Frederic Paulin

Frederic Paulin
Breton, Frédéric Paulin est l'auteur de plusieurs romans noirs historiques et de polars mélangeant critique sociale et chronique policière. Il fut lauréat en 2014 du « Grand prix du roman Produit en Bretagne », un prix délivré par les libraires de Bretagne à l'unanimité.

Avis (26)

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    Couverture du livre « Prémices de la chute » de Frederic Paulin aux éditions Agullo

    Marie-Laure VANIER sur Prémices de la chute de Frederic Paulin

    Franchement, je crois qu'il y aura chez moi un avant et un après Prémices de la chute. En effet, ce livre m'a vraiment ouvert les yeux sur les rouages des réseaux djihadistes, leurs origines, leurs modes opératoires, l'itinéraire des hommes qui les composent.
    Il permet aussi de mieux...
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    Franchement, je crois qu'il y aura chez moi un avant et un après Prémices de la chute. En effet, ce livre m'a vraiment ouvert les yeux sur les rouages des réseaux djihadistes, leurs origines, leurs modes opératoires, l'itinéraire des hommes qui les composent.
    Il permet aussi de mieux comprendre le rôle des différents services comme ceux de la DST ou de la DGSE, la façon dont ils fonctionnent, leurs prérogatives, leurs dissensions.
    Frédéric Paulin se sert donc de l'histoire récente pour nous plonger dans ce qu'on peut imaginer de pire et vraiment, ÇA-FOUT-LES-JETONS !!!
    1996. Réif Arnotovic, dit Arno, journaliste à La Voix du Nord, a bien du mal à percer dans le métier et rêve d'un article dans Libé ou le Nouvel Obs. Une nuit, son patron le réveille et lui demande de filer à Roubaix où des policiers se font descendre à la Kalachnikov. A priori, ce sont les mêmes malfrats qui ont braqué une supérette la semaine d'avant à Wattrelos. Arno se rend sur place, prend quelques photos, mais en termes d'infos, la récolte reste maigre. Alors, il tente une visite à un petit truand qu'il connaît un peu, un certain Saïd Ben Arfa qui est en lien avec certains milieux de la banlieue lilloise. Après la fermeture du Macumba où il travaille, ledit Saïd invite Arno à faire un petit tour dans sa BM. Ce qu'Arno va apprendre est pour le moins incroyable : les gars qui s'attaquent aux supérettes de la région reviennent d'ex-Yougoslavie. Ce sont des petits Français, convertis à l'Islam, qui ont appartenu à la brigade El Moudjahidin constituée d'étrangers musulmans en provenance de différents pays. Ils ont en effet aidé l'armée bosniaque à combattre les Serbes puis, après les accords de Dayton, sont rentrés chez eux, avec leurs armes de guerre. Maintenant, ils amassent de l'argent en braquant des commerces. Leur but ? Faire leur djihad. Des noms ? Oui, Saïd en connaît : Lionel Dumont, Christophe Caze et d'autres encore.
    Soudain, notre petit journaleux prend peur : et si Saïd avait trop parlé ? Et s'il allait maintenant, en pleine nuit, le zigouiller et le laisser mort sur l'autoroute ? Soudain, Saïd arrête sa BM, fait descendre Arno et l'assomme...
    Si notre journaliste local a de toute évidence de quoi faire un très bel article sur ce gang de Roubaix qu'on va vite surnommer les Ch'tis d'Allah, il a le sentiment qu'il doit aussi prévenir le commandant Laureline Fell qui bosse à la DST et s'intéresse de près à ce qui se trame dans le milieu islamiste lillois. Elle-même est en contact avec un certain Tedj Benlazar qui, de Sarajevo, lui transmet des infos sur les liens entre ces gars et Al-Qaïda.
    Réif Arno ne sait pas qu'il vient de mettre le doigt dans un terrible engrenage qui va le mener aux portes de l'enfer, de la Bosnie aux grottes de Tora Bora, dans les montagnes d'Afghanistan où se cache un certain Ben Laden, et ce qu'il va découvrir alors est à peine croyable, oui, à peine croyable…
    Et c'est peut-être ça, au fond, le problème : qui va accepter d'accorder un peu de crédit à ce petit journaleux qui commence à avoir de très très inquiétants pressentiments ?
    Comme je le disais au début de l'article, ce roman m'a fait prendre conscience de la façon dont ont émergé les réseaux islamistes. J'avoue que ma lecture des premières pages s'est accompagnée de quelques recherches complémentaires qui m'ont permis de faire des mises au points historiques et de réaliser - à ma grande stupeur parfois !- que tel fait évoqué par l'auteur N'ÉTAIT PAS de la fiction!!! Sachez aussi que le lecteur dispose d'un glossaire à la fin du roman. C'est précisé au début mais je ne l'avais pas vu !
    En tout cas, ce qui m'a frappée, c'est l'immense naïveté ou l'inquiétant aveuglement des gouvernements qui - et malgré les informations abondantes dont ils disposaient - semblent n'avoir pas vu ( ou voulu voir) le pire qui se profilait à l'horizon tandis que, d'après l'auteur en tout cas, certains avaient parfaitement tout prévu. Vous me direz : comment peut-on imaginer l'impensable ? Oui, bien sûr… Néanmoins, je m'étonne de cette cécité générale, les États-Unis (la CIA) en tête d'ailleurs, certainement à cause de stupides rivalités entre services secrets (rivalités qui apparaissent bien dérisoires quand on en connaît les terribles conséquences, à savoir les attentats du 11 septembre !) La citation placée en épigraphe : « Seuls les gens normaux ne savent pas que tout est possible » de David Rousset laisse penser qu'au fond, malgré leurs agences de renseignement et leurs armées suréquipées, les grandes puissances occidentales peinent à empêcher le pire.
    Et c'est bien là tout l'enjeu du roman : comment, avec les informations dont ils disposent, les états peuvent-ils agir efficacement face à un mal protéiforme, complexe et du coup presque insaisissable ?
    Un roman d'actualité extrêmement documenté qui mêle habilement fiction et faits réels : une lecture passionnante, terrible, qui fait froid dans le dos...

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    Couverture du livre « Prémices de la chute » de Frederic Paulin aux éditions Agullo

    jeanmid sur Prémices de la chute de Frederic Paulin

    Les bons romans qui mélangent avec brio enquête policière et espionnage ne sont pas légion . “ Prémices de la chute “ fait indéniablement parti de ceux-là.
    On y suit , de 1996 à 2001 , de Roubaix à New York via l'Afghanistan , le Pakistan et l'ex Yougoslavie, les péripéties d'un journaliste et...
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    Les bons romans qui mélangent avec brio enquête policière et espionnage ne sont pas légion . “ Prémices de la chute “ fait indéniablement parti de ceux-là.
    On y suit , de 1996 à 2001 , de Roubaix à New York via l'Afghanistan , le Pakistan et l'ex Yougoslavie, les péripéties d'un journaliste et d'agents secrets français qui tentent de convaincre leur hiérarchie qu'un attentat terroriste de grande envergure se prépare qui marquera le monde à jamais.
    Tout commence par des cambriolages dans le Nord de la France que couvre un pigiste du nom de Reif Arno. Très vite ses informations et son intuition l'amènent à penser que les braqueurs ne font pas que ça pour l'argent mais pour une cause plus noble à leurs yeux . Préparer le djihad ? Mais il est bien seul à le penser même s'il obtient le soutien du père de sa copine , un certain Tedj Benlazar, agent de terrain de la DGSE. Tedj n'est pas en odeur de sainteté avec sa hiérarchie, la seule sur laquelle il peut compter . c'est sa collègue de la DST , Laureline Fell , qui a pour charge le suivi des réseaux islamistes en France .
    Reif veut se faire un nom dans le journalisme et il est prêt pour étayer ces informations à mener des investigations à haut risque quitte à côtoyer de près le diable lui même en la personne de Oussama Ben Laden et de ses lieutenants.Son témoignage et le soutien de Fell suffiront- Ils à sortir les autorités françaises ainsi que leurs alliés de leur aveuglement ? Vous connaissez la suite ,
    Frédéric Paulin nous plonge immédiatement dans ces histoires qui mêlent réalité et fiction grâce un style imparable, un rythme sans temps morts et des personnages réalistes auxquels on s'accroche rapidement. C'est efficace , vivant et grisant et l'on se demande souvent quelle est la part de fiction dans le récit tant l'histoire est documentée de multiples détails apportant chacun leur part au côté “vécu “ du roman .Un véritable témoignage historique romancé qui permet de mieux comprendre les rouages des différents services secrets comme leurs défaillances devant cet échec cuisant de n'avoir pu prévenir les attentats du 11 septembre 2001.
    Un seul regret pour moi : ne pas avoir lu le premier tome avant ...

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    Couverture du livre « La guerre est une ruse » de Frederic Paulin aux éditions Agullo

    Réjane MARTEAU sur La guerre est une ruse de Frederic Paulin

    Moitié français, moitié arabe, le lieutenant Tedj Benlazar porte ce récit à bout de bras, et c'est à travers son regard et ses actes que l'auteur nous décrit l'atmosphère trouble et cruelle d'une Algérie rongée par la montée du terrorisme, des corruptions entre les différentes organisations...
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    Moitié français, moitié arabe, le lieutenant Tedj Benlazar porte ce récit à bout de bras, et c'est à travers son regard et ses actes que l'auteur nous décrit l'atmosphère trouble et cruelle d'une Algérie rongée par la montée du terrorisme, des corruptions entre les différentes organisations politiques et militaires. La multitude des personnages est compensée par les regards croisés et la richesse des détails historiques. Un récit captivant autant qu'angoissant, on s'attache aux personnages et à leurs failles.

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    Couverture du livre « La guerre est une ruse » de Frederic Paulin aux éditions Agullo

    tatibibibi sur La guerre est une ruse de Frederic Paulin

    Dans la période algérienne 1988-1995 environ, les personnages de Frédéric Paulin sont laminés par les "événements". Est-il possible de romancer l'articulation du régime dictatorial des militaires en Algérie, l'impitoyable voie terroriste du djihad menée par le GIA et la présence déclinante mais...
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    Dans la période algérienne 1988-1995 environ, les personnages de Frédéric Paulin sont laminés par les "événements". Est-il possible de romancer l'articulation du régime dictatorial des militaires en Algérie, l'impitoyable voie terroriste du djihad menée par le GIA et la présence déclinante mais prégnante du néocolonialisme français pendant cette poignée d'années ? C'est le pari de F.Paulin. Les personnages naviguent dans les eaux troubles des services de renseignements et de sécurité algériens français, où toutes les infiltrations sont de mise, où le secret des sources rime avec le rapide nettoyage de ces sources, par précaution. Nettoyage radical.
    L'une des hypothèses centrales avancée par l'auteur est la manipulation du GIA, voire son activation par des descendants des militaires du FLN truffant le Conseil de défense.
    Les tentations paranoïaques et complotistes sont avouées par les personnages eux-mêmes. Peu d'entre eux survivent suffisamment longtemps pour que l'auteur puisse leur donner une épaisseur romanesque . Seul le personnage principal, Tedj Benlazar constitue le fil très rouge du livre. Mais son passé et son présent professionnel interfèrent avec un drame familial qui avive culpabilité et confusion mentale. Il faut cette part d'humanité de Tedj pour que le livre reste un roman. F.Paulin manie ces ingrédients sans tomber dans le pathos ou la naïveté, sans tomber dans une prise de parti simpliste ...mais il n'a guère de mal à tomber dans une prise de pari facile : il a d'autres tomes à écrire encore sur le sujet !

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