Harald Gilbers

Harald Gilbers
Après des études de lettres anglaises et d'histoire, Harald Gilbers a travaillé comme journaliste pour les pages culturelles d'un magazine puis comme metteur en scène indépendant. Il vit près de Munich. Dès la parution de son premier roman, Germania, Harald Gilbers a reçu l'un des plus prestigieu... Voir plus
Après des études de lettres anglaises et d'histoire, Harald Gilbers a travaillé comme journaliste pour les pages culturelles d'un magazine puis comme metteur en scène indépendant. Il vit près de Munich. Dès la parution de son premier roman, Germania, Harald Gilbers a reçu l'un des plus prestigieux prix de littérature policière, le prix Friedrich Glauser. Il travaille actuellement à son troisième roman, toujours autour du même personnage principal, l'ancien commissaire Richard Oppenheimer.

Avis (2)

  • Couverture du livre « Germania » de Harald Gilbers aux éditions 10/18

    Karine Mansard sur Germania de Harald Gilbers

    Lorsque la guerre est le quotidien sur le sol d’un pays, on a tendance à penser que la vie civile stoppe… Mais il n’en est rien, les assassins pervers sont toujours là, d’innocentes victimes pleuvent toujours…

    Et celui qui sévit à Berlin en cet été 1944 est particulièrement retors! Il adresse...
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    Lorsque la guerre est le quotidien sur le sol d’un pays, on a tendance à penser que la vie civile stoppe… Mais il n’en est rien, les assassins pervers sont toujours là, d’innocentes victimes pleuvent toujours…

    Et celui qui sévit à Berlin en cet été 1944 est particulièrement retors! Il adresse des messages au parti, il s’érige en Père de la morale en supprimant ces femmes perverties, ces prostituées, en les exposant face aux monuments aux morts de la Première Guerre Mondiale, les jambes écartées, le sexe mutilé et exposé en charpie.

    Et pour résoudre cette affaire, les SS n’hésite pas requérir « fermement » l’aide d’un ancien policier de génie, Richard Oppenheimer, écarté de sa profession car juif, vivant car marié à une aryenne. Qu’à cela ne tienne, pour les besoins de l’enquête, Oppenheimer sera exempté de son appartenance au peuple juif!

    Les polars sur fond de guerre m’interpellent toujours car je suis curieuse de savoir comment un crime qu’on peut qualifier d’ordinaire trouve sa place quand le pays entier est secoué par l’ampleur d’un conflit armé.

    Avec Germania, le pari était d’autant plus audacieux que l’action se situe en Allemagne nazie, à l’agonie de son règne, avec un juif comme enquêteur principal.

    L’auteur aborde ainsi la terreur qui pesait sur les juifs, ainsi que sur les non-juifs allemands réfractaires au nazisme. Car on oublie trop souvent qu’Hitler et ses sbires ne rencontraient pas l’unanimité sur leur propre sol.
    Un pan de l’histoire se dévoile ainsi avec des allemands au bout du rouleau appelant de tous leurs voeux l’avancée rapide et la victoire des alliés pour qu’enfin le joug nazi cesse. Avec des allemands confrontés aux jeunes endoctrinés jusqu’au-boutistes, aux militaires bornés et aveuglément obéissants.
    Avec des juifs en sursis, car mariés à des aryennes, stigmatisés et parqués dans des « maisons juives ».
    Avec les Lebensborns, pouponnières nazies également considérés comme des bordels aryens.
    Avec des militaires qui, malgré tout, continuent leurs petites guéguerres intestines.

    Richard Oppenheimer est obligé de côtoyer ces nazis durant son enquête, de coopérer avec eux, c’est une question de survie. Mais c’est avant tout parce que son instinct et sa passion de flic le poussent à vouloir résoudre cette série de meurtres sanglants. C’est également ce que veut le SS-Hauptsturmführer Vogler. Et c’est deux là vont apprendre à se connaître en tant qu’hommes, au delà de l’étoile et de l’uniforme…

    Si l’enquête autour de ces meurtres de femmes est très bien ficelée, avec ce qu’il faut de suspens et de rebondissements.
    Si la capitale germanique sous les bombes, vibrant au rythme des alertes aériennes est un décor des plus angoissants.
    Si les événements du débarquement allié sont très bien relatés et documentés.
    Je déplore toutefois que l’auteur n’ait pas approfondi l’aspect humain de l’alliance entre Oppenheimer et Vogler face au crime.
    Il n’a pas suffisamment poussé sa réflexion sur la haine du juif à cette époque et n’a pas tiré profit de ce face à face. Il est resté timide dans la dénonciation de la notion abjecte de race supérieure.
    Comme il est resté timide dans la mise à jour de la résistance et de l’opposition de certains allemands face au régime.

    C’est une déception sur ce plan, je voulais des émotions brutes, une angoisse viscérale, de l’humanité… je n’ai eu que le décor, les enjeux, le contexte historique, les protagonistes mais pas d’osmose entre ces éléments. Ou peut-être n’ai-je pas pu percer le brouillard ouaté de la Pervitin, méthamphétamine largement répandue à l’époque et amplement consommée par notre Oppenheimer.

    C’est donc une lecture en demi-teinte car ce roman n’est pas à la hauteur de ses ambitions, en tout cas des ambitions que je lui prête. Toutefois, j’ai apprécié l’intrigue policière en elle-même et la traque des assassins et j’ai adoré la retranscription fidèle et très bien documentée de la vie quotidienne des allemands de la capitale et du chaos qui régnait à Berlin en cette fin de conflit mondial.
    Et comme c’est un premier roman, je passe outre ma petite déception pour continuer l’aventure avec Harald Gilbers et son second roman: Les fils d’Odin.

  • Couverture du livre « Germania » de Harald Gilbers aux éditions 10/18

    Sariah Lit sur Germania de Harald Gilbers

    L'ambiance des thrillers est déjà prenante en temps ordinaire, mais que celle-ci se situe en plein cœur de Berlin sous la menace d'Hitler donne un aspect plus étouffant, plus sombre au récit. La population redoute la folie du Führer, les bombardements intensifs sur la ville, les rafles de...
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    L'ambiance des thrillers est déjà prenante en temps ordinaire, mais que celle-ci se situe en plein cœur de Berlin sous la menace d'Hitler donne un aspect plus étouffant, plus sombre au récit. La population redoute la folie du Führer, les bombardements intensifs sur la ville, les rafles de juifs... Le contexte de l'histoire n'est pas celui que j'apprécie le plus dans une lecture : je suis sensible à cette époque, qui n'est pas si loin de nous que cela, et ai parfois du mal à ne pas me laisser submerger par les horreurs provoquées par Hitler. L'atmosphère donne vraiment une autre dimension ...
    Avis complet : http://sariahlit.blogspot.fr/2015/06/germania.html

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