Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Gabrielle Filteau-Chiba

Gabrielle Filteau-Chiba

La biographie de cet auteur n'est pas encore disponible, proposez la vôtre : Contactez-nous

Avis sur cet auteur (3)

  • add_box
    Couverture du livre « Encabanée » de Gabrielle Filteau-Chiba aux éditions Le Mot Et Le Reste

    Elobooks sur Encabanée de Gabrielle Filteau-Chiba

    C'est encore imprégnée par ma récente lecture du magnifique livre « Dans la forêt » de Jean Hegland, que j'ai débuté « Encabanée » de Gabrielle Filteau-Chiba
    Comme dans le roman de Jean Hegland, qui se présente aussi sous la forme d'un journal intime, il y est question de survie féminine dans...
    Voir plus

    C'est encore imprégnée par ma récente lecture du magnifique livre « Dans la forêt » de Jean Hegland, que j'ai débuté « Encabanée » de Gabrielle Filteau-Chiba
    Comme dans le roman de Jean Hegland, qui se présente aussi sous la forme d'un journal intime, il y est question de survie féminine dans la forêt, et la nature, à la fois brute et grandiose, y tient une place centrale.
    Mais la comparaison s'arrête ici, car c'est de façon tout à fait volontaire que la narratrice décide de partir « s'encabaner » dans une forêt du Kamouraska, à l'Est du Québec, « là où naissent les bélugas ».

    L'auteure, qui a elle-même vécu dans une cabane pendant près de quatre ans, s'est inspirée de sa propre expérience pour écrire ce roman.
    Le parcours atypique de cette jeune femme engagée, qui mène une vie confortable en ville avec un bon métier et un bel appartement mais qui ne se reconnaît pas dans la course effrénée après la consommation, la performance et l'argent, est très intéressant. Son cheminement l'amène à prendre une décision radicale, qui résonne comme un acte de révolte, une expression de son désaccord : se retirer de cette société où elle ne se sent pas à sa place, pour revenir à plus d'authenticité.
    Isolée dans sa cabane avec ses livres pour seule compagnie, elle va désormais mener une vie simple, en se recentrant sur l'essentiel et en s'adaptant aux conditions de vie rudes. Cette expérience lui permettra de se sentir libre et de donner du sens à sa vie : «  Les plus belles saisons de ma vie ont commencé ici, à créer en ce lieu un îlot propre à mes valeurs. Simplicité, autonomie, respect de la nature. Le temps de méditer sur ce qui compte vraiment. Le temps que la symphonie des prédateurs, la nuit, laisse place à l'émerveillement ».

    Ce livre porte un message écologiste fort, un appel à protéger la forêt, et montre que chacun peut contribuer à sa manière, sans forcément mener des actions spectaculaires. Ainsi, la narratrice, après sa rencontre avec un activiste écologiste, écrit : « Je laisse partir une flamme, mais elle a attisé en moi le goût de défendre la Terre. Moi aussi, je mènerai un combat, mais sans armes, sans vandalisme, sans sensationnalisme. Dans les limites légales de la désobéissance civile et dans la sagesse de Thoreau. Je planterai des arbres par milliers, je sèmerai des fleurs pour nourrir les rares abeilles, je vivrai de ma terre en métamorphosant la plantation d'épinettes en espace où la faune et la flore seront foisonnantes. Avec chaque sou économisé, j'achèterai toutes les forêts privées et les champs avoisinants en monoculture, et je les laisserai en friche, fleurir sans coupes, pousser en paix. Ma vie reprend du sens dans la forêt ».

    L'auteure offre également une réflexion intéressante sur le concept de « féminisme rural » : «  Loin de la rage carriériste et de la folie des grandeurs des temps modernes. On pourrait dire que je manque d'ambition, qu'on ne m'a pas payé de hautes études pour que je fende du bois. Mais on sait tous que Raiponce et les oiseaux en cage finissent par s'évader. Pour se satisfaire d'une vie de captivité du haut d'une tour ou aspirer au plus prestigieux trônes, il faut, semblerait-il, oublier qu'être féministe, c'est aussi ne pas avoir envie d'égaler qui que ce soit. Incarner la femme au foyer au sein d'une forêt glaciale demeure, pour moi, l'acte le plus féministe que je puisse commettre. »

    Je me suis régalée avec ce court roman. L'écriture est belle même si elle est parfois un peu perchée (effet de la « Marie-Jeanne »??), et ce journal, ponctué de listes pleines d'humour, regorge d'expressions québécoises savoureuses (heureusement il y a un glossaire … A lire avant de préférence!).

  • add_box
    Couverture du livre « Encabanée » de Gabrielle Filteau-Chiba aux éditions Le Mot Et Le Reste

    Henri-Charles Dahlem sur Encabanée de Gabrielle Filteau-Chiba

    «Le toit de la cabane est couvert de strates de glace et de neige qui ont tranquillement enseveli le panneau solaire. Les batteries marines sont vides comme mes poches. Plus moyen de recharger le téléphone cellulaire, d’entendre une voix rassurante, ni de permettre à mes proches de me...
    Voir plus

    «Le toit de la cabane est couvert de strates de glace et de neige qui ont tranquillement enseveli le panneau solaire. Les batteries marines sont vides comme mes poches. Plus moyen de recharger le téléphone cellulaire, d’entendre une voix rassurante, ni de permettre à mes proches de me géolocaliser. Je reste ici à manger du riz épicé près du feu, à chauffer la pièce du mieux que je peux et à appréhender le moment où je devrai braver le froid pour remplir la boîte à bois. Ça en prend, des bûches, quand tes murs sont en carton.» En racontant le séjour d’Anouk, partie en plein hiver «s’encabaner» dans la forêt québécoise, Gabrielle Filteau-Chiba réussit un premier roman écolo-féministe écrit avec poésie et humour. Une belle réussite!

    Le 2 janvier, en plein hiver, Anouk, la narratrice de ce court et beau roman «file en douce» de Montréal pour s'installer à Saint-Bruno-de-Kamouraska, «tombée sous le charme de ce nom ancestral - Kamouraska - désignant là où l'eau rencontre les roseaux, là où le golfe salé rétrécit et se mêle aux eaux douces du fleuve, là où naissent les bélugas et paissent les oiseaux migrateurs.»
    Elle ne nous en dira guère plus de ses motivations, si ce n'est qu'elle entend fuir un quotidien trop banal et une vie où le superficiel a pris le pas sur l’essentiel. En revanche, elle va nous raconter avec autant de crainte que d'humour, avec autant d’émotion que de poésie sa vie dans et autour de cette cabane perdue dans l'immensité de la forêt. Elle doit d'abord lutter contre le froid intense qui s'est installé avant d'imaginer se consacrer à son programme, lire et écrire. Et se prouver qu’au bout de sa solitude, sa vie va recommencer.
    Intrépide ou plutôt inconsciente, elle ne va pas tarder à se rendre compte combien sa situation est précaire. «Le froid a pétrifié mon char. Le toit de la cabane est couvert de strates de glace et de neige qui ont tranquillement enseveli le panneau solaire. Les batteries marines sont vides comme mes poches. Plus moyen de recharger le téléphone cellulaire, d’entendre une voix rassurante, ni de permettre à mes proches de me géolocaliser. Je reste ici à manger du riz épicé près du feu, à chauffer la pièce du mieux que je peux et à appréhender le moment où je devrai braver le froid pour remplir la boîte à bois. Ça en prend, des bûches, quand tes murs sont en carton.»
    Et alors qu'un sentiment diffus de peur s'installe, que les questions se bousculent, comment faire seule face à un agresseur alors que la voiture refuse de démarrer, peut-elle se préparer à mourir gelée ? Ou à être dévorée par les coyotes qui rôdent? Presque étonnée de se retrouver en vie au petit matin, elle conjure le sort en dressant des listes, comme celle des «qualités requises pour survivre en forêt», avec ma préférée, la «méditation dans le noir silence sur ce qui t'a poussée à t'encabaner loin de tout».
    Peut-être que le fruit de ses réflexions lui permettra de goûter au plaisir de (re)découvrir des œuvres d'Anne Hébert, de Gilles Vigneault et de quelques autres auteurs de chefs-d'œuvre de la littérature québécoise qui garnissent la bibliothèque de sa cabane. Et d’y ajouter son livre? «J’ai troqué mes appareils contre tous les livres que je n’avais pas eu le temps de lire, et échangé mon emploi à temps plein contre une pile de pages blanches qui, une fois remplies de ma misère en pattes de mouche, le temps d’un hiver, pourraient devenir un gagne-pain. Je réaliserai mon rêve de toujours: vivre de ma plume au fond des bois.»
    Après quelques jours, son moral remonte avec l'arrivée inopinée de Shalom, un gros matou «miaulant au pied de la porte comme téléporté en plein désert arctique» et dont la «petite boule de poils ronronnante» réchauffe aussi bien ses orteils que son esprit.
    Avec un peu de sirop d'érable, la vie serait presque agréable, n'était cette vilaine blessure qui balafre son visage. Couper le bois est tout un art.
    C'est à ce moment qu'une silhouette s'avance. À peine le temps de décrocher le fusil que Rio est déjà là à demander refuge. La «féministe rurale» accueille ce nouveau compagnon avec méfiance, puis avec cette chaleur qui lui manquait tant. «Ton souffle chaud sur ma peau me fait oublier les courants d’air dans la cabane et le froid dehors. Je m’agrippe à tes longs cheveux. Je nous vois, toi et moi, sur un tapis de lichen valser au rythme de la jouissance. Encore et encore. Mon dos cambré comme un arc amazone est prêt à rompre.» Au petit matin son amant lui dira tout. Il est en fuite, recherché par la police pour avoir saboté la voie ferrée. Rio est un activiste environnemental qui se bat contre le pétrole des sables bitumineux. Pour lui, «se taire devant un tel risque environnemental, c'est être complices de notre propre destruction». Alors Anouk va lui proposer de l'emmener à travers la forêt jusqu'aux États-Unis…
    Gabrielle Filteau-Chiba a parfaitement su rendre la quête de cette femme, partie pour se retrouver. Et qui, en s'encabanant, va découvrir non seulement des valeurs, mais aussi une boussole capable de lui ouvrir de nous horizons, sans se départir de son humour: «Incarner la femme au foyer au sein d’une forêt glaciale demeure, pour moi,
    l’acte le plus féministe que je puisse commettre, car c’est suivre mon instinct de femelle et me dessiner dans la neige et l’encre les étapes de mon affranchissement.»
    Quelquefois, le confinement a du bon.
    «Ma vie reprend du sens dans ma forêt», dit Anouk. En lisant son témoignage, notre vie aussi reprend du sens.
    https://urlz.fr/f3ZM

  • add_box
    Couverture du livre « Encabanée » de Gabrielle Filteau-Chiba aux éditions Le Mot Et Le Reste

    Madame Tapioca sur Encabanée de Gabrielle Filteau-Chiba

    Tout quitter

    Quitter le confort d'une vie citadine à Montréal, pour vivre perdue dans les forêts du Kamouraska... C'est ce qu'a fait Anouk. Dans sa cabane, sans eau et sans électricité, dans des conditions très rudimentaires, elle se reconnecte. Terminé le grand cirque. Son quotidien...
    Voir plus

    Tout quitter

    Quitter le confort d'une vie citadine à Montréal, pour vivre perdue dans les forêts du Kamouraska... C'est ce qu'a fait Anouk. Dans sa cabane, sans eau et sans électricité, dans des conditions très rudimentaires, elle se reconnecte. Terminé le grand cirque. Son quotidien désormais c'est surveiller son poêle, couper du bois, lutter contre le froid, recevoir la visite des animaux nocturnes. Plus de superflu, plus de soucis de factures, de carrière à mener, juste quelques livres et la nature.

    Inspiré de la propre expérience de l'auteur, « Encabanée » est un petit livre qui suscite de grandes réflexions. En suivant Anouk dans cette aventure pour laquelle elle n'est pas vraiment préparée, les questions sur notre société, sur l'environnement, sur le féminisme, sur l'activisme écologique affluent. Pourtant ce n'est pas un livre donneur de leçon, ni un manuel de survie, c'est juste un partage.

    Cette cabane rustique du Bas-Saint-Laurent devient le refuge d'une âme rebelle à la marche du siècle. Pour Anouk la nature sert de calendrier et la solitude de réconfort. Et malgré toutes les difficultés rencontrées on sent bien qu'elle goûte une enivrante félicité.

    J'ai aimé m'immerger dans la beauté de cette nature majestueuse et rugueuse, j'ai aimé suivre les pensées d'Anouk, j'ai aimé cette écriture poétique, j'ai aimé le propos engagé et inspirant mais la brièveté du texte m'a frustrée. Étrangement il m'a manqué de la lenteur, du temps. Pour vivre pleinement ce voyage au cœur des bois, pour vivre par procuration une aventure que je n'oserai jamais tenter, je redemande 100 pages de plus !

Bibliographie de Gabrielle Filteau-Chiba (1)

Thèmes en lien avec Gabrielle Filteau-Chiba

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !