Hubert Mingarelli

Hubert Mingarelli
Hubert Mingarelli est l'auteur d'une ½uvre très remarquée et largement traduite. Il a publié une dizaine de romans et recueils de nouvelles dont Quatre soldats (Seuil), prix Médicis 2003. Son dernier roman, L'homme qui avait soif, a paru chez Stock en 2014 et a reçu les prix Landernau et Louis-Gu... Voir plus
Hubert Mingarelli est l'auteur d'une ½uvre très remarquée et largement traduite. Il a publié une dizaine de romans et recueils de nouvelles dont Quatre soldats (Seuil), prix Médicis 2003. Son dernier roman, L'homme qui avait soif, a paru chez Stock en 2014 et a reçu les prix Landernau et Louis-Guilloux. Il publie également en janvier 2015 un roman à quatre mains avec Antoine Choplin, L'incendie (La Fosse aux ours).

Articles (2)

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    Confidences des finalistes du Prix Orange du Livre 2014

    Cinq romans sont en lice pour le Prix Orange du Livre 2014. Cinq romans sélectionnés par le jury pour leurs indéniables qualités littéraires. Cinq romans soumis au vote des internautes pour déterminer qui sera le lauréat de cette 6e édition. Mais qui se cache derrière ces pages, cette plume, cette verve ? Comment ont réagi les auteurs à l'annonce de leur nomination ? Hubert Mingarelli, Lola Lafon, Marc Lambron et Maylis de Kerangal ont accepté de répondre à quelques questions.

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    Les cinq finalistes du Prix Orange du Livre 2014

    Après avoir établi une liste de trente romans le 20 mars dernier, le jury du Prix Orange du Livre s'est à nouveau réuni ce lundi 28 avril pour sélectionner les cinq finalistes.

Avis (39)

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    Couverture du livre « La terre invisible » de Hubert Mingarelli aux éditions Buchet Chastel

    Eve Yeshé sur La terre invisible de Hubert Mingarelli

    Nous sommes en juillet 1945, à Dinslaken, au bord du Rhin, sous une intense chaleur. Un photographe anglais a « visité » un camp de concentration qui vient d’être libéré, en compagnie du colonel Collins, un gradé et de son chauffeur McFee qui se trouve incapable de dire ce qu’il a vu et n’a...
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    Nous sommes en juillet 1945, à Dinslaken, au bord du Rhin, sous une intense chaleur. Un photographe anglais a « visité » un camp de concentration qui vient d’être libéré, en compagnie du colonel Collins, un gradé et de son chauffeur McFee qui se trouve incapable de dire ce qu’il a vu et n’a qu’une envie retourner chez lui le plus vite possible. Peut-on dire quand ce que l’on a vu est innommable ?

    Notre photographe n’a pas envie de partir, il ne sait pas pourquoi, il a envie de photographier les gens du coin, simplement. Collins lui confie une voiture et O’Leary, un jeune homme qui vient juste d’arriver sur les lieux. Tout juste formé, il est arrivé trop tard sur le front et il pourra dire qu’il n’a jamais tué personne, donc les autres se moquent un peu de lui.

    Ils vont partir au hasard sur la route avec quelques jerricans d’essence et des rations alimentaire.

    Comment parler d’un roman où en apparence il ne se passe rien ? Le héros a une quête mais ne sait pas laquelle, tout ce qu’il sent, profondément en lui, c’est qu’il doit photographier les gens, dans leur vie de tous les jours. Il arrive à les approcher, même s’il est mal accueilli ; parfois, seul le fusil et la tenue militaire de son compagnon de voyage lui permettent d’établir un contact.

    En fait les deux héros sont en quête de quelque chose et ont leurs propres cauchemars : les corps des morts qui s’agitent encore sous les bâches qui les recouvrent pour le photographe, et ceux liés à la vie de tous les jours du jeune militaire, qui chez lui allait dormir sur la plage, creusant un abri dans le sable. Ils fuient probablement quelque chose, l’un comme l’autre.

    A-t-il voulu comprendre ce qui se cachait derrière ces personnes qui vivaient à proximité des camps et ne rien faire ? ou simplement voir si la vie continuait son cours à la fin de la guerre, comme auparavant ? qu’est-ce qui est invisible ? la conscience des personnes ? ou bien les camps ?

    On ne saura jamais ce que le photographe recherche en tirant les portraits des gens, fermier, un couple qui se marie, entre autres. Hubert Mingarelli laisse le lecteur imaginer, en fait, à lui de se poser les questions. C’est très surprenant !

    Je me suis demandée tout au long du roman, où l’auteur voulait m’emmener, sans vouloir me donner de réponse et étrangement c’est ce qui a fait la magie du livre. J’en suis sortie avec un tas de questions, un cerveau en ébullition à force de formuler des hypothèses…

    L’écriture est belle, et ce livre m’a vraiment plu… Il m’a donné envie d’explorer l’univers de cet auteur que je ne connaissais pas du tout, alors qu’il a une quinzaine de livres à son actif, dont l’un a obtenu le prix Médicis.

    Un grand merci à NetGalley et aux éditions Buchet-Chastel qui ont bien voulu m’accorder leur confiance.

    #LaTerreInvisible #NetGalleyFrance
    https://leslivresdeve.wordpress.com/2019/10/16/la-terre-invisible-de-hubert-mingarelli/

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    Couverture du livre « La terre invisible » de Hubert Mingarelli aux éditions Buchet Chastel

    Dominique JOUANNE sur La terre invisible de Hubert Mingarelli

    Tonitruant de virtuosité, « La Terre invisible » est un livre d’images dans lequel chaque paragraphe vibre sous une photographie éclatante de talent. Un diamant. Un livre joyau.

    Hubert Mingarelli est fidèle à sa facture, en campant deux personnages choisis parmi des gens ordinaires au sortir...
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    Tonitruant de virtuosité, « La Terre invisible » est un livre d’images dans lequel chaque paragraphe vibre sous une photographie éclatante de talent. Un diamant. Un livre joyau.

    Hubert Mingarelli est fidèle à sa facture, en campant deux personnages choisis parmi des gens ordinaires au sortir d’un traumatisme et étirer l’encre de sa plume sur le très haut de la crête de l’âme humaine avec un silence bruyant de non-dits. Au-delà de nous entrainer dans les méandres de l’inconcevable, il va nous embarquer en terre étrangère et dans la grande Histoire.

    Il va situer ses deux héros dans l’Allemagne de 1945 occupée par les armées alliées, un mois après l’armistice.
    L’un est un reporter photographe de guerre anglais qui aura été un des premiers témoins de la libération d’un camp d’extermination des juifs par les nazis, image ombrée par quelques touches non appuyées qui avec peu de mots dégage une atmosphère d’horreur.
    L’autre, O’Leary, est un tout jeune appelé mais qui arrivera dans son bataillon alors que les combats ont déjà pris fin. Ce sera un soldat novice, ignorant tout de la guerre, et qui sera désigné par son chef pour être le chauffeur du photographe.
    Ce photographe qui ne parvient pas à rentrer chez lui car choqué par ce qu’il a vu, il veut prendre des photos de cette population allemande de retour en temps de paix et comprendre qui sont ces gens qui ont laissé faire, voire participé et servi, à un tel génocide.

    Avec brio, Hubert Mingarelli nous offre un album de photos bruyantes de la guerre qui vient tout juste de finir. Des photos qui nous rattrapent dans la distance pour venir nous bouleverser encore.

    Ces deux personnages se découvrent dans un relief de non-dits qui donne une résonance tonitruante au silence des photos qui parlent d’elles-mêmes.
    Des citoyens allemands devant leurs maisons qui sont passés de la folie meurtrière à la tranquillité mais ce très récent répit est auréolé d’un flou d’inquiétude devant ceux qui hier étaient encore leurs ennemis et aujourd’hui se présentent en amis.
    Comment tout cela a-t-il pu arriver ? Comment va-t-on revivre ensemble? Comment cette misère, cette plaie misérable laissée béante et à vif devant chaque maison va-t-elle se résorber pour faire oublier l’horreur, pour revivre ensemble, se côtoyer à nouveau sans haine et sans crainte l’un de l’autre, sans reproche dans les regards méfiants de chacun, ennemis passés qui lavés par les grosses pluies d’un orage terrifiant vont recréer une belle lumière amie et chaleureuse qui réunira les gens dans la quiétude du long voyage qui nous attend tous, symbolisé par ce trajet tracé en Terre invisible. Inconnue. Imprévue.

    La route parcourue par les deux Anglais est riche d’une belle nature estivale verdoyante et fleurie traversée par des artères d’eau. Elle mène à une grande Histoire vertigineuse où l’Humain, ce grand inconnu, peut devenir impitoyable envers son semblable et lui arracher sa tranquillité comme on arrache un poisson de l’eau en le laissant souffrir à l’agonie sur une herbe sèche, juste par cruauté gratuite ou ignorance de la souffrance, par petitesse d’esprit, veulerie ou peur et être habité par un élan barbare qui dénué d’intelligence et de pitié, vidé de toute empathie, ébranlera le monde jusqu’à une indignation démesurée.

    Avec une écriture juste et sans tache, l’auteur nous livre un texte intense mais sans pesanteur qui nous tient en haleine suspendus sur le haut d’une crête de l’âme humaine qui s’étire sous sa plume jusqu’à ce que j’en sorte essorée mais finalement rassurée face au nouvel horizon qui se profile devant nous, là-bas.
    « La mer n’est pas loin, O’Leary. »

    Ce dernier roman d’Hubert Mingarelli est en lice pour des prix en pagaille et retenu parmi les 9 finalistes en vue du prix Goncourt. Cela me ravit et me rassure que le talent d’un écrivain hors norme soit reconnu.

    Je tiens ce livre pour chef-d’œuvre avec sa part d’humanisme, gardien de notre fraternité, celle qui nous sauve de la haine.

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    Couverture du livre « La terre invisible » de Hubert Mingarelli aux éditions Buchet Chastel

    yves MONTMARTIN sur La terre invisible de Hubert Mingarelli

    « Soudain je me penchai vers Collins et lui dis dans un demi-sommeil et sans vraiment réfléchir :
    Collins, qu'est-ce que nous avons vu là-bas ? »

    Juillet 1945, au bord du Rhin, aux fenêtres de l'hôtel le drapeau britannique est suspendu, depuis un mois la guerre est finie. le narrateur...
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    « Soudain je me penchai vers Collins et lui dis dans un demi-sommeil et sans vraiment réfléchir :
    Collins, qu'est-ce que nous avons vu là-bas ? »

    Juillet 1945, au bord du Rhin, aux fenêtres de l'hôtel le drapeau britannique est suspendu, depuis un mois la guerre est finie. le narrateur photographe de guerre, accompagné de O'Leary un jeune soldat qui lui sert de chauffeur, décide d'aller photographier les gens de ce foutu pays.

    J'avais eu beaucoup de plaisir à lire un repas en hiver, mais là je dois reconnaître que ce n'est qu'une fois ce court roman achevé que j'ai compris le sens de cet étrange récit. Hubert Mingarelli nous entraîne dans un voyage dans l'Allemagne vaincue et dévastée. L'auteur sait créer une atmosphère de fin de guerre où les images des camps de concentration libérés sont encore présentes. Rien n'est dit, tout est suggéré, c'est sans aucun doute ce qui fait la force de ce livre, mais aussi la difficulté à l'appréhender.
    L'errance d'un homme qui se demande comment poursuivre sa vie après avoir vu l'horreur et qui se demande comment cela à pu arriver.

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    Couverture du livre « La terre invisible » de Hubert Mingarelli aux éditions Buchet Chastel

    Joëlle Guinard sur La terre invisible de Hubert Mingarelli

    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/08/la-terre-invisible-de-hubert-mingarelli.html

    Nous sommes en juillet 45, dans une ville d’Allemagne occupée par les alliés. Le narrateur est un photographe de guerre anglais qui a suivi la défaite allemande et qui a été traumatisé par ce qu'il a vu...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/08/la-terre-invisible-de-hubert-mingarelli.html

    Nous sommes en juillet 45, dans une ville d’Allemagne occupée par les alliés. Le narrateur est un photographe de guerre anglais qui a suivi la défaite allemande et qui a été traumatisé par ce qu'il a vu lors de la libération d'un camp de concentration.

    Il décide de ne pas repartir en Angleterre et de parcourir l'Allemagne pour photographier les habitants devant leur maison, il part ainsi à la rencontre des hommes et des femmes qui ont permis l'existence de ces camps. Un ami colonel lui met à disposition une voiture et un chauffeur, un jeune soldat anglais de son régiment qui vient d'arriver en Allemagne et qui n'a donc rien vu de la guerre.

    Le roman raconte la déambulation au hasard des routes de ces deux hommes, le photographe est hanté par les horreurs auxquelles il a assisté et le jeune chauffeur apparaît très vite hanté par son propre passé en Angleterre.

    Cette histoire située en Allemagne juste à la fin de la guerre avait tout pour me plaire car je n'ai jamais rien lu sur l'immédiat après-guerre dans ce pays. Je savais de plus que Hubert Mingarelli avait une écriture très épurée comme je les aime.
    Il est vrai que l'auteur ne donne aucune description dramatique, qu'il est plus dans l'évocation que dans la description ce qui en général n'est pas pour me déplaire. Mais l'errance qu'il décrit est associée à une ambiance lourde et étrange qui m'a d'abord séduite avant de me déstabiliser. Ce récit lent, froid et sans émotions m'a hélas ensuite plongée dans l'ennui. Je n'ai pas compris où l'auteur voulait en venir et je suis ressortie de cette lecture avec l'impression d'être complètement passée à côté du message qu'il voulait transmettre. Je vais avoir l'occasion de l'entendre parler de son roman lors d'une présentation début septembre, ses propos m'éclaireront peut-être...

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