Isabelle Carre

Isabelle Carre

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Avis (30)

  • Couverture du livre « Les rêveurs » de Isabelle Carre aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Miss Marple sur Les rêveurs de Isabelle Carre

    Comment justifier ce 20 ?? comment l'expliquer, comment démontrer par a + b qu'il les vaut..
    Impossible bien évidemment car ces « rêveurs »font appel à l'émotion, pas à la raison, au ressenti pas à la démonstration.
    Les mots d'isabelle Carré pour ce roman, elle tient à «  roman » « plutôt...
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    Comment justifier ce 20 ?? comment l'expliquer, comment démontrer par a + b qu'il les vaut..
    Impossible bien évidemment car ces « rêveurs »font appel à l'émotion, pas à la raison, au ressenti pas à la démonstration.
    Les mots d'isabelle Carré pour ce roman, elle tient à «  roman » « plutôt autobiographique » admet-elle !! sont d'une douceur incroyable même dans les situations les plus dures, qu'elle évoque la vie de sa mère, de son père ou la sienne ! Elle y met tant d'amour et de bonté que seule la douceur transparaît et que disparaissent les horreurs subies ou vécues.
    Elle y met tant des époques traversées qu'on s'y reconnaît, des années 70 aux plus récentes, par des touches, petites touches d'histoire personnelle parfois ou très française à d'autres.
    Ce roman est un bonbon acidulé, très acidulé quand même, comme ceux que j'étais autorisée à sucer avec un appareil dentaire !! il reste des petits morceaux qui mettront du temps à fondre..
    la qualité de l'écriture, fluide , très fluide, les mots justes, ni trop ni trop peu, la musique, omniprésente.. comme dans leur vie, et l'histoire, son histoire, leur histoire font de ce livre un petit bijou..Isabelle Carré aime les mots bijoux, dit elle, mais son livre est un bijou tout entier, à multiples facettes certes, taillé au ciseau fin et agrémenté de dentelle au petit point.

    Elle a bien saisi l'hypocrisie des années 70, la honte d’être fille mère, d’être «  homo » pour parler comme à l'époque, que tu appartiennes à «  la haute » ou à la classe ouvrière, les douleurs étaient les mêmes, les faux semblants différents mais similaires par leurs conséquences . Il faut dire que sa famille cumule.. quand on pense en avoir fini avec les horreurs, les dysfonctionnements.. ça recommence mais la fin est magique.. un peu incroyable cependant, mais c'est un roman n'est-ce pas ??

  • Couverture du livre « Les rêveurs » de Isabelle Carre aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Mumu Dans le Bocage sur Les rêveurs de Isabelle Carre

    On connaît pour sa carrière d'actrice mais derrière cette profession publique qui est-elle vraiment ? Souvent qualifiée de lumineuse et discrète, intellectuelle parfois et avec l'écriture de ce roman, en grande partie autobiographique, elle nous lève le voile sur son enfance et en l'évoquant on...
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    On connaît pour sa carrière d'actrice mais derrière cette profession publique qui est-elle vraiment ? Souvent qualifiée de lumineuse et discrète, intellectuelle parfois et avec l'écriture de ce roman, en grande partie autobiographique, elle nous lève le voile sur son enfance et en l'évoquant on découvre une jeune femme fragile et forte à la fois, avec les traces que laissent une éducation assez libre, dans un milieu "artiste" sans vrais repères ni références, coincée entre deux  parents plus intéressés par leur vie que par leur progéniture.

    Je m'exerçais à trouver d'autres vies à ne plus avoir peur de la mienne.(p140)

    1969 : sa mère, secrétaire,  issue d'une famille d'aristocrates, possédant château, sens de l'honneur et du nom, sera exilée en banlieue pour éviter le scandale d'une grossesse hors mariage, fera la rencontre du père, issu d'une classe ouvrière,  qui acceptera de l'épouser et de reconnaître l'enfant. Suivrons Isabelle et un autre garçon. Tout ce petit monde vit dans un univers coloré dans tous les sens du terme : les enfants, souvent livrés à eux-mêmes, sans cadre, sans référence, leurs parents étant plus préoccupés par leurs propres vies que par celles de leur progéniture qui frôlera parfois la catastrophe.

    Ma mère ne me voit pas, elle ne me sauvera d'aucun danger, elle n'est pas vraiment là, elle ne fait que passer, elle est déjà passée. Elle s'en va. (p12)

    Le père, designer, se révélera homosexuel, et deux frères.

    Les enfants s'ennuient. les parents, sans doute, aussi. Mais impossible de lire sur leurs visages, ils sont loin, ailleurs, dans une autre vie, inaccessible et compliquée. (p120)

    Après une tentative de suicide à 14 ans, Isabelle fera la rencontre de sa vie, le théâtre, qui la sauvera sûrement, elle prendra un studio pour y vivre seule et tenter de se construire une vie. Elle se protège, elle se construit et elle rêve :

    J'ai bien fait, me dis-je, je suis vraiment en sécurité ici, tout danger est écarté ! Même celui d'être heureux.(p149)

    Qui devient-on quand on sert d'intermédiaire entre ses parents, que l'on doit régler les conflits, les protéger et surtout vivre, vivre, vivre à tout prix !

    J'en ai tellement entendu, que les mots et les images se sont gravés en moi. J'ai vieilli d'un seul coup et suis redevenue en même temps une petite fille, celle qui réclame sa part, sa part légitime : qu'on s'occupe d'elle comme on devrait s'occuper d'un enfants. A force de réclamer un dû qui ne viendrait jamais, la vieille dame et la petite fille se sont mêlées l'une à l'autre pour grandir, jusqu'à ce qu'on ne puisse plus les distinguer.(p165)

    La famille finira par se disloquer mais restera malgré tout unie, traversant les épreuves : le départ du frère aîné, le couple à 3 de son père

    Je repense à ce trio, à elle, sacrifiée pour qu'un reste d'amour dure, encore un peu, entre ces hommes qui avaient tant de mal à vivre sereinement le fait d'être ensemble. (p185)

     son coming out, son mariage gay, l'arrivée du sida, son incarcération,  etc... sa mère errant, vivant comme une ombre etc....

    Isabelle Carré trouvera dans son métier le cadre utile à sa construction, sa bouée de sauvetage

    Je serai cadrée par le chef opérateur ou le cadreur en personne, et même si cela peut sembler étrange, je trouverai tous ces cadres nécessaires et effectivement rassurants. (p224)

    C'est un récit courageux et lucide sur une enfance hors norme, qui aurait pu la détruire, encore présente. Il y a au fil des mots un regard indulgent et d'intimité avec la petite fille    et l'adolescente qu'elle était, la femme qu'elle est devenue, ses fragilités, sa force également. C'est écrit avec le coeur, simplement, honnêtement,  c'est comme un défouloir mais d'une rare poésie, sans animosité, sans revanche à prendre. Un constat. Elle nous livre ses souvenirs sans amertume, avec la douceur qu'on lui connaît, comme un témoignage d'une famille, d'une époque.

    Je continuerai comme ça, comme nous le faisons tous, parce que le reste n'est pas dicible. La partie émergée donne seulement l'idée de l'énormité silencieuse qu'on ne verra jamais. Et puis, il y a toutes les joies, comme les éclaboussures de soleil, les secondes chances, si précieuses que je préfère les taire et continuer de les contempler en silence. (p263)

    Une manière d'évacuer peut-être, une sorte de thérapie, de ranger tout ce bazar, d'en tirer des enseignements en revenant dessus, mieux comprendre qui elle est et d'où elle vient.

    Une manière d'être en paix avec soi et avec eux.

    Sous des apparences fragiles, il y a une volonté farouche de vivre, malgré tout, sans rien occulter, car comme pour tous les êtres humains, les apparences sont loin de toujours refléter la réalité, on le sait les comédiens ont plusieurs vies, dont une, personnelle une fois les lumières éteintes :

    Je suis une actrice connue, que personne ne connaît. (p262)

    La narration est faite d'aller-retours entre passé, présent, situations, différents protagonistes, par l'enchaînement des faits, des pensées, des situations, parfois il faut quelques secondes, surtout au début, pour savoir s'il est question d'elle, de sa mère, de sa grand-mère.

    J'ai été particulièrement touchée par les quelques pages qu'elle consacre (p 265 à 267)  sur le travail de l'écrivain après une émission de radio, sur ses remarques, sur sa sensibilité aux mots, leur importance, la source de création d'autres auteurs. On pourrait penser que ce récit est voyeuriste, impudique.... pas du tout : j'en ressors émue, touchée, on se retrouve parfois dans certains passages, une mise en mots de ressentis. Une enfance parmi tant d'autres.....

    La musique est très présente tout au long du livre : nombreuses chansons qui apparaissent comme un écho aux événements. C'est également une radioscopie d'une génération : les années 68 et des adultes propulsés parents alors qu'ils venaient de découvrir une certaine liberté,  une société qui oscille entre le passé et ce nouveau futur, sans avoir tous les codes, dans une société encore conservatrice où il n'était pas non plus facile de montrer qui on était vraiment.

    Epigraphe : le roman, c'est la clé des chambres interdites de notre maison.

  • Couverture du livre « Les rêveurs » de Isabelle Carre aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Nathalie Bullat sur Les rêveurs de Isabelle Carre

    Résumé Nathalie Bullat
    Est-ce un bonheur d’avoir des parents hors normes ? un peu hippies …
    « pop-post-soixante-huitard-zen » le contraire du classique. Ni aristocrate, ni prolétaire, ni bourgeois nous dit la
    petite Isabelle qui souhaiterait être classique, s’habiller d’un kilt...
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    Résumé Nathalie Bullat
    Est-ce un bonheur d’avoir des parents hors normes ? un peu hippies …
    « pop-post-soixante-huitard-zen » le contraire du classique. Ni aristocrate, ni prolétaire, ni bourgeois nous dit la
    petite Isabelle qui souhaiterait être classique, s’habiller d’un kilt bleu-marine comme ses amies de classe.
    Un père, d’origine modeste, artiste, qui dessine des tissus pour Pierre Cardin, qui peint dans son grand atelier entouré de curieux copains.
    Une mère effacée élevée dans un vaste un château par des parents peu affectueux, très rigides.
    Mais Isabelle aimait l impressionnante collection de livres de la bibliothèque de ses grands parents !!
    Nous connaissons tous le talent de comédienne d’Isabelle Carré. Dans cet ouvrage elle nous surprend par sa plume originale.
    Une écriture délicate, certes désordonnée, sans chronologie qui peut dérouter !
    Elle se met à nue. Révèle l histoire de ses parents, ses frères, ses joies d’enfant, les blessures, les chagrins d’un famille bohème, différente. Le bonheur est là aussi, mais « à peine entrevu , il s’échappe «
    C’est vrai ils rêvent tous dans cette famille, mais leurs rêves sont différents. Ils sont fragiles.
    Ce n’est pas un hasard s’ils écoutent en boucle la chanson de Sting » fragile ».
    Pourtant Isabelle et ses frères aiment ce père à la vie chaotique qui un jour est millionnaire et le lendemain ruiné.
    On rencontre les amis déjantés de son père, Paul et cette Alice qui semblait sortir d’un film underground américain.
    Isabelle à quinze ans vit déjà seule dans un petit studio où cavalent les cafard. Elle prend des cours de théâtre. En classe elle cache ses textes sous son pupitre, n’écoute pas les cours et révise « la ménagerie de verre »…on le sait le théâtre est salvateur.

    Je vous laisse partager quelques moments avec cette famille où l’amour existe, la tolérance aussi mais où leur vies sont en désordre.
    Je vous laisse découvrir ce qui a fait chavirer leur monde, parce qu’ils n’ont pas toujours été si fragiles…..

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