Gilles Kepel

Gilles Kepel
Spécialiste de l'islam et du monde arabe contemporain, Gilles Kepel enseigne à l'Institut d'études politiques de Paris. Il a récemment publié aux Éditions Gallimard Banlieue de la République (Hors série Connaissance, 2012), Quatre-Vingt-Treize (Hors série Connaissance, 2012, Folio actuel n° 15... Voir plus
Spécialiste de l'islam et du monde arabe contemporain, Gilles Kepel enseigne à l'Institut d'études politiques de Paris. Il a récemment publié aux Éditions Gallimard Banlieue de la République (Hors série Connaissance, 2012), Quatre-Vingt-Treize (Hors série Connaissance, 2012, Folio actuel n° 157), Passion arabe (Témoins, 2013), Passion française (Témoins, 2014).

Avis (4)

  • Couverture du livre « Chronique d'une guerre d'orient, automne 2001 - suivi de breve chronique d'israel et de palestine, a » de Gilles Kepel aux éditions Gallimard

    Missbook85 sur Chronique d'une guerre d'orient, automne 2001 - suivi de breve chronique d'israel et de palestine, a de Gilles Kepel

    " Chronique d'une guerre d'Orient " de Gilles Kepel publié chez Gallimard en 2002.
    Parcourant les routes au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, allant à la rencontre des jeunes et des étudiants, interrogeant les prédicateurs et les imams, les militants islamistes et les responsables...
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    " Chronique d'une guerre d'Orient " de Gilles Kepel publié chez Gallimard en 2002.
    Parcourant les routes au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, allant à la rencontre des jeunes et des étudiants, interrogeant les prédicateurs et les imams, les militants islamistes et les responsables politiques, Gilles Kepel - politologue français et spécialiste de l'islam et du monde arabe contemporain - tente de comprendre cette fascination pour l'Occident.
    p. 56 : " Un peu plus tard, un collègue de Tripoli, grosse cité à majorité sunnite au nord du pays, m'apprendra que le prénom le plus populaire dans les maternités de la ville, depuis le 11 septembre, n'est autre qu'Oussama. "
    En les interrogeant sur leurs rapports à Ben Laden, aux événements du 11 septembre, à la guerre en Afghanistan et au devenir immédiat du monde musulman, on se retrouve face à cet éternel débat entre désir d'émancipation sur un modèle occidental et le respect des traditions religieuses.
    p. 19  " C'est une relation curieuse avec l'Amérique - et avec l'Occident en général - qui s'est construite dans notre univers globalisé : la défiance proclamée se combine avec une très forte attirance, le rejet du modèle avec l'admiration pour la démocratie dont la plupart des sociétés du monde musulman restent toujours privées, la revendication de la spécificité culturelle avec un désir de reconnaissance et l'envie irrépressible de participer, sur un pied d'égalité, à la culture universelle. "
    Il en revient donc à l'auteur la nécessité de comprendre les motivations du jihad contre l'Occident.
    De l'Egypte à la Syrie, du Liban au Quatar et aux Emirats arabes unis, l'émergence de cette haine est une problématique complexe, aux enjeux multiples, dont l'auteur nous témoigne ici les principaux aspects.
    La complexe mais bien réelle construction de la modernité dans les pays arabes, sera longue et délicate de par l'instabilité politico-économique régnante.
    p. 81 : " Dans une société où la ségrégation des sexes doit être strictement observée avant le mariage, où l'enseignement supérieur public n'est pas mixte, il est difficile de concilier cette pesante tradition avec le raz-de-marée d'une modernité qui fait affluer dans ces pays riches tous les gadgets de la haute technologie avec le franchissement des barrières de l'intime et de la pudeur qu'ils suscitent."
    En perte de repères idéologiques et/ou religieux stables et porteurs, la jeune génération semble s'émerveiller devant des actes de terrorisme et de barbarie.
    Les rapports délicats - et d'autant plus fragiles depuis les attentats du 11 septembre - qu'entretient le monde musulman avec les pays occidentaux démontrent notamment une incompréhension des cultures.
    Loin de répondre à toutes les interrogations latentes du lecteur, cette chronique balaye cependant un large champ de pistes de compréhension.
    " Chronique d'une guerre d'Orient " est un livre atypique par son style. Conçu sous forme d'un carnet de route, à la manière d'un journal personnel, on sent une réelle maîtrise de la langue et de la culture arabe de l'auteur.

  • Couverture du livre « Terreur dans l'hexagone ; genèse du djihad français » de Gilles Kepel et Antoine Jardin aux éditions Gallimard

    Philippe Taulet sur Terreur dans l'hexagone ; genèse du djihad français de Gilles Kepel - Antoine Jardin

    Sur un sujet plus que brûlant et (hélas) d'actualité, l'auteur nous offre une étude documentée et sans détour. J'aime le franc parler, la grande culture de cet homme qui intervient aussi souvent dans les médias. Un livre à mettre entre toutes les mains pour tenter de comprendre. Si tant est que...
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    Sur un sujet plus que brûlant et (hélas) d'actualité, l'auteur nous offre une étude documentée et sans détour. J'aime le franc parler, la grande culture de cet homme qui intervient aussi souvent dans les médias. Un livre à mettre entre toutes les mains pour tenter de comprendre. Si tant est que l'on puisse....

  • Couverture du livre « Fitna ; guerre au coeur de l'islam » de Gilles Kepel aux éditions Gallimard

    Alain Marquis sur Fitna ; guerre au coeur de l'islam de Gilles Kepel

    Comprendre ce qui se passe dans le monde aujourd'hui, les luttes/guerre internes au sein de l'Islam, par un expert d'une érudition qui laisse sans voix. A lire sans tarder.

    Comprendre ce qui se passe dans le monde aujourd'hui, les luttes/guerre internes au sein de l'Islam, par un expert d'une érudition qui laisse sans voix. A lire sans tarder.

  • Couverture du livre « Passion française ; les voix des cités » de Gilles Kepel aux éditions Gallimard

    Valérie L. sur Passion française ; les voix des cités de Gilles Kepel

    Je vais tout de suite commencer par mon bémol qui est lié au fait que l'auteur mentionne plusieurs la débâcle de l'équipe de France en la liant à des causes religieuses et ethniques mais sans jamais l'expliquer vraiment, si bien que je suis restée sceptique. Kepel rappelle des faits: lors d'une...
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    Je vais tout de suite commencer par mon bémol qui est lié au fait que l'auteur mentionne plusieurs la débâcle de l'équipe de France en la liant à des causes religieuses et ethniques mais sans jamais l'expliquer vraiment, si bien que je suis restée sceptique. Kepel rappelle des faits: lors d'une enquête, 86% des répondants musulmans disaient avoir voté à gauche aux élections présidentielles.

    Il nous décrit le quotidien des cités autour des deux figures emblématiques que sont le caïd (celui qui gère le trafic de drogue arrivé dans les cités à la fin des années 70) et le salafiste. Il nous décrit le travail du viandard qui, à Marseille, est payé par les politiciens pour faire voter toute une cage d'escalier pour le candidat choisi avec un procédé très réglementé : démarchage à domicile, accompagnement au bureau de vote et vérification que toute la famille a voté. Il rappelle qu'à Marseille, il n'y pas eu d'émeutes quand le pays en était la proie, parce que les marseillais, qu'ils soient de souche française ou nord-africaine aime trop sa ville pour la saccager.

    Il fait remarquer que si l'équipe de France de football est black, blanc, beur, n'est le cas ni de l'assemblée nationale ni des coureurs cyclistes, rappelle que dans les premières décennies de l'immigration, les rituels religieux n'étaient pas autant respectés qu'ils ne le sont maintenant, à l'exception du hallouf, l'interdit sur la viande de porc. La cause bosniaque fut un déclic dans la vie de nombreux musulmans qui trouvèrent là une cause d'identification musulmane. A Roubaix, c'est au milieu des années 90 que commencèrent à apparaître voiles et barbes et Roubaix est la ville de France dans laquelle on ne s'étonne plus de croiser des niqabs, pourtant interdits par la loi. C'est à Roubaix que fut construite la première mosquée contemporaine et qu'ouvrît le premier Quick halal, le seul de la marque dans cette ville, ce qui incita le maire de l'époque à porter plainte pour discrimination, retournant ainsi ce concept même de discrimination. La violence n'est pas palpable à Roubaix mais ce que soulignent les candidats locaux, c'est qu'on ne se mélange pas entre communautés. On sourit quand un candidat s'étonne de se présenter dans la ville la plus pauvre de France et que la première question qu'on lui pose concerne la position vis à vis du mariage gay.

    J'ai beaucoup aimé quand Kepel raconte qu'il fut cité à comparaître par la défense lors de la première affaire du voile an 1989. Il eut la charge de définir le terme intégriste (le principal avait qualifié une élève voilée d'intégriste) . Face à lui, l'avocat de l'accusation était Maître Vergès, qui le ménagea, nous dit Kepel, parce qu'il était le professeur de sa fille. La maman d'origine maghrébine qui explique pourquoi elle a mis ses enfants dans le privé (catholique) est aussi très intéressante.

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