Francois Garde

Francois Garde

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Avis (18)

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    Couverture du livre « Ce qu'il advint du sauvage blanc » de Francois Garde aux éditions Gallimard

    Emmanuelle matoussowsky sur Ce qu'il advint du sauvage blanc de Francois Garde

    Prenez un bon matelot charentais de 18 ans, larguez le sur une côte inhospitalière du nord de l’Australie, revenez le chercher 18 ans plus tard et étudiez son comportement : cela pourrait résumer une expérience anthropologique cruelle et déplacée mais c’est à peu près la véritable histoire de...
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    Prenez un bon matelot charentais de 18 ans, larguez le sur une côte inhospitalière du nord de l’Australie, revenez le chercher 18 ans plus tard et étudiez son comportement : cela pourrait résumer une expérience anthropologique cruelle et déplacée mais c’est à peu près la véritable histoire de Narcisse Pelletier, matelot à bord de la goélette Saint-Paul en 1843, abandonné et déclaré mort par son capitaine, et retrouvé par hasard 18 ans plus tard sur la même côte, au milieu d’une tribu aborigène. Mais le « sauvage blanc » présente une énigme véritablement confondante pour la communauté scientifique car durant son séjour dans la tribu australienne, il a oublié sa langue, son identité et sa culture …
    François Garde présente une version très légèrement romancée de ce fait divers qui défraya la chronique du 19e siècle et plongea dans la perplexité les scientifiques qui essayèrent de décrypter son aventure. Car bien évidemment, l’idée qu’on puisse « perdre » sa civilisation pour adopter les us et coutumes de sauvages n’ayant jamais vu d’homme blanc ne pouvait que paraître éminemment saugrenue à de doctes savants certains de la supériorité de l’homme blanc.
    J’ai beaucoup aimé ce roman à la construction intéressante, aussi passionnant en ce qui concerne l’incroyable aventure de ce marin que le raisonnement passionné qui habita jusqu’à sa mort Octave de Vallombrun, l’ange gardien qui mit tout en œuvre pour essayer comprendre Narcisse et le ramener à la civilisation.

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    Couverture du livre « Pour trois couronnes » de Francois Garde aux éditions Gallimard

    Nathalie Sibué sur Pour trois couronnes de Francois Garde

    Impossible de faire mieux que Claude...

    Impossible de faire mieux que Claude...

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    Couverture du livre « Pour trois couronnes » de Francois Garde aux éditions Gallimard

    Claude Stas sur Pour trois couronnes de Francois Garde

    Lors d'une émission de la Grande Librairie sur France 5, François Busnel avait présenté ce roman comme étant un thriller. Pas certain ou, si c'est un polar, alors il aurait plutôt des échos (sans jeu de mots) du « Nom de la Rose ». Mais seulement si la dimension théologique du roman d'Umberto...
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    Lors d'une émission de la Grande Librairie sur France 5, François Busnel avait présenté ce roman comme étant un thriller. Pas certain ou, si c'est un polar, alors il aurait plutôt des échos (sans jeu de mots) du « Nom de la Rose ». Mais seulement si la dimension théologique du roman d'Umberto avait été remplacée par la politique et ses implications sur l'individu.
    Tout commence comme dans « Citizen Kane », le film d'Orson Wells. Un vieux milliardaire meurt en laissant un truc (ici, trois pages, une histoire improbable) à définir, à éclaircir, à expliquer. Et un homme désigné par les héritiers va tenter d'y parvenir. Mais de rencontre en rencontre, de lieu en lieu, ce n'est pas un portrait en creux mais bien plusieurs qui se forment petit à petit sous nos yeux, au fil des pages. Sans parler de l'état d'une nation, du devenir d'un peuple, des espoirs de quelques utopistes. Ce n'est pas un roman mais une collection de matriochkas, aussi surprenantes les unes que les autres. Sans oublier que ces « vies » entrent en résonance avec celle du narrateur, libanais francophone vivant aux États-Unis. Sans oublier que le dernier chapitre vous donne le coup de grâce en vous prouvant par « a + b » l'inanité de certaines démarches. «Ce dont on ne peut parler, il faut le taire. » Et c'est très bien ainsi !
    Le style clair, fluide, érudit à certains moments mais jamais étouffant pour autant, n'est pas dénué d'humour (ah ! la liste des gynécologues : un grand moment) ; il est tellement adéquat que je me suis pris au jeu de vérifier certaines informations. Et donc prendre conscience que si tout n'est pas réel, tout n'est pas faux pour autant !

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    Couverture du livre « Ce qu'il advint du sauvage blanc » de Francois Garde aux éditions Gallimard

    David Vincent de MOLLAT sur Ce qu'il advint du sauvage blanc de Francois Garde

    Il y a toujours quelque risque à s'aventurer dans la vie d'un personnage qui a existé en lui redonnant vie sous forme romanesque. C'est d'autant plus vrai quand il ne s'agit pas d'une célébrité et que les documents sont rares. Mais s'il y a risque, il y a aussi liberté et François Garde qui...
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    Il y a toujours quelque risque à s'aventurer dans la vie d'un personnage qui a existé en lui redonnant vie sous forme romanesque. C'est d'autant plus vrai quand il ne s'agit pas d'une célébrité et que les documents sont rares. Mais s'il y a risque, il y a aussi liberté et François Garde qui débute avec Ce qu'il advint du sauvage blanc ne s'est pas privé de celle que lui offrait son personnage, Narcisse Pelletier, mousse vendéen qui vécut une expérience impressionnante au milieu du XIX° siècle, passant près de dix-sept ans dans une tribu aborigène après que son bateau l'eut abandonné sur une plage. Un document existe, réédité il y a une dizaine d'années chez Cosmopole, le récit véridique, comme on dit, intitulé Chez les sauvages (épuisé, mais on annonce une réédition bienvenue). C'est à partir de celui-ci que François Garde a bâti son roman, libre de ses mouvements avec un personnage qui semble plus âgé que dans les faits et donc plus à même de raisonner qu'un adolescent. Oxym ore vivant, son marin silencieux vit l'écartèlement insoutenable de n'être plus chez lui nulle part, au bord du gouffre de sa mémoire qui le menace car penser au passé, c'est le tuer. L'habileté du livre consiste en un va-et-vient entre récit de l'aventure du marin apprivoisé par les aborigènes et dont nous allons suivre les premiers pas, et compte-rendu à une société savante de ce qu'il lui advint quand on l'eut récupéré de la main d'un noble passionné d'ethnologie, le Vicomte de Vallombrun (personnage inventé par l'auteur) qui prend fait et coeur pour le destin poignant de cet homme retiré à la civilisation avant de lui être rendu. On avance donc à tâtons dans la vie du malheureux, Narcisse devenu Amglo à son corps défendant, le premier qui quitte sa dépouille de blanc pour s'ensauvager, le second qui ne sait plus parler, qui reste prostré comme s'il n'attendait plus rien et à qui il va falloir tout réapprendre, y compris les pires côtés de l'homme blanc, ses «mauvais penchants». Sa mémoire paraît se refuser à parler de ce qu'il a subi, comme si la langage signifiait une deuxième mort, c'est donc dans un mouvement alterné que le lecteur découvre sa stupeur, son incrédulité, son inutile colère dans un milieu hostile où son savoir ne sert à rien, et sa redécouverte du monde occidental qui se fait avec une lenteur irréelle.

    Ce qui frappe dans ce roman qui est une réussite, ce n'est pas tant le style qui sent parfois un peu son artifice, mais sa vision d'un homme arraché, reconstruit puis de nouveau défait de son environnement et qui n'a rien pour l'aider, point de culture, point de référence, point de foi ni d'histoire, mais la présence miraculeuse et souvent maladroite d'un apprenti savant qui rêve de système mais se casse le nez sur ce cas qui défie son entendement. Ce qui étonne précisément c'est la démonstration de cette faiblesse de l'homme civilisé qui croit savoir mais se perd dans des conjectures, qui croit en sa supériorité matérielle, intellectuelle et théorique mais doit abdiquer devant le réel, devant le supposé primitif. Ce qui séduit enfin c'est le récit de ce magnifique échec d'un homme généreux dont la famille ne comprend pas l'acharnement à vouloir aider un inconnu à peine reconnaissant : Octave de Vallombrun est un héritier des Lumières mais il marche dans cette part ténébreuse de la Science, incapable de résoudre un mystère quasi-originel, et qui devine qu'il va tout y perdre. La fin du roman éclaire de sa lumière triste un double parcours sans nous livrer de morale, ce qui aurait été dommage pour un livre bâti sur les pouvoirs du silence.

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