. Comment aurais-je pensé que les jambes avaient tant d’importance dans cette profession où mes aspirations d’enfant ne voyaient qu’écoute et soins dispensés aux malades ? Faites un sondage, demandez à cent personnes quelles sont les qualités nécessaires à une infirmière pour exercer au mieux son métier, toutes vous parleront de dévouement, d’empathie, de rigueur, de dextérité, de vivacité, de connaissances ou d’initiative, vous déclineront une série d’aptitudes intellectuelles ou de cœur, mais personne ne mentionnera les jambes. Et pourtant, il les faut solides et réactives, aussi stables qu’endurantes et même infatigables. »

    Les corps fragiles est un vibrant hommage rendu à ces personnes qui exercent la profession de soignants par vocation. Ces femmes, ces hommes qui entrent dans l’intimité de nos corps et de nos foyers pour apporter, les soins et l’apaisement. Ces infirmières, médecins, qui tentent de réparer nos corps et de soulager nos âmes. Leur travail ne s’arrête pas à la machinerie, l’aspect humain, l’écoute, l’empathie, le soulagement de l’esprit sont aussi primordiaux.

    Les corps fragiles est un roman plein de cette humanité nécessaire dans l’exercice de cette vocation. Une humanité dont nous avons bien besoin par les temps qui courent.

    « - Nous avons une génération d’écart, Françoise, mais sur le fond, rien n’a changé. Nous soignons des corps souffrants, nous les torchons, les lavons, les piquons, les frictionnons, les remuons, alors que ce sont les âmes qui nous importent. La relation avec nos patients anime notre vocation, c’est ce lien qui compte. Et pourtant, ces corps mènent la danse, ce sont toujours eux qui ont le dernier mot. »

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