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Henry David Thoreau

Henry David Thoreau
Homme de lettres et philosophe non conformiste, réfractaire à l'emprise de l'état sur l'individu, mais aussi naturaliste précurseur de l'écologie, Henry D. Thoreau a publié de nombreux ouvrages dont les éditions Le mot et le reste ont entrepris la traduction par Brice Matthieussent, remettant not... Voir plus
Homme de lettres et philosophe non conformiste, réfractaire à l'emprise de l'état sur l'individu, mais aussi naturaliste précurseur de l'écologie, Henry D. Thoreau a publié de nombreux ouvrages dont les éditions Le mot et le reste ont entrepris la traduction par Brice Matthieussent, remettant notamment au goût du jour un des fondamentaux de la littérature américaine : Walden.

Avis sur cet auteur (9)

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    Couverture du livre « De la marche » de Henry David Thoreau aux éditions Mille Et Une Nuits

    LALIE.01 sur De la marche de Henry David Thoreau

    De son vrai nom David Henry Thoreau, Henry David Thoreau, était un philosophe, un naturaliste et un poète américain (du Massachusetts), ainsi qu'un écrivain voyageur.
    Pour lui, l'important était « d'être en mouvement. » Il en a parlé dans son petit livre « de la marche » («Walking ») .

    On y...
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    De son vrai nom David Henry Thoreau, Henry David Thoreau, était un philosophe, un naturaliste et un poète américain (du Massachusetts), ainsi qu'un écrivain voyageur.
    Pour lui, l'important était « d'être en mouvement. » Il en a parlé dans son petit livre « de la marche » («Walking ») .

    On y apprend que l'auteur marchait au moins quelques heures par jour – un exercice physique nécessaire à son hygiène mentale, particulièrement à l'intérieur des bois sauvages, de préférence, où l'homme n'a pas encore laissé de marque.

    L'auteur de « Walden ou la vie dans les bois » prétend et développe avec justesse l'idée que c'est par la vie sauvage que notre monde est préservé.

    Enfin, ce petit livre se termine en tentant de répondre à cette grosse question : "Où est la littérature qui permette à la Nature de s'exprimer ? Serait-ce un poète (…) celui-ci puiserait ses mots aussi souvent qu'il s'en servirait, les transplanterait sur sa page avec la terre adhérant à leurs racines ; dont les mots sont si vrais, frais et naturels qu'ils sembleraient se développer comme les bourgeons."

    Cet extrait incomplet, d'un des plus beaux morceaux d'écriture de l'oeuvre de Thoreau, demande l'impossible et revendique le rêve de la liberté individuelle sur celle collective, voire policée.

    N'oublions pas que les livres de Thoreau sont toujours politiques, même s'ils traitent à première vue d'environnement et de nature, un peu à la manière d'un Socrate du 19e siècle qui aimait mieux vivre à l'extérieur de la cité pour y discuter de la société des hommes.

    Mais au-delà de ce style, il y a les idées qui sont souvent joliment exprimées.

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    Couverture du livre « Walden ou la vie dans les bois » de Henry David Thoreau aux éditions Gallimard

    LALIE.01 sur Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau

    De l'écrivain américain Henry David Thoreau (1817-1862), j'ai choisi d'évoquer son célèbre « Walden ou La vie dans les bois » (du nature writing), et je suis tentée de le qualifier de « dissident ».

    Nous sommes en 1845 et Henry David Thoreau a décidé de vivre dans un cabanon dans les bois...
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    De l'écrivain américain Henry David Thoreau (1817-1862), j'ai choisi d'évoquer son célèbre « Walden ou La vie dans les bois » (du nature writing), et je suis tentée de le qualifier de « dissident ».

    Nous sommes en 1845 et Henry David Thoreau a décidé de vivre dans un cabanon dans les bois afin de mettre à l'épreuve sa philosophie de la vie simple et de l'ascétisme.
    « Mon plus grand talent a été de me contenter de peu ».

    Avez-vous aimé « Into the wild » ? Alexander Supertramp était en quelque sorte le disciple de Thoreau, qui à son tour était le disciple de R. W. Emerson. Contrairement au jeune homme parti pour l'Alaska, Henry David Thoreau n'était pas au bout du monde, mais au bout du village. Enfin, à deux kilomètres du village. Il y est resté deux ans. Ce bouquin est un fragment autobiographique.

    Notre « dissident » sarcle les haricots - cueille les myrtilles - pèche et observe la nature - l'étang - les arbres - les saisons - les bêtes - le chant des oiseaux - le vent du Nord - la fonte des neiges sont pour lui une source inépuisable de bonheur. « Il m'arrivait d'entendre les renards en leurs courses errantes sur la croûte de neige, par les nuits de lune ». Voilà pour la deuxième moitié du bouquin.

    Quant à la première partie (plus aride à mon sens), il s'agit de son credo. le comment et le pourquoi de cette vie où l'on se contente de peu. Se concentrer sur l'essentiel, se détourner du consumérisme et du matérialisme. Que faire alors de son temps et son énergie ? Méditer - jouir de la nature - chercher la vérité - lire et s'instruire. ?
    Sa démarche interpelle, mais pour le style… : Il y a des longueurs et la traduction datant de 1922 ne facilite pas les choses.

    « Thoreau ne s'est jamais marié ; il a vécu seul ; il n'est jamais allé à la messe ; il n'a jamais voté ; il a refusé de payer l'impôt ; il n'a pas mangé de viande, n'a pas bu du vin et a ignoré le tabac ; tout en étant un naturaliste, il n'a utilisé ni piège ni fusil », dixit Ralph Waldo Emerson. D'ailleurs une des œuvres de Henry David Thoreau s'appelle « de la désobéissance civile ».

    Tout un programme et « Walden ou La vie dans les bois », représente un « monument » dans l'oeuvre de cet écrivain.

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    Couverture du livre « Walden ; nouvelle traduction de Brice Matthieussent » de Henry David Thoreau aux éditions Le Mot Et Le Reste

    Dominique Jouanne sur Walden ; nouvelle traduction de Brice Matthieussent de Henry David Thoreau

    « Cherchons-nous toujours à obtenir davantage (…) sans jamais nous contenter de moins ? »

    A l’époque où les États-Unis, en pleine expansion industrielle, traversent une de ses premières grandes crises financières, Thoreau est un des premiers écrivains américains « techno-critique »,...
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    « Cherchons-nous toujours à obtenir davantage (…) sans jamais nous contenter de moins ? »

    A l’époque où les États-Unis, en pleine expansion industrielle, traversent une de ses premières grandes crises financières, Thoreau est un des premiers écrivains américains « techno-critique », s’interrogeant sur le besoin réel et la place des techniques dans la société, le risque d’un épuisement des ressources naturelles, les liens distendus entre l’Homme et la nature par trop d’heures de travail obligé et l’achat d’objets inutiles, les conditions de travail fabriquant des pauvres, esclaves de leurs nouveaux biens, (au-delà de posséder une maison, c’est la maison qui vous possède et vous appauvrit). Thoreau fustige l’esprit business et les progrès industriels à outrance.

    « Pourquoi devrions-nous vivre dans une telle hâte en gaspillant nos vies ? »

    Il va volontairement s’isoler dans les bois au bord de l’étang Walden et écrire le journal de son expérience, celle d’une immersion totale dans la nature pendant un peu plus de deux ans avant de retourner à la civilisation.
    Il va bâtir une cabane en planches sur plots au-dessus d’une cave creusée sur sept pieds de profondeur où il entreposera ses pommes de terre et où durant l’hiver, quelque couple de taupes y nichera à l’abri du froid. Toujours avec du matériau de récupération, il construisit une cheminée au feu de bois et à l’arrière de l’habitation, un abri pour les bûches. Les murs sont faits de planches, pierres et sable. La chaux sera faite à partir de coquillages écrasés ramassés près d’une rivière.
    Il prouvera qu’on peut très bien vivre en autosuffisance dans la nature avec un seul vêtement solide, chaud, confortable et utile (il fustige la mode et la déco), l’achat de quelques haricots secs, de la farine de maïs pour la bouillie, les galettes et le pain, ce, avec l’argent gagné à la cueillette des myrtilles une fois de temps en temps (il fustige le travail obligatoire pour un salaire ce qui ruine l’être humain). Pour le reste de la nourriture, il cultive son jardin et pêche.

    Il fustige ‘le télégraphe magnétique’ précurseur du téléphone, et aussi le train originalement prévu pour le transport des marchandises et qui étend son service en embarquant des voyageurs. Il prédit le déclin de ce business (ce qui par ailleurs, se révèle exact de nos jours et soulève de nombreux débats encore très récemment), dénonce son enjeux politique par le contrôle des territoires et des populations, et le gouffre financier en investissements.

    C’est ce rôle de lanceur d’alertes avant-gardiste qui probablement a fait le succès de ce livre qui, malgré une toute nouvelle traduction, reste toutefois aride à lire. Le regard de cet homme individualiste est critique sur ses congénères, voire suffisant, et le ton est professoral et catégorique.

    Une bonne première moitié du livre dénonce le consumérisme et fait état de ses raisonnements parfois simples sinon naïfs, (voire tiré par les cheveux… A quoi sert le téléphone puisqu’une sourde ne peut entendre la déclaration d’amour d’un de ses soupirants…) Ses arguments et nombre de critiques sur le matérialisme et sa surconsommation, sont surexposés dans des justifications sans fin dans le but de prouver absolument qu’il a raison. Thoreau veut convaincre le lecteur à tel point que le livre finit par très vite peser…

    Pourtant, à plus d’un siècle et demi de distance, cette remise en question face à ce qu’engendrent les nouvelles technologies en terme de coût, de pollution, de misère de masse et surtout de destruction naturelle de la planète, de dégradation de nos ressources essentielles, la montée des inégalités sociales de plus en plus évidentes, l’extinction d’espèces animales, la modification climatique des plus inquiétante, résonne fort dans notre société actuelle et nous oblige à repenser notre modernité où il va nous falloir trouver un compromis entre le progrès et nos besoins vitaux…

    Le plus grand voyage qui soit est en nous-même et c’est ce que propose Thoreau : ma fondation, ma nourriture, mes goûts ; pourquoi suis-je fait ? – mes dons-, mon essentiel ? Explore-toi toi-même où que tu sois, où que tu ailles. Et cela est le véritable, le plus beau et le plus grand des voyages…

    « Si les hommes vivaient aussi simplement que moi (…) les vols et cambriolages nous seraient inconnus (…), délits dans les communautés où certains possèdent plus qu’il n’est suffisant quand les autres n’ont pas assez. »

    Le ton de la deuxième partie du livre est moins pontifiant. Il relate son quotidien ce qui m’a été plus plaisant à lire. Les saisons, les bois, les fermes alentours, les quelques visiteurs, la végétation, l’observation des animaux, sa connaissance des oiseaux, son jardin, ses promenades et bien sur l’étang Walden un lieu magnifique à une trentaine de kilomètres de Concord près de Boston et surtout d’une pureté rare.

    Il consacre un chapitre à ses lectures, bannit les lectures faciles, encourage aux classiques, « seuls oracles à n’avoir jamais vieilli, et ils contiennent des réponses aux questions les plus modernes » et prône Homère, Eschyle, Virgile et les grands poètes.
    Il invective l’État sur le manque d’économie octroyé à l’école et la culture. Il revendique la continuation des études pour tous après la communale pour ne pas interrompre l’éducation.
    Nous nourrir intellectuellement est aussi important que nous alimenter ou nous soigner. « Ce village a dépensé 7000 dollars pour une mairie, grâce aux fortunes ou à la politique, mais en un siècle il ne dépensera sans doute pas autant pour l’esprit vivant, la vraie chair à mettre dans cette coquille. » ;
    « Et s’il le faut, renonçons à un pont enjambant la rivière, acceptons de faire un petit détour, et lançons au moins une arche au-dessus de l’abîme d’ignorance crasse qui nous entoure. »
    Au passage, il donne un bon coup de griffe au monde de l’édition commerciale : « Pourquoi laisser Harper & Brothers ou Redding & Cie, choisir nos lectures à notre place ? »

    Actuellement, grâce à la réflexion écologiste de Thoreau avant l’heure, le lac de Walden (un étang en fait), est un site naturel protégé. Nombreuses grandes fortunes (beaucoup d’artistes entre autres) contribuent à son entretien et viennent s’interposer à toutes constructions ou pollutions d’aucunes sortes sinon les visites touristiques à la cabane de l’auteur, toujours présente depuis 1845.

    Thoreau était professeur. A Walden, il joue au pionnier sans titre de propriété mais la parcelle lui avait été prêtée par son ami Ralph Waldo Emerson en échange d’un peu de débroussaillage. Ce même ami dit l’avoir connu célibataire toute sa vie, ne jamais l’avoir vu boire d’alcool ni fumer et ni chasser ni manger de viande.
    Le lieu l’a inspiré à écrire de belles descriptions paysagères et l’a entrainé dans des pensées philosophiques d’une grande sérénité en proposant une refonte de nos façons de vivre proche des philosophies bouddhistes souvent citées.
    Il n’a jamais voté, n’est jamais allé à la messe, a refusé de payer l’impôt. Il a voulu montrer à l’État capitaliste la misère du pays après avoir rencontré à Walden des laissés-pour-compte qui ont travaillé sur la ligne ferroviaire qu'il pouvait voir et entendre de sa cabane, tels des Indiens, des travailleurs immigrés irlandais, des esclaves, mais aussi des ouvriers agricoles avec leurs enfants vivant dans des fermettes proches de masures et pieds et poings liés dans une misère crasse.
    Il a connu quelques mois de prison pour s’être battu ouvertement pour l’abolition de l’esclavagisme juste après la guerre entre le Mexique et les USA.

    Le livre en lui-même n’est pas une lecture difficile mais pas très agréable à lire non plus, sinon de belles pages quand il est admiratif et sensible à l’intimité de son environnement.

    Néanmoins c’est le témoignage intéressant et courageux d’un homme de conviction visionnaire qui interroge et continue de nous interpeler de façon surprenante, 175 ans après…

    Une belle personne dotée d’une intelligence du cœur qui voyait loin et assez juste...

    « Si nous voulons guérir réellement l’Humanité (…) montrons-nous avant tout nous-mêmes aussi sains et simples que la nature. »

    « (…) mettons-nous à faire le bien (…) je dirai plutôt : efforcez-vous d’être bon. »

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    Couverture du livre « La désobéissance civile » de Henry David Thoreau aux éditions Gallmeister

    Lili0000 sur La désobéissance civile de Henry David Thoreau

    1846. Thoreau est emprisonné pour avoir refusé de payer un impôt en signe d'opposition à l'esclavage. Trois ans plus tard, il écrit la liberté et la responsabilité politique de chacun. Un livre très court mais très inspirant. A lire n'importe où et n'importe quand et à méditer.

    1846. Thoreau est emprisonné pour avoir refusé de payer un impôt en signe d'opposition à l'esclavage. Trois ans plus tard, il écrit la liberté et la responsabilité politique de chacun. Un livre très court mais très inspirant. A lire n'importe où et n'importe quand et à méditer.

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