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Frederique Deghelt

Frederique Deghelt
Voyageuse infatigable avec Paris pour port d'attache, Frédérique Deghelt est journaliste et réalisatrice de télévision. Chez Actes Sud, elle a publié trois romans – La Vie d'une autre (2008, adapté au cinéma par Sylvie Testud en 2012 ; Babel n° 897), La Grand-mère de Jade (2009, prix Chronos, pri... Voir plus
Voyageuse infatigable avec Paris pour port d'attache, Frédérique Deghelt est journaliste et réalisatrice de télévision. Chez Actes Sud, elle a publié trois romans – La Vie d'une autre (2008, adapté au cinéma par Sylvie Testud en 2012 ; Babel n° 897), La Grand-mère de Jade (2009, prix Chronos, prix Solidarité) et La Nonne et le Brigand (2011) –,deux ouvrages mêlant textes et photographies – Je porte un enfant et dans mes yeux l'étreinte sublime qui l'a conçu (2007) et Le Cordon de soie (2009) – et deux livres pour la jeunesse – Ma nuit d'amour (2011) et Le Voyage de Billie (2012).

Vidéos relatives à l'auteur

Articles en lien avec Frederique Deghelt (2)

Avis sur cet auteur (95)

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    Couverture du livre « Sankhara » de Frederique Deghelt aux éditions Actes Sud

    Mumu Dans le Bocage sur Sankhara de Frederique Deghelt

    C'est une lutte de se méfier de soi-même et de tout ce qui pousse à abandonner. (p123)"

    Un roman repéré et voulu depuis sa sortie pour plusieurs raisons. J'aime la plume de Frédérique Deghelt que j'ai découvert il y a plusieurs années avec La grand-mère de Jade et puis avec Les brumes de...
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    C'est une lutte de se méfier de soi-même et de tout ce qui pousse à abandonner. (p123)"

    Un roman repéré et voulu depuis sa sortie pour plusieurs raisons. J'aime la plume de Frédérique Deghelt que j'ai découvert il y a plusieurs années avec La grand-mère de Jade et puis avec Les brumes de l'apparence, deux romans que j'avais beaucoup aimés pour la sensibilité et les émotions qu'ils renfermaient. Mais ce qui m'avait attirée également avec Sankhara c'est le thème d'une retraite de méditation pour l'héroïne afin de trouver à la fois des réponses mais aussi se retrouver elle-même..... Pourquoi partir, abandonner son foyer sans explication sinon une lette annonçant son retour dans dix jours, comment se vit cette coupure pour chacun, homme et femme, dans le silence ou l'agitation, seule ou dans le monde et sa fureur

    "Pourquoi essayais-je de plaire à tout le monde en voulant contenter chacun tout en étant si peu troublée de ne ressembler à personne. (p127)"

    Dans ce roman à travers un couple, Hélène et Sébastien, deux mondes s'affrontent. Ils s'aiment mais ne se comprennent plus, ne se retrouvent plus, tellement unis mais tellement différents. Parents de jumeaux de 5 ans, elle se rêve écrivain et s'essaie à inventer des histoires mais n'allant pas au bout de sa démarche, lui est journaliste à l'AFP et, de par son job, est ancré dans la réalité. Elle dans l'imaginaire, lui dans le concret et c'est là le fond du roman : deux mondes s'affrontent, deux personnalités mais aussi deux temps : l'une est dans le temps ralenti, calme, en pleine communion avec la nature mais aussi son corps, l'autre vit dans la vitesse au gré du flux de l'actualité.

    Comme on le dit souvent, qu'importe le but c'est le chemin parcouru qui est le plus important et c'est effectivement le cas dans ce roman. Chacun à sa manière va faire un travail sur soi, tenter de trouver ses failles, ce qui les oppose alors que leur rencontre était une évidence. L'action se situant en  Septembre 2001, le monde est également à la veille de vivre un cataclysme, d'autres guerres vont se mener, d'autres événements vont entrer en ligne de compte.

    Partir sans explication après une dispute plus violente pour rejoindre un groupe de méditation, coupée du monde et vivant avec la règle du silence, se ressourcer et reprendre contact avec soi, avec la nature, c'est ce à quoi aspire Hélène. Faire le point, comprendre ce que son couple est devenu mais aussi ce qu'elle est et voudrait devenir  :

    "Mais là soudainement, Hélène se dit qu'on ne peut combattre l'ombre de l'autre qu'en faisant grandir sa propre lumière. Jamais en lui reprochant sa part d'obscurité. (p196)"

    Sébastien, lui  se bat pour maintenir son poste au sein de l'agence de presse et va devoir prendre en charge la rentrée des classes et le quotidien de deux enfants qu'habituellement Hélène gérait pratiquement seule, ne travaillant pas à l'extérieur mais entendant régulièrement les remarques de Sébastien que c'est lui qui travaille, lui qui fait vivre le foyer, lui qui ramène l'argent.....

    Frédérique Deghelt revient sur dix jours qui vont changer leurs vies, non seulement leurs vies mais aussi le contexte de celles-ci. Avec précision, justesse, l'auteure se glisse dans ses personnages les laissant nous exposer les turpitudes auxquelles ils devront faire face mais en prenant également la parole pour nous décrire les situations, sensations ou pensées dans lesquelles ils se débattent.

    "Des nœuds commencent à se former au plus profond de nous-même. Les sankharas. Ce sont ces sankharas, perceptions physiques inconscientes, qui sont engrammés dans le corps et nous rendent heureux ou malheureux. (p157)"

    Il y a beaucoup d'analyse du comportement psychologique humain et à la manière de Goenka, le professeur birman de méditation, l'auteure se penche sur les comportements de chacun, les réflexes et les méthodes pour arriver à trouver le juste équilibre, l'équanimité tant recherchée. J'ai trouvé la démarche finement restituée, étudiant toutes les circonvolutions du cerveau, de son processus de défense et de résistance.

    Frédérique Deghelt coiffe dans la dernière partie sa casquette de journaliste qu'elle a été pour revenir sur l'effondrement des Twins Towers, les signes avant-coureurs du 11 Septembre, les implications politique et méandres du fonctionnement des médias. Elle fait preuve d'une bonne connaissance de l'humain et de son mental,  ses réactions et comportements. Pour qui s'intéresse à ce domaine il trouvera dans ces réflexions et progression matière à se retrouver, à réfléchir et à se reconnaître parfois comme je l'ai fait.

    "-Non c'est parce que dans ma tête je m'appelle Alex. Ahmed, c'est le passé de mes parents. Une terre que je connais comme un touriste, sur laquelle je suis un étranger. Mais moi, ça je le sais. Ceux que tu verras dans les cafés, ils n'y ont jamais mis les pieds au bled. Il ne savent pas ce que ça signifie vivre là-bas. Ils croient qu'ils pourront continuer à porter des Nike, à avoir des téléphones portables à mille euros en trafiquant, bref à être les rois du monde tout en gagnant le droit d'être de vrais et bons musulmans. Ils veulent Allah et le capitalisme en crachant sur le capitalisme et sans donner leur vie à Allah. Ils sont nés au pays de la culture mais ils sont ignorants ! (p310)"

    J'ai beaucoup aimé la construction (chaque chapitre est un jour de retraite, Hélène et Sébastien prenant tour à tour la parole) mais aussi l'écriture, fluide, douce et plus énergique quand il s'agissait de Sébastien, qui déroule avec parfois une pointe d'ironie ou de gravité le scénario d'une thérapie différente pour chacun des protagonistes soit dans le silence et "l'inaction" apparente, soit dans l'avalanche des informations et du flux qu'elles entraînent à un moment charnière du monde.

    Un roman d'une époque où les attentes divergent mais où la profondeur psychologique et comportementale prend toute sa place. Frédérique Deghelt installe deux séismes : l'un conjugal l'autre mondial mais chacun, à son niveau, remettra tout en question.

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    Couverture du livre « La grand-mère de Jade » de Frederique Deghelt aux éditions Actes Sud

    Mumu Dans le Bocage sur La grand-mère de Jade de Frederique Deghelt

    Je relis ce livre, lu il y a quelques années, dans le cadre d'un club de lecture et je dois avouer que j'ai retrouvé avec le même plaisir Jade et sa grand-mère Mamoune enfin Jeanne.

    La rencontre et la cohabitation de ces deux personnages est tendre, amicale, familiale et attachante. Qui ne...
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    Je relis ce livre, lu il y a quelques années, dans le cadre d'un club de lecture et je dois avouer que j'ai retrouvé avec le même plaisir Jade et sa grand-mère Mamoune enfin Jeanne.

    La rencontre et la cohabitation de ces deux personnages est tendre, amicale, familiale et attachante. Qui ne souhaiterait pas cohabiter avec une femme si attachante que cette férue de littérature, discrète mais au caractère si déterminé, volontaire.

    Mais sans vouloir déflorer le dénouement qui est loin de celui que l'on pense trouver, on partage leur intimité, leurs vies, leurs passions des livres et les talents cachés de cette vieille dame très digne mais pleine de bon sens et de philosophie. La confrontation de la Jade, trentenaire devant menée sa vie de femme avec le travail, la vie à Paris, son couple etc..... et Mamoune venant de ses montagnes, oubliée enfin plutôt gênante pour ses filles de par son âge,comme un objet dont on ne sait plus quoi faire, est touchante : chacune apporte à l'autre du bonheur, son savoir, son attention.

    Quelques extraits :

    "Elle a encore mille choses en elle que j'ignore mais qui ne pourraient pas me surprendre parce que je connais l'étendue de mon ignorance. Nous sommes aveugles et ce que nous voyons chez nos plus proches c'est ce que nous croyons savoir d'eux..... Pourquoi ne voulons-nous pas tenir compte de ces mouvements et revirements qui agitent les humains et les font changer ?"

    "Et si je n'écris pas de roman, mon imagination récrit ceux que j'ai aimés avec un amour respectueux. La part de rêve que m'offre la lecture me révèle une réalité, la mienne. Je ne sais pas ce que trouve l'auteur en écrivant, mais je devine dans ce qu'il tait une réserve où puiser mes plus belles rencontres avec ce que j'ignore de moi-même."

    "Il s'est produit quelque chose qui a grandi, qui de livre en livre s'est mis à accaparer mes yeux, mon souvenir et toutes les parties de mon corps. Je me souviens d'avoir été fascinée par le miracle des bons livres qui arrivaient au bon moment de la vie. Ceux qui parfois tombaient des étagères pour venir répondre à des questions que me posait l'existence. J'ai récupéré ainsi la patience à une époque où je serais partie dans l'exaspération, découvert les vertus de l'amour rêvé, abandonné le voyage à d'autres vies, rangé le meurtre au rayon de l'impossible. J'ai tout vécu, j'ai mille ans et je le dois aux livres."

    "C'est à partir d'un certain âge que je me suis aperçue que mon miroir réfléchissait trop".

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    Couverture du livre « Sankhara » de Frederique Deghelt aux éditions Actes Sud

    Isabelle DEBUCHY sur Sankhara de Frederique Deghelt

    Frederique Deghelt sonde le silence de la méditation face à la fureur des conditionnements extérieurs et confronte le plus intime au plus politique des engagements humains. Que peut espérer l’individu si ce n’est trouver en lui de ressources et de conscience pour tenter de voir et de dire le...
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    Frederique Deghelt sonde le silence de la méditation face à la fureur des conditionnements extérieurs et confronte le plus intime au plus politique des engagements humains. Que peut espérer l’individu si ce n’est trouver en lui de ressources et de conscience pour tenter de voir et de dire le monde sans être abusé par la conformité et le pouvoir des médias?

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    Couverture du livre « Les brumes de l'apparence » de Frederique Deghelt aux éditions Actes Sud

    Salix_alba sur Les brumes de l'apparence de Frederique Deghelt

    Frédérique Deghelt, tout en restant dans notre monde moderne, nous suggère que derrière cette vie que nous menons, cette façade de bonheur, notre esprit se contente de pérenniser cette doxologie.

    Gabrielle – parisienne aisée – se contente de vivre et non d’exister. Elle surfe dans la vie,...
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    Frédérique Deghelt, tout en restant dans notre monde moderne, nous suggère que derrière cette vie que nous menons, cette façade de bonheur, notre esprit se contente de pérenniser cette doxologie.

    Gabrielle – parisienne aisée – se contente de vivre et non d’exister. Elle surfe dans la vie, abhorre les jardins et n’imagine pas de passer le périphérique – la jungle après -…

    Une vie bourgeoise, sans âme, où règne, le paraître du couple idéal et socialement correct ! Bref, la routine, jusqu’au jour, un notaire de province lui annonce qu’elle hérite, d’une forêt et de lieux d’habitations.

    Cruelle désillusion, pour Gabrielle, devant la masse sombre de la forêt, du silence qui l’enveloppe, des tapis de ronces, et la course menaçante des nuages…A l’instar de cette forêts des brumes, elle dort dans la ruine, voire la masure situé sur ce terrain. Et la nuit va lui apparaître peuplée de rêves ? De cauchemars ? Nouvelle donne, et qui va remettre en cause, non seulement sa vie de femme mais également sa personnalité.
    Avec les jours qui passent, les rencontres, les lieux, elle comprend qu’elle se situe à une période de sa vie…Quelle voie choisir ? La rationalité et son manque de perspective ou l’acception d’autres formes de vie ? Bref : Gabrielle révèle un « don » : elle est médium.

    L’auteure suggère-t-elle, avec son roman – Les brumes de l’apparence - l’existence d’une dimension qui favorise l’échange de notre monde avec celui d’âmes en transfert ? A chacun sa raison : d’approuver ou de nier, d’évacuer ou de réfléchir sur ce sujet existentiel.

    [L’apparence a besoin d’être oubliée pour que nous devenions nous-mêmes.]