In Koli Jean Bofane

In Koli Jean Bofane

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Avis (11)

  • Couverture du livre « La belle de Casa » de In Koli Jean Bofane aux éditions Actes Sud

    Dominique Sudre sur La belle de Casa de In Koli Jean Bofane

    Dans Casa la belle, migrants et voyous se rencontrent dans les quartiers populaires. Sese est un jeune clandestin arrivé de Kinshasa. Il a atterri là alors qu'il pensait arriver en Normandie. Depuis il vivote en faisant casquer sur internet quelques européennes en mal d'amour, en les amadouant...
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    Dans Casa la belle, migrants et voyous se rencontrent dans les quartiers populaires. Sese est un jeune clandestin arrivé de Kinshasa. Il a atterri là alors qu'il pensait arriver en Normandie. Depuis il vivote en faisant casquer sur internet quelques européennes en mal d'amour, en les amadouant et en leur promettant la lune. Il était associé dans son petit business avec Ichrak.

    Un matin, dans une ruelle peu fréquentée, il découvre la belle Ichrak morte, ensanglantée. Ichrak n'a pas de père et sa mère, la farouche Zahira, est folle depuis longtemps. Alors qui pouvait bien lui en vouloir ? Tous ! Car Ichrak la sublime avait la langue bien pendue et ne s'en laissait pas conter.

    Et certainement pas par tous ces hommes concupiscents qui la guettaient et rêvaient de la soumettre à leur volonté. Ces nombreux hommes qui évoluent autour d'Ichrak, à commencer par le commissaire Daoudi, qui mène l'enquête. Lui-même est tombé sous le charme de la belle, mais n'a jamais réussi à la faire plier. Il y a bien sûr Sese le migrant, mais aussi Nordine le voyou, Farida la femme d'affaires avertie et son mari le très ambigu Cherkaoui, qui entretient une bien étrange relation avec Ichrak.
    Dans ce quartier misérable, les migrants arrivent du Congo, du Cameroun, du Sénégal. Ils n'ont pas trouvé d'issue à leur course vers l'Europe et ont posé ici leurs maigres bagages. Ils squattent des immeubles miteux lorgnés par les promoteurs. Ces derniers rêvent de transformer les quartiers pauvres de Casablanca pour les proposer aux plus riches, centres commerciaux, palaces, immeubles de luxe remplaceraient opportunément ces ruines, pourvu que l'on puisse en chasser les habitants. Et l'auteur nous décrit, avec une gouaille et un sens du dialogue qui nous embarquent dans une sordide réalité, les malversations, magouilles et affaires qui se trament ici sous le manteau.

    Chronique complète sur le blog https://domiclire.wordpress.com/2018/10/03/la-belle-de-casa-in-koli-jean-bofane/

  • Couverture du livre « La belle de Casa » de In Koli Jean Bofane aux éditions Actes Sud

    dominique petrone sur La belle de Casa de In Koli Jean Bofane

    Avis de la page 100 :

    La belle Ichrak est retrouvée assassinée dans une rue de Casablanca, mais pour l'heure le meurtrier n'est pas arrêté , beaucoup de suspects apparaissent car cette jeune fille était très remarqué par les hommes.
    Elle avait un ami, un certain Sese qu'elle ne craignait pas...
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    Avis de la page 100 :

    La belle Ichrak est retrouvée assassinée dans une rue de Casablanca, mais pour l'heure le meurtrier n'est pas arrêté , beaucoup de suspects apparaissent car cette jeune fille était très remarqué par les hommes.
    Elle avait un ami, un certain Sese qu'elle ne craignait pas car il la respectait alors la suite de l'histoire se profile en une enquête qui je l'espère saura me combler.

  • Couverture du livre « La belle de Casa » de In Koli Jean Bofane aux éditions Actes Sud

    Anna D'ANTONIO sur La belle de Casa de In Koli Jean Bofane

    Ichrak est retrouvée morte au petit matin par son ami Sese Tshimanga. La plus belle fille du quartier de Cuba, à Casablanca, ne fera plus tourner les têtes de tous les mâles du coin.

    Le commissaire Mokhtar Daoudi ouvre une enquête mais n’ira pas très loin dans ses investigations.
    Résoudre...
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    Ichrak est retrouvée morte au petit matin par son ami Sese Tshimanga. La plus belle fille du quartier de Cuba, à Casablanca, ne fera plus tourner les têtes de tous les mâles du coin.

    Le commissaire Mokhtar Daoudi ouvre une enquête mais n’ira pas très loin dans ses investigations.
    Résoudre le meurtre d’une fille, soit disant aguicheuse, vivant avec sa mère, folle, ne fera pas avancer sa carrière de policier.

    L’auteur, In Koli Jean Bofane, nous dresse un portrait haut en couleur des habitants des quartiers Cuba et Derb Taliane. « La Belle de Casa » fourmille de gens plus ou moins honnêtes dans la vie. Il est un conteur hors pair, avec un vrai sens du dialogue. Il a un humour caustique, bien aidé par certaines paroles du rappeur Booba :

    « La rue m’a rendu fou, je suis fou d’elle
    Je n’ai d’yeux que pour elle
    La seule qui me convienne
    Je suis tombé pour elle »

    « Rien à foutre, si tu parles mal, on va t’allumer
    J’veux pas faire la paix mais j’veux bien fumer le calumet. » (page 107)

    Le personnage qui va servir de fil rouge dans le livre est bien sûr Ichrak. Elle est révoltée par la concupiscence des hommes. Elle ne supporte plus ces regards appuyés du fait de sa belle silhouette. Elle veut être respectée dans ce monde machiste.
    L’absence du père, dès sa naissance, la hante. Est-ce qu’il habite le quartier, Casablanca ou était-il un étranger de passage ?

    Ichrak vit avec sa mère, Zahira. A l’âge de sa fille, elle aussi, était considérée comme la plus belle fille du quartier. Elle a un don pour prédire l’avenir. Beaucoup de personnes viennent la voir.

    Et puis, on fait la connaissance de Sese Tshimanga. Venu du Congo pour immigrer en France ou en Belgique, son passeur l’a largué au large du Maroc, en plein océan Atlantique.

    « Quand Sese avait embarqué, l’Algérien lui avait pris près de la moitié de son argent en dollars. La sorte de cachot qu’il lui avait offerte était un réduit dans la cale du sardinier. Il ne pouvait même pas s’y allonger complètement. Le voyage lui avait paru long, mais finalement il ne l’était pas assez, car une nuit Farès lui ouvrit la porte après lui avoir fait ramasser son sac…. Farès, d’une bourrade, venait de le faire chuter dans un canot pneumatique aussi flétri qu’un ballon de baudruche après une nuit de fête agitée. » (pages 15-16)

    Il vit de petits « boulots » et essaie d’entraîner Ichrak dans sa combine.

    « Parce que Sese était ce qu’on appelle un brouteur, un genre de cyber-séducteur africain. Un de ces types - très jeunes, souvent - qui entretiennent une cour avec quelques dizaines, parfois même des centaines, de femmes amoureuses, pratiquant une drague forcenée dans le but de leur soutirer de l’argent en jouant sur les stéréotypes de l’Afrique indigente…. » (page 20)

    Nous avons ici les trois principaux personnages du livre d’In Koli Jean Bofane.

    L’auteur nous dépeint, aussi, ces petites frappes, toujours prêtes pour un sale coup, du moment que ça paie bien : Nordine Guerrouj et Yacine Barzak.
    Les riches ne sont pas épargnés : Saqr al-Jasser, millionnaire saoudien venu faire des affaires à Casablanca. Il veut construire des immeubles de luxe à la place des quartiers Cuba et Darb Taliane, pauvres et délabrés.
    Son homme de main est une femme : Farida Azzouz.

    « Parce qu’à Casablanca, la pauvreté était insolente, elle ne se dissimulait pas derrière un périphérique, elle faisait face à la richesse, celle qui s’affichait par des parois de béton et de verre conçues par des architectes prestigieux. » (page 18)

    En toile de fond souffle le Chergui, appelé le Sirocco en Europe, qui peut rendre fou n’importe qui.

    « Chergui déferlait sur le pays et les peuples s’y étaient accommodés de génération en génération depuis des millénaires. Ces derniers temps, pourtant, le vent perdait de sa suprématie sur les terres qu’il traversait jadis…. le Changement climatique pouvait désormais exposer clairement sa volonté de s’accaparer du pouvoir sur le globe…. Tout ce à quoi Chergui aspire, c’est survoler la Méditerranée en passant par Gibraltar, les Baléares, poursuivre vers la Provence, la Sicile, le Mezzogiorno et accomplir le destin qui lui a été assigné en devenant Sirocco dans ces contrées-là. » (page 37)

    Dans ce livre, l’auteur développe certains thèmes : la corruption immobilière, la concupiscence masculine, la précarité des migrants. Il situe son histoire à Casablanca mais, au fond, ces thèmes sont universels.

    Je ne peux pas finir ma critique sans parler de la superbe couverture du livre. Avoir Keziah Jones, en photo, c’est de la bombe comme pourrait le dire le rappeur Booba.

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