Hyam Yared

Hyam Yared
Hyam Yared, lauréate de la Bourse Del Duca décernée par l'Académie française (2007), est née en 1975 à Beyrouth où elle a étudié la Sociologie à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Poète et nouvelliste, elle a publié des ouvrages qui lui ont valu de nombreuses distinctions. Secrétaire de l'anc... Voir plus
Hyam Yared, lauréate de la Bourse Del Duca décernée par l'Académie française (2007), est née en 1975 à Beyrouth où elle a étudié la Sociologie à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Poète et nouvelliste, elle a publié des ouvrages qui lui ont valu de nombreuses distinctions. Secrétaire de l'ancien centre du PEN (Liban), elle participe activement à essayer de mettre en place avec toute une communauté d'écrivains engagés pour la même cause, un nouveau centre PEN libanais. Elle a participé à diverses manifestations littéraires notamment au Portugal, Mexique, Suède, Struga, Malmö. Actuellement à Beyrouth, où elle réside avec ses trois filles, Hyam Yared se consacre à l'écriture.

Avis (4)

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    Couverture du livre « Tout est halluciné » de Hyam Yared aux éditions Fayard

    NADIA D'ANTONIO sur Tout est halluciné de Hyam Yared

    Justine est née une seconde fois à cinq ans au sortir d’un coma dans le livre de Hyam Yared « Tout est halluciné » : « J’ai ouvert les yeux à cinq ans sur une forme dans la plafond blanc de ma chambre : la tête de mon père. On aurait dit un bas-relief. (…) Pour le rassurer, je finis par le...
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    Justine est née une seconde fois à cinq ans au sortir d’un coma dans le livre de Hyam Yared « Tout est halluciné » : « J’ai ouvert les yeux à cinq ans sur une forme dans la plafond blanc de ma chambre : la tête de mon père. On aurait dit un bas-relief. (…) Pour le rassurer, je finis par le reconnaître. » (p.13)
    Si elle s’appelle Justine, son père le lui explique ainsi : « Tu comprends mieux ton prénom ? C’est moi qui l’ai choisi, Justine pour Justinien, empereur mille fois saint à qui l’Empire byzantin doit beaucoup. » (p.29)
    Le récit est plus qu’ intéressant car vaste, étant donné le contexte, il s’agit surtout de mémoire, d’Histoire, de religion qui est quasi permanente.

    Pour reconstituer ses souvenirs, Justine n’ayant plus de mère, ne peut plus compter que sur son père. Mais celui-ci lui interdit de prononcer certains mots comme « mère » ou « Liban » qui est pourtant leur pays d’origine. Elle va donc devoir combler elle-même tous les blancs des années effacées de sa mémoire.

    L’auteure, au-delà de Justine, parle finalement surtout de la mémoire d’un peuple qui essaie de se frayer un chemin. Le père de Justine, un chrétien grec, orthodoxe, mythomane et arabophobe, restaure des icônes et son désir est de ressusciter l’empire byzantin. Il ne va pas aider sa fille qui va être obligée de reconstituer elle-même tout le puzzle de son histoire familiale. Sa tante Mado, une veuve handicapée, l’aide avec tendresse et avec des livres – surtout des dictionnaires.
    On rencontre Samar (victime de violences familiales) – Thierry le rouquin – Mehdi (amoureux en secret de Samar) – Dalal (Palestinienne du Liban, nostalgique de Nasser)…
    Petit à petit, Justine va échapper à l’influence négative de son père et partir faire des études de lettres au Liban.
    Comme écrit sur la quatrième de couverture : « Des rêves d'émancipation aux violences les plus absurdes, de la Grande Syrie laïque d'Antoun Saadé aux ruines de Beyrouth, il lui faudra découvrir ce que les armes et les ceintures d'explosifs auront coûté à sa propre enfance pour espérer trouver un jour sa place dans le chaos du monde. »

    Avec cette lecture, mon avis devenait plutôt mitigé : touchée par Justine mais agacée par son père à la limite despote. Mais je n’ai pas voulu « lâcher » car j’étais certaine de trouver des indications très intéressantes. Bien m’en a pris. Ce qui ressort est la problématique des origines, toute l’Histoire du Moyen-Orient de l’empire byzantin, allant jusqu’au printemps arabe.
    Et justement, chaque personnage contient un morceau de cette Histoire.

    Pour ce roman très dense et très documenté, j’ai remarqué ces quelques mots de Dominique Baillon-Lalande : « Une fresque impressionnante, passionnante et émouvante à découvrir absolument. »
    Par contre, là où j’ai été un peu gênée, c’est parce qu’il y a de nombreux mots compliqués (arabes) qui parsèment allègrement tout le texte. Pour la plupart du temps, ils sont traduits en bas de page mais pas tous, alors on devine ou on essaie.

    Au final, de dois reconnaître que ce fut une agréable lecture par ses personnages touchants et par les événements historiques. Je ne résiste pas à la tentation de dire que la dernière partie : « La révélation », une lettre du père de Justine à sa fille, une lettre qu’elle avait oubliée dans une poche et ne voulait pas lire, nous offre une grande émotion, « une révélation » effectivement et on revoit sa copie.

    Merci à Lecteurs.com pour ce livre lu dans le cadre de l’Opération des Explorateurs et merci également aux Éditions Fayard pour leur participation.

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    Couverture du livre « Tout est halluciné » de Hyam Yared aux éditions Fayard

    Serge Plennevaux sur Tout est halluciné de Hyam Yared

    Roman sur l'émancipation de l'être et de la difficulté de s'affranchir du passé...

    Roman sur l'émancipation de l'être et de la difficulté de s'affranchir du passé...

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    Couverture du livre « Sous la tonnelle » de Hyam Yared aux éditions Sabine Wespieser

    Colette LORBAT sur Sous la tonnelle de Hyam Yared

    Elle vient de perdre sa grand-mère, voudrait se réfugier dans ses souvenirs, dans ceux de la morte, mais voilà, il faut respecter les convenances.
    Vous connaissez l’oursin : piquant à l’extérieur et doux à l’intérieur. Et bien ce pourrait être la vie de la grand-mère de cette jeune femme qui...
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    Elle vient de perdre sa grand-mère, voudrait se réfugier dans ses souvenirs, dans ceux de la morte, mais voilà, il faut respecter les convenances.
    Vous connaissez l’oursin : piquant à l’extérieur et doux à l’intérieur. Et bien ce pourrait être la vie de la grand-mère de cette jeune femme qui vient de mourir.
    Nous sommes au Liban. Les 2 coques représentent Beyrouth-Est et Beyrouth-Ouest. L’intérieur qui est si bon et iodé, c’est la grand-mère qui n’a jamais voulu quitter sa maison située sur la ligne de démarcation entre les 2 zones en guerre. Grâce à un messager, la narratrice va connaître un pan de la vie de sa grand-mère totalement inconnu d’eux qui renforce l’admiration et l’amour qu’elle lui porte.

    Un roman doux par la dose d’amour qu’il véhicule, dur par le climat ambiant, fort par la liberté. Il y a des pages déchirantes lorsque l’auteure parle du Liban, de ce pays déchiré, meurtri, violé, blessé. Mais il y a cette grand-mère et sa petite-fille, toutes les deux insoumises, orgueilleuses, vivant leur liberté dans un monde qui la leur refuse. Leur amour de l’humain, leur refus des convenances et leur courage.

    C’est un livre sur la fidélité à la parole, aux lieux
    Sabine Wespieser, une fois de plus, nous permet de découvrir et de lire une auteure de grande qualité. J’aurais aimé rester sous la tonnelle avec la narratrice et l’ombre de sa grand-mère. Quel délicieux roman à la fois fondant et sucré comme un loukoum et fort et dur comme la volonté de ces femmes. Qu’il a dû faire bon sous cette tonnelle dans ce jardin, oasis de bonté dans un monde de brutes.

    Un très beau roman servi par une écriture riche et belle que je vous recommande. J’aurais voulu garder, celui-ci également !!!

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    Couverture du livre « La malédiction » de Hyam Yared aux éditions Des Equateurs

    Yves MABON sur La malédiction de Hyam Yared

    Très difficile à résumer ce bouquin, je ne suis pas sûr d'y être réellement parvenu. Il manque des éléments, j'ai peur d'en avoir interprété d'autres. Écrit par une femme, c'est un roman sur les femmes. Sur leurs vies dans ces années-là au Liban. Hala, comme beaucoup se soumet à l'autorité plus...
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    Très difficile à résumer ce bouquin, je ne suis pas sûr d'y être réellement parvenu. Il manque des éléments, j'ai peur d'en avoir interprété d'autres. Écrit par une femme, c'est un roman sur les femmes. Sur leurs vies dans ces années-là au Liban. Hala, comme beaucoup se soumet à l'autorité plus qu'elle n'obéit. L'autorité des hommes mais aussi et surtout celles des mères, fortes, qui elles-mêmes ont eu une vie difficile. Dans le milieu dans lequel elle évolue, aucune déviance n'est tolérée : boulimie, homosexualité, sexualité avant mariage, même en parler est péché ! La religion culpabilisante ! "Le plaisir est une porte ouverte sur la dégradation de l'autorité. Il faut annuler le plaisir par la culpabilité. L'énergie calorique sans la culpabilité, c'est la révolution assurée." (p.26)
    Hala grandit dans l'espoir de récolter de l'amour de sa mère, or celle-ci ne s'intéresse qu'à son dernier-né, Hicham :
    "J'attendais que la colère la quitte pour me blottir en rêve dans ses bras. Chaque fois qu'elle les ouvrait, je me précipitais la première et arrivais quand elle les avait déjà refermés sur Hicham. La nuit, je rêvais de son parfum. Le matin, à l'affût du moindre signe, j'étais heureuse lorsqu'elle était détendue. Son sourire ressemblait à un arc-en-ciel retourné. Avec le temps, je me fis une raison. La tendresse, comme la colère, devait être une possession dont la mère était victime. Elle passait de l'une à l'autre sans raison." (p.19)
    Ce roman est toute la vie de Hala, de son enfance à sa vie de femme. Les hommes y sont peu présents, mais importants par les actes qu'ils commettent ou au contraire par leur indifférence au sort des filles et par leur souhait de ne pas s'immiscer dans l'autorité maternelle (pour avoir la paix et vivre tranquillement), sous prétexte d'aller travailler pour faire vivre la famille. Plus tard elle les découvrira transparents, se désagrégeant petit à petit. Ce sont donc les mères qui éduquent les enfants, durement comme elles l'ont été ; celle de Hala est changeante : "Ma mère souffrait d'automutilation retournée sur autrui. A travers moi, elle punissait son propre sexe." (p.31/32)
    C'est un livre qui se mérite : sa lecture n'est pas évidente, demande de l'attention, mais on n'en décroche pas. Hyam Yared est poétesse et romancière et son écriture s'en ressent. Des passages très beaux alternent avec d'autres plus crus, directs. La lecture est déconseillée aux pudibonds, mais fortement recommandée aux autres. Si certaines phrases sont un peu plus ardues à saisir, et certains passages un peu plus longs, je ne me suis jamais ennuyé dans ce livre. Hyam Yared développe un style qui accroche et garde le lecteur. Une sorte de fascination ou d'ensorcellement qui vous mènera au bout de cette histoire de femme libanaise, qui pourrait bien représenter une femme universelle.

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