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Isabelle Flaten

Isabelle Flaten
Isabelle Flaten est née en 1957 à Strasbourg et a vécu ici ou là dans différentes villes d'Europe. Elle réside désormais à Nancy. Après une première vie ordinaire, elle a décidé pour la seconde de se consacrer entièrement à l'écriture. Après Les noces incertaines et Se taire ou pas, Chagrins d'ar... Voir plus
Isabelle Flaten est née en 1957 à Strasbourg et a vécu ici ou là dans différentes villes d'Europe. Elle réside désormais à Nancy. Après une première vie ordinaire, elle a décidé pour la seconde de se consacrer entièrement à l'écriture. Après Les noces incertaines et Se taire ou pas, Chagrins d'argent est le troisième livre de cet auteur édité par le Réalgar.

Avis sur cet auteur (7)

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    Couverture du livre « La folie de ma mère » de Isabelle Flaten aux éditions Le Nouvel Attila

    Les Lectures de Cannetille sur La folie de ma mère de Isabelle Flaten

    Dans un récit qui s’adresse à sa mère morte, l’auteur raconte au temps présent leur impossible et chaotique relation, au fur et à mesure que cette femme excessive et bipolaire s’enfonce de plus en plus nettement dans la folie.

    L’anormalité de cette relation mère-fille est posée dès le...
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    Dans un récit qui s’adresse à sa mère morte, l’auteur raconte au temps présent leur impossible et chaotique relation, au fur et à mesure que cette femme excessive et bipolaire s’enfonce de plus en plus nettement dans la folie.

    L’anormalité de cette relation mère-fille est posée dès le désarçonnant incipit. « Une dame me propose un yaourt. Elle a l’air gentille. Je plonge la petite cuillère dans le pot. La dame m’arrête : on dit merci maman. » L’auteur a trois ans, ne connaît du mari de sa mère que ses torgnoles, puis sa disparition prématurée. Lui reste les extravagances et les contradictions d’une mère qui la néglige, absorbée qu’elle est par son mode de vie féministe et libertaire, marqué par l’instabilité et par l’exaltation de l’utopie. Tantôt trimballée comme un paquet au fil d’incessants va-et-vient entre Paris et Strasbourg, tantôt remisée chez des parents, l’enfant grandit en marge d’un tourbillon où elle ne trouve pas sa place, au rythme d’une relation maternelle inadaptée, cyclothymique et terriblement dénuée d’écoute, qui fait des ravages sur sa jeune personnalité.

    Démarrée à hauteur d’enfant, la narration épouse l’évolution du regard de l’adolescente, puis de la femme qui, à l’âge adulte, aura encore à prendre toute la mesure des mensonges qui auront jusqu’alors présidé à son existence. Dans ses efforts désespérés pour comprendre cette mère de plus en plus insaisissable, dont, par-dessus tout, elle continue à rechercher l’amour, elle ne pourra que se heurter à son impuissance à rejoindre cette femme dont les troubles psychiques et dépressifs ne cessent de croître, l’entraînant inexorablement sur la terrible pente de la folie. Ne resteront bientôt plus à la narratrice que les mots de ce récit, adressé à une ombre définitivement hors d’atteinte, pour exprimer enfin toute sa souffrance, ses interrogations, et son amour manqué.

    Le résultat est un livre d’une grande beauté, qui, sans rancune ni pathos, explore dans un élan de compassion douloureuse le gouffre qui n’a finalement avalé que l’une de ces deux femmes maladroitement accrochées l’une à l’autre. Sauvée par les livres et l’écriture, c’est par ce biais que l'auteur trouve ici le moyen d’enfin jeter un pont entre elles deux, dans une bouleversante déclaration d’amour.

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    Couverture du livre « La folie de ma mère » de Isabelle Flaten aux éditions Le Nouvel Attila

    Madame Tapioca sur La folie de ma mère de Isabelle Flaten

    Je ne lis pas (ou alors en travers) les 4ème de couv des livres que je choisis. « La folie de ma mère » était simplement pour moi le dernier roman d'Isabelle Flaten, une autrice que je suis depuis la lecture de son bel « Adelphe », je n'avais pas besoin d'en connaitre le sujet. Mais bien sûr...
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    Je ne lis pas (ou alors en travers) les 4ème de couv des livres que je choisis. « La folie de ma mère » était simplement pour moi le dernier roman d'Isabelle Flaten, une autrice que je suis depuis la lecture de son bel « Adelphe », je n'avais pas besoin d'en connaitre le sujet. Mais bien sûr avec ce titre j'avais déjà imaginé différents scénarios possibles. Je me suis bien évidemment trompée…. Car s'il y est bien question de folie, ce roman est avant tout le récit d'un impossible dialogue entre une fille et sa mère.

    Ecrit à la première personne et grandement autobiographique, Isabelle Flaten délivre sans doute ici son roman le plus intime dans lequel par un jeu de miroir elle se raconte et raconte cette mère atypique.
    Une mère absente jusqu'au 3 ans de la narratrice.
Une mère libertaire, pur produit de mai 68, à l'adolescence de sa fille.
Une mère schizophrène quand viendra l'âge adulte de l'autrice.
    On traverse les années de cette relation bancale, de cet amour inconfortable marqué par l'absence d'un homme pour l'une et d'un père pour l'autre.
    Si l'une n'aura de cesse de chercher des hommes pour être aimé, l'autre cherchera à savoir qui était son père et se confrontera au mutisme, aux mensonges puis aux délires de sa mère enfermée dans sa prison mentale.

    Dans un style très différent de ce que j'ai déjà lu d'elle, mais toujours aussi vif, Isabelle Flaten nous offre un très pudique et très beau récit, une histoire de femmes avant tout, une histoire de secret - avec ce qu'il engendre de nocif sur la construction d'un enfant - , une histoire d'impuissance face à la folie, face à une personne hors d'atteinte.
    Je reconnais que ce type de livre n'est en général pas ma tasse de thé – plus c'est personnel, plus je reste à distance - mais Isabelle Flaten à un don pour me parler. Sans doute parce que son écriture est toujours mâtinée d'humour et de tendresse, parce qu'elle ne cherche jamais l'esbroufe et le remplissage de pages. Chez elle pas de digressions, elle y va direct, plein phares et moi lectrice je suis toujours un peu ébloui.

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    Couverture du livre « La folie de ma mère » de Isabelle Flaten aux éditions Le Nouvel Attila

    Joëlle Guinard sur La folie de ma mère de Isabelle Flaten

    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/03/la-folie-de-ma-mere-disabelle-flaten.html

    La narratrice s'adresse à sa mère morte. Elle raconte sa relation impossible avec une mère bipolaire " il y a longtemps désormais qu'alternent les saisons dans ta tête", une mère qu'elle "veut tout à la...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/03/la-folie-de-ma-mere-disabelle-flaten.html

    La narratrice s'adresse à sa mère morte. Elle raconte sa relation impossible avec une mère bipolaire " il y a longtemps désormais qu'alternent les saisons dans ta tête", une mère qu'elle "veut tout à la fois, sauver et fuir."

    Elle raconte d'abord son enfance chaotique ballotée de Paris à Strasbourg au gré des fluctuations de sa mère après le décès de son père, un homme autoritaire et violent. Sa mère, professeure de collège, est une femme aux humeurs imprévisibles, aux comportements excessifs avec qui elle partage cependant l'amour des livres. "J'ai un refuge depuis toute petite, une forteresse, j'habite dans les livres." Les livres, leur seul langage commun... "Les portes des librairies se confondent avec celles du paradis."

    L'auteure raconte, dans une deuxième partie de son texte, sa relation d'adulte avec sa mère en introduisant cette partie par la mort annoncée de cette femme "Tu as mis longtemps à réussir ta mort mais un jour tu y es parvenue.... tu flirtais avec le crépuscule depuis des années." Au fil des années l'état psychique de sa mère s'était en effet fortement dégradé... La narratrice nous raconte leur relation polluée non seulement par l'état mental de sa mère mais également par un mensonge dans laquelle sa mère s'est enfermée... Il s'agit d'un secret de famille connu de tout leur entourage mais ignoré de la narratrice qui avait toujours préférer rester "sourde au bruissement du secret".

    Je découvre Isabelle Flaten avec ce roman autobiographique qui relève de l'intime. Un texte qui résonne comme une déclaration d'amour d'une fille à sa mère. L'auteure n'a jamais pu établir une relation normale avec sa mère enfermée dans sa folie. Elle décortique ses sentiments de fille qui aurait tout donné pour "déloger le diable" qui empêchait sa mère d'être elle-même et de révéler sa vraie nature.

    Ce texte centré sur sa mère et elle, Isabelle Flaten a choisi de l'écrire à la première personne en s'adressant à sa mère à travers ses souvenirs d'enfant, puis d'adolescente et d'adulte. En à peine plus que 120 pages, elle nous offre un texte très émouvant, écrit juste à la bonne distance, sobre et pudique sans aucun pathos, aucun misérabilisme mais parsemé de jolies touches d'humour. Nous sommes bien loin d'un simple témoignage ici mais dans de la vraie belle littérature. Isabelle Flaten nous livre un récit qui ne vire jamais au règlement de comptes et qui, bien que sombre, laisse transparaitre de l'espoir, "le petit miracle de renaissance" qui lui a permis de se relever d'années très difficiles.

    A noter qu'il vaut mieux, comme souvent, éviter de lire la quatrième de couverture qui dévoile un élément que j'ai préféré avoir la surprise de découvrir dans la dernière partie du roman...

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    Couverture du livre « Les deux mariages de Lenka » de Isabelle Flaten aux éditions Le Realgar

    Madame Tapioca sur Les deux mariages de Lenka de Isabelle Flaten

    Nous rencontrons Lenka dans sa ville de Prague aux lendemains de la révolution de Velours. La ville et la société se transforment et pour elle, comme pour beaucoup, les cartes sont redistribuées. L'ère communiste est passée et pour notre héroïne il est bien difficile de comprendre ce vent...
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    Nous rencontrons Lenka dans sa ville de Prague aux lendemains de la révolution de Velours. La ville et la société se transforment et pour elle, comme pour beaucoup, les cartes sont redistribuées. L'ère communiste est passée et pour notre héroïne il est bien difficile de comprendre ce vent nouveau. Bien qu'encore jeune, Lenka est veuve de Honza, membre convaincu du parti qui n'a pas hésité à dénoncer quelques personnes en bon soldat du système qu'il était. Lenka n'a jamais voulu voir cet aspect de son époux qui était un mari quasi parfait. Elle a laissé faire parce que cela lui permettait de vivre tranquillement. Elle va pourtant devoir faire son auto-critique car Eva et Marek, ses voisins, ne craignent plus de la mettre face à ses compromissions passées.
    Mais Lenka s'accommode de tout... et quand son chemin croise celui de Paolo, français venu faire des affaires dans la capitale, elle rentrer dans le monde capitaliste avec la même nonchalance que celle dont elle a fait preuve pendant les années communistes.

    Un roman qui nous fait vivre Prague au gré de la politique à travers le parcours de Lenka. J'ai trouvé très intéressant de voir les difficultés pour les habitants de passer d'un pays fermé à un pays ouvert. Tout est chamboulé et Lenka n'a plus aucun repère. Elle ne sait plus si c'était mieux avant ou mieux maintenant et on peut imaginer que c'est ce qui s'est réellement passé pour beaucoup de personnes à l'est. Ils rêvaient d'ouverture mais ils ont désenchanté face au capitalisme qui les laissaient de côté.
    Et puis il y a tous les comptes à régler. Ceux qui ont souffert sous le joug communiste, ne sont pas prêts à pardonner.

    Si j'ai fortement apprécié le côté historique et l'écriture d'Isabelle Flaten toujours aussi agréable, j'ai eu beaucoup de mal à m'attacher à Lenka. Cette femme qui semble se laisse porter au gré des événements m'a même par moment agacé. J'ai également été un peu déçue par le dénouement qui arrive brutalement et qui m'a laissé sur ma faim.

    C'est donc une lecture en demie-teinte me concernant mais je salue le talent de l'auteur à immerger son lecteur dans cette période de grands bouleversements tout en nous faisant vivre la capacité de tout un peuple à se réinventer.

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