Hubert Haddad

Hubert Haddad
Auteur d'une œuvre considérable, Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d'intellectuel et d'artiste, avec des titres comme Palestine (Prix Renaudot Poche, Prix des cinq continents de la Francophonie), les deux volumes foisonnants du Nouveau Magasin d'écriture ou le très re... Voir plus
Auteur d'une œuvre considérable, Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d'intellectuel et d'artiste, avec des titres comme Palestine (Prix Renaudot Poche, Prix des cinq continents de la Francophonie), les deux volumes foisonnants du Nouveau Magasin d'écriture ou le très remarqué Peintre d'éventail (Prix Louis Guilloux, Grand Prix SGDL de littérature pour l'ensemble de l'œuvre).

Articles (1)

Avis (70)

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    Couverture du livre « Premières neiges sur Pondichéry » de Hubert Haddad aux éditions Zulma

    Michèle HENRY sur Premières neiges sur Pondichéry de Hubert Haddad

    Hochéa Meintzel, israélien et juif, célèbre violoniste, décide de quitter Jérusalem et son pays natal après avoir vécu un attentat dont il sortira indemne. Invité pour participer à un festival de musique à Chennai Il part en Inde du Sud.
    Tout au long de ses pérégrinations qui le conduiront de...
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    Hochéa Meintzel, israélien et juif, célèbre violoniste, décide de quitter Jérusalem et son pays natal après avoir vécu un attentat dont il sortira indemne. Invité pour participer à un festival de musique à Chennai Il part en Inde du Sud.
    Tout au long de ses pérégrinations qui le conduiront de Pondichéry à Cranganore, la Jérusalem de l’est, en passant par les Ghâts occidentaux, Hochéa se laisse porter dans sa quête spirituelle et initiatique et emporte avec lui le lecteur.
    Ce livre, animé par les sons, les odeurs et les images est d’une extrême sensibilité et délicatesse. Les descriptions d’évènements même violents sont adoucies par la subtilité des mots choisis, comme peut l’attester le passage ci-dessous :
    « Ils vaquent au soucieux bonheur d’exister, pour soi ou pour un proche, chacun ajoutant son pas tranquille au grand ballet déambulatoire. Puis tout se brouille soudainement dans un souffle. Les danseurs ploient et chutent au ralenti, d’autres restés debout saignent du nez et des oreilles. La déflagration n’assourdit que les rescapés. Des limbes tournoient chargés de fragments de verre et de chair humaine. Un instant, tout se fige dans une volute étrangement déliée, pareille aux ailes renversées d’une colombe en plein vol. Le couperet du silence effraie plus que cette pluie de sang…. ».
    Quelquefois, le lecteur peut se perdre dans certaines références théologiques mais l’intensité de l’attente d’une réconciliation du personnage avec la foi nous garde dans cette traversée « musicale » et mystique.
    Un livre dense, profond, émouvant et d’une qualité littéraire hors du commun.

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    Couverture du livre « Le peintre d'éventail » de Hubert Haddad aux éditions Gallimard

    Apitre sur Le peintre d'éventail de Hubert Haddad

    Une écriture poétique et fine, un peu à la manière de François Cheng. L'auteur peint littéralement les paysages et les personnages, d'une formidable beauté. Un beau roman d'apprentissage...

    Une écriture poétique et fine, un peu à la manière de François Cheng. L'auteur peint littéralement les paysages et les personnages, d'une formidable beauté. Un beau roman d'apprentissage...

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    Couverture du livre « Premières neiges sur Pondichéry » de Hubert Haddad aux éditions Zulma

    Rémi Paolozzi sur Premières neiges sur Pondichéry de Hubert Haddad

    Un virtuose israélien décide de quitter son pays, lassé par la violence qu’il a connu, et part pour l’Inde où il va découvrir un monde qu’il ne soupçonnait certes pas et qui va finalement le relier à son passé et sa religion.
    Ce qui m’a happé dans ce livre, plus que l’histoire, c’est le style...
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    Un virtuose israélien décide de quitter son pays, lassé par la violence qu’il a connu, et part pour l’Inde où il va découvrir un monde qu’il ne soupçonnait certes pas et qui va finalement le relier à son passé et sa religion.
    Ce qui m’a happé dans ce livre, plus que l’histoire, c’est le style et le langage d’Hubert Haddad. Cet homme aime les mots. Cela se sent, cela se lit. Cela confine parfois à la poésie. Il manie le verbe, le vocabulaire, joue avec à un point tel que mon plaisir était dans la lecture, mot après mot, phrase après phrase de son style. L’histoire en était presque secondaire.
    Tout cela est rehaussé par certains passages qui conte des récits semi-légendaires d’un royaume juif situé en Inde. Ainsi Il y a parfois un aspect de rêverie assez difficile à expliquer mais c’est comme cela que je l’ai ressenti. D’autant que parfois cela fait appel à nos sens. J’avoue que peu de livres m’ont donné un plaisir basé quasi-uniquement sur la façon dont l’auteur a travaillé, modelé la construction de ses phrases. A presque en oublié le reste. Une vraie gourmandise.

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    Couverture du livre « Premières neiges sur Pondichéry » de Hubert Haddad aux éditions Zulma

    Marie S. sur Premières neiges sur Pondichéry de Hubert Haddad

    A la fin d’un concert à Tel-Aviv, Hochéa Meintzel, violoniste virtuose, déclare ne plus vouloir « être juif, ni homme, ni rien qui voudrait prétendre à un héritage. »
    Sifflé, hué, le vieil homme quitte Israël » sans idée de retour après une vie d’espoir et de colère. » Il accepte de partir en...
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    A la fin d’un concert à Tel-Aviv, Hochéa Meintzel, violoniste virtuose, déclare ne plus vouloir « être juif, ni homme, ni rien qui voudrait prétendre à un héritage. »
    Sifflé, hué, le vieil homme quitte Israël » sans idée de retour après une vie d’espoir et de colère. » Il accepte de partir en Inde, invité à un festival de musique carnatique à Chennai.
    Il y est accueilli par une jeune interprète, Mutuswami, jeune femme délicieuse au timbre musical qui n’est pas sans lui rappeler Samra, sa protégée, presque sa fille adoptive.
    Mutuswami l’accompagne sur les routes de l’Inde jusqu’à Pondichéry pour le laisser sur la côte du Malabar où, pendant un cyclone, Hochéa sera le participant inespéré de la prière au sein de la synagogue bleue.
    Les légendes et la musique accompagnent ce voyage. Elles sont le visage de l’exil et de l’espoir.
    Le vieux hazzan bègue de la synagogue raconte les légendes des naufrages qui ont amené le peuple juif en Inde. Adonias, échoué sur la côte du Malabar, peuple le sud de Kochi de juifs mariés aux basses castes, en créant la Jérusalem de l’Est.
    » Le mélande des langues en temps de paix est la plus belle musique. »
    La musique, souvenir personnel d’Hochéa, celle d’un vieux rabbin dans le ghetto de Lodz. Là où périrent ses parents et sa soeur.
    Hochéa est un » curieux personnage au beau visage triste« , un vieil homme usé sous le poids de la mémoire, un rescapé du ghetto et de l’attentat sur la route du Carmel où il était avec Samra.
    » Samra était son dernier regard et la limite de sa raison. ».
    » Depuis l’attentat, le monde lui parvenait à peu près exclusivement par les voies auditives, sous forme d’architectures et de paysages mêlés tout en vibrations internes. »
    Hubert Haddad excelle en ce domaine. Il nous donne à voir et à entendre la beauté des paysages, le mélange des cultures, la puissance du cyclone et la force des légendes. Le chemin et le passé de Hochéa sont semés de rencontres, des personnages qui ont une histoire, une origine et un havre de paix.

    Dans ce récit hautement travaillé, riche de culture, Hubert Haddad fait vibrer l’usure d’un vieil, à l’image de tant d’exilés, qui n’attend plus qu’un tourbillon l’emporte au ciel.
    « On aimerait mourir débarrassé de toute croyance. »

    Les amoureux de la plume de Hubert Haddad seront conquis par ce nouveau roman. La construction et la culture de l’auteur peuvent décontenancer les lecteurs peu habitués à cet univers. Personnellement, j’ai beaucoup aimé la sensibilité d’Hochéa Meintzel.
    » Juifs ou Palestiniens, la haine est un suicide. Nous sommes une même âme, un même chant d’avenir. »