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Francoise Guerin

Francoise Guerin
Lyonnaise, Françoise Guérin est psychologue et s'est d'abord initiée à l'écriture radiophonique (elle a collaboré à l'émission « Les Petits Polars » pour Radio France), avant de publier trois recueils de nouvelles. Son premier roman, « À la vue, à la mort » (aux Éditions du Masque), a reçu le Pri... Voir plus
Lyonnaise, Françoise Guérin est psychologue et s'est d'abord initiée à l'écriture radiophonique (elle a collaboré à l'émission « Les Petits Polars » pour Radio France), avant de publier trois recueils de nouvelles. Son premier roman, « À la vue, à la mort » (aux Éditions du Masque), a reçu le Prix Cognac du Festival du Film Policier en 2007 et le prix Jean-Zay des lycéens. Elle a publié « Cherche jeunes filles à croquer » aux Éditions du Masque en 2012 qui a obtenu le Prix Sang pour Sang Polar 2013.

Articles en lien avec Francoise Guerin (2)

Avis sur cet auteur (22)

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    Couverture du livre « Les enfants de la dernière pluie » de Francoise Guerin aux éditions Editions Du Masque

    Christian Dauteuille sur Les enfants de la dernière pluie de Francoise Guerin

    L’intérêt que l’on ressent à la lecture d’un roman, quel qu’il soit, peut prendre bien des formes, s’appuyer sur bien des critères. Parfois même, cet intérêt ne laisse pas de nous étonner.
    Lecteurs assidus de romans policiers denses, de polars nauséeux, de thrillers déjantés, nous sommes...
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    L’intérêt que l’on ressent à la lecture d’un roman, quel qu’il soit, peut prendre bien des formes, s’appuyer sur bien des critères. Parfois même, cet intérêt ne laisse pas de nous étonner.
    Lecteurs assidus de romans policiers denses, de polars nauséeux, de thrillers déjantés, nous sommes presque surpris d’accorder autant de crédit à la linéarité d’un récit, à la fluidité onctueuse d’une écriture, à l’économie de moyens déployés au service de la narration, à la sensation de légèreté autant qu’à la force qui se dégage de cette histoire par l’entremise des personnages et de leur psychologie.
    Le roman de Françoise Guérin est de ceux-là ! Bien que de facture somme toute assez classique, il y a une énergie redoutable dans ce récit se déroulant dans le milieu de la psychiatrie. Peut-être est-ce le découpage, rapide, presque syncopé, les chapitres courts et nerveux qui font la part belle aux dialogues. Peut-être est-ce ce sentiment de connivence qui s’installe très vite entre le lecteur et les personnages autant que celle, plus discrète, mais bien présente de l’auteur appuyé sur notre épaule et qui, bienveillant, nous observe prendre plaisir à l’aventure qu’il nous conte. Car Françoise Guérin est avant tout une conteuse !
    Bien entendu, on pourrait chipoter ! On pourrait trouver tout cela très, voire trop facile. On pourrait ergoter sans fin sur tel ou tel personnage, sa place et son rôle… bla bla bla…
    Bien sûr, pur visuel que je suis – chance ou malchance – j’ai été gêné de ne pouvoir imaginer le Commandant Lanester que sous les traits de Richard Berry (la quatrième de couverture ne pardonne pas…). Et même si je n’ai pas eu l’occasion de voir le téléfilm tiré du roman de Françoise Guérin et quand bien même je n’ai rien à reprocher à cet acteur, il est vrai que sa silhouette est venue quelque peu perturber ma lecture. Comme un bout de scotch qui refuse de quitter votre doigt sur lequel il est resté collé.
    Au bout du compte, que reste-t-il ? Le plaisir.
    Le plaisir simple du titre, magnifique, que l’on hume comme on le fait d’un bon vin avant de le goûter.
    Le plaisir des dialogues, riches et omniprésents, véritables moteurs de l’action, catalyseurs de sensations partagées, coups de projecteur permanents sur les personnages, leurs pensées complexes, leurs amours perdues, leurs emmerdes ininterrompues…
    Le plaisir de découvrir un pan de l’histoire de la psychiatrie, méconnue, et pourtant si riche en récits propres aux littératures policières.
    Le plaisir des mots et des lettres, comme ce « Théophile » devenu « Théophobe ». Deux lettres qui roulent et se bousculent et disparaissent… pour réapparaître aussitôt… la bascule s’est opérée, de Dieu à Diable. Deux petits espaces sans grande importance qui ouvrent pourtant le champ des possibles, deux espaces qui séparent l’ombre et la lumière, le Bien et le Mal…
    Comme le disait Pierre Larquey dans le film de Clouzot, Le Corbeau, à la fin de la fameuse scène de la dictée : « Où est l’ombre, où est la lumière… Où est la frontière du mal… Savez-vous si vous êtes du bon ou du mauvais côté… »
    Néanmoins, une chose est sûre ! Le roman de Françoise Guérin est un bon roman… et ce n’est pas si courant… de nos jours…

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    Couverture du livre « Les enfants de la dernière pluie » de Francoise Guerin aux éditions Editions Du Masque

    Claude Baugée sur Les enfants de la dernière pluie de Francoise Guerin

    Ce polar pourrait entrer dans le sous-genre psycho puisqu''il se situe entièrement dans un hôpital psychiatrique, lequel établissement a une histoire et ruisselle de souvenirs d'une époque pas si lointaine où la médecine des troubles du comportement était rien moins que diablement carcérale....
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    Ce polar pourrait entrer dans le sous-genre psycho puisqu''il se situe entièrement dans un hôpital psychiatrique, lequel établissement a une histoire et ruisselle de souvenirs d'une époque pas si lointaine où la médecine des troubles du comportement était rien moins que diablement carcérale. Diablement est le mot juste car le centre porte le nom pas forcément jovial de Théophobe Le Diaoul, jadis Théophile Le Bellec, un ancien patient illuminé ou assombri, c'est selon, et que la Grande Guerre avait conduit dans ces murs tragiquement continuateurs de l'aliénation des tranchées. Cette idée sous-tend toute la suite de l'enquête menée par Eric Lanester, flic et psychologue, et son équipe dans cet univers où l'on a coutume de dire que la différence entre les soignants et les soignés ne saute pas toujours aux yeux.

    En cette année centenaire la Grande Guerre est donc indirectement responsable une fois encore de morts violentes, celles d'un patient défenestré par son infirmier, puis le suicide de ce dernier. Le meurtre en ces lieux peut s'avérer essentiellement d'ordre chimique, antidépresseurs, psychotropes, gélules et pilules multicolores pouvant faire fonction de fameux objets contondants. Françoise Guérin, elle-même psychologue, décrit bien les arcanes et plus encore les archives si cruciales dans cet hôpital où l'on comprend trop vite l'importance de l'hérédité, des rivalités et des dynasties. Peu de professionnels collaborent vraiment aux interrogations de Lanester et de ses collègues, soigneusement stéréotypés, une râleuse, une extravertie portée sur la chose, un bleu maladroit. Pas trop d'aide du médecin-chef, pointilleux sur ses prérogatives. Par contre, Elisabeth Bassonville, elle, responsable de tout le passé historique du Centre Théophobe Le Diaoul, se prête si bien aux questions que ça en devient louche. On s'achemine ainsi vers une vérité subodorée depuis bien longtemps. Dommage que l'on soit depuis pas mal de pages resté assis à la cafeteria, à rêvasser à ce qu'aurait pu être une incursion réussie dans ce milieu hostile à toute curiosité. Les enfants de la dernière pluie, tout au plus un petit tour de l'autre côté du rideau, celui qui sépare tant bien que mal la norme de la différence, sachant que l'individu dit normal n'a pas bonne presse dans la critique littéraire jamais exempte de démagogie, mais tout ceci reste insuffisamment fouillé à mon avis, avis qui, ne l'oublions jamais, n'est justement que mon avis.

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    Couverture du livre « Les enfants de la dernière pluie » de Francoise Guerin aux éditions Editions Du Masque

    Sandrine Fernandez sur Les enfants de la dernière pluie de Francoise Guerin

    Alors qu'il rend visite à son frère hospitalisé en psychiatrie, le commandant Eric Lanester assiste à une défenestration suivie d'un suicide. Selon les premières constatations, un infirmier aurait assassiné un patient dépressif avant de se jeter par la fenêtre. Lanester et son équipe décident de...
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    Alors qu'il rend visite à son frère hospitalisé en psychiatrie, le commandant Eric Lanester assiste à une défenestration suivie d'un suicide. Selon les premières constatations, un infirmier aurait assassiné un patient dépressif avant de se jeter par la fenêtre. Lanester et son équipe décident de mener l'enquête, interpellés par la personnalité du soignant, décrit comme irréprochable. Ils font donc la connaissance du personnel du CH-Diaoul, de son histoire qui remonte à l'époque des premiers aliénistes, de son archiviste, la charmante Elisabeth Bassonville, intarissable quand il s'agit d'évoquer Théophobe Le Diaoul, patient emblématique de l'établissement, poète fou issu d'une famille bretonne miséreuse et sujette à la démence. Lanester, flic et psychologue, se plonge dans cet univers clos où l'on est psychiatre ou pharmacien de père en fils depuis des générations.

    Lire Les enfants de la dernière pluie, c'est d'abord faire connaissance avec une équipe d'enquêteurs hors-normes. Au bureau, Soraya, la geekette, craque les mots de passe et s'introduit dans n'importe quel site tandis que sur le terrain, Marc, Bertrand et Carla, mènent l'enquête, chapeauté par le commandant Eric Lanester. Ebranlé psychologiquement par une enfance difficile, il donne tout à son travail, entre une séance avec sa psy ou une crise de larmes. Sensible, il n'en est pas moins un fin limier qui va au bout de ses intuitions, aidé par une profonde empathie et un doctorat de psychologie. Son truc à lui, c'est le profilage, la plongée dans la tête du tueur pour saisir ses motivations et ses futurs passages à l'acte. L'univers des soins psychiatriques ne lui est pas totalement inconnu, puisque son frère souffre de graves troubles depuis de nombreuses années. Par contre, le lecteur découvre un autre monde où les patients, décalés, déconnectés, médicamentés, sont préservés des contingences de l'extérieur par des soignants impliqués, solides et courageux. Mais si l'hôpital vit hors du temps, il n'en est pas de même pour les enquêteurs qui n'ont qu'une semaine pour résoudre l'affaire. Le rythme est donc soutenu mais pas effréné. Françoise GUERIN sait ménager des pauses pour amener lentement son lecteur vers toutes les formes de folie qu'elle explore.
    Une intéressante incursion dans le microcosme d'un HP où les fous ne sont pas toujours ceux qu'on croit....Une lecture intéressante, originale et intelligente qui doit beaucoup aux enquêteurs, attachants et qu'on a plaisir à suivre dans leurs investigations et dans leur vie privée. Dommage que le coupable soit évident dès la moitié du livre...

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    Couverture du livre « Les enfants de la dernière pluie » de Francoise Guerin aux éditions Editions Du Masque

    Olivier Pirou sur Les enfants de la dernière pluie de Francoise Guerin

    Eric Lanester a promis de passer voir son frère, Xavier, interné au « Diaoul », un hôpital psychiatrique proche du fameux « 36 ». C’est son anniversaire. Est-ce que Xavier sera content ? Il n’en sait rien, lui qui l’a toujours connu mutique, apragmatique, cabossé de partout. Une bagarre au...
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    Eric Lanester a promis de passer voir son frère, Xavier, interné au « Diaoul », un hôpital psychiatrique proche du fameux « 36 ». C’est son anniversaire. Est-ce que Xavier sera content ? Il n’en sait rien, lui qui l’a toujours connu mutique, apragmatique, cabossé de partout. Une bagarre au premier étage d'un des bâtiments tourne mal, un malade est défenestré, aussitôt suivi du suicide de son agresseur en blouse blanche sous les yeux horrifiés de Xavier. Un accident ? Sauf que ses analyses de sang démontreront que l’infirmier modèle avait pris un cocktail de psychotropes à devenir fou. De la matière pour l’équipe dissipée de criminologues du commandant Lanester.

    Françoise Guérin, après « A la vue, à la mort », primé à Cognac en 2007, nous propose une plongée abyssale dans l'univers du soin psychiatrique avec un polar subtilement contrasté. Décalages, failles, ruptures, faux-semblants. Elle joue du rythme, entre une enquête menée tambour-battant - "Je vous accorde une semaine, pas un jour de plus, pour régler ça ! » lui assène le divisionnaire Missonnier, et ce, au beau milieu d’un lieu où les patients, pour beaucoup, ont perdu tout repère. Elle s'amuse du temps, éphémère, suspendu pour les uns, pesant sur plusieurs générations pour les autres. Elle s’attarde sur les failles, celles du système psychiatrique, celles du monde pharmaceutique, celles des hommes et des femmes, les patients comme les autres… Elle met en scène les décalages, les méthodes hors-normes du psychologue-flic Eric Lanester qui fait la part belle au profilage, entre deux séances de thérapie. Il y a un peu de Adamsberg - l’enquêteur de Fred Vargas – dans ce bourru sensible.

    « Depuis toujours, je me fie à ce qui me traverse, lorsque je suis sur une affaire. Même quand j’ai du mal à voir où ça ma mène, je suis attentif aux associations incongrues qui me viennent ou à ce qui m’obsède, en marge de l’enquête. Cela finit toujours par me conduire quelque part, vers un savoir jusque là inconscient mais qui, au final, s’avère décisif.

    Une incongruité qui lui fait explorer consciencieusement l’envers du décor du Diaoul, en compagnie de la délicieuse archiviste de l’hôpital. Le Diaoul, d’ailleurs, Le Diable, en breton. Du nom de ce curieux poète de l'aliénation, Théophobe Le Diaoul, démobilisé en 1917 et diagnostiqué dément avant de finir sa vie au quartier des Agités. Une belle intrigue qui vous fera battre un record de vitesse de lecture !