Francois Vallejo

Francois Vallejo
François Vallejo est né au Mans en 1960. Il enseigne les lettres classiques et habite le Havre qui a servi de cadre à son premier roman, Vacarme dans la salle de bal, paru 1998. Ont suivi : Pirouettes dans les ténèbres, Madame Angeloso (Prix France Télévision 2001), paru en collection b I s, Groo... Voir plus
François Vallejo est né au Mans en 1960. Il enseigne les lettres classiques et habite le Havre qui a servi de cadre à son premier roman, Vacarme dans la salle de bal, paru 1998. Ont suivi : Pirouettes dans les ténèbres, Madame Angeloso (Prix France Télévision 2001), paru en collection b I s, Groom (Prix des Libraires 2004), Le Voyage des grands hommes (Prix Pierre Mac Orlan 2005), Ouest (Prix Giono et Prix du Livre Inter 2007), L'Incendie du Chiado et Les Soeurs Brelan (septembre 2010).

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Avis (43)

  • Couverture du livre « Hôtel Waldheim » de Francois Vallejo aux éditions Viviane Hamy

    Dominique Lemasson sur Hôtel Waldheim de Francois Vallejo

    « Son roman le plus intime » peut-on lire en quatrième de couverture. Jusqu’où va l’intimité ? Sans doute jusqu’au fantasme qu’il soit sexuel ou géopolitique. A seize ans, on n’a, sauf circonstances extraordinaires, pas assez de souvenirs pour captiver un lectorat nombreux. Pourquoi ne pas les...
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    « Son roman le plus intime » peut-on lire en quatrième de couverture. Jusqu’où va l’intimité ? Sans doute jusqu’au fantasme qu’il soit sexuel ou géopolitique. A seize ans, on n’a, sauf circonstances extraordinaires, pas assez de souvenirs pour captiver un lectorat nombreux. Pourquoi ne pas les inventer, les rêver, les développer et en faire un excellent roman ? L’entrée en matière de qualité, suffisamment intrigante pour vous conforter à tourner les pages, semble le confirmer. Le mystère se dissipe, un peu, mais pas trop, suffisamment pour installer l’intrigue qui s’est déroulée quarante ans plus tôt et dans laquelle le petit jeune homme qu’était le narrateur aurait joué un rôle, peut-être même le rôle principal, sans en avoir conscience. Jusqu’ici tout va bien mais, même sur les sommets alpins, le brouillard doit finir par disparaître.
    Vous mêlez habilement une pincée de Suisse alémanique montagneusement chic à Davos, un hôtel de famille, des personnages ternes qui n’ont pas droit à la parole (seul le narrateur s’exprime renforçant le caractère intimiste), quelques parties d’échecs ou de go, vous pimentez le tout avec un zeste de Stasi et vous laissez gratiner quelques heures avec une pincée de Thomas Mann et sa Montagne Magique. Vous obtenez…un roman intimiste, une histoire en pointillés et une désillusion certaine si vous vous êtes laissé prendre aux fausses confidences de l’éditeur (ah, la quatrième de couverture !) vous confiant sotto voce, que vous allez découvrir l’histoire d’« un pion sur un échiquier où s’affrontait l’Est et l’Ouest au temps de la guerre froide ».
    Le dernier mot à l’auteur ? « On voit que vous lisez beaucoup la littérature française. L'adultère, c'est son vieux sujet ». Non, comme son narrateur, je lui confisque la parole pour remplacer irrévérencieusement « l’adultère » par « le nombril ». Déception.

  • Couverture du livre « Hôtel Waldheim » de Francois Vallejo aux éditions Viviane Hamy

    Marie-Laure VANIER sur Hôtel Waldheim de Francois Vallejo

    Premier conseil au sujet de ce roman : 1) ne pas lire la 4e de couv - je ne les lis jamais car certaines racontent beaucoup trop ! 2) ne lire aucun article à son sujet (sauf le mien, bien sûr, hihi, car je vous promets que vous ne saurez RIEN.) Oui, moi j'ai eu la chance de me lancer dans un...
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    Premier conseil au sujet de ce roman : 1) ne pas lire la 4e de couv - je ne les lis jamais car certaines racontent beaucoup trop ! 2) ne lire aucun article à son sujet (sauf le mien, bien sûr, hihi, car je vous promets que vous ne saurez RIEN.) Oui, moi j'ai eu la chance de me lancer dans un livre qui a très vite piqué ma curiosité tout simplement parce que je ne savais PAS DU TOUT où il allait me mener… Et disons-le, l'effet de surprise est tout de même génialissime et nous tient en haleine jusqu'au bout (oui oui, il y a du thriller dans ce roman!)
    Alors sachez que vous pouvez lire cette chronique tranquillement, je ne vous livrerai AUCUN secret.
    Vous allez donc faire connaissance avec un certain Jeff Valdera, quinquagénaire habitant à Sainte-Adresse, qui, un beau matin, reçoit une carte postale un peu étrange, c'est le moins que l'on puisse dire ! D'abord parce que plus personne n'écrit de carte postale (si ? Vous ? ah pardon !) Et puis, le modèle est ancien, un peu jauni. Pas de signature. Et quelques lignes dans un français plus qu'approximatif : « ça vous rappelle queqchose ? »
    La carte postale a été postée en Suisse, à Zurich plus exactement. Quatre vues sont représentées : deux de paysages enneigés de Davos (canton des Grisons) et deux autres d'un hôtel : l'hôtel Waldheim. Est-ce que ce lieu, et notamment cet hôtel, rappelle quelque chose au narrateur ? Oui… et non ! Oui parce qu'il y a séjourné adolescent , dans les années 70, en compagnie de sa vieille tante Judith qu'il accompagnait un peu la mort dans l'âme. Non parce qu'il ne garde de ce lieu aucun souvenir si ce n'est un voyage en train-couchette au cours duquel il avait pu admirer une jeune Allemande se mettre quasi nue avant d'enfiler une tenue de nuit. Effectivement, il se souvient aussi très vaguement du patron de l'hôtel, de clients pas très jeunes et d'une vieille femme, une certaine Mme Finkel, passionnée par Thomas Mann et sa Montagne magique qui se passe justement à Davos… mais tous sont certainement morts et enterrés au moment où il reçoit cette carte. Si c'est de ces gens-là dont il faut se souvenir, ça va être difficile ! Et puis, pourquoi chercher à se plonger dans une époque très ancienne dont il a à peu près tout oublié ? Oui, pourquoi ?
    Notre Jeff Valdera s'apprête donc à oublier dans un coin cette carte postale défraîchie, lorsqu'une autre missive du même acabit tombe dans sa boîte à lettres…
    Et c'est là que ma mission de chroniqueuse prend fin. Maintenant, croyez-moi sur parole. Vous allez être happé par ce texte dont les thèmes principaux, comme vous l'aurez peut-être deviné, tournent autour de la mémoire, de la perception consciente et inconsciente que nous avons des êtres et des événements. J'ai pris un très grand plaisir à lire ce roman passionnant, très original et non dénué d'humour. Allez-y les yeux fermés… vous ne serez pas déçu !
    Au fait, il est toujours en lice pour le concours !
    On y croit !

    LIRE AU LIT http://lireaulit.blogspot.fr/

  • Couverture du livre « Hôtel Waldheim » de Francois Vallejo aux éditions Viviane Hamy

    Henri-Charles Dahlem sur Hôtel Waldheim de Francois Vallejo

    «Personne n’arriverait à croire qu’une survivance des moyens de communication les plus archaïques comme une carte postale puisse bouleverser un homme, moi, la vie d’un homme, la mienne; une carte postale.» Les premières lignes du nouveau roman de François Vallejo – que j’ai lu avec Un dangereux...
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    «Personne n’arriverait à croire qu’une survivance des moyens de communication les plus archaïques comme une carte postale puisse bouleverser un homme, moi, la vie d’un homme, la mienne; une carte postale.» Les premières lignes du nouveau roman de François Vallejo – que j’ai lu avec Un dangereux plaisir – nous en livrent d’emblée le programme. Le facteur vient d’apporter une carte postale représentant un hôtel à Davos et quelques lignes énigmatiques et anonymes qui doivent lui rappeler «queqchose». Une seconde carte reçue un peu plus tard va à peine être plus précise, mais déclencher chez son destinataire la machine à souvenirs: « Je laisse aller les images, ça ne s’arrête plus, qu’est-ce qui m’arrive? Un étranger non identifié a ce pouvoir, avec deux bouts de carton ringards, de déclencher chez moi une sorte d’enquête sur mes vacances de petit prétentieux minable de la fin des années soixante-dix. Et j’ai l’air d’y trouver mon plaisir. Des sensations auxquelles je ne pensais plus depuis longtemps m’agitent, alors qu’elles ont une valeur toute secondaire, l’ordinaire d’un adolescent en virée provisoire à l’étranger… »
    Voilà Jeff à quinze ans dans le train de nuit qui va de Paris à Zurich en compagnie de sa tante Judith. Ensemble, ils se rendent à Davos respirer le bon air des Alpes suisses. Les deux jeunes Suissesses qui offrent à l’adolescent la vue de leur corps nu et son premier émoi amoureux suffiraient à son bonheur. Car pour le reste, hormis quelques impressions, le train rouge montant vers la station des Grisons, le plateau de viande séchée offert par l’hôtelier pour accueillir ses pensionnaires, il n’y a guère que quelques visages qui surgissent du néant. « Je fais le tour des visages de ce temps-là, à l'hôtel Waldheim, en premier le patron, Herr Meili, qui a pas mal compté pour ma tante, et aussi pour moi ; le personnel, oublié, sauf Rosa, sorte de gouvernante toujours en service, malgré son grand âge ; des ; des clients solitaires, des couples, des familles en vacances, tous installés dans la vie, à l’aise, de nationalités diverses (…) un noyau d’habitués, comme Mme Finke, le seul nom précis qui me revienne… »
    Sauf que son mystérieux correspondant va finir par se dévoiler et lui permettre de se rafraîchir la mémoire. Frieda Steigl lui donne rendez-vous près de chez lui, à Sainte-Adresse, pour lui expliquer la raison de ses courriers et le mettre en face de ses responsabilités, car elle le croit coupable d’avoir aidé les espions de la Stasi et d’avoir provoqué un terrible drame. Car Frieda a pu remonter une partie de son histoire familiale grâce aux archives de la police politique de l’ex-RDA mise à disposition des personnes mentionnées ou de leurs descendants après la chute du mur. Si, sur les documents en sa possession, il se confirme que des espions étaient bien présents dans la station grisonne et que l’hôtel Waldheim servait bien de plaque tournante pour l’accueil de personnalités ayant pu franchir le rideau de fer et trouvé refuge à l’Ouest, Jeff n’aura du haut de sa jeunesse, de se candeur et de sa soif de découvertes n’été qu’un chien dans un jeu de quilles.
    Pour lui, l’été à l’hôtel Waldheim se sont des jeux de go et d’échecs, des promenades en montagne, la découverte de l’œuvre de Thomas Mann, à commencer par La Montagne magique qui s’impose dans le lieu même où se situe le sanatorium décrit par l’auteur de Mort à Venise et Les Buddenbrook, ainsi que l’éveil de la sensualité. Il a bien observé et espionné, mais pour son propre compte plus que pour répondre à la demande de Herr Meili.
    Mais Frieda Steigl ne l’entend pas de cette oreille et finira par mener son interlocuteur sur les lieux de son soi-disant forfait. C’est là que François Vallejo va lever le voile sur ce roman d’initiation qui éclaire une époque, celle de la Guerre froide.
    Un roman prenant comme un bon thriller, une écriture précise et soucieuse de n’omettre aucun détail. Bref, une œuvre que le jury du Goncourt a bien raison de sélectionner pour son prestigieux prix littéraire.

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