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Frank Zollner

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    Couverture du livre « Léonardo da Vinci ; the complete paintings and drawings » de Frank Zollner et Johannes Nathan aux éditions Taschen

    Claude Stas sur Léonardo da Vinci ; the complete paintings and drawings de Frank Zollner - Johannes Nathan

    Voici donc un de mes livres les plus impressionnants. Tout d’abord par son format - 45 x 30 pour 9 cm d’épaisseur – et par son poids – 10 kg. Ensuite par son contenu. Je crois que ce doit être l’ouvrage le plus complet au sujet de Léonard de Vinci. En trois parties (la vie, l’œuvre, le...
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    Voici donc un de mes livres les plus impressionnants. Tout d’abord par son format - 45 x 30 pour 9 cm d’épaisseur – et par son poids – 10 kg. Ensuite par son contenu. Je crois que ce doit être l’ouvrage le plus complet au sujet de Léonard de Vinci. En trois parties (la vie, l’œuvre, le catalogue raisonné), nous faisons le tour de la question (certains diront de l’énigme) du peintre qui n’en était pas un. Certains, peu au fait des œuvres léonardesques, seront étonnés du nombre réduit de tableaux (trente-quatre en tout) et émerveillés par l’abondance de la production graphique.
    Pour rédiger la biographie, nous avons un certain nombre de documents historiques laissés par Léonard tout au long de ses voyages entre l’Italie et la France : ses lettres, ses écrits, son journal, ses contrats avec ses commanditaires, des documents plus rares et conservés dans des archives peu accessibles. Aussi chaque œuvre étudiée est replacée dans son contexte historique et dans la chronologie de l’ingénieur qui en était un. Ce qui fait de cet imposant ouvrage, plutôt difficile à manier, une lecture agréable, se trouve dans sa maquette aérée et raffinée, laissant une large place à des illustrations pleine page dans la troisième partie. Mais surtout, quand cela se révèle possible, les œuvres sont mises en perspective avec leur processus d’élaboration (dessins le plus souvent). Ainsi la célèbre peinture « La Cène » (1495-97) qui n’est pas une fresque classique, est accompagnée des études de perspectives, des esquisses de compositions, des croquis pour les visages et leurs expressions. Puis le tout est mis face à l’œuvre finale avant d’être confronté avec les créations contemporaines ayant les mêmes thématiques. De même, si la Joconde phagocyte toute l’attention des visiteurs du Louvre, il existe également un certain nombre d’œuvres fascinantes, y compris celles que nous avons perdu au gré des vicissitudes de l’Histoire. Il est donc étonnant de lire que de nouvelles découvertes se sont faites dernièrement (et non ! Pas à cause du livre de Dan Brown !) ; de nombreux articles ont éclairé la conservation et la provenance de ces œuvres-là, d’autres se sont attardés sur les sources iconographiques, l’iconologie et la fortune critique de celles-ci. Restent toutes ces attributions parfois bien fantaisistes, parfois tout à fait probantes, pour un certain nombre de créations, sans oublier l’influence plus que certaine d’Andrea del Verrochio (Léonard, Sandro Botticelli, Le Pérugin et Lorenzo di Credi, furent ses élèves) ainsi que tous ces peintres léonardesques issus de son propre atelier : Giampreni, Giovanni Antonio Boltraffio, Andrea Solari et, évidemment, Salai, tellement androgyne.
    Il n’y a rien à redire. La qualité de reproduction en couleur est au-dessus de tout reproche. Et vu le format de l’ouvrage, un vrai sentiment de dialogue s’instaure rapidement avec l’œuvre ; ainsi le regard s’arrête plus facilement sur tel détail, sur un regard, sur un doigt, sur une fleur ou un arbre, sur un objet. Le seul reproche, vous vous en doutez, c’est que toutes ces qualités ont leur revers : le livre est grand, gros et lourd, si bien que sa lecture n’est pas aisée du tout. Le livre est tout bonnement in-trans-por-ta-ble.
    Le premier auteur, Frank Zöllner, a étudié pour sa thèse la théorie artistique et architecturale en rapport avec Léonard. Nous lui devons également plusieurs ouvrages sur la Renaissance italienne et (déjà) une monographie sur Léonard. Le second, Johannes Nathan, qui a étudié la technique du maître, est, quant à lui, spécialiste du sujet. Si bien que le texte ici présent prend la valeur d’une somme de deux savoirs particulièrement complémentaires. Il me reste à parler de la partie consacrée aux œuvres graphiques (636 dessins) choisies parmi les milliers de feuilles produites par Léonard lors de sa carrière. Les domaines explorés par le maître sont très variés : une architecture, un chat, quelques cerises, le vol d’un oiseau, l’anatomie d’une femme enceinte, que sais-je encore ? Une grande partie des dessins proviennent des collections D’Elisabeth II et, grâce à eux, nous prenons pleinement conscience que Léonard était architecte, ingénieur, anatomiste, urbaniste, zoologue, botaniste, hydrologue, cartographe, spécialiste de la logistique militaire, inventeur et … artiste (peintre et sculpteur). Et de nous émerveiller sur la diversité de sa technique graphique : enlevé pour un instantané animal, plus précis pour une étude architecturale, très exact et minutieux pour une machine, moins retenu pour une caricature.
    Bref, cet ouvrage est incontournable car il est à la fois scientifiquement rigoureux et un superbe objet destiné au grand public. Un superbe objet de collection, plutôt volumineux, donc ayez un lutrin chez vous ! Ou alors déposez-le négligemment sur la table basse du salon.

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